II . «le la Billar«llère
Voyage à la recherche de la Pérouse.
M. Delessert ne possédait, comme venant des différents voyages de M. de la Billardière, que ses plantes de Syrie, dont nous avons parlé plus haut ( page 50 ). M. Webb, un des auteurs de la Flore des Canaries , a bien voulu faire don au musée de M. Delessert de plusieurs centaines d’espèces choisies dans les collections de M. de la Billardière devenues la propriété de M. Webb. Ces plantes ont été recueillies pendant le voyage à la recherche de la Pérouse. Leur nombre s’en est augmenté par suite des acquisitions faites par M. Delessert à la vente des herbiers de M. Lambert, à Londres.
M. de la Billardière était parti à la fin de septembre 4 791 comme naturaliste de l’expédition envoyée à la recherche de la Pérouse, et pour laquelle on avait armé les navires la Recherche et l Espérance sous le commandement du capitaine de vaisseau d’Entrecasteaux, déjà connu par ses campagnes dans les mers orientales. Le premier de ces vaisseaux, monté par le chef de l’expédition, reçut à son bord, avec M. de la Billardière, MM. Deschamps et Louis Ventenat, naturalistes,
ce dernier faisant les fonctions d’aumônier, et le jardinier
Lahaie. M. Biche, autre naturaliste, était embarqué sur l'Espérance. M. de la Billardière aborde, le 15 octobre, à Sainte- Croix de Ténériffe, en parcourt les environs et visite le Pic, relâche, le 17 janvier 1792, au cap de Bonne-Espérance, y fait diverses excursions dans les montagnes, et se dirige ensuite vers la Nouvelle-Hollande. Le 21 mars, l’expédition mouille dans la baie des Tempêtes, sur la Terre de Diémen, où M. de la Billardière continue ses recherches botaniques, et deux mois après, elle met à la voile pour la Nouvelle Calédonie, dont on allait reconnaître la côte sud-ouest. Elle y
arrive en juin ; de là elle se rend dans l’archipel des Molli» ques. M. de la Billardière herborise à Amboine. Des cxeur sions fréquentes pendant près de deux mois de séjour dans cette île augmentèrent considérablement ses collections d’histoire naturelle, il eut occasion, dans une de ses courses, de voir le tombeau de Rumphius. Ce monument, d’une grande simplicité, était entouré du Panax fruticosum , joli arbuste d’une odeur agréable, et que Rumphius a décrit et figuré dans son H er barium amboinense . Depuis ce célèbre naturaliste, Amboine n’avait été visité par aucune personne versée dans l’histoire naturelle.
Ramené à la terre de Leeuwin, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Hollande, M. de la Billardière fait diverses excursions sur les terres voisines, et continuant à longer la côte il revient vers la Terre de Diérnen, dont il explore également l’intérieur. Continuant sa route, il mouille à Tongatabou, une des îles des Amis. C’est de cette île qu’il fit embarquer de jeunes plants de ces fruits remarquables que produit YArtocarjms incisa , connu sous le nom d1 Arbre à pain. On les transporta à fîle de France et à Cayenne, et dans la plupart des Antilles où cet arbre est encore cultivé. Il en envoya en même temps quelques-uns au Jardin des Plantes de Paris.
Les fruits de l’arbre à pain sont globuleux et à peu près de la grosseur de la tête d’un homme. Quelques-uns pèsent, diton, de 80 à 100 livres. Les graines sont contenues dans une pulpe charnue ; elles sont à peu près de la grosseur d’une châtaigne et assez difficiles à digérer. 11 existe une variété de cet arbre privée de graines; la pulpe en est fondante, trèsnourrissante, d’un goût assez agréable et d’une digestion facile.
L’arbre à pain produit pendant huit mois de l’année des fruits qui se succèdent et qui offrent un aliment aussi sain qu’abondant. On prétend qu’un homme pourrait se nourrir pendant une année entière avec les fruits de deux ou trois do ces arbres dont la culture est des plus simples. Les habitants
savent tirer parti de cet arbre précieux. Du suc laiteux qu’ils en retirent, ils préparent une glu excellente pour prendre les oiseaux. Avec son bois ils construisent leurs maisons et leurs bateaux. Ils tissent les fibres de son écorce intérieure et s’en font des vêtements. Ils se servent, en guise d’amadou, des chatons mâles desséchés, et les feuilles, qui ont à peu près un pied et demi de longueur et une largeur de 8 à 10 pouces, quel ques-uns disent qu’elles atteignent jusqu’à trois pieds de long sur un pied et demi de large, leur servent à faire des nattes ou à envelopper leurs aliments.
Après s’être approché de file de l’Observatoire et avoir mouillé à la Nouvelle* Calédonie, où M. de la Billardière emploie un séjour de près de trois semaines à des excursions dans les montagnes et à des observations d’histoire naturelle, l’expédition quitte ce pays et arrive à Waygiou, île du Grand- Océan équinoxial, au nord-est de la Nouvelle-Guinée. 11 en parcourt les forêts, y tue plusieurs oiseaux rares, et recueille une riche collection de plantes nouvelles. 11 étudie ensuite la végétation de file de Bouro dans l’archipel de la Sonde. Il descend à terre dans le détroit de Bouton et y trouve une grande quantité de végétaux qu’il n’avait pas encore rencontrés ailleurs. 11 visite ensuite Sourabaya, un des principaux établissements hollandais, dans l’île de Java, et Samarang, situé aussi dans les possessions hollandaises de Java, et revient par l’île de France dans sa patrie, où il arrive le 1 2 mars 1796.
Victime d’une trahison, M. de la Billardière, avait été dépouillé de toutes ses collections et livré, avec plusieurs de ses compagnons, aux Hollandais, qui alors étaient en guerre avec la France (février 1794). C’est ainsi que de Sourabaya il fut conduit à Samarang comme prisonnier de guerre, avec sept de ses compagnons, parmi lesquels se trouvaient MM. Biche et Ventenat. M. delà Billardière obtint ensuite d’être transporté à Batavia, où il profita du départ d’une flotte hollandaise et s’embarqua pour l’île de France.
Ses collections d’histoire naturelle avaient été vendues avec les vaisseaux de l’expédition et transportées en Angleterre. Le gouvernement français les fit réclamer, et, grâce aux sollicitations puissantes de sir Joseph Banks, président de la société royale de Londres, elles furent rendues à M. de la Billardière. Sir Joseph Banks les renvoya en France et poussa même la délicatesse jusqu’à éviter de les regarder ; il aurait craint, écrivait-il à M. de Jussieu, d’enlever unei seule idée botanique à un homme qui était allé les conquérir au péril de sa vie.
M. de la BiSlardière rassembla dans son voyage un herbier de plus de 4,000 plantes. Celles qu’il a recueillies dans la Nouvelle-Hollande ont été décrites particulièrement dans son bel ouvrage ( Pfovœ-Hollandiœ plantarum specimen) publié en 1804-1806, et il a ajouté plus tard à ce travail une petite llore de la Nouvelle-Calédonie ( Sertwn Austro-Caledonicum ), qui a paru en 1 824-1 825, et où il décrit et figure 80 espèces de plantes trouvées dans cette contrée presque inconnue aux botanistes.
Le jardinier Lahaie faisait partie, comme nous l’avons vu, de l’expédition envoyée à la recherche de la Pérouse. 11 revint en France en 1797 avec de nombreuses collections de plantes vivantes, beaucoup de graines et un herbier considérable ; l’herbier de Ventenat que possède M. Delessert renferme un certain nombre des plantes de Lahaie.
M. dandicbaud.
Voyage de l’Uranie .
Malgré l’état de sa santé toujours chancelante, nous voyons M. Gaudichaud affronter les fatigues et les tourments de trois longues expéditions.
Son premier voyage a lieu pendant les années 1817 à 1820. Embarqué sur la corvette l'IJranie , qui devait, sous le commandement de M. le capitaine Louis de Freycinet, se livrer à
des explorations dans 1 hémisphère austral et recueillir des faits relatifs à la physique du globe, M. Gaudichaud a concouru avec ardeur aux travaux scientifiques qui ont signalé cette grande expédition.
La corvette l' Uranie appareille au port de Toulon le 17 septembre 1817. Le 6 octobre on arrive devant Gibraltar, où une relâche de quelques instants procure à M. Gaudichaud une première récolte de plantes ; il ramasse quelques algues sur les côtes de Ténériffe, mais il ne peut pénétrer dans cette île. La corvette reste près de deux mois dans la baie de Rio de Janeiro; elle gagne ensuite le cap de Bonne-Espérance, qu’elle quitte le 5 avril ; elle se rend ensuite à Port-Louis, dans l’île de France, et à 1 île Bourbon. Le 2 août on quitte la rade de Saint-Paul pour celle de Dampier, dans l’île Dirck- Hartighs, à l’ouest de la baie des Chiens-Marins. On visite ensuite deux des îles de la Sonde : Timor et Ombay ; l’île Pisang, une des Moluques, les îles des Papous, dans la Nouvelle-Guinée et les îles Rawak et Waygiou. Le 17 mars 1819 on mouille à l’île de Guam, capitale des Mariannes. Un séjour de plusieurs mois dans cet archipel permet à M. Gaudichaud de réunir de nombreuses collections et d’étudier toute la végétation des îles Guam, Rotta et Tinian. L’expédition arrive ensuite à Owhyhi, à Mowi, à Woahou, dans les Sandwich. En novembre, elle gagne la Polynésie australe, les îles Howe et le port Jackson (Nouvelle-Galles du Sud). Le 27 novembre, M. Gaudichaud commence une excursion au delà des Montagnes-Bleues, dans les plaines immenses de Bathurst et de Macquarie. C’est le J 2 février 1820 que l’expédition atteignit les Malouines, et deux jours après arrivait le funeste événement qui termina si malheureusement une aussi belle entreprise. L'Uranie avait donné sur le sommet d’une roche inconnue, et on fut obligé, pour sauver l’équipage, de faire échouer le navire sur l’île Conti. De toutes les plantes recueillies avant le naufrage, celles *de Gibraltar, de Ténériffe, de Rio de Janeiro et de ia Nouvelle-Galles du Sud sont les seules qui
n’aient pas été submergées; elles montent à 1,500 espèces. M. Gaudichaud en a sauvé environ 2,500. Depuis ce temps les îles Malouines et Rio de Janeiro lui en fournirent à une seconde relâche S 75. Il y en eut donc en tout i ,075 qui n’éprouvèrent aucune altération ; ce qui, réuni aux 2,500 sauvées du naufrage, fait un total de 4,175 espèces.
Un navire américain, devenu la propriété des Français, et qu’on nomma la Physicienne , recueillit tout ce que la mer avait épargné dans ce naufrage. La Physicienne vint d’abord à Montevideo, puis à Rio de Janeiro ; le 15 septembre elle remit sous voile ; cinquante-six jours après, elle entra dans la Manche, et de Cherbourg, où l’on relâcha le 10 novembre, on vint enfin désarmer au Havre après trois ans et deux mois de navigation.
Les herbiers que M. Gaudichaud a rapportés sont riches, surtout en fougères, qui ont été publiées et figurées, en partie, avec un grand nombre d’autres plantes, dans la botanique du Voyage de l'Uranie et la Physicienne.
Toutes les plantes de M. Gaudichaud présentent d’autant plus d’intérêt que la plupart des pays que l’expédition a visités , n’étaient connus que d’une manière imparfaite ; M. Gaudichaud avait, en outre, recueilli à l’fle de France, pendant un séjour de trois mois, les collections les plus nombreuses et les plus belles de tout le voyage. Elles comptaient presque autant de fougères et de cryptogames, en général, les algues exceptées, qu’en avaient fourni toutes ses autres relâches. Il avait encore ajouté à ses herbiers une partie des collections faites par M. Jules Néraud, alors habitant de 111e de France, et notamment des plantes nouvelles qu’il avait recueillies pendant un séjour de plusieurs années dans l’île. M. Néraud avait généreusement offert toules ces richesses à M. Gaudichaud ; la science devait en profiter. Elles ont été perdues avec celles récoltées par M. Gaudichaud lui-même à 111e Bourbon, dans le naufrage aux îles Malouines que nous avons mentionné plus haut.
Voyage de l’Herminie.
De 1 85 1 à 1855, M. Gaudichaud va tenter, sur la frégate VHcrminie , les hasards d’une seconde navigation. Parti de France en décembre -1850, il était en 1852 à Rio de Janeiro, où il avait été forcé de revenir après un court séjour sur les côtes du Chili et du Pérou. Ses collections se composaient alors de plantes recueillies à Toulon avant le départ, à Carthagène, à Rio de Janeiro, à Yalparaiso et à Coquimbo, au Chili, à Callao et à San-Lorenzo, au Pérou, à Sainte-Catherine, à Santos et dans plusieurs autres provinces de l’intérieur du Brésil, telles que Matto-Grosso, San-Paulo, etc.
Après avoir touché au Brésil, M. Gaudichaud s’était transporté sur les côtes du Chili et du Pérou, où il devait débarquer pour explorer le pays, et surtout pour étudier l’histoire naturelle des arbres qui fournissent les diverses sortes de quinquina; la science comptait sur les résultats d’un voyage entrepris dans un but aussi utile et par un homme d’un tel mérite. Diverses circonstances, indépendantes de la volonté du voyageur, s’opposèrent malheureusement à l’exécution de ce projet.
M. Gaudichaud mit à profit sa longue relâche à Rio de Janeiro. Il s’occupa de recherches sur les plantes médicinales et usuelles des Brésiliens, et s’efforça, en même temps, de compléter les savants travaux de physiologie et d’organogénie qu’il méditait depuis quelques années.
A son retour en France (mai 1855), M. Gaudichaud rapportait 5,000 plantes au moins, recueillies par lui dans ce voyage, et 4,500 autres provenant de l’herbier du Muséum impérial de Rio de Janeiro. Celles-ci lui avaient été données par le directeur du Muséum brésilien, en reconnaissance du service rendu par M. Gaudichaud à l’herbier impérial, qu’il avait revu et classé entièrement. Les plantes offertes à M. Gaudichaud venaient des provinces de Minas- Geraes, Matto- Grosso, San-Paulo, Rio-Grande, etc. .
Voyage de la Bonite.
Entraîné par son ardeur pour la botanique, et voulant poursuivre ses importants travaux sur l’organographie et la physiologie végétales, Ai. Gaudichaud s’embarque de nouveau, et fait partie, en 1856 et 1857, de l’équipage de ta Bonite.
Cette corvette, placée sous le commandement de M. le capitaine Vaillant, devait se rendre successivement au Brésil, aux îles Sandwich et sur plusieurs points des mers de l’Inde et de la Chine. Quoique ta Bonite ne fût pas destinée à remplir une mission scientifique, le ministre de la marine avait annoncé cependant à l’Académie des sciences que, si elle jugeait utile de profiter de cette circonstance pour faire faire quelques recherches sur les différents points que le bâtiment devait visiter, le commandant et l’état-major de taBonite s’en occuperaient avec soin. L’Académie, qui s’était empressée d’accepter cette proposition, pria M. le ministre de joindre à l’état-major de la Bonite , comme plus spécialement chargé des recherches d’histoire naturelle et surtout de phytologie, M. Gaudichaud, qui ne s’est pas borné à cette dernière partie, et qui a souvent aidé les zoologistes dans leurs travaux.
La Bonite , après avoir quitté Toulon le 6 février J 856, se trouvait à Rio de Janeiro le 24 mars; elle met sous voiles le 4 avril, jette l’ancre à Montevideo, double le cap Horn, arrive à Valparaiso le \ 1 juin, mouille dans le mois de juillet sur les rades de Cobija, de Callao et de Payta, et au commencement d’août sur celle de la Puna, à l’embouchure de la rivière de Guayaquil. En se rendant aux îles Sandwich, elle jette l’ancre dans la baie de Kerakakoa (île Hawaii des Sandwich), arrive le 8 octobre à Honolulu, résidence du roi des Sandwich, et ensuite à Manille et à Macao. Elle reste dix jours au mouillage de Touron en Cochinchine, six jours à celui de Singapour, quelques jours à celui de Malacca et à Poulo-Pinang, ou île du Prince-de-Galles ; mouille dans le
Gange à Diamond’s Harbour, à dix lieues au-dessous de Calcutta, Arrivée à Pondichéry le 29 mai, elle en part le 1 2 juin et mouille à Saint-Denis (île Bourbon). Dans la traversée de Bourbon en France, les officiers font une excursion de quelques heures sur 1 île Sainte-Hélène, la corvette restant sous voiles. L’expédition arrive enfin à Brest le 6 novembre J 857.
M. Gaudichaud a rapporté de ce voyage d’immenses collections de plantes, de bois, de fruits, de graines, etc., et de nombreux dessins et notes où sont consignés les principaux résultats de ses observations et de ses expériences. Aux herbiers qu’il a composés lui-même il a joint des échantillons que lui ont offerts à Bourbon M. Richard, directeur du jardin botanique de la colonie ; à Lima, M. Adolphe Barrot ; à Macao, les pères des missions étrangères; à Calcutta, le savant docteur Wallich. En somme, la collection déplantés desséchées se composait de 5,500 espèces environ, et, en y joignant les 6 à 7,000 espèces, fruits des deux précédents voyages de M. Gaudichaud. il s’ensuit que ce botaniste a rapporté plus de 1 0,000 espèces, sur lesquelles on n’en compte guère moins de 12 à \ 400 nouvelles, ou si incomplètement étudiées, qu’il est besoin de les décrire de nouveau (1).
C’est dans le cours de ce dernier voyage, en janvier 1857, alors qu’il était à Canton, que l’Académie des sciences ayant à nommer un membre dans la section de botanique en remplacement de M. Antoine-Laurent de Jussieu, fit choix de M. Gaudichaud. Certes, si jamais élection fut pure de toute intrigue, dégagée de toute obsession, c’est bien celle qui allait chercher un savant à cinq mille lieues de son pays. M. Gaudichaud n’apprit sa nomination que six mois après qu’elle eut été décidée, et par les Annales maritimes qu’il reçut à Bourbon, où il se trouvait dans le mois de juillet suivant.
(1) Rapport fait à l’Académie des sciences sur les résultats scientifiques du voyage de la Bonite autour du monde. — Séances des 9 et 16 avril 1858.
Voyage du capitaine Beecliey.
Après les plantes de M. Gaudiehaud nous citerons d’une manière particulière celles en plus petit nombre, mais également intéressantes, recueillies pendant le voyage du capitaine Beechey à l’océan Pacifique et au détroit de Béring, de 4 825 à 1828. Ces plantes ont été collectées par M. Lay, naturaliste, et par quelques officiers de l’expédition, et entre autres par Al. Col lie.
Le capitaine F.-W. Beechey commandait le navire le Bios soin, qui devait se rendre au détroit de Béring pour y attendre l’arrivée des deux expéditions sous les ordres, l’une du capitaine Parry et l’autre du capitaine Franklin* et qui étaient allées à la découverte d’un passage nord-ouest de l’océan Atlantique à la mer Pacifique. Le capitaine Beechey devait leur procurer l’assistance et les secours dont l’un ou l’autre pourrait avoir besoin. Comme le bâtiment qu’il commandait traversait dans sa route une partie du globe encore peu explorée, et qu’un certain espace de temps s’écoulerait avant que sa présence fût nécessaire dans le Nord, il devait l’employer à l’exploration de diverses parties de la mer Pacifique.
Le 4 9 mars 1825, l’expédition mettait à la voile de Spithead, et arrivait le 4 juillet à Rio de Janeiro. Quelques réparations à faire au bâtiment et diverses observations scientifiques prolongèrent assez le séjour de l’expédition à Rio pour que des excursions pussent être faites dans les environs de cette ville : Bota-Fogo, Braganza et le pic élevé du Corcovado furent successivement visités et observés à la fois par le naturaliste, le voyageur et 1 artiste. La hauteur du Corcovado, de cette masse de granit qui domine les eaux tranquilles de Bota-Fogo, fut mesurée avec soin, et les calculs lui donnent une élévation de 2,500 pieds (anglais).
Le 4 3 août, on mit à la voile pour l’océan Pacifique, et le
8 octobre on jetait l’ancre à Talcahuano, port de la Concep° tion. La Conception, Valparaiso, l’île Pitcairn, le groupe des îles Gambier et plusieurs autres îles désignées sous le nom de Coral-islands, furent visitées par l’expédition dans l’inter- V£ÿe de temps qui s’écoula jusqu’au 26 mars 4 826, où on arriva à Tahiti. Un mois après, les voyageurs quittaient cette île pour se rendre aux îles Sandwich. Ils visitaient de cet archipel les îles Woahou et Onihou, et en partaient le 2 juin. Voici l’itinéraire des principaux lieux explorés ensuite par l’expédition dont nous nous occupons : la baie d’Avatcha sur la côte orientale du Kamtchatka, le golfe de Kotzebue ; dans la Nouvelle-Californie, San-Francisco et la baie de Monte- Rey ; en Chine, les environs de Macao, la grande Lieou- Khieou (île Loo-Choo des Anglais) et Bonin-Sima (juin 4 827); au Mexique, dans l’État de Xalisco, San-Blas et ïepic, qui en est éloigné de 1 5 lieues (de décembre 1 827 à février 4 828).
Le retour de l’expédition s’effectua par le golfe de Kotzebue, la Californie, San-Blas, le Chili et le Brésil. Elle était rendue en Angleterre en septembre 1828.
Les plantes provenant de ce voyage ont été décrites par MM. Hooker et Walker-Arnott dans un bel ouvrage accompagné de planches, publié en 1841 sous le titre de : Bolany of captain Beechey’s voyage. Elles font partie de l’herbier de M. Üelessert, qui possède même quelques-uns des échantillons uniques décrits dans cet ouvrage.
91 • Dumont cl* Ur ville.
Voyage de l’Astrolabe et de la Zélée.
Un autre voyage exécuté dans ces derniers temps et remarquable par l’importance de ses résultats mérite également une mention particulière : nous voulons parler du voyage au pôle sud et dans l’Océanie, de l’ Astrolabe et de la Zélée , pendant les années 4 857-1840, sous le commandement du capitaine Dumont-d’Urville, de ce même officier qui a péri si
malheureusement dans une catastrophe récente arrivée aux portes de Paris. Nous allons tracer l’itinéraire de ces deux corvettes, en indiquant plus particulièrement les points explorés par les botanistes de l’expédition, et surtout par M. le docteur Hombron, chirurgien -major de la marine, membre de l’expédition de l’Astrolabe , et qui a bien voulu donner à M. Delessert une collection des plantes qu’il a recueillies dans ce voyage.
Partie de Toulon le 7 septembre 4 857, l’expédition jetait l’ancre le 12 novembre devant la rade de Rio de Janeiro. Un mois après, elle arrivait au port Famine, sur la côte orientale du détroit de Magellan, détroit qui n’avait pas été visité par les Français depuis Bougainville. Le pic de Torn, le port Galan, celui des Français ou de Saint-Nicolas, les bords des vastes et montueuses baies de Bougainville et de Nassau, le havre de Peckett et la baie de Gente-Grande furent examinés sous le rapport botanique pendant un séjour dans ces parages.
L’expédition continue sa route; elle prolonge l’archipel de la Terre de Feu pour en faire le relèvement. Le calme la retient devant les baies de Cook et de Saint-Jean (le W janvier J 858), mais bientôt elle se dirige vers le sud-est, et perd la terre de vue. En repassant devant le port Famine, l’expédition y avait laissé des dépêches pour France ; elles avaient été placées dans une boîte, laquelle était attachée à un poteau et exposée de manière à ce que , de loin et du canal de Magellan, on pût lire ces mots : Post-office (J). Ces lettres sont toutes arrivées à leur destination.
(1) La première idée d’un bureau de poste de ce genre est due à un capitaine américain et remonte à 1855. Ce n’était d’abord qu’une bouteille qui faisait l’office de boîte aux lettres; plus tard on y avait ajouté un poteau avec une inscription, et enfin un capitaine anglais substitua, en 1857, un baril à la bouteille. La boîte que M. Dumont d’Urville suspendit à un poteau, sans supprimer cependant le baril, était bien conditionnée et doublée de zinc intérieurement,
Le 15 janvier, l’expédition rencontra pour la première fois des glaces isolées , et ne tarda pas à se trouver entourée de hautes montagnes flottantes, énormes amas de glaces, avec leurs baies et leurs golfes profonds, dans lesquels elle s’engagea et dont elle eut beaucoup de peine à se tirer. Le 7 mars elle sort du canal qui sépare la terre de la Trinité des îles Shetland , se dirigeant sur la Conception au Chili. Elle y reste quarante jours, pendant lesquels des courses aux environs de Talcahuano et le long du fleuve Biobio enrichirent les collections d’histoire naturelle. L’expédition entre ensuite dans le groupe des îles Gambier ou mieux Manga-Réva, où elle est reçue avec des démonstrations de joie par les habitants, regardés autrefois comme les plus féroces de l’Océanie et convertis maintenant à la foi catholique par les missionnaires. Le 24 août, l’expédition pénètre dans l’archipel des Marquises, et deux jours après dans la baie d’Anna-Maria (île Nouka-Hiva). On explore avec soin les montagnes de la baie et ses profonds ravins. Arrivé à Tahiti, M. Hombron fait l’ascension de la plus haute montagne de cette île ; il explore ensuite la côte et le récif qui défend les abords du village de Matavaï du côté du sud. Entrée dans l’archipel des Navigateurs, après avoir reconnu la pointe orientale de l’île Opoulou, l’expédition se dirige vers un mouillage qui porte le nom de baie d’Apia. Le temps de la relâche est employé à parcourir les bois fort étendus du littoral et les principales hauteurs du pays. Quelques heures de mouillage sur la côte de l’île basse Lefouga , dans le groupe d’Hapaï (archipel de Tonga), dans un endroit appelé Koula, e^ plusieurs jours de relâche sur l’île Obalaou, archipel de Yiti, sur l’île Saint-Georges, une des îles Salomon, et l’île Tsis (groupe d llogoleu , archipel des Carolines), permettent d’ajouter de nouveaux produits aux collections botaniques.
Le 1er janvier 1859, on laisse tomber l’ancre à Umata, dans l’île Guam , archipel des Mariannes, et les naturalistes s’empressent d’explorer les montagnes du pays, visitées avant eux par M. Gaudichaud Le 24 janvier le commandant, profitant
du calme qui relient les corvettes très -près de la côte est de Mindanao, une des lies Philippines, fait mettre des embarcations à la mer avec ordre de les diriger à la côte peur y faire quelques recherches scientifiques, sans toutefois s’éloigner hors de la vue des signaux. Ces recherches eussent été plus fructueuses si des embarcations de pirates montées par des forces supérieures n’eussent forcé les naturalistes à s’éloigner quelques heures après leur arrivée sur cette plage.
A Ternate , une des îles Moluques , le pic est visité par M. Hombron non sans de grandes fatigues. A Amboine il fait plusieurs excursions étendues dans la chaîne des montagnes boisées qui recouvrent cette île. L’expédition se rendit ensuite dans les baies Raffies et Essington, sur la côte nord de la Nouvelle-Hollande; de là aux îles d’Àrrou , visitées pour la première fois par des navires français; dans la baie Triton, beau et vaste golfe formé par les inégales tortuosités de la côte sud de la Nouvelle-Guinée ; au cap Salatan, à l’extrémité méridionale de l’île Bornéo ; par le canal de Banca à Singapour, dont on explora les grandes forêts ; à Samboangan, pointe sud-ouest de Mindanao. Dans ces diverses localités, la botanique et les autres branches de l’histoire naturelle eurent à choisir parmi d’abondantes richesses. Obligés de suivre de près toute la côte de Bornéo à l’est, des recherches faites à marée basse dans les forêts vaseuses de ces singuliers parages ne furent pas sans profit pour les collections, non plus que diverses courses fai-» tes lors d’un mouillage dans la baie Raja-Bassa , canton de Lampoong , détroit de la Sonde, sur Sumatra, et à Hobart- Town. m
Le 1er janvier 1840 , l’expédition retourne dans les glaces ; elle découvre la terre Adélie. Le 17 février elle revient à Hobart-Town. Le 7 mars elle arrive aux îles Auckland, où les récoltes sont abondantes. L’ascension du principal pic qui domine la baie de Sarah’s-Bosom , au travers des forêts vierges, est une des circonstances les plus remarquables du séjour de l’expédition dans cette partie de l’Océanie.
L’expédition suit la côte de Tavaï-Pounammou ou Nouvelle-Zélande du Sud , et pénètre dans la rade d’Otago. Des explorations sur les rivages et dans les montagnes remplissent l’intervalle de temps passé dans cette rade. On visite la baie des îles, la petite île de Toud, dans le détroit de Torres, et les récifs qui l’environnent. Après une courte relâche à Coupang (sur Timor) , puis à Bourbon et Sainte-Hélène , l’expédition arrive enfin à Toulon le 5 septembre 1840 , après trente-huit mois d’absence.
On voit par ce rapide itinéraire que les récoltes botaniques dans la zone torride ont été faites de l’est à l’ouest dans une étendue de 127 degrés, c’est-à-dire depuis les îles Gambier jusqu’à Singapour. Le point le plus sud dans cette zone a été Manga-Réva, et le plus nord Guam.
Voyages tte 11. Perrottet.
Nommer M. Perrottet, c’est citer un des botanistes les plus laborieux. 11 fit d’abord partie de l’expédition du capitaine Philibert, qui allait explorer les côtes de la Chine et les îles Philippines. M. Perrottet était chargé, dans l’intérêt de i’horticulture et des progrès de la botanique, d’introduire dans les colonies françaises de Bourbon et de Cayenne les végétaux utiles qu’on pourrait y faire réussir. Le 1er janvier 1819 , il s’embarquait à Rochefort sur la gabare le Rhône , placée avec la Durance sous les ordres du capitaine Philibert, et arrivait le îer février à Cayenne. Un mois après, il partait pour les mers d’Asie. Le 1 0 avril, il relâchait à Praya, port de l’une des îles du Cap-Vert, et le 26 juin, il atteignait l’île Bourbon. Sourabaya, sur la côte nord est de l’île de Java, Samboangan, dans le détroit de Basilan, lui procurent des récoltes abondantes. Le 22 décembre, il est à Cavitte, ville de l’île de Manille, qu’il explore dans tous les sens. Le but de l’expédition du capitaine Philibert étant rempli, la division, après avoir séjourné à Manille jusqu’au 17 mars 1820, fit son retour en passant par le
détroit de la Sonde, et vint mouiller à Bourbon le 5 mai. Là, Ses deux bâtiments se séparèrent. Le Rhône , sur lequel était embarqué M. Perrottet, se rendit à Madagascar; de là à Cayenne, où il arriva le 10 août 1820. M. Perrottet avait déposé sur sa route à Bourbon et à Cayenne un grand nombre de plantes vivantes et de graines qu’il avait recueillies dans ses diverses excursions ; et il était de retour à Paris le Pr août 1821 , ramenant quatre-vingt-cinq caisses qui renfermaient S 58 espèces de végétaux vivants, composées de 554 individus, et des graines de toute sorte, sans compter les plantes sèches, les bois, les fruits, les minéraux et les animaux qui faisaient également partie de ses collections.
M. Perrottet a doté l’herbier de M. Delessert de plantes rares et intéressantes, que dans son ardeur infatigable et au milieu des travaux que lui imposaient son titre et ses fonctions de botaniste-agriculteur de la marine, il a rapportées de ses divers voyages. Ses nombreuses herborisations ont procuré à la science une grande quantité d’espèces rares ou nouvelles.
Bn 1 824 , M. Perrottet fut envoyé à la Guadeloupe par M. le ministre de la marine afin d’importer au Sénégal le nopal et la cochenille sylvestre. Cette mission accomplie, il fut nommé directeur des cultures du gouvernement dans la colonie du Sénégal. Pendant un séjour de cinq années (1824-1829) dans ce pays où le retenaient ses fonctions , M. Perrottet en étudia avec soin la végétation , et forma une collection considérable de plantes. M. Leprieur, employé à la même époque comme pharmacien de la marine à Saint-Louis, et dont nous rappelons plus bas les travaux, se joignit à M. Perrottet. Tous deux réunirent à leurs nombreux matériaux les notes et les observations les plus utiles afin de les faire servir à la publication d’une Flore, qui devait, sinon être complète, au moins ajouter grandement aux connaissances que l’on possédait déjà sur la botanique de la Sénégambie. A l’aide des collections de ces deux botanistes et de celles de M. Heudelot, botaniste-voyageur que nous mentionnerons également plus bas, un bel herbier de
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plantes de la Sénégambie s’est trouvé formé en quelques années, et les généreux encouragements de M. Benjamin Delessert, les ressources de ses herbiers et de sa bibliothèque, et diverses communications officieuses de plusieurs botanistes qui possédaient des plantes rares, soit de la Guinée, soit de la Sénégambie, permirent d’entreprendre la publication de la Flore de cette partie de l'Afrique. Le premier volume, qui a paru, de 1850 à ^855, sous le titre de Floræ Senegambiœ tentamen , a été rédigé par M. Perrottet en commun avec MM. Guillemin et Achille Richard, le départ de M. Leprieur pour la Guyane française ne lui ayant pas permis de concourir, comme il se le proposait, à la rédaction de cet ouvrage. Le volume publié est de format in- 4° et renferme 72 planches gravées sur pierre avec beaucoup de soin.
M. Perrottet avait préludé à ce grand travail par des courses nombreuses faites dans la Sénégambie à différentes époques et dans des saisons différentes.
Arrivé dans la colonie du Sénégal en 1824, il s’établit d’abord à Richard-Tol, dans le pays de Ouâlo, où se trouvait le jardin de naturalisation fondé par le gouvernement, et ensuite à Saint-Louis , dans Lîle de ce nom ; il y séjourna jusqu’en avril 1 825. 11 explora avec soin les pays environnants, et principalement le bas du fleuve Sénégal aux environs de Gandiole, les îles de Babaghé , de Sor, de Safal, les environs de Laybar et de Gandon , et resta quelques jours à Lam-Sar et aux Fours-à-Chaux.
En avrilt825, M. Perrottet trouve l’occasion de se rendre à Podor, grand village du Fouta-Toro, et revient par le lac de N’gher ou Panié-Foul, rapportant une grande quantité de plantes nouvelles. A partir de cette époque jusqu’en 1829, M. Perrottet eut la facilité de se livrer à ses recherches botaniques, aux herborisations qu’il affectionnait tant. Il a envoyé des plantes de plusieurs localités remarquables, telles que les hauteurs sablonneuses de Kouma et de N’Dombo, près de Richard-Tol, celles de Bilor et de Koïlel, près de Raghana, les plai-
nés de N’Ghianghé et de Ghieuleuss, situées derrière l’établissement agricole de Faf. 11 ne négligea pas la rive droite du fleuve fréquentée par les Maures et connue sous le nom de Sahara.
M. Perrottet, revenu à Saint-Louis, se disposait à rentrer en Europe. Avant son retour, il voulut compléter ses excursions, et fit, pendant les mois de mars et d’avril 1829, un voyage au fleuve de la Gambie et à celui de la Casamance. 11 se rendit d’abord à Gorée, île dépendante de Saint-Louis, et delà se mit en route pour la presqu’île du Cap-Vert , où il parcourut les environs de Kan n, Kounoun, Rufisk, jusqu’au village de Bargny. il explora également les environs si riches sous le rappart de la végétation de Joal , grand village du royaume de Baoï, et surtout d’Albréda , sur la rive droite de la Gambie, où les Français ont établi un comptoir. M. Perrottet se dirigea ensuite vers les bords de la Casamance, et remonta ce fleuve jusqu’au poste portugais de Zékinchor, dans le pays des Mandingues. Un mois après son retour à Saint-Louis, il s’embarquait pour revenir en France.
Envoyé en I 854 à Pondichéry, avec le titre de botanisteagriculteur du gouvernement, M. Perrottet séjourne dans cette ville pendant près de six ans, et consacre plus d’une année à des herborisations au milieu des M-Gherry, petit groupe de montagnes dans les Indes orientales. Le peu d'étendue de ces montagnes lui ayant permis d’en parcourir toutes les parties et à toutes les époques de l’année, il y recueille environ \ ,500 espèces formant la presque totalité des végétaux qui s’y rencontrent. Il visite également, pendant son séjour dans l’Inde, la côte de Malabar, Bombay, et Pounah, et rapporte à son retour des plantes de l’île Sainte-Hélène.
Si nous ajoutons à toutes ces explorations de M. Perrottet les produits de nouvelles recherches à la Martinique en 4 84Î, où il fut envoyé pour examiner les procédés employés dans cette colonie pour l’éducation des vers à soie, et où il donna encore tous ses moments de loisir à la botanique, nous trou-
vous qu’il est peu de voyageurs qu’on puisse mettre en parallèle avec lui. Peu de naturalistes, en effet, ont été à même de visiter pendant un temps assez long autant de contrées diverses et de pays aussi remarquables et souvent les moins connus sous le rapport de leur végétation.
Indépendamment de ses herbiers et de plusieurs plantes qu’il a découvertes et qui présentent des faits nouveaux d’un grand intérêt pour la science, M. Perrottet a rapporté de ses voyages des collections zoologiques, des notes variées sur les productions et les cultures des pays qu’il a traversés, et il s’est livré avec une graine persévérance , dans l’Inde surtout , à des observations- barométriques et thermométriques.
En récapitulant les divers herbiers qui proviennent de M. Perrottet , et qui ne contiennent pas moins de 8,000 espèces, nous trouvons qu’ils renferment des plantes des pays suivants :
1° Bourbon et île de France, recueillies de mai à octobre 1 8 i 9, et en 1 820 et ! 859 ;
2° lie de Java, octobre 1 81 9;
5° Mandanao, Manille et autres Philippines, novembre, décembre 1 81 9, janvier, février 1 820 ;
4° Madagascar, juin 1820 ;
5° Cayenne et rives de la Mana, septembre 1 820, mai 1821 ;
0° Guadeloupe et Martinique, juillet 1 824, mars, septembre 4 844 ;
7° Sénégal et Sénégambie, années J 824-1 829 ;
8° Environs de Pondichéry, 1 854—1 859 ;
9° Nil-Gherry, côte Malabar, Bombay, Pounah, 1857-1859;
10° lie de Sainte-Hélène, novembre 4859.
M. Perrottet n’a pas borné là ses excursions lointaines Dans le mois d’octobre 1842 i! s’embarqua de nouveau à Marseille pour se rendre à Pondichéry par l’Égypte. Arrivé à Aden, et quoique malade, il herborise, pendant le seul jour où il y reste, dans la partie située en face de la rade. 11 a parcouru l’îie de Salsette, près de Bombay. De cette dernière ville,
M. Perrottet s’en rendu à Calicut, où il s’est trouvé transporté en sept jours sur un patamar , petit bateau de cabotage. Les bords de la rivière qui descend des Gates lui ont procuré de belles plantes. De là il est allé revoir les Nil-Cherry; mais il gelait très-fort à Outa-Kamound à l’époque où il s’y trouvait (janvier 1845), et la floraison des plantes était complètement arrêtée. En mars 1 845, M. Perrottet était à Pondichéry ; il annonçait l’envoi en Europe des plantes qu’il venait de recueillir dans son voyage.
HERBIER SIEBER. •
Différents herbiers de Sieber, de Prague, appartiennent encore aux collections de M. Delessert. Outre un voyage qu’il fît à l’île de Crète , dans l’archipel de la Grèce, Sieber a séjourné quelque temps à l’île de France , à la Nouvelle-Hollande , au cap de Bonne-Espérance , à la Martinique, à la Trinité, en Égypte, etc. Son excursion dans Fîle de Crète date de 181 T. 11 a visité cette île dans tous les sens et en a exploré les points les plus élevés.
M. Sieber, parti de Marseille en août 1822, débarqua à l’île de France le 22 décembre, et y séjourna jusqu’au 8 avril 1825, se rendant à Botany-Bay, où il arriva le 1er juin. 11 partit de la Nouvelle-Hollande , où il était resté sept mois , et qu’il avait parcourue dans tous les sens jusqu’aux Montagnes-Bleues , doubla Se cap Horn et aborda, le 8 avril 1 824 , au cap de Bonne- Espérance. Il quitta le Cap le 1er mai pour se rendre en Europe, et se trouvait en Allemagne au commencement du mois d’août, après avoir fait en deux années le tour du monde et ayant passé à terre presque la moitié du temps qu’il a employé à faire son voyage. Avant son départ il avait envoyé plusieurs jeunes gens sur divers points du globe pour recueillir des objets d’histoire naturelle ; savoir : pour la botanique, MM. Helsinberg et Bojer à l’île de France et à Madagascar, Schmidt au
Sénégal, Wrba à Cayenne. 11 avait emmené avec lui au cap de Bonne-Espérance et à 111c de France M. Zeyher.
De juillet à septembre 1 829, M. Sieber a fait un voyage dans les Alpes du Dauphiné, et en a rapporté 180 espèces de plantes qui se trouvent également dans les collections de M. Delessert (IL
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