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SYPHILIS CONFIRMÉE OU CONSTITUTIONNELLE

M. Lagneau désigne ainsi l'infection syphilitique réunissant les symptômes vénériens consécutifs ou constitutionnels, et pri9YeB^f^

toujours des accidents primitifs, tels que ceux de la bleonorrhagie, des chancres, des bubons et des pustules humides.

SECTION I

Ulcères vénériens consécutifs.

Ils siègent le plus souvent dans des parties où l'on ne rencontre que rarement les symptômes primitifs. Ainsi au gosier, à la face interne des joues, sur la langue, dans les fosses nasales, etc., ils dépendent toujours d'une infection constitutionnelle.

1« Ulcères syphilitiques de la gorge, des amygdales , des piliers, du voile et de la voûte du palais, du larynx, de Tlntérieur des joues, de la langue, des gencives, des lèvres, du conduit aérien.

2^ Ulcères syphilitiques du nez et des fosses nasales, —des parties profondes des fosses nasales, — les cornets, — la cloison, — le plancher, — et même le sinus.

3® Ulcères syphilitiques consécutifs de rinférienr du rectum et du vagin, — de la vulve et de la verge, — du museau de tanche.

4<* Rhagades ou fissures syphilitiques au bord externe de Tanus et de différentes autres régions,— des grandes lèvres, — à la paume des mains, — sous la plante des pieds, — entre les orteils et aux bourses.

S*" Ulcères syphilitiques consécutifs survenant à la peau, — aux mamelons, — aux paupières, — autour des ongles, — à Tombilic, — au périnée, — aux aisselles, — et derrière les oreilles.

SECTION II

Pustules syphilitiques consécutives (Si autres affections de la peau dépendant de la même cause, qui diffèrent des pustules plates ou humides; on a désigné ainsi leurs différentes formes : pustules formiculaires, — miliaires, — lenticulaires, — vésiculaires, — galeuses, — merisées, — muqueuses ou plates ; leur aspect les a fait appeler pustules ulcéreuses ou chancreuses, — croûteuses, — squameuses, — furfiiracées ou dartreuses ; leur marche les a fait

nommer serpigineases et rongeantes. Les taches cuivrées ou hépatiques sont aussi un symptôme consécutif.

SECTION m.

Excroissances et végétations syphilitiques.

V Végétations syphilitiques ou excroissances végétatives.

M. Lagneau désigne surtout les altérations caractérisées par des végétations qui présentent plus de consistance que la peau et qui ont leur point d'insertion par un pédicule ou par une base variable en grosseur ; ainsi les porreaux, — les verrues, — - les choux-fleurs. Sous cette dernière dénomination on renferme les variétés connues sous les. noms de fraises, de mûres, de framboises syphilitiques.

Q? Excroissances syphilitiques proprement dites.

Le nom de condylôme a été donné par les auteurs pour désigner les vastes tumeurs aplaties qui occupent le plus souvent les parties génitales dans les deux sexes , à la suite d'infection syphilitique. Quand les excroissances sont sillonnées à leur bord libre par des découpures transversales, on les appelle créies-de-coq; elles occupent ordinairement le même diége que les affections précédentes.

SECTION IV

Douleurs ostéocopes de cause syphilitique.

Elles sont regardées comme des signes certains de l'affection des os par le virus syphilitique.

SECTION V

Exostoses et périostoses.

On désigne ainsi le gonflement total ou partiel des os chez les personnes affectées de syphilis constitutionnelle ; les exostoses anciennes prennent le nom d'exostoses éburnées quand le gonflement des os présente un tissu compacte.

ET DE chirurgie: PRATIQUES. Ad

Nodus, petites tumeurs circulaires siégeant le plus souvent sur les os; on les rencontre aussi sur les membranes fibreuses ou aponévrotiques et sur les tendons. Les tumeurs gommeuses occupent la surface des os peu éloignés de la peau, le crâne, la surface antérieure du tibia, etc. Elles présentent beaucoup d'analogie avec les exostoses et les périostoses, seulement leur mollesse sert à les distinguer des altérations précédentes.

SECTION VI

Alopécie et autres symptômes peu communs de syphilis constitutionnelle , regardés par les auteurs comme des caractères d'infection vénérienne parvenue à son dernier degré.

Onglade ou chute des ongles, — surdité, — fistules à Tanus, — hydrocèle, — sarcocèle, — cécité, — épilepsie, — paralysie, — phthisie laryngée, — aphonie, — raucité de la voix , — abcès, — engorgements dans le tissu cellulaire, — tuméfaction dans les muqueuses lacrymales et nasales, — contractures syphilitiques, — tumeurs ou fistules lacrymales résultant du gonflement des os, — ophfhalmies spécifiques,— iritis syphilitique, et beaucoup d'autres lésions qu'on pourrait rattacher au virus syphilitique.

SECTION VII

Pronostic de la syphilis constitutionnelle.

M. Lagneau et le plus grand nombre des syphiliographes font dépendre le pronostic de la syphilis, du teu.pérament, de l'âge, du sexe, du genre de vie, de l'ancienneté de la maladie, de ses diverses complications, des différents traitements, de leur nature, du climat et des saisons. Toutes ces causes peuvent exercer une grande influence dans le pronostic de la syphilis.

Dans la deuxième partie de son traité pratique des maladies syphilitiques , M. Lagneau s'occupe du traitement de tous les accidents regardés comme vénériens.

60 BIBLIOTIlftQUE DE MÉDECINE

OUkSSIFIOATIOV DB MM. OULLBBIXR ST RATIBB (1).

Ces deux auteurs divisent toutes les affections qui peuvent se rattacher à la syphilis, en deux grandes sections. La première représente les maladies primitives. MM. Gullerier et Ratier désignent ainsi toutes les lésions qui succèdent à l'application et à l'inoculation du principe contagieux. La deuxième renferme les maladies neondaires, c'est-à-dire, les lésions que Ton observe pendant la durée ou à la suite des affections primitives. Cette phase de la syphilis constitue la vérole. Les accidents primitifs dans la syphilis sont toujours locaux ; les symptômes secondaires sont, au contraire, toujours généraux ou constitutionnels.

MM. CuUerier et Ratier rangent dans la première section la blennorrhagie, la balanite , les ulcères vénériens primitifs ou chancres proprement dits.

Dans la deuxième section, les mêmes auteurs placent, en première ligne, pour la syphilis constitutionnelle, la papule syphilitique, l'exanthème, et la pustule syphilitique ; ils admettent aussi, mais avec des restrictions, comme symptômes secondaires , les excroissances, les végétations, les douleurs ostéocopes , les exostoses, les tumeurs gommeuses. Plusieurs de ces maladies peuvent exister sans qu'on puisse reconnaître la syphilis comme point de départ.

D'après ces auteurs, les deux symptômes les plus importants de la syphilis primitive, secondaire ou constitutionnelle, sont le chancre et la papule syphilitique.

Le chancre vénérien ou ulcère primitif se montre d'abord comme lésion locale; il tend à s'accroître, puis il infecte l'économie entière par l'absorption du virus syphilitique. C'est alors que l'on voit paraître les papules cutanées caractéristiques des accidents secondaires. On peut avoir, selon ces auteurs, un ou plusieurs chancres sans avoir la vérole ou la syphilis constitutionnelle ; en outre, les symptômes secondaires ne suivent pas toujours les

(1) Voiries différents articles sur la syphilis publiés par ces deux auteurs dans le Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques ^ en 16 volumes.

accidents primitifs, quand ces derniers sont parfaitement traités.

Le chancre rongeant ou phagédéniqae est le chancre ordinaire joint à une disposition inflammatoire générale ou locale chez l'individu.

La blennorrhagie, le phymosis, le paraphymosis, les excroissances, les végétations peuvent exister en même temps que les chancres primitifs, qui peuvent aussi donner lieu à une syphilis constitutionnelle caractérisée par une éruption papuleuse. Le chancre pent être compliqué , d'après les mêmes auteurs, d'éruption pustuleuse syphilitique, d'ulcères consécutifs, de rhagades'et d'ulcères à la gorge. Quant aux nombreuses variétés qui ont été décrites dans les différents traités, ces auteurs ne les admettent pas; ils attribuent toutes les variétés au siège et aux tissus sur lesquels on les voit.

L'induration à la base du chancre est un caractère très-important pour distinguer les ulcérations primitives syphilitiques des ulcérations superficielles non syphilitiques, et de même d'autres lésions qui peuvent, en apparence, présenter quelques signes propres aux affections syphilitiques.

Les syphilides sont les symptômes les plus positifs de la syphilis constitutionnelle ou secondaire (de la vérole). MM. Gullerieret Ratier rattachent toutes les variétés des syphilides à la syphilide papuleuse, qui peut se montrer comme accident primitif et comme accident secondaire.

Cette éruption a reçu des noms différents, parmi lesquels nous citerons ceux de plaques muqueuses, de pustules muqueuses, de tubercules syphilitiques, de pustules lenticulaires plates.

Les mêmes auteurs donnent la même origine à la syphilide maculée, qui renferme les taches, les éphélidcs et la roséole syphilitique; la syphilide tuberculeuse n'est qu'une dégénérescence de l'éruption papuleuse; la syphilide pustuleuse se caractérise plutôt par de petits abcès que par des pustules. La syphilide papuleuse, comme symptôme primitif, se montre aussitôt après le coït.

Peur MM. Cuilerier et Ratier, la syphilide papuleuse prend des formes variées suivant leur siège; on voit la papule se montrer indolente, sèche, enflammée et suppurante, et donner naissance à plusieurs affections vénériennes désignées par des noms différents :

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1* Les pustoleg sèches ortiées, miliaires» lenticalaires, squamenseSy corona yeneris (sjphilides sur la peaa sèche).

2* Les pustules plates, humides, muqueuses, croûteuses, dar- Ireuses, suppurantes (syphilide sur la peau très-secrétoire).

3* Enfin les pustules rongeantes, ulcéreuses, noli me tangere, dMDcreoses, phagédéniques, moisées (syphilides sur les memhrmes muqueuses).

La syphilide papulense peut exister en même temps que toutes les affections aiguës ou chroniques de la peau.

Cette classification des maladies syphilitiques résume donc tous les symptômes en deux grandes séries : le chancre, comme symptôme primitif; et la syphilide papuleuse, comme symptôme primitif ou secondaire.

A ces deux caractères tranchés, on peut rattacher la plupart des accidents vénériens.

OUkSSiriOATIOV DE M. CAZXVATB (1).

Dans un ouvrage récent, M. Cazenave vient de publier ses idées

sor la^syphilis et sur les maladies vénériennes de la peau. Il di-

. vise toutes les maladies vénériennes en deux grandes classes : la

première renferme les symptômes primitifs; la deuxième, les

symptômes secondaires.

Dans la syphilis primitive, l'auteur admet des symptômes mul* ll|iles et variables qui se montrent le plus souvent dans les formes suivantes : la blennorrhagie, Tulcère, le bubou et les syphilides.

Ces principaux caractères pris isolément ou réunis plusieurs ensemble suffisent à eux seuls pour constater un empoisonnement syphilitique.

M. Cazenave regarde la blennorrhagie comme le symptôme le plus fréquent de la syphilis primitive; il pose en principe que tous les symptômes primitifs expriment toujours, par des lésions locales plus ou moins tardives, un état général provenant d'une infection syphilitique.

(t) Cazenave. TraUé des syphilides ou màlcidies vénériennes delà pêou, 1 vol. in-S. Paris, ISiS. Atlas in-folio.

n admety pour l'ulcère vénérien, les quatre signes suivants :

V Une ulcération dure comme cartilagineuse à bords taillés à pic et à cavités profondes , désignée généralement par le nom d'ulcère, chancre huntérien.

2<» Une ulcération superflcielle comme par érosion, mais qui se montre avec une hypertrophie des tissus formant saillie, «(ciMe(évalwm^ nom assigné par Garmichael en Angleterre.

3* Une ulcération dont le caractère spécial est de détruire et de s'étendre, tout en se cicatrisant, sur les parties qu'elle quitte ; ulcère phagédénique des auteurs.

¥ Ulcère gangreneux se montrant chez les personnes qui, atteintes de sjphilis, sont disposées aux inflammations par leur constitution.

Le bubon, conune symptôme primitif, peut succéder à la blennorrhagie et au chancre. Le bubon se montre aussi sans autre symptôme syphilitique primitif; on rappelle bubon d'emblée.

Les maladies vénériennes de la peau sont aussi mises, par cet auteur, au nombre des symptômes primitifs.

Les syphilides primitives, selon M. Cazenave, accompagnent presque toujours d'autres accidents primitifs. On voit plus souvent les maladies vénériennes de la peau se montrer avec la blennocrhagie qu'avec le chancre ou l'ulcère syphilitique, y compris leurs variétés. Certaines formes se montrent de préférence à d'autres. Ainsi, le même auteur fait remarquer que la roséole syphilitique paraît avec la blennorrhagie, rarement avec le chancre.

L'éruption syphilitique à forme pustuleuse semble plutôt appai^ tenir aux symptômes secondaires, cependant cette éruption peut à elle seule caractériser une infection spéciale, sans qu'on puisse reconnaître d'autres symptômes primitifs ni symptômes commuai des maladies ordinaires de la peau et des syphilides.

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