‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 74 sur 257 · llorce* M. «folm Leconte · texte numérisé non relu

llorce* M. «folm Leconte

Aux herbiers que nous venons d’indiquer, nous ajouterons les plantes de M. Charles Morée, qui a parcouru les États de New-York, New-Jersey, Pensyîvanie et Maryland, collection reçue en J 842, et un petit herbier de M. le capitaine John Leconte.

Ce dernier a récolté un grand nombre de plantes de l'Amérique du Nord et particulièrement des États méridio-

naux.C’està ce naturaliste, distingué par ses connaissances en

botanique et en entomologie, que M. Achille Richard a dédié

le genre Leconiea , qui appartient à la famille des rubiacées.

John Fraser.

M. John Fraser était un des plus zélés collecteurs de plantes américaines. En J 785, il commença ses recherches dans les États méridionaux de l’Amérique septentrionale, où il fut employé pendant deux années. 11 a rendu de grands services aux amateurs par l’introduction de diverses espèces et de genres nouveaux de plantes de ce pays.

Peu après son arrivée dans l’État de la Caroline du Sud, John Fraser se lia intimement avec Walter, botaniste américain, auteur de la Flora Caroliniana. Dans une seconde visite qu'il fit en Amérique, en 1788, il rencontra, en se rendant de la Caroline en Géorgie, André Michaux, êt fit plus tard connaissance avec le fils de ce botaniste.

Deux fois, entre les années 1789 et 1790, Fraser visita de nouveau le continent de l’Amérique septentrionale et les divers établissements indiens, traversant la chaîne des Alleghany et s’exposant lui-même à des dangers et à des privations que peut seul faire surmonter un zèle ardent pour la science. Lors d’un voyage qu’il fit en Russie en 1798, apportant avec lui une collection choisie de plantes d’Amérique, qui fut achetée aussitôt son arrivée à Saint-Pétersbourg par l’impératrice Catherine, il fut nommé botaniste-collecteur de Leurs Majestés, et chargé de fournir les plantes rares et nouvelles qui devaient compléter les collections impériales 11 s’embarqua en conséquence dans l’année J 799, accompagné de son fils aîné John Fraser, et se dirigea vers les États méridionaux de l’Amérique du Nord, où il se livra à des recherches botaniques dans divers points inexplorés jusqu’alors. C’est sur le sommet du Great-Roa ou Bald-Mountain, qui fait partie de la chaîne des Alleghany, à un endroit où, quand

l’air est pur, la vue embrasse une étendue immense renfermant cinq États : le Kentucky, la Virginie, le Tennessée, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, que M. Fraser a trouvé et recueilli des échantillons vivants du beau Rhododendron Catawbiense , dont d’habiles horticulteurs ont depuis obtenu de magnifiques variétés hybrides.

Comme complément de son expédition dans l’Amérique septentrionale, Fraser se rendit avec son fils à l’île de Cuba ; le vaisseau qui les transportait fit naufrage en route, mais ils furent recueillis par un bâtiment espagnol qui les conduisit à Matanzas, dans l’île de Cuba. Là ils obtinrent une permission pour aller à la Havane, où ils rencontrèrent MM. Alexandre de Humboldt et Bonpland. M. de Humboldt ayant recommandé les deux Fraser au gouverneur de Cuba, celui-ci leur accorda des passe-ports pour voyager dans l’intérieur. Ils recueillirent par ce moyen plusieurs plantes nouvelles, surtout dans les districts montagneux de File.

M. Fraser s’embarqua en 1802 pour revenir en Angleterre avec toutes ses collections. Mais une voie d’eau s’étant déclarée au navire, les passagers et l’équipage furent contraints de travailler aux pompes nuit et jour jusqu’à ce que le vaisseau atteignît le port de Nassau, dans la Nouvelle-Providence, une des îles Lucayes (Antilles).

Après son retour en Angleterre, Fraser se rendit de nouveau à Saint-Pétersbourg, et, en 1807, accompagné par son fils John, il entreprit un autre voyage dans les forêts et les déserts de l’Amérique septentrionale. John Fraser revint à Londres avec ses collections, laissant en Amérique son père qui devait revenir l’année suivante avec les objets qu’il aurait recueillis. Ce dernier employa cet intervalle de temps à voyager dans les États de l’Ouest, fit une seconde visite à l’île de Cuba, et arriva en Angleterre dans le printemps de 1 81 0.

Après la mort de Fraser père, arrivée en \ 81 1 , son fils John retourna dans l’Amérique septentrionale et revint en Angleterre dans l’année 1817, rapportant des collections de

plantes qu’il avait recueillies dans les États méridionaux, ayan t étendu ses recherches plus au sud que n’ayait fait son père, c’est-à-dire jusque dans la Floride orientale.

M. Bosc.

Carolines du Sud et du Nord.

En 1798, et sous la promesse d’être nommé consul de France aux États-Unis à la première vacance qui se présenterait, M. Bosc s’embarque à ses frais pour Charleston (Caroline du Sud ). Son ami Michaux dirigeait à cette époque un jardin botanique à la Caroline, et M. Bosc résolut de se rendre auprès de lui pour y attendre sa promotion. 11 fit la route à pied jusqu’à Bordeaux, se livrant sans cesse à des recherches d’histoire naturelle 11 s’embarqua le 18 août, mais, arrivé à Charleston, il eut le chagrin de n’y plus trouver Michaux qui était parti depuis un mois pour l’Europe.

Pendant le premier hiver, M. Bosc fixa son séjour dans la ville de Charleston, d’où il faisait presque journellement des excursions dans les campagnes voisines, principalement le long des côtes maritimes. 11 passa le reste du temps à trois lieues de cette ville, dans une habitation où Michaux déposait et cultivait les plantes récoltées dans ses courses pour les expédier ensuite en France.

Pendant le cours de l’année que M. Bosc passa dans cette habitation, il fit deux voyages, l’un à Wilmington, dans la Caroline du Nord, au vice-consulat duquel il avait été nommé sans qu’il pût jamais obtenir d’être admis en cette qualité par le président des États-Unis, et l’autre voyage à l’extrémité ouest de la Caroline, sur les frontières de Tennessée.

M. Bosc a cherché à recueillir, dans ses herborisations, des graminées et des cryptogames dont Michaux ne s’était pas occupé. H a rapporté un grand nombre d’échantillons de

plantes composant environ 4,600 espèces et près de 500 espèces de graines.

M. Bosc quitta Charleston à la fin de l’été de 4 800 pour revenir en Europe. 11 débarqua à la Corogne et traversa une partie de l’Espagne, où il eut occasion de faire quelques observations botaniques. En 4 805, il fut envoyé en Italie pour recevoir de la ville de Vérone la collection des poissons pétrifiés qu’elle avait offerte au gouvernement français. Il profita de cette circonstance pour faire un voyage dans une grande partie de la Haute-Italie. De 4 820 jusqu’en 4 825, il fit cinq voyages successifs en France, et visita la Champagne, la Lorraine, la Bourgogne, l’Auvergne et toutes les parties du sud et du sud-est, recueillant constamment des notes sur la minéralogie, la zoologie, la botanique, etc. 11 a fait aussi quelques excursions en Suisse.

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