‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 25 sur 257 · COLLECTIONS LEMONNIER · texte numérisé non relu

COLLECTIONS LEMONNIER

M. Benjamin Delessert ht, en 1805, l’acquisition des collections de M. Lemonnier, de Versailles. On sait que M. Lemonnier (Louis-Guillaume), associé de l’institut, reçut ses premières leçons de botanique de Bernard de Jussieu, et remplaça, en J 758, Antoine de Jussieu dans la chaire de botanique du jardin des Plantes. Il avait fait partie, comme naturaliste, de l’expédition envoyée, en 1759, dans le midi de la

France, pour y prolonger la méridienne de l’Observatoire de Paris. 11 aimait la botanique avec passion, et il prit encore plus de goût pour cette science lorsque, nommé premier médecin du roi Louis XV, il alla résider à Versailles. (Test dans ce même temps qu’il se fit suppléer au Jardin du Roi par Antoine- Laurent de Jussieu. Il employa plusieurs fois son crédit et la faveur dont il jouissait à la cour et à l’Académie pour faciliter à différents naturalistes les moyens d’entreprendre des voyages dans l’intérêt de la botanique. Ainsi par ses soins Michaux visita la Perse, Aublet et Richard fils Cayenne, Desfontaines l’Atlas, de la Billardière le Liban.

M. Lemonnier avait fait plusieurs courses botaniques, avec Linné et Antoine et Bernard de Jussieu ; en I 745, il visitait la forêt de Fontainebleau avec ces trois célèbres naturalistes. Plus tard, en 1775, il fit des herborisations avec Jean-Jacques Rousseau. Dans les moments de loisir que lui laissaient ses fonctions, il cultivait lui-même des plantes dont il faisait venir les graines de toutes les parties du monde. Pendant plus de cinquante ans il s’occupa de naturaliser en France des végétaux utiles. Il a rendu de grands services à l’agriculture et à la botanique. Cette dernière ne fut pas ingrate envers lui; elle apporta quelque adoucissement à ses peines quand la révolution vint le frapper. A l’époque où il mourut (2 septembre 1799), son herbier était regardé comme un des plus riches de France.

Les collections de M. Lemonnier, achetées par M. Delessert, se composaient d’un herbier général et de plusieurs herbier^ particuliers que nous mentionnerons avec quelques détails.

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