‹ Musée d'anatomie pathologiqueChapitre 85 sur 87 · PAS · texte numérisé non relu

PAS

M«. BRESCHET, DUNÉRIL, NAGENDIE, SERRES, ROUX, LAKREY, DE RLALN VILLE, SA V ART, DOUBLE, rapposteur (i).

Les pièces pathologiques modelées en relief et publiées par M. le docteur Félix Tbibert, d'après un nouveau procédé, promettent à l'art et à la science de grands et de nouveaux avantages.

En conservant fidèiement les caractères matériels extérieun d un grand nombre de maladies, (K)ur renseignement et Tétude de la pathologie , et en représentant avec exactitude les altérations des tiflsus, pour servir aux collections de Tanatomie pathologique, M. Tbibert aura rendu un véritable service à la médeciae.

Si Tutilité réelle de l'iconographie a pu être contestée pour Tanatomie physiologique, il s'en faut qu'il en soit de mémo de l'iconographie appliquée à Tanatomie pathologique. En matière de légions morbides, les faits sont mobiles, variables, fugitifs à l'infini. De tout temps on a cherché à les fixer pour les reproduire à vo-

(t/ Voir le BuUelio des comptes-rendus de T Académie des sciences. — Juillet 18i0.

lonté, d'abord dans les descriptions emprunlées de la langue écrite, puis à l'aide du dessin et de la gravure ; plus tard, par des pièces anatomiques elles-mêmes conservées de diverses manières et finalement au moyen des imitations en cire.

Ce fïit un chirurgien français, trop oublié ou même trop méconnu aujourd'hui, Guillaume Desnoues, professeur à Gênes, élève distingué de Maipighi, qui le premier imagina de reproduire avec de la cire la figure et la couleur de toutes les parties de l'anatomie humaine. Il appela à son aide un habile modeleur sicilien , l'abbé Gaetano Giulo Zumbo, de Syracuse, pour mettre son projet à exécution.

Notre Académie des Sciences, qui prêta toujours ses encouragements à toutes les inventions profitables aux sciences médicale» » loua beaucoup cette entreprise, et se hâta de lui donner son approbation. Ceci se passait en 1701.

Mais ces différentes reproductions de pièces anatomiques avaient toutes des imperfections et des inconvénients.

La description écrite , rarement fidèle, se trouve trop souvent empreinte des doctrines du jour, ou altérée par les opinions systématiques de l'auteur. Sans compter que, fin pareille matière, il faut avoir beaucoup étudié la nature avant de savoir lire avec fruit dans les livres.

Les représentations par le dessin et par la gravure ont surtout contre elles de traduire beaucoup trop Texpression des sensations de Tartisto. Il y règne une sorte de vague et d'indécision : d'une part on n'a guère là que les surfaces planes , et d^autre part les teintes employées pour faire l'ombre ne sont jamais précisément celles de la lésion.

Quant aux pièces anatomiques conservées , elles sont d'un se^ cours médiocre pour l'étude. La couleur disparaît et change; les formes se décomposent et se métamorphosent ; on n'en peut pas multiplier beaucoup les exemplaires, et il est autant difficile de les toucher que de les bien voir.

Les reliefs en cire reproduisent aussi trop souvent l'idéal de l'artiste. Ces préparations, pour être bien exécutées, demandent beaucoup de temps, et les modèles changent vite pour la couleur comme pour la forme; enfin, ces reliefs eux-mêmes s'altèrent, se

décdloretit, se rendillent, et leur tnanietneAt akisi que) léut trampori offrent de grands einbarras.

Le mode de préparation adopté par M. Thibert remédie è presque toutes ces défectuosités. En peu d'instants la forme, les saillies, les cissures, la couleur, les teintes de la pièce anatomique , tout est pris avec exactitude, copié avec rigueur et reproduit en totalité.

A'ia grande solidité du carton-pàte, la pièce joint tous les avantages des tons variés < naturels , vifo et durables de la meilleure peinture. Point n'est besoin de dire que l'artiste peut en multiplier fidèlement les épreuves autant de fois que bon lui semble* et que ces préparations sont d'un transport facile aussi bien que d'un prit modéré.

Les préparations de M. Tbibert ont obtenu déjà la sanction de l'Académie Royale de Médecine, du Conseil Royal de l'Instruction publique et de la F,aculté de Médecine. La Commission des prix Montbyon se bornera néanmoins, quant à présent, à recommander ces préparations à Tattention de TAcadémie. Si la Commission a pensé que M. Tbibert ne pouvait guère faire mieux, elle a du ipoinsémis. le vœu qu'il eût produit davantage. Avant d'appeler sur M. Tbibert les récompenses du généreux testateur, la Corn-: mission a jugé convenable d'attendre que ces préparations, ayant été appliquées i un plus grand nombre de maladies, à l'ensemble des n(ialadies cutanées par exemple , l'utilité en fût devenue plus p^at^que; et que, plus nombreuses, plus variées, plu3 répandues, elles eussent rendu d'autres services au double enseignement de l'anatomie, spéciale et de l'anatomie pathologique.

SOCIÉTÉ DIlOURAfiHEÏÏ.-INDUSTRtÈltÂMiUl.

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