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ZOOLOGTE. 191
nière, qui est résineuse, collante, tenace, provient des bourgeons, et est emplovée par les abeilles telle qu’elle est recueillie; elle sert à boucher les fentes et les trous de la ruche, et souvent même cette habitation en est enduite sur toute sa surface. La propolis se dureit, et, n'étant point pénétrable à l’eau, met la république à l'abri de toute humidité.
Une fois ce premier travail achevé, les ouvrières vont à la récolte du pollen, afin de nourrir les larves produites par la reine, et de leur construire des berceaux appelés cellules. Pendant le printemps, les travaux durent toute la journée: dans les grandes chaleurs de l'été, 1ls commencent avec l'aurore, et sont interrompus au moment le plus chaud de la journée.
La poussière que l'abeille a enlevée aux fleurs ne se transforme en cire qu'après avoir été élaborée dans son estomac et ses intestins. Cette cire se retrouve en plaques sous les anneaux de l’abdomen de cet Insecte. Avee celte cire aimsi élaborée, l’ouvrière forme ces cellules artistement arrangées, dont l’ensemble forme ce qu'on appelle des gâteaux; bâties avec une étonnante célérité, elles sont polies et enduites d’une couche mince de propolis qui ajoute à la solidité de l'édifice.
Ces cellules ne sont pas toutes pareilles ; Les plus petites sont destinées à recevoir les larves qui donneront des abeilles neutres; de plus grandes sont réservées aux mâles ; une seule, beaucoup plus considérable sera le berceau de celle que les nourrices destinent à la royauté. Dans quelques ruches nombreuses d’où doivent partir plusieurs colonies ou essaims, les ouvrières construisent quelquefois plusieurs de ces alvéoles royales.
Toutes les cellules ne sont pas destinées à être le bere seau des abeilles. Il en ést qui doivent servir de magasins et contenir les provisions de miel pour la morte saison. À mesure qu'elles sont remplies, l’ouvrière les ferme avec un couverele plat soudé hermétiquement.
Bientôt vient le moment où la reine doit pondre ses œufs; alors on la voit
éxaminer soigneusement les cellules destinées à les contenir, en y enfonçant la
tète et les visitant en tous sens. Après cette Inspection, elle se retourne, y introduit son abdomen, et y dépose un ou plusieurs œufs qui adhèrent au fond de la
cellule.
Il faut voir avec quel soin les abeilles nettoient leur reme, à l’époque de la
ponte; elles la frottent de leur trompe pendant la ponte et lui DCE de
temps en temps du miel qu’elles dégorgent.
Les œufs d'où sortiront plus tard des ouvrières, Sont pondus les premiers,
‘puis vient, quelque temps après, la ponte des œufs des mâles, pnis enfin celle
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des remes. Ces œufs sont longs de deux millimètres, oblorigs, d'un blanc bleuâtre ; 1ls éclosent dans l’espace de cinq à six jours, et il en sort un ver, mou, ridé, sans pieds, qui demeure au fond du berceau dans une immobilité complète. Les nourrices donnent à la nouvelle larve la nourriture appropriée à son àge et à la caste dont elle doit faire partie.
L'influence qu'exerce sur le développement des Abeilles la qualité des aliments est dés plus remarquables ; car, en variant la bouillie qu'elles donnent à leurs élèves, les nourrices produisent à volonté des ouvrières ou des reines. Lorsqu'un essaim a perdu sa reme, et qu'il n'existe pas dans les rayons de la ruche de cellule royale contenant une larve de femelle, les Abeilles se hâtent de démolir plusieurs cellules d’ouvrières, pour y donner la forme d’une cellule royale, elles fournissent en abondance à la larve qu'elles y laissent la pâture dont elles alimentent les femelles ; et cette larve, au lieu de devenir une Abeille ouvrière, comme cela serait arrivé si elle avait continué à étre élevée de la manère ordinaire, devient une Abeille-remme. Quand une jeune reme a achevé ses métamorphoses et sort de son nid, on voit se manifester dans toute la colome une grande agitation. D'un côté, les ouvrières bouchent avec de nouvelles quantités de cire les ouvertures qu'elle pratique, et la retiennent prisonnière dans sa loge ; d’un autre côté, la vieille reine cherche à s'en approcher pour la percer de son aiguillon, mais des phalanges d’ouvrières s’interposent pour l'en empécher. Au milieu du tumulte qui résulte de tont ce manége, la vieille reme sort de la ruche, suivie d’une grande partie de la société d’ouvrières et de mâles, dont elle était le chef unique. Les jeunes Abeilles, trop faibles pour émigrer de la sorte, restent dans la ruche, et leur nombre augmente plus tard par l’éclosion de celles qui étaient encore à l’état de larve ou de nymphes ; les jeunes reines se dégagent aussi de leurs cellules pendant ce tumulte. S'il y en a plusieurs, elles se battent entre elles, et celle qui, après le combat, se trouve seule, devient la sonveraine de la nouvelle société.
L’essaim qui a abandonné sa demeure avec la vieille reme ne se disperse pas, mais va à quelque distance se suspendre en grappe et fonder une nouvelle colonie qui, à son tour, fourmit, au bout d'un certain temps, un second essaim. Une ruche donne quelquefois trois ou quatre essaims par saison ; mais les derniers sont toujours faibles. La mort de l'Abeille-reine, la faiblesse d’une colome et les attaques de ses ennemis déterminent quelquefois les Abeilles à se disperser; les fugitives vont alors chercher asile dans une autre ruche, mais elles en sont impitoyablement repoussées à coups d'aiguillon par les propriétaires de la demeure qu'elles voudraient partager; car aucune Abeille étrangère, même
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