‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 84 sur 257 · Schomlmrgfc · texte numérisé non relu

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La Guyane anglaise a été visitée par M. Robert Hermann Schomburgk, Ce naturaliste avait été désigné en 1854 par la société royale de géographie de Londres pour diriger une expédition de découvertes, chargée d’explorer l’intérieur de la Guyane anglaise. Cette expédition, dont la durée était fixée à trois ans, devait s’occuper de recherches sur la géographie physique et astronomique de la colonie et lier les positions qu’on aurait établies avec celles que M. de Humboldt fit, en 1800, à Esmeralda, sur le haut Orénoque. M. de Schomburgk étant autorisé à faire pour son compte des collections d’objets d’histoire naturelle, il fut convenu qu’un échantillon de chaque objet serait déposé au muséum de Londres. M. Schomburgk remplit, dans l’espace de temps qui lui était assigné, les intentions de la société de géographie.

Le 21 septembre 1855, ayant reçu ses dernières instructions, M. Schomburgk quitte Georgetown, chef-lieu de la Guyane anglaise. Il remonte l’Fssequebo et son principal affluent le Rupununi, jusqu’au village d’Ànnay, chez les Ma cousis, où il établit son quartier général. 11 y séjourne près de trois mois, visite les chaînes de montagnes et les savanes qui environnent ce pays, telles que la sierra Pararaïma et la savane de Pirara, et revient à Georgetown en mars 1856.

(1) Pour les plantes de M Hartweg envoyées de la Colombie en 1843, voyez page 209.

Malheureusement le bateau qui portait les échantillons zoologiques et beaucoup de plantes, périt en descendant le rapide d’Estabally, et la plupart des autres collections botaniques furent détruites par les pluies.

Au mois de septembre, M. Schomburgk se dirige vers la rivière Courantine qui forme la limite entre la Guyane anglaise et le territoire hollandais, et à peine reposé de cette expédition, il en forme une nouvelle pour explorer la Berbice. Ce n’est pas sans de grandes difficultés qu’il put se hasarder dans ces pays. 11 resta plusieurs mois sans autre abri qu’une toile huilée sous laquelle il suspendait son hamac. L’intérieur de la Guyane anglaise est inhabité, et en remontant la Berbice, de décembre à avril, il ne rencontra les traces d’aucun être humain. 11 parcourut également d’autres districts que jamais le pied de l’homme n’avait foulés. 11 est probable qu’une partie de la rivière Berbice n’a jamais été visitée. C’est dans une de ses excursions, le 1er janvier 1857, que M. Schomburgk trouva dans cette rivière, à un point où elle s’étend et forme un bassin sans courant, la superbe Nymphe acée, à laquelle M. Lindley a donné le nom de Victoria regia en l’honneur de la reine Victoire d’Angleterre. Cette

plante, remarquable par un nouveau type de structure et qui

se présente sous l’aspect le plus magnifique, parée des plus

riches couleurs, est d’une taille si gigantesque, que ses feuilles atteignent jusqu’à i8 pieds et ses fleurs 4 pieds de circonférence. Les feuilles dont les bords sont relevés à une hauteur de 5 à 5 pouces, en forme de soucoupe, vertes à la partie supérieure et d’un rouge cramoisi en dessous, flottent à la surface de l’eau. Les fleurs, d’une beauté en rapport avec les feuilles, sont composées d’un nombre considérable de pétales qui passent, par des teintes alternatives, du blanc le plus pur au rose et au cramoisi.

A la vue de cette plante merveilleuse, M. Schomburgk fut saisi de surprise et de plaisir, et c’est sans doute en découvrant cette même plante ou une espèce bien voisine, que le

botaniste Maenke, qui naviguait en pirogue sur le Rio Mamoré, province de iMoxos (Boîivia), un des plus grands affluents de l’Amazone, « transporté d’admiration, se précipita à genoux adressant à l’auteur d’une si magnifique création les hommages de reconnaissance que lui dictaient son étonnement et sa profonde émotion ( 1 ). »

Dans l’automne de 1857, M. Schomburgk remonte de nouveau l’Essequebo et le Rupununi, et de son premier poste à Annay ii fait une excursion jusqu’aux sources de i’Essequebo, dans la sierra Acaray. Divers accidents éprouvés par le voyageur, joints à l’insalubrité du climat, aux pluies continuelles et à la difficulté de transporter le papier nécessaire à la dessiccation des plantes, ne permirent pas, malgré tous les efforts de M. Schomburgk, de faire une récolte aussi ample qu’il pouvait l’espérer d’un pays dont la végétation est des plus riches. Les 700 espèces qu’il a envoyées ont été recueillies principalement dans les savanes, aux environs d’Annay et le long de l’Essequebo et du Rupununi ; une autre partie assez considérable provient des rives de Berbice et de Courantine.

En 1858 et 1859, M. Schomburgk remonte le Rio-Branco ou Parima et ses affluents, visite les montagnes de Cristal, ainsi que la chaîne des monts Roraïma, se dirige ensuite au sud, puis à l’ouest et suit le cours du Parima jusqu’à une chute de cette rivière appelée Warimième. Il parvient enfin, après avoir parcouru une région de 700 milles, à atteindre Esmeralda sur l’Orénoque, où il devait lier ses observations astronomiques à celles de M. de Humboldt. Il entra ensuite dans la branche secondaire de l’Orénoque, qui porte le non» de Cassiquiare, arriva au Rio-Negro, qu’il descendit jusqu’à son confluent avec le Rio-Branco. Il a remonté cette dernière rivière, l’espace de 150 lieues environ, et malgré plusieurs ca-

(1) Alcide d’Orbigny, Annales des sciences naturelles , (ome 15, page 55.

taractes, jusqu’au fort portugais de San Joaquim, et poursuivant sa route au nord il s’est retrouvé à Georgetown le 20 juin 1859, ayant fait en sept mois, pendant ce dernier voyage, un circuit qu’il évalue à 2,200 milles.

L’histoire naturelle a gagné autant que la géographie à ces travaux, qui ont valu à M. Schomburgk une médaille d’or de la société de géographie de Londres, et une médaille d’argent accordée par la société de géographie de Paris.

D’avril à juillet 1841, M. Schomburgk fait un voyage d’exploration aux rivières Barima et Wai-Ina ou Guyania et parcourt dans cet intervalle de temps un espace de 700 milles, observant toujours la végétation du pays.

En 1842, M. Schomburgk a reconnu les sources du Takutu et remonté cette rivière, qui se jette dans le Rio-Branco, auprès du fort San-Joaquim. Il était accompagné d’un dessinateur et de M. Richard Schomburgk, que le gouvernement prussien avait envoyé à la recherche de collections pour le musée royal de Prusse. Parti le 24 mars du village indien de Pirara, il y revint le 21 mai.

Une nouvelle expédition , vers les limites de la Guyane anglaise, a lieu en 1845. M. Schomburgk quitte Georgetown au mois de février et arrive le 24 mars à Pirara. Le 50 avril il quitte ce village et s’embarque sur le Rupununi. 11 continue ensuite son voyage à travers les monts Garawami et s’arrête quelques jours à Watu-Ticaba, puis le 4 juin il s’éloigne des savanes et entre dans les vastes forêts de l’intérieur.

Au milieu de ce voj âge, qui se termina le 1 5 octobre, jour de son arrivée à Georgetown, 1\I. Schomburgk se trouva malheureusement forcé d’abandonner sa précieuse collection d’objets relatifs à l’histoire naturelle et à l’ethnographie, les Indiens qui l’accompagnaient suffisant à peine à porter son bagage, même le plus indispensable.

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