SÉNÉGAMBIE
M. lioprieur.
Aux plantes de la Sénégambie, envoyées par M. Perrottet, et que déjà nous avons mentionnées (p. 91 ), nous ajouterons celles rapportées par M. Leprieur, aujourd’hui pharmacien de première classe de la marine à la Guyane française, et qui sont le fruit d’un séjour de plusieurs années au Sénégal.
M. Leprieur, attaché au service de santé de la marine, fut envoyé au Sénégal dans les premiers mois de l’année 4 824. Il s’embarqua à Bochefort sur la gabare le Chameau , chargée de vivres pour la station de Cadix, d’où elle devait ensuite continuer son voyage pour la côte d’Afrique. Pendant vingt et un jours qu’il séjourna sur la rade de cette ville, il en parcourut à loisir tous les environs. Le bâtiment ayant remis à
la mer se trouva, en dix jours, à l’embouchure du Sénégal. Arrivé à Saint-Louis et employé dans cette résidence, M. Leprieur visita avec soin les environs de cette ville. En février 1825 il fit un voyage à Daghana, où il resta pendant quelque temps et forma des collections de plantes. Dans le cours de l’année 1826, M. Roger, gouverneur de la colonie, ayant mis à exécution le projet de visiter l’intérieur du pays jusqu’au delà de la Gambie et de la Casamance, emmena avec lui M. Leprieur, qui profita de ce long voyage pour se livrer à des recherches d’histoire naturelle. Après avoir traversé le pays de Cayor et s’être arrêté dans les bas-fonds humides de N’Boro, ils atteignirent la presqu’île du Cap-Vert, où sont disséminées de nombreuses oasis. De là ils pénétrèrent chez les Nonnes-Cérères, visitèrent le cap de Naze et les bords de la rivière de Saloum. Ils passèrent quelques jours à Joal, dans le royaume de Baoî, village situé dans une position très-riche sous le rapport des productions naturelles ; de là ils se rendirent à Âlbréda, sur la Gambie, et à Zékinchor, sur la Casamance. Enfin ils poussèrent leur reconnaissance jusqu’au Cap-Rouge et chez les peuplades appelées Mandingues. Le temps ayant manqué à M. Leprieur pour observer complètement le pays, il conçut le projet de s’y rendre de nouveau, projet qu’il mit à exécution en 1827 et 1829. Le voyage qu’il fit en juin 1827 à Albréda, lui fournit l’occasion de ramasser la plupart des plantes de la Gambie. Ce fut au mois de janvier 1829 que d’après l’ordre de M. Jublin, qui commandait alors au Sénégal, et qui mit à la disposition de M. Leprieur des nègres et des chameaux, ce voyageur traversa de nouveau tout le Cayor, arriva aux confins du pays des Nonnes- Cérères et s’arrêta pendant quelques jours aux environs du cap de Naze, où il fit des collections de minéraux et de plantes.
Dans le mois de juillet 1828, M. Leprieur reçut l’ordre de partir pour Rakel, poste situé dans le pays de Galam. Il fit ce voyage sur un bateau à vapeur dont les fréquentes relâches
le mirent à portée d’observer la végétation le long du cours du fleuve sur une grande étendue de pays. Arrivé à Bakel, M. Leprieur s’occupait avec empressement d’y faire des récoltes de plantes, lorsque les fièvres vinrent interrompre ses travaux et le forcèrent de quitter ce pays.
En juillet 1829, M. Leprieur arrivait en France ayant été rappelé au port de Brest pour y continuer son service. Il avait recueilli à peu près 1,800 espèces de plantes.
Nous suivrons plus tard ce voyageur dans ses excursions à la Guyane française, où il se rendit dans le courant de l’année i 850.