NORVÈGE ET SPITZBERG
AI. le docteur Mar tins.
Au milieu des herbiers, la plupart assez considérables, que nous nous proposons d’énumérer, il en est un d’une moindre importance, dont la place dans notre cadre géographique est indiquée ici; collection modeste, mais qui n’offre pas moins quelque intérêt sous le rapport de la géographie botanique! Les plantes qui la composent ont été rapportées par M. le docteur Charles Martins, botaniste de l’expédition scientifique envoyée dans le Nord par le ministre de la marine.
Embarqué au Havre le 15 juin 1858 sur la corvette la Recherche, M. Martins arrive le 27 à Drontheim, l’ancienne capitale de la Norvège , où la corvette reçut à bord plusieurs savants suédois , norvégiens et danois, désignés par leur gou-
(1) Voyez, pour compléter la série des voyages généraux, l’article Gommer son , dans le chapitre précédent, page 55.
vernement pour faire partie de l’expédition, et au nombre desquels se trouvait, comme botaniste, M. Vabl fils. Le docteur Martins employa quelques jours à explorer les environs de la ville et à visiter plusieurs points du littoral, tels que Hildringen, Bodoe, Tromsoe et Kaafiord ; ü put, de cette manière, étudier les changements que présente la végétation quand on se dirige du Sud au Nord. 11 herborisa dans plusieurs lieux de relâche, d’abord à Hammerfest , petite ville située à l’extrémité de la péninsule Scandinave, dans la province appelée le Finmark occidental, et ensuite au cap Nord, extrémité de l’Europe continentale, à Bell-Sound, à la baie de la Madeleine et au Spitzberg. Le 1 2 août, la Recherche revenait à Hammerfest. C’est alors que la commission se divisa : quelques membres franchirent la chaîne des Alpes Scandinaves, et retournèrent en France par Stockholm et Copenhague ; d’autres revinrent directement avec la corvette.
Un an plus tard, M. Martins s’embarquait pour une nouvelle exploration dans le Nord. En juin 1859, la même corvette mouillait devant Thorshavn, capitale de l’^chipel de Feroë. Plusieurs îles furent visitées successivement par M. Martins, et huit mois après il rentrait en France. Il avait séjourné de nouveau au Spitzberg et dans la baie de la Madeleine avec M. Vahl fils, et traversé la Laponie et la Suède en société avec son ami M. Auguste Bravais, officier de marine, distingué par ses connaissances non-seulement en botanique, mais encore en physique et en astronomie, et qui avait fait partie des deux expéditions.
M. Martins a rapporté de sa double exploration 650 espèces de plantes, dont 59 phanérogames recueillies h Bell-Sound et à la baie de la Madeleine.
Le nombre total des plantes trouvées au Spitzberg lors de ces expéditions et pendant un voyage du professeur Keilhau s’élève à 215.