‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 10 sur 153 · PES · texte numérisé non relu

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$ à eu sa cosmogome, chaque philosophe à G né la sienne, et le siècle dermier vit naître en foule des > > théories de la Terre. Sous ce nom, les hypothèses les plus “1 te ns hasardées, les plus folles, furent lancées dans le monde savant. “a t La gcologie, dès son début, erra en tant de sens contraires, elle

s@ se jeta dans tant de systèmes extravagants, que, suivant la remar-

QG que de Cuvier, son nom seul a été longtemps un sujet de moquerie. < c}! Nous ne rappellerons 1c1 de tous ces systèmes, que ceux qui se Ts produisirent sérieusement dans la science, et méritèrent d’être discutés par de graves esprits.

. Burnet pensait que nos montagnes ne sont que des débris de la croûte des mers qui existaient avant le déluge.

Whiston supposa la Terre créée avec l'atmosphère d'une comète.

Leibnitz et Descartes ne virent dans notre planète qu’un soleil éteint.

De Mailliet supposa que la Terre pendant longtemps avait été couverte d’eau, en sorte que tous les êtres ne furent, dans les premiers temps de l'existence du globe, que des animaux aquatiques, et il expliqua leur état actuel par des transformations successives.

Buffon modifia les idées de Leibnitz et de Descartes, et au lieu de regarder notre planète comme un soleil éteint, il n’y vit qu'une parcelle du soleil luimême emportée par le passage d’une comète.

D’autres écrivains, donnant la préférence aux idées de Képler, ont, comme ce grand astronome, supposé dans le globe lui-même des propriétés vitales.

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Quant à l'hypothèse du feu central, soutenue par Descartes, par Leibnitz et par Buffon, nous devons rappeler qu’elle à üré une force nouvelle des découvertes récentes de la géologie.

Certes, ces théories diverses peuvent être ingénieuses ; mais n'est-il pas triste et regrettable de voir la peine qu'ont prise de grands penseurs, pour contredire la narration de Moïse, et saper les croyances religieuses dans les bases divines de la révélation ?

La science s’est heureusement dégagée, de nos jours, de cette hostilité systémalique aux livres saints, qui se trouve au fond de trop décrits du xvnr siècle, et, comme l’a dit M. le professeur Marcel de Serres, dans sa Cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques, «Les hommes qui considèrent la Bible comme la parole révélée, ne craignent plus aujourd’hui que l'observation des phénomènes naturels puisse mener à des conséquences contraires à la foi. Les persécuteurs de Galilée seraient au moins humiliés de voir les découvertes de ce grand homme, dans lesquelles ils craignaient de rencontrer quelque danger pour la religion, devenir, comme les travaux de Képler et de Newton , la preuve la plus forte de la puissance et de la sagesse infinie du Créateur. »

Pour faire concorder les faits donnés par la science avec le récit de Moïse, un système, entre beaucoup d’autres, à été proposé; c’est celui qui représente les six jours de la création comme autant de grandes époques d’une longueur indéterminée, pendant lesquelles se seraient opérées, suivant les décrets de la Providence, toùtes les révolutions du globe terrestre. Dans cet immense tableau des cataclysmes, ilsuffit de suivre le mouvement créateur, de jour en jour, de progrès en progrès, pour que tout s'explique et s’enchaine naturellement : Les montagnes se dressent, les dépôts se stratilient, la terre s’affermit, la vie se manifeste par des essais dont les produits arrivent graduellement à la perfection ; toutes les formes de la nature se régularisent et s’harmonisent enfin avec les besoins de l'être privilégié que Dieu réservait, de toute éternité, pour en faire le roi de la Création.

« IL est un fait, dit encore M. de Serres, qui découle aussi bien de la Genèse que des observations les plus récentes, c'est que l’état de la surface du globe et la constitution de l'atmosphère n’ont pas été constamment les mêmes. À chaque modification du globe à correspondu un changement dans l'atmosphère, et réciproquement, si bien que ces changements sont tour à tour cause et effet l'un pour l’autre.

« Ainsi, après la séparation de la lumière d'avec les ténèbres, c’est-à-dire après la première condensation des corps tenus jusque-là dans l’état gazeux,

Dieu sépara les eaux d’en haut et les eaux d'en bas, et créa l'air et l’eau dans son état hquide. Ce fut R l’œuvre de la seconde époque.

« Une fois que les eaux furent formées, elles se rassemblèrent dans le bassin des mers , et peu à peu quelques portions des continents s’élevèrent au-dessus de leurs niveaux. La terre parut donc, et avec elle les corps organisés. La végétation qui devait embellir sa surface, jusque-là inerte et stérile, ouvrit la marche. Les plantes la couvrirent seules d’abord de leur brillante verdure, et bientôt les arbres succédèrent à ces premiers végétaux. La gigantesque végétation de cette troisième époque changea singulièrement l’état de l'atmosphère, en absorbant l'excès de l'acide carbonique qui y était répandu. Elle la rendit plus pure et plus propre à la respiration des animaux qui arrivèrent bientôt sur la scène des premiers âges.

« Ces végétaux ainsi créés pour l’ornement de cette terre, autant que pour l'aliment des nombreux animaux qui allaient bientôt la peupler, une vive lumière était nécessaire à l’activité et à la vie de ces plantes, de ces arbres qui avaient déjà germé sur le sein du globe. Ce fut alors que Dieu disposa deux grands corps lumineux, propres à leur distribuer celle qu’exigeaient les conditions de leur existence. Le plus grand de ces corps préside au jour, et le plus petit à la nuit. Aïnsi, la quatrième époque fut consacrée à disposer les corps célestes, particulièrement le soleil et la lune, à exciter par leur présence les ondulations lumineuses dont les corps organisés exigent l'influence. Moïse, en cela d'accord avec les théories les plus récentes des physiciens, a considéré la lumière et la chaleur comme indépendantes des corps d’où dérive toute celle dont la terre éprouve maintenant la bienfaisante impression. À ses yeux, comme à ceux des physiciens, le soleil ne serait pas la source de toute lumière et de toute chaleur; son importance dans la création serait donc bien momdre que celle qu’on lui avait longtemps supposée. »

Nous n’ajouterons qu’un mot à ces réflexions sur la concordance qui existe entre les faits révélés par la Genèse et les découvertes de la géologie, et ce mot nous l’emprunterons à l’un des écrivains catholiques qui a le mieux rappelé de notre temps l’élévation d'idées et l’éloquence des Pères de l'Eglise, à M. Frayssinous. « Si vous découvrez, disait-il dans ses Conférences de Saint-Sulpice, si vous découvrez d’une mamère évidente que le globe terrestre doit être de beaucoup plus ancien que le genre humain....., il vous est permis de voir, dans chacun des six jours de la création, autant de périodes indéterminées, et alors vos découvertes seraient le commencement explicatif d’un passage dont le sens n’est pas entièrement fixé. » (Défense du Christianisme.)

Le but de la Géologie, dans l’acception la plus large de ce mot, est de tracer l'histoire du globe terrestre, depuis son origine jusqu’à l’époque actuelle. Cette science décrit les phénomènes qui se sont passés à sa surface et dans sa masse ; elle caractérise les différentes parties qui le constituent; elle reconnaît les générations de végétaux et d'animaux qui ont existé dans les eaux et sur les terres; elle indique la place qu'occupe chaque espèce de matières utiles; elle étudie l'influence des divers états de notre planète sur les êtres OTgANIsÉs.

Si toute l'enveloppe du globe était massive, où si les couches qui la forment en parte étaient horizontales, on apprécierait l'épaisseur de la portion du globe qui nous est connue, par la différence de niveau entre le point le plus profond auquel on serait parvenu dans l'intérieur de la terre, et le point le plus élevé que l’on aurait atteint sur les montagnes. Dès lors la plus grande différence de niveau parcourue par l’homme serait 7,821 mètres en élévation, 4,000 mètres en profondeur, ou 11,821 mètres, c’est-à-dire la millième partie environ du rayon de la terre. On doit cependant remarquer que cette appréciation n’est pas absolue, car les couches de terrain que nous voyons étant ordinairement inclinées, la hauteur verticale à laquelle on s’élève ne représente pas en réalité l'épaisseur de l’ensemble.

Un grand nombre de phénomènes avaient depuis longtemps indiqué aux observateurs que la terre est ronde. La sphère étant le plus simple des corps ronds, on crut d’abord que le globe terrestre était parfaitement sphérique. Néanmoins, comme plusieurs circonstances font présumer qu'il était primitivement fluide, son mouvement de rotation a dû altérer sa sphéricité, et, en donnant une plus grande force centrifuge aux parties situées vers l'équateur, il a dû renfler le globe dans cette région, et, par conséquent, l’aplatir aux pôles. Aussi toutes les observations astronomiques et géodésiques ont conduit à admettre que la terre est un sphéroïde semblable à celui que produirait une masse fluide, st elle était douée d’un mouvement de rotation dans l’espace.

On a diversement estimé la valeur de l'aplatissement de la terre aux pôles, ou la différence entre le diamètre de la terre pris d’un pôle à l’autre, et son diamètre à l'équateur. On admet généralement que le rayon de la terre à l'équateur est de 6,376,851 mètres; le rayon aux pôles de 6,355,943 mètres. La surface de la terre, 5,098,857 myriamètres carrés, le volume de la terre, 1,082,634,000 myriamètres cubes.

L’aplatissement aux pôles est de =; c'est précisément le nombre que fourussent les lois de la mécanique pour l’aplatissement, c'est-à-dire que la terre a

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