‹ Musée botanique. De M. Benjamin Delessert. Notices sur les collections de plantes et la bibliothèque qui le composent; contenant en outre des documents sur les principaux herbiers d'Europe et l'exposé des voyages entrepris dans l'intérêt de la botaniqueChapitre 87 sur 257 · II. iPoIteau · texte numérisé non relu

II. iPoIteau

En 1817, M. Poiteau fut nommé botaniste du roi et directeur des cultures aux habitations royales de la Guyane française ; il y resta jusqu’en 4 822, herborisa à Cayenne, sur les

rives de La Mana, aux environs de la Gabrielle, etc., récolta pendant ce temps 1,200 plantes, et en décrivit et dessina environ 400,

M. lieprieur.

Un prix avait été, il y a quelques années, proposé par la société de géographie de Paris pour obtenir une reconnaissance générale des parties inconnues de la Guyane française. M. Leprieur fut disposé à tenter cette reconnaissance, et quoique, par des circonstances indépendantes de sa volonté, l’expédition qu’il a entreprise n’ait pu avoir le résultat qu’il en espérait pour répondre aux vues de la société de géographie, M. Leprieur n’en a pas moins fait profiter la botanique autant que possible.

Le 4er juillet 1850 il partit de Paris pour se rendre à Nantes, où un bâtiment était en charge pour Cayenne. Le 22 du même mois il met à la voile, et débarque à Cayenne le 7 septembre. Dans les premiers jours de novembre, il remontait l’Oyapok jusqu’à sa jonction avec le Camopi. De retour à Cayenne avec une grande quantité de matériaux nouveaux pour l’histoire naturelle, il se prépare à une nouvelle excursion, et visite Ouessa et ses deux affluents, Couripi et Rokawa. En novembre 1852, il se dirige vers les sources de l’Oyapok. Plus d’une année fut employée à parcourir l’intérieur de ce pays, excursion difficile, dans une contrée où des forêts vierges et de nombreux cours d’eaux viennent sans cesse embarrasser le voyageur, et rendre sa marche si pénible et quelquefois si dangereuse.

L,’insuccès de ce premier voyage n’avait pas découragé M, Leprieur; il voulut, en 1856, tenter une seconde exploration, et en juillet de cette même année, après plusieurs mois de séjour sur le haut Oyapok, il avait atteint le fleuve Maroni, qu’il devait reconnaître en le remontant jusqu’à ses sources. Un événement imprévu vint malheureusement faire

échouer cette entreprise, au succès de laquelle rien ne paraissait plus devoir s’opposer. Accosté un peu au-dessous de la rivière Arawa par des nègres marrons échappés de Surinam, il se rend avec eux sur un petit Ilot où ils étaient établis. Les intentions de ces nègres étaient très-pacifiques, et, en signe d’alliance, et comme engagement sacré de ne se faire aucun mal, ils proposèrent à M. Leprieur de se tirer mutuellement du sang et de le mêler avec de l’eau qu’ils devaient boire ensuite. M. Leprieur y consentit sans hésiter, et peut-être un refus n’était-il pas possible. Le lendemain, il se rend à l’établissement principal de ces nègres où étaient réunis leurs chefs, dont l’appui lui était indispensable pour remonter le Maroni que leurs canots parcourent continuellement. Bien traité par eux, il se disposait à continuer son voyage, lorsque des hommes, au nombre de plus de soixante, d’une tribu aussi révoltée, s’imaginant que la présence de notre voyageur allait soustraire à leur joug la tribu chez laquelle il se trouvait et qu’ils tenaient sous leur dépendance voulurent s’emparer de lui. Ses hôtes le défendirent bravement, mais ils ne purent empêcher le pillage de ses effets et de ses instruments, et, privé par cet événement de tout moyen d’exploration ultérieure, il fut forcé de revenir à Cayenne, abandonnant ainsi, et bien malgré lui, un projet qu’il avait formé avec tant d’ardeur.

Depuis lors, des herborisations répétées dans les environs de Cayenne, où le retient encore actuellement son service, ont permis à M. Leprieur de récolter un grand nombre de plantes, et des cryptogames surtout, qui doivent lui servir à rédiger la flore complète de ce pays.

MM. Ciabriel et Leblond.

Les plantes de M. Leprieur forment un supplément important aux collections envoyées longtemps auparavant par

M, Gabriel, juge au tribunal de première instance, et puis vice-président de la cour d’appel de Cayenne.

M. Leblond (Jean Baptiste), associé de la société d’agriculture de Paris et de la société académique des sciences, entraîné par son goût pour l’histoire naturelle, parcourt 'à ses frais l’Amérique méridionale. Il arrive à la Martinique en 1767, visite File de Sainte-Lucie et la plupart des Antilles. En 1772, il passe à la Trinité espagnole, et fait un voyage dans la chaîne des Cordilières jusqu’à Lima.

Vers 1786, il est envoyé par le gouvernement français dans la Guyane pour y faire la recherche du quinquina. Il venait de présenter à l’Académie des sciences un mémoire sur la possibilité de découvrir le quinquina dans la Guyane française. Il reste 18 ans dans cette colonie, et se livre pendant ce long séjour à des observations et à des recherches de toute nature. Les trois premières années, il fait dans l’intérieur trois voyages, de six mois chacun, à plus de quatre-vingts lieues au delà des côtes maritimes habitées par les colons. Il forma dans ces déserts une ample collection d’objets d’histoire naturelle, et l’envoya à Paris en 1791 .

Ses plantes, au nombre déplus de 500 espèces, ont été nommées par le professeur L.-C. Richard, qui les a toutes mentionnées dans la lre partie du tome 1er des actes de la société d'histoire naturelle de Paris, publiée en J 792. Leblond est mort en 1815, dans le département de la Nièvre.

M. Sellow

M. Fr. Sellow, de Postdam, fut le premier naturaliste européen que Tamour seul de la botanique dirigea vers le Brésil. Sous le patronage de sir Joseph Banks et de M. Aylmer Bourke Lambert, il arriva à Rio de Janeiro et observa d’abord la flore des environs de cette ville. 11 fut ensuite attaché, en même temps que M. Frey reiss, à M. le prince de Neuwied. En 1 81 9, il accompagna M. Von Olfers dans un voyage au tra-

vers des provinces de Minas Geraes et de Saint-Paul, et ensuite dans les provinces méridionales de Sainte-Catherine, de San-Pedro-do-Sul ou Rio-Grande et de Montevideo, qu’il parcourut dans toutes les directions, s’occupant à la fois de botanique et de géologie. Ses collections ont été envoyées au musée royal de Berlin.

M. Sellow a péri au Rio-Doce soit en se baignant, soit, comme on l’a pensé, par suite d’un assassinat.

La collection de ses plantes, qui se trouve en la possession de M. Delessert provient d’un envoi fait à M. Delessert, en J 857, par l’herbier royal de Berlin, et d’acquisitions faites à la vente des herbiers de M. Lambert à Londres; plusieurs espèces nouvelles, découvertes par M. Sellow, ont été décrites dans différents ouvrages, mais il en reste encore beaucoup à publier. L’herbier qu’il a laissé renfermait 10,000 plantes qui ont dû être, d’après ses dernières volontés, réparties de la manière suivante : le premier échantillon de chaque espèce à l’herbier royal de Berlin, le second à son ami et compagnon de voyage, M. Von Olfers, et le troisième à M. Kunth.

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