‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 41 sur 257 · PORTUGAL ET ESPAGNE · texte numérisé non relu

PORTUGAL ET ESPAGNE

Mil. Hoffrnansegg et Ltnk.

M. le comte de HotTmansegg avait déjà fait un court séjour en Portugal, en 1795, lorsqu’il songea à retourner dans le pays pour recueillir les matériaux nécessaires à une flore et

une faune lusitaniques qu’il projetait. Il s’associa, à cet effet,

M. Henri-Frédéric Link, professeur de botanique et de chimie à l’université de Rostock, et se chargea de toutes les dépenses que pouvait entraîner cette expédition.

MM. Hoffmansegg et Link quittèrent l’Allemagne en 1797, à bord d’un navire qui, de Hambourg, faisait voile pour Lisbonne ; mais, forcés par des vents contraires de relâcher près de Douvres et ayant passé de là à Calais, ce ne fut qu’après avoir traversé toute la France et l’Espagne qu’ils arrivèrent en Portugal vers le printemps de 1798. Ils visitèrent les environs de Lisbonne et se rendirent dans les provinces septentrionales du royaume. Leur route les conduisit, entre autres * lieux, à Coimbre, où ils firent la connaissance du professeur de botanique Brotero. Ils s’avancèrent ensuite vers la ville de Porto, traversèrentla province d’Entre-Douro-e-Minho jusqu’au sommet de la Serra de Gerez, descendirent dans la profonde

vallée du Douro et gravirent la Serra d’Estrella. Revenus à Lisbonne en août S 708, ils quittent cette capitale, se dirigent vers la province d’Alem-Tejo et gagnent la Serra de Monchique. Le printemps de 1799 est employé à traverser le royaume d’Àlgarve dans toute sa longueur, depuis le cap Saint-Vincent jusqu’à la Guadiana, en suivant le bord de la mer. Ils revinrent à Lisbonne par la ville d’Evora.

M. Link, obligé de se trouver àRostock, quitta le Portugal et s’en retourna par l’Angleterre. A Londres, il compara les plantes portugaises avec l’herbier de sir Joseph Banks. M. le comte de Hoffmansegg, resté seul, continua ses excursions botaniques. Ï1 se rendit, dans l’été de 1799, au Monte-Junto, à Santarem, à Portalegre, etc.; et revenu à Lisbonne en repartit en décembre pour retourner dans les provinces septentrionales où il voulait recueillir des plantes cryptogames. 11 s’arrêta dans la vaste forêt de pins près de Marinha-Grande, visita le couvent situé à peu de distance de Coimbre sur la montagne élevée de Busaco, dont les environs abondent en mousses et en champignons, et il arriva de nouveau à la Serra d’Estrelîa. Il parcourut ensuite, dans différentes directions, la province de Tras-os-Montes, explora encore la Serra d’Estrella, pénétra jusqu’à la rivière du Minho, revint à Lisbonne en septembre 1800, et, après avoir séjourné quelque temps dans cette viile, il en partit et revint par ruer à Hambourg au mois d’août 1801.

M. Webl».

M. Webb était en Espagne en 1826. Arrivé à Barcelone vers le milieu du mois de mars, il parcourt les environs de cette ville, herborise deux fois sur le Mont-Serrat et à Manresa. Rendu à Tarragone, il visite les montagnes voisines de cette ville et se dirige sur Tortosa en passant par le Col de Balaguer, et à Valence par Castellon et Murviedro (l’ancienne vSagonte). 11 s’embarque ensuite pour Dénia et arrive le

Ier juillet à Alicante, et à la fin du mémo mois à Malaga. Il se rend à Alhama, retourne sur ses pas et s’arrête pendant deux jours sur les hautes cimes de la Sierra Tejada où sa récolte de plantes fut des plus abondantes. Le 20 août il arrivait à Grenade. Comme la saison était très-avancée, il ne crut pas devoir monter la Sierra Nevada, la chaîne la plus élevée de la Péninsule Ibérique ; il en parcourut seulement la base et s’établit à moitié chemin du sommet. Après une excursion dans la riche plaine de Grenade, à Alméria, M. Webb revient à Malaga et se met en route pour Gibraltar, Il y reste un mois, va à Cadix en suivant la côte, et de là à Séville et à Cordoue. Différentes excursions à Xeres, San-Lucar, dans les îles du Guadalquivir, etc., ont lieu à son retour à Cadix et à Gibraltar, où il commence à s’occuper du voyage en Afrique que nous mentionnerons plus tard.

Devenu à Gibraltar, après ce voyage, M. Webb s’embarque le 29 juin pour Lisbonne ; il y arrive après deux jours de navigation. Il en visite rapidement les environs, s’établit à Cintra, se rend à Caldas da Rainha, à Coimbre, à Oporto, el de là à Guimaraens et à Braga. De ce dernier lieu, il se dirigea vers la Serra de Gerez ; cette nouvelle excursion présentait quelque danger à cause de la position de cette montagne sur les frontières de l’Espagne et du Portugal. C’était dans ce pays qu’on avait jeté Brotero dans une prison, les mains et les pieds garrottés, comme espion espagnol ; M'y. de Hoffmansegg etLink avaient reçu la bastonnade dans ce même pays. M. Webb partit bien armé ; il avait obtenu du gouverneur un soldat pour l’accompagner dans les montagnes, et des lettres pour différentes personnes. Il fit ce voyage sans encombre, mais il ne trouva que très-peu de plantes sur le Gerez. D’Oporto, et avant de quitter le pays, M. Webb voulut voir le fameux district de Peso da Regoa où se récolte le vin que nous appelons de Porto, parce que c’est dans cette ville qu’on l’embarque pour l’expédier. Il s’y rendit par Penafiel et Amarante, et, passant le Douro, il se dirigea sur Lamego

et se rendit ensuite à Viseu, ou, après différentes courses, il regagna Lisbonne par Thomar et Santarem. 11 y passa le reste de l’hiver et le printemps, faisant journellement des excursions botaniques et géologiques à Oeiras, Arrabida, Monchique, jusqu’au 2 mai 1828, où il s’embarqua pour Madère.

il. Durleti «le Maison-Neuve.

Asturies.

M. Durieu, officier français, a parcouru, pendant l’été de 4 855, la chaîne alpine des Asturies, depuis les environs de Santander jusque vers le sommet de Cangas de Tineo, presque sur les confins de la Galice.

Ses plantes ont été nommées par M. J. Gay, avec le soin et l’exactitude qui caractérisent cet habile botaniste.

M. Edmond Botssler.

Royaume de Grenade.

M. Edmond Boissier, membre de la société de physique et d’histoire naturelle de Genève, a fait un voyage dans la province de l’Espagne la moins visitée et peut-être la plus intéressante de la Péninsule. Il a exploré, en 1857, et pendant plusieurs mois, la partie occidentale du royaume de Grenade depuis Calpe et Ronda jusqu’à Grenade, ainsi que les monts Alpuxarras et la Sierra Nevada. Il a préparé un fort beau choix de ses plantes, qu’il a donné à l’herbier de M. Delessert. Le produit de ses herborisations est décrit dans un ouvrage remarquable, accompagné de planches dessinées avec beaucoup d’art et de goût, et que M. Boissier a intitulé : Voyage botanique dans le midi de /’ Espagne.

M. le docteur Welwltscli.

Lisbonne.

M. le docteur Welwitsch a envoyé des plantes recueillies par lui dans quelques parties du Portugal.

Le docteur Welwitsch est un des voyageurs d’une société dont nous croyons devoir faire connaître ici et le but et l’utilité scientifiques.

Cette association, connue sous le nom d'Unio uineraria , est établie à Esslingen, royaume de Wurtemberg, et placée sous le patronage du roi. Elle envoie à grands frais des collecteurs dans les parties du monde les plus intéressantes, ou les moins connues, pour y recueillir des objets d’histoire naturelle, et surtout des plantes. L’idée première de cette société est due à quelques botanistes du royaume de Wurtemberg qui, en 4 825, se cotisèrent pour envoyer dans le Tyrol méridional un botaniste qui devait leur rapporter toutes les plantes qu’il y trouverait. Un jeune pharmacien, M. Fleischer, s’offrit pour faire ce voyage, dont les résultats surpassèrent tout ce qu’on s’en était promis. Plus de 500 espèces de plantes, formant une masse de 15,000 échantillons, furent recueillies et très-bien desséchées par les soins de M. Fleischer. La réussite de cette entreprise particulière fit concevoir à MM. les professeurs Steudel et Hochstetter le plan de former une société permanente qui, selon ses moyens pécuniaires, enverrait chaque année un ou plusieurs naturalistes dans des pays peu explorés encore sous le rapport des sciences naturelles, et il est résulté de cette idée des collections intéressantes que des efforts particuliers n’auraient pu rassembler qu’avec peine.

L'Unio est soutenue par les souscriptions volontaires de personnes amies de la science ou d’amateurs dont le nombre est illimité et qui peuvent être introduits dans la société à la seule condition de souscrire, pour une somme déterminée, à

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une ou plusieurs portions des objets recueillis ou à recueillir dans tel ou tel voyage.

Les herbiers que forment les collecteurs sont envoyés au siège de la société ; les plantes y sont étudiées et nommées par des naturalistes capables, et distribuées ensuite aux différents souscripteurs suivant la part que chacun y a prise.

M. Benjamin Delessert figure, depuis plusieurs années, parmi les souscripteurs de la société.

Le docteur Welwitsch, voyageur de Y Unio, s’est trouvé en Portugal pendant les années -1859 et \ 840. Il a parcouru les environs de Lisbonne et les parties de l’Estramadure voisines de cette ville, en deçà et au delà du Tage. Nous citerons plus particulièrement, à la droite de ce fleuve, les plantes de Cintra, de Collares, de la petite ville de Mafra, de la Serra de Monchique, de Monsanto, de Cruz de Gliveira, Alcantara, etc., et, à gauche du fleuve, Almada, Aldea-Gallega, Setubal, Coina, la Serra de Arrabida, les environs de Cezimbra, Azeitao, etc.

MAI. (iutlmlck et Hoclistetter fils.

D’autres plantes du Portugal sont encore entrées dans l’herbier de M. Delessert. Elles ont été recueillies, il y a quelques années, par les deux botanistes que nous venons de nommer et qui sont aussi attachés, comme voyageurs, à la société d’Esslingen.

AIM. Reuter et Colmeiro.

Nouvelle et Vieille-Castilles.

Le pays étudié sous le point de vue botanique par M. Reuter, en 1841, comprend la partie nord delà Nouvelle-Caslille, depuis l’extrémité de la Manche, vers la Guardia, jusqu’aux montagnes de Tolède à l’ouest, et à celles du Guadarrama au nord de Madrid.

Les plantes phanérogames qu’il a recueillies ou observées sont au nombre d’environ 1,250. Elles ont été récoltées principalement, savoir : dans la Nouvelle -Castille, aux environs de Madrid, Aranjuez, et près de Colmenar-Yiejo, Miraflores, San-Rafael, la Granja, LEscuriaî, Ocana (Sierra de Guadarrama), San-Pablo (Sierra de Toledo) et dans la Vieille-Castille, à la rivière de Tormes près de Naval- Ferai (Sierra de Gredos), dans les montagnes d’Avila, etc.

Le docteur don Miguel Colmeiro, professeur au jardin botanique de Barcelone a donné à l’herbier des plantes recueillies dans les environs de Madrid (Guadarrama , Escurial Ribas, etc.).

M. Fauché

Cadix.

Une collection de plantes de Cadix a été offerte par la veuve de M. Fauché au nom de son mari, inspecteur général du service de santé, qui, avant sa mort, les avait choisies dans son propre herbier et les destinait au musée de M. Delessert.

Les relations que M. Fauché entretenait avec une foule de jeunes naturalistes attachés au service de pharmacie des armées lui avaient procuré un herbier assez considérable.

M. Chaubard a revu et nommé tous les échantillons des plantes de Cadix qui sont entrés dans la collection de M. Delessert.

ITALIE

Il .11. Richard, comte Janbert, Splitgerber.

M. Achille Lichard, professeur de botanique à la Faculté de médecine de Paris, M. le comte .haubert, M. Splitgerber* ont donné des plantes provenant de leurs divers voyages en Italie,

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