‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 49 sur 257 · C. Marjoribanks · texte numérisé non relu

C. Marjoribanks

La société linnéenne s’empressa d’accepter l’offre qui lui était si généreusement faite, et voici dans quels termes elle en exprima sa reconnaissance à la cour des directeurs ;

« Le conseil de la société linnéenne, après avoir pris connaissance de la lettre adressée à son président par la cour des directeurs de la compagnie des Indes, dans laquelle l’honorable cour a bien voulu offrir à la société la nombreuse collection de plantes sèches conservée dans le muséum de la compagnie, s’empresse de lui exprimer combien il apprécie l’honneur distingué qu’elle confère à la société par cet acte de libéralité sans exemple.

« Le conseil, au nom de la société, accepte avec les sentiments d’une profonde gratitude la collection qui lui est ainsi offerte, et donne à la cour l’assurance que cette collection sera considérée comme un dépôt dont il devra faire profiter la science.

« Le conseil ne peut se dispenser d’exprimer son admiration du zèle éclairé que manifeste l’honorable cour des directeurs en étendant les avantages qu’on peut retirer de ses collections d’histoire naturelle, par la distribution libérale d’échantillons qu’elle a faite au monde scientifique et par la preuve de munificence qu’elle nous donne en plaçant les fruits des travaux de Kœnig, Roxburgh, Rottler, Russel, Klein, Hamilton, Heyne, Wight, Finlayson et Wallich parmi ceux de l’immortel Linné.

« La compagnie des Indes, en prenant sous son patronage ces naturalistes distingués qui ont cultivé la science en Asie, autant à leur propre gloire qu’à l’honneur du service auquel ils appartenaient, et par l’emploi généreux qu’elle a fait des riches matériaux restés en sa possession, a profondément ému d’admiration et de respect les membres des institutions scientifiques d’Europe et d’Amérique, et le conseil de la société linnéenne se rend ici l’interprète de la reconnaissance générale pour les grands services que l’honorable compagnie a ainsi rendus à la cause de la science.

« Un exemple de désintéressement a été donné par la compagnie ; déjà il a réfléchi et il continuera de réfléchir un honneur mérité sur elle et sur le pays, en même temps qu’il ne

peut manquer de répandre partout l’esprit d'émulation sï utile aux progrès des sciences.

« Londres, 25 juin 1852

« Signé Sianlet.

A. -B. Lambert.

W.-G. Maton.

R. Brown.

E. Forster.

T. Hardwicke.

G. Bentham.

W. Nicholl.

R.-H. Sollt.

W. Yarrell.

F. Boott. »

Quelques-uns des botanistes que nous avons cités dans la relation qui précède méritent d’être mentionnés d’une ma» nière plus particulière.

Docteurs Klein » Heyne et Bottier.

Les docteurs Klein et Heyne, et le missionnaire danois docteur Rottier, ont principalement exploré la partie méridionale de la presqu’île.

Les côtes de Coromandel et d’Orissa ont été parcourues par le docteur Heyne ainsi que par le docteur Kœnig et par les missionnaires danois établis àTranquebar, dans le Karnate.

Docteur f ïumi Itou

Le docteur Hamilton a contribué grandement, par un séjour de plus de vingt années dans l’Inde, à accroître les connaissances que l’on possède sur la botanique de cette contrée. Attaché au service de la compagnie du Bengale, il résida pendant l’année 1795 à la cour d’Ava, année qu’il employa à parcourir les îles Andaman, ainsi qu’une grande portion des royaumes de Pégou et d’Ava. Les plantes qu’il récolta dans ce voyage furent transmises avec une partie des dessins à la cour des directeurs de la compagnie des Indes et données à sir Joseph Banks. Le docteur Hamilton déposa dans la bibliothèque de la compagnie des copies d’un grand nombre de ces

dessins. De 1796 à 1798, il résida à Luckhipour au sud-est du Bengale et dans l’ancien royaume de Tripura. Occupé à décrire les poissons de ce pays, il ne put faire aucune herborisation, mais il prit des notes et rédigea plusieurs descriptions de plantes qu’il remit également à la bibliothèque de la compagnie.

Dans le printemps de S 798 il visita le district de Chittagong, qui, avec celui de Kamilla, formait la principale partie de l’ancien royaume de Tripura. Les plantes de ce voyage furent transmises à sir Joseph Banks, chez qui le docteur Hamilton les retrouva en 1806.

Peu après son retour de Chittagong, il fut envoyé à Barinpour, près de Calcutta ; il recueillit dans cette localité, pour le docteur Roxburgh, les plantes qui lui semblèrent les plus rares et qu’il trouva principalement pendant plusieurs voyages qu’il fit au travers des grandes forêts qui couvrent les îles formées par les branches du Gange.

Pendant l’année 1800, le docteur Hamilton fut employé par le marquis de Wellesley, gouverneur général de l’Inde, pour examiner l’état du pays soumis auparavant au pouvoir du sultan Tippoo et de la province appelée Malabar par les Européens. Il débarqua à Madras (Chinapatana des natifs), et voyagea au travers du territoire appartenant au nabab d’Arcot et que les Européens nomment le Karnatic ou Karnate, mais qui est le Draveda des Hindous. Il parcourut également les côtes de Choîa, Draveda et Andhra, qui forment ce que les Européens désignent sous le nom de Coromandel, nom tout à fait inconnu aux habitants. En quittant Draveda, il entra dans l’ancien territoire hindou, appelé par eux Karnata, mais connu des Européens sous le nom de Mysore ; il examina ensuite la contrée à Pouest de Chola, que les natifs appellent Chera ou Cheda, mais que les Européens appellent Coimbatour, du nom d’une ville située dans le pays. 11 entra, bientôt après, dans la province appelée Malabar par les Européens, et Kaerula et Malayala par les natifs, traversa la province de

Kanara et se rendit à Seringapatam par tes parties occidentales et centrales du Mysore. De Seringapatam, il revint à Madras, et son voyage était achevé le 0 juillet 1801. Les plantes qu’il se procura pendant ce voyage, et qui souffrirent beaucoup de la négligence des personnes chargées de les transporter du lieu de débarquement jusqu’à Calcutta, furent données à sir James-Edward Smith avec plusieurs dessins. Ses notes furent déposées à la bibliothèque de la compagnie. Quelques échantillons doubles furent aussi remis à M. A. -B. Lambert.

Peu après son retour, le docteur Hamilton fut envoyé au Népaul avec l’ambassade conduite parle capitaine Knox. S’étant rendu par eau à Patna, il passa au travers de l’ancien territoire de Besala, maintenant appelé Saran (Sarun), et au travers d’une portion de Mithila, aujourd’hui Tirhout, et le 1er avril 1802 il entrait dans le Népaul, où il resta près d’une

année, charmé par la variété et la magnificence de ses pro-

ductions végétales. Il fit de longs séjours d’abord dans le voisinage de Katmandou, capitale du Népaul, et ensuite sur la frontière de ce pays, récoltant des plantes et rédigeant des notes qu’il donna à sir James-Edward Smith, et réservant des échantillons doubles pour l’herbier de M. Lambert.

En C806, le docteur Hamilton fut chargé par la cour des directeurs de rédiger une description statistique du territoire faisant partie de la présidence de Fort-William et ordinairement appelé Bengale en Europe. 11 commença, en 1807, ses opérations, où la botanique ne fut pas négligée, par le district anglais de Dinagepour, formant une partie de l’ancien royaume de Matsiya ; en 1808, il passa dans le district anglais de Rangpour, la Kamroupa des anciens Hindous, et il s’arrêta à Goyalpara. ('et endroit, situé à l’extrémité septentrionale du district montagneux qui borne la plaine gangétique à l’est, lui procura une variété de plantes rares et belles, presque égale à celle du Népaul. Les plantes de ce voyage, réunies à celles d’Ava et de Chittagong, peuvent

donner line idée assez exacte de la flore de l’Inde, au delà du Gange, la Chine des Hindous. Ce 1809 à 1814, il continua ses explorations, visitant successivement la juridiction anglaise de Pourniah, Nathpour sur la frontière des Kiratas ou Ciratas, le district de Boglipour, Mangga, les juridictions de Patna et Gaya, dans l’ancien royaume de Magadha, celle de Shahabad qui forme une grande partie de l’ancien royaume hindou de Kikata, Agra et les rives du Gange et de la Jumnah ou Djemnah, le district de Gorekpour, et enfin l’ancien royaume de Kuru, au centre duquel passe le Gange.

C’est en juin 184 0, qu’étant sur les frontières du NépauL Hamilton fit explorer les monts Himalaya, dans la partie de cette chaîne de montagnes qui est située au delà des sources du fleuve Kosi. Son envoyé lui rapporta quelques plantes curieuses, parmi lesquelles se trouvait une espèce de Calilia, qu’Hamilton a nommée Codua. Cette plante donne une racine dont les Indiens empoisonnent leurs flèches et que les Gorkhalèses regardent comme le moyen le plus puissant qu’ils possèdent pour repousser les invasions de leurs ennemis, par la facilité avec laquelle ils peuvent empoisonner les eaux.

De retour à Calcutta, le docteur Hamilton succ éda au docteur Roxburgh dans la direction du jardin botanique de la compagnie des Indes. En février 1815, il s’embarqua pour l’Europe et présenta, au mois de septembre suivant, toutes ses collections à la cour des directeurs de la compagnie.

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