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A MONSIEUR LE MINISTRE

DE l'instruction PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS

Monsieur le Ministre,

J'ai l'honneur de vous soumettre, en même temps que ce rapport, le premier tome de la série des Musées et Collections de l'Algérie, dont vous avez bien voulu me confier la publication. C'est la description du Musée d'Alger, par M. Doublet, ancien membre de l'École d'Athènes. Nous passerons successivement en revue, et promptement, les Musées de Constantine, d'Oran, de Cherchel, de Philippeville, de Lambèse, les collections publiques ébauchées dans quelques autres villes, et un choix de pièces importantes qui ne leur appartiennent pas.

En décidant l'exécution de ce travail, vous avez voulu. Monsieur le Ministre, faire connaître les richesses archéologiques de l'Algérie, être utile aux hommes d'étude qui ne peuvent venir les voir, et guider dans leur visite les voyageurs intelligents. Il vous a paru qu'au moment où la France dresse /'Album de ses Musées, où la Régence de Tunis commence à éditer les Collections du Musée Alaoui, l'Algérie ne devait pas demeurer en arrière. La présente suite prendra place entre ces deux œuvres. Conduite parallèlement à la première, elle sera sœur de la seconde, née,

comme elle, en terre africaine, de l'activité des missions auxquelles votre Département préside.

Le but de cette entreprise n'est pas de remplacer les catalogues dans le cas trop fréquent où ils n'existent pas, ni de les rectifier, compléter, doubler en quelque sorte lorsqu'ils existent. D'ailleurs un catalogue ne se fait utilement que quand tout est logé, classé et rangé d'une manière définitive, ce qui n'a encore eu lieu nulle part. Nous ne donnerons pas non plus l'inventaire de chaque dépôt, rémunération des objets: cette comptabilité scientifique est l'affaire des conservateurs, et devrait être depuis longtemps tenue. Ce qu'on explique ici, et ce qu'on représente, sera toujours le fruit d'une sélection. Vos instructions. Monsieur le Ministre, nous invitent à signaler ce qui offre de l'intérêt et ce qui appelle l'examen: nous voulons enrichir le carnet des archéologues, nous tenons à ne pas l'encombrer.

Dans chaque musée, notre premier travail est de nous rendre un compte exact de ce que rétablissement renferme, et d'en rendre compte au public. Nous faisons ensuite notre choix, et toutes les pièces importantes, à quelque degré qu'elles le soient, par quelque côté que ce puisse être, sont figurées et sommairement décrites. L'ouvrage est conçu de manière que les planches y tiennent une grande place : elles sont souvent le principal, le livre est aussi un album. Le texte a simplement pour but de montrer les rapports des objets, le lien des séries, de donner, très succinctement, les indications de provenance, la bibliographie, et d'indiquer, plutôt qu'Une les traite, les questions que les monuments soulèvent. Nous n'avons pas la prétention de faire nous-mêmes l'étude de chacun d'eux; nous voudrions seulement, si nous en sommes capables, aider ceux qui l'entreprendront.

Les musées d'Algérie sont plus riches qu'on ne le pense, et plus riches qu'ils ne le paraissent. Ils devraient l'être cent fois plus. La millième partie des trésors qui ont été barbarement détruits, ou que l'on a laissés se perdre, depuis un demi-siècle, dans notre colonie, suffisait à former d'incomparables collections. Ce qui a fait défaut, ce n'est pas la bonne volonté : il y en a toujours eu une grande somme, répartie, au caprice de la fortune, entre quelques administrateurs, quelques officiers, quelques

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