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GÉOLOGLIE. 15
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exactement la même figure qu’elle devrait avoir, d’après ces lois, si elle eût été originairement fluide.
On remarque à la surface du globe des parties qui sont solides, et d’autres qui sont liquides. Les premières sont désignées sous le nom de terre, les secondes sous le nom d’eau. On trouve encore sous le sol ou dans des cavités des substances aériformes, puis autour de la terre une enveloppe gazeuse appelée atmosphère, et dont la hauteur est estimée de 5 à 10 myriamètres.
Les eaux couvrent presque les trois quarts de la surface du globe. Les terres sont groupées autour du pôle boréal, et se terminent généralement en pointes vers le pôle austral; il y en a 338 fois plus dans l'hémisphère nord que dans l'hémisphère sud.
La terre ne représente point une surface unie et régulière ; elle est au contraire couverte d’aspérités qui, relativement à son rayon, sont insensibles. En elfet, la plus haute montagne connue est le Dawalagiry, qui a 7,821 mètres audessus du niveau de l'Océan. D'un autre côté, on évalue à 2,000, 3,000 et tout au plus à 4,000 mètres la plus grande profondeur des mers ; de sorte que 7,821 mètres plus 4,000 (ou 11,821 mètres) qui expriment la distance du point le plus élevé au point le plus bas de la surface du globe, donne, au maximum, l’épaisseur de la plus grande aspérité de cette surface, comme ,:,, de mètres qui est le rapport de la plus grande aspérité au rayon moyen. Les aspérités dont nous avons parlé et qui, au premier aspect, paraissent tout à fait irrégulières, possèdent une certaine similitude et ne sont pas l’effet d'une cause fortuite.
Toutes les parties du globe accessibles à l’observation ne sont pas composées des mêmes substances , et toutes n’ont pas été formées en même temps ni par le même mode. Les corps qui dominent dans cette écorce sont l'oxygène et le silicium. L'oxygène y est tellement répandu qu'on a pu dire avec raison que la surface du globe est une croûte oxydée. Après ces deux corps élémentaires, ceux qui y entrent le plus sont : le calcium, l'hydrogène, le carbone, l'aluminium, le potassium, le fer et le manganèse ; outre les substances minérales, on y trouve aussi des matières qui proviennent évidemment de corps organisés. Ces dufférentes substances s’extraient dans des excavations quelquefois très-profondes creusées par l’homme au risque des plus grands dangers. Dans les grandes excavations rectangulaires qui servent à l'extraction des minerais et à la descente des ouvriers, les espaces réservés pour ces deux usages sont séparés par une cloison destinée en mème temps à augmenter la solidité des travaux. Des planches et des madriers soutiennent les terres et préviennent les éboulements. On ne peut se dissimuler, en effet, que le mineur, en poursuivant dans les entrailles de la
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terre les richesses qu'elle recèle, y est exposé à de nombreux dangers. Les rochers au milieu desquels il creuse sa galerie sont loin d’être d’une seule pièce ; ils sont presque toujours divisés par des fentes profondes, et des quartiers volumineux le menacent à chaque instant de se détacher. Ajoutons que l'air respirable ne l'accompagne pas toujours dans les canaux étroits qu'il ouvre devant lui, et que les eaux qui circulent dans les fissures du terrain filtrent continuellement dans ses excavations et tendent sans cesse à le remplir.
Les géologues admettent généralement la chaleur centrale et l’état de fluidité incandescente de l’intérieur du globe. I est aujourd’hui démontré que, nonseulement la chaleur fut le principe de cette fluidité, mais que la plus grande partie de la masse de la terre est encore fluide.
Ces questions, longtemps débattues, ne peuvent plus rester indécises; un grand nombre d'observations faites avec beaucoup de som viennent les résoudre. Au nombre de ces observations on doit citer les expériences qui prouvent que la chaleur du globe s'élève toujours, à mesure que le thermomètre descend plus profondément dans son sein.
La température est très-variable à la surface de la Terre, et jusqu'à une profondeur de 20 à 30 mètres. Arrivée à ce point, elle devient invariable, tandis qu'à mesure qu'on descend plus bas, on trouve un accroissement de chaleur qui parait continu, et qui est d’un degré pour 25 à 30 mètres. Si cette progression est réellement constante, et si elle n’a point de limite jusqu’au centre du globe, on voit qu'à 3,000 mètres on doit avoir la température de 100 degrés ou de l’eau bouillante, et qu’à 30 myriamètres, la chaleur est suffisante pour fondre toutes les substances minérales connues.
Une pareille profondeur n’est rien en raison du rayon de la Terre; et en supposant que cette progression de température s’étende jusqu’au centre, la chaleur dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Fourrier a démontré que la chaleur centrale n’influe actuellement sur celle de la surface du globe que pour moins de = de degré, et que sa diminution doit avoir été tout au plus de la + partie d'un degré, depuis deux mille ans; qu'on calcule d’après cela le temps qu'il faudrait pour que la température de l'intérieur de la terre s’abaissät jusqu'à celle de la surface !
La Terre, qui est un astre au milieu des astres, a laissé sur tous les points de la partie sohde d’éclatants vestiges de révolutions physiques. Parmi toutes ces révolutions, les unes paraissent avoir été subites et violentes, les autres
lentes et successives, et le feu et l'eau ont été les seuls agents qui aient amené la Terre à l’état où elle devait être, pour donner naissance et assurer la vie des êtres organisés. De ces deux causes, qui continuent encore leur action destructive, est né le partage des roches qui entrent dans la constitution de l'écorce du globe en deux classes : Terrains stratifiés et Terrains non stratifiés.
Les premiers sont composés de masses régulières, en forme de bancs ou de couches, qui se recouvrent l’une l’autre, dans un ordre fixe de superposition. Formés sous l’eau, et nommés de là Neptuniens, ils renferment des débris organiques nombreux, et les couches distinctes qu'ils présentent conservent une épaisseur à peu près uniforme, sur une grande étendue.
Les seconds, offrant des dispositions plus où moins irrégulières, sont placés au-dessous des terrains stratifiés ou intercalés entre eux. On les nomme aussi Plutoniens. Us sont entièrement composés de roches à texture cristalline ou vitreuse qui, après avoir été à l’état de fusion, se sont lentement refroidies et consolhidées.
Les couches de cet antique terrain ne recèlent aucun débris de substances organisées. La chaleur de la terre était trop grande lors de leur consolidation, pour que les végétaux ou les animaux eussent pu y naïtre et y vivre.
Tous les phénomènes géognostiques révèlent des alternatives périodiques d'activité et de repos. Le repos dont nous jouissons n’est donc qu'apparent; les tremblements de terre qui ébranlent indifféremment tous les genres de terrains, sous toutes les zones, les exhaussements continus de certaines contrées, l’apparition subite de nouvelles iles d’éruption, ne prouvent guère que l'intérieur de notre planète soit parvenu au repos définitif. Les forces qui ont produit les premières révolutions de la terre gisent dans l’intérieur du globe, et, comme elles ont agi après la formation des terrains stratifiés, on ne peut pas répondre qu’elles ne se réveilleront pas quelque jour avec une nouvelle activité, détruisant, ainsi qu'elles le firent autrefois, tout ce qui vivra alors dans les airs, dans les eaux et à la surface de la terre.
L'étude de la géologie apprend donc à ne pas avoir une foi trop absolue sur l'état actuel du globe. Rien ne nous garantit, en effet, que les puissances qui
l'ont déjà si profondément modifié, n’ajouteront point, dans le cours des siècles
à venir, de nouveaux systèmes de montagnes à ceux qu'elles ont déjà produits, et dont M. Élie de Beaumont a si bien déterminé les âges relatifs.
Il nous reste maintenant à faire connaître les modifications successives survenues dans la constitution du globe. La science en à partagé l'histoire en plusIeurs époques.