‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 83 sur 257 · COLOMBIE · texte numérisé non relu

COLOMBIE

M. Linden.

En 1859, M. Linden (Jean-Jules), envoyé en Amérique par le gouvernement belge, se trouvait dans l’État de Yucatan, au Mexique, et en explorait le littoral avec soin. 11 visitait en 1840 les États de Chiapan et de Tabasco ; dans le premier : Ciudad-Real, Cacaté, les forêts de San-Bartolo et de Jitotoli; et dans l’État de Tabasco : Santiago de Tabasco, la capitale, Tcapa et ses forêts, les Rios Tcapa, Puyapatago et Tabasco, etc.

(1) Voyez, pour d’autres collections de l’Amérique septentrionale faisant partie des herbiers de M. Delessert, les Voyages de Michaux (André), chapitre précédent, page 60, et de Palisot de Beauvois, page 70.

Revenu à Paris après ce voyage, M. Linden en repartit à la fin de l’année 1841. Dans les premiers mois de 1842, il était arrivé à Caracas, département de Venezuela, dans la république de ce nom. Le 2 mai de la même année, il expédiait à M. Delessert une caisse de plantes récoltées généralement dans les hautes régions de la Cordillère du littoral. Ces régions sont les seules qui offrent quelques récoltes pendant cette saison de l’année où une sécheresse excessive fait disparaître toute végétation dans les plaines et sur les versants des montagnes jusqu’à une hauteur de 4,000 pieds.

Cette collection, quoique peu nombreuse (elle montait à 255 espèces), est assez intéressante parce qu’elle contient à peu près toutes les plantes qui couvrent la Silla de Caracas et le Cerro de Avila.

Dans les premiers jours de mai 1842, M. Linden quittait Caracas afin de visiter la haute chaîne des Andes de Merida, d’où il se proposait de pénétrer dans la Nouvelle-Grenade par Pamplona. Il n’avait pas de temps à perdre, car la saison des pluies s’approchait; il fallait qu’il atteignît, avant son commencement, les hauts plateaux des Andes, autrement toute tentative pour y arriver était vaine, les chemins devenant impraticables après les premières pluies.

En janvier 1845, M. Linden, qui avait surmonté toutes les difficultés d’un pareil voyage, transmettait de LMerida, par l’intermédiaire du consul de France à Maracaybo, des plantes récoltées dans les hautes Andes de Truxillo et de Merida à des élévations de 4,000 jusqu’à 14,500 pieds.

Les recherches de M. Linden, dans les dernières provinces, ont été couronnées du plus heureux succès. Malgré le passage si désastreux pour lui du Rio-Tocuyo, où furent englouties avec la plus grande partie de ses bagages, les collections qu’il avait recueillies dans les provinces de Carabobo et de Barquicimeto, le résultat de ses travaux dépassait même ses plus belles espérances. C’est surtout la curieuse famille des orchidées qui lui a fourni de nombreuses et magnifiques récoltes,

et il a pu réunir au delà de 120 espèces différentes appartenant à cette seule famille ; près des deux tiers paraissent nouvelles, et le plus grand nombre est d’une beauté peu commune.

Au mois de septembre 1845, M. Linden annonçait qu’il allait continuer avec confiance le cours de son voyage, malgré les dépenses considérables qu’d nécessitait. Il se préparait, vers la fin de septembre, à partir pour la Nouvelle-Grenade, et allait se diriger sur Santa-Fé de Bogota, bien éloigné de Merida. Les mauvais chemins et les redoutables déserts (Paramos) qu’il avait à traverser, lui faisaient craindre pour ses mules qui avaient déjà souffert beaucoup dans les Andes de Truxillo et de Merida.

. 11. Funck.

M. Nicolas Funck, naturaliste belge, explore en 1855 le Brésil avec MM. Linden et Ghiesbreght ; repart de Bruxelles en 1857 pour la Havane, et arrive en avril 1858 au Mexique avec ces deux naturalistes. Béunis à M. Galeotti, ils explorent ensemble Mexico, Xalapa, Vera-Cruz, la Antigua, Mirador, Huatusco et le pic d’Orizaba, et se séparent en avril 1850. M. Funck et ses deux amis vont explorer le Yucatan et le riche État de Tabasco, d’où ils rapportent un bel herbier.

De retour à la fin de 1840, M. Funck et M. Linden repartent pour l’Amérique méridionale; ils débarquent à laGuayraetse séparent ensuite; l’un poursuit ses explorations en se dirigeant sur le Pérou, M. Funck tourne ses pas à l’est vers la Guyane et les bords de l’Orénoque, visite Cumana, Guanaguana, San-Augustin, où il récolte un herbier riche en belles plantes, la grotte des Guacharos, Caripe et ses montagnes. En 1 842 et 1 845, il visite Santa-Marta et ses pics élevés, San • Sébastian dans les régions tempérées, et situé à 6,000 pieds, Galipan, etc. 11 se rend enfin à l’île de Curaçao, après avoir parcouru les régions froides de la Silïa de Caracas.

Les plantes de M. Funck sont entrées dans l’herbier de M. Delessert vers les premiers mois de 1814 (1 ).

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