PREMIÈRE ÉPOQUE
Atmosphère très-dense et très-vaste, produite par la volatilisation de certaines substances facilement rendues aériformes, telles que l’eau, le plomb, le soufre, le bitume, le mercure, le zinc, ete. — Température et pression trop considérables pour permettre à aucun être vivant de se développer. — Premier refroidissement. — Formation d'une croûte solide qui tend à augmenter tous les jours d'épusseur. — Formation des couches supérieures, des terrains primordiaux et des cristallisations minérales qu'ils renferment. — Larges soulèvements à la surface du sol. — Déjections plutoniques non accompagnées de flammes ni de laves scorifiées.
Épanchements intérieurs entre les couches. — Terminaison de la première époque, caractérisée par l'établissement de bassins aquatiques permanents.
Les terrains primitifs se composent principalement de roches granitiques, de schistes micacés ou talqueux, et de roches amphiboleuses.
Trois substances dominent dans les roches du terrain primiäf, ce sont le mica, minéral très-brillant, de couleur variable et d'aspect métallique, composé de feuillets très-minces que l’on détache avec facilité; le feld-spath, minéral souvent en cristaux carrés et allongés, rougeûtres; le quartz, cristal de roche, corps très-dur et faisant feu sous le briquet. Lorsque ces trois minéraux sont également répartis en grains plus ou moins gros, la roche qui en résulte porte le nom de granite.
Selon que l’un des trois prédomine, ou qu'il s'y mêle quelque nouveau minéral, la roche prend un nom différent. Ainsi, on nomme schistes micacés ou talqueux des roches primordiales disposées en feuillets, où le mica et le tale dominent, en excluant même quelquefois le feld-spath. Les roches amphiboleuses sont les mêmes que les précédentes, sauf que le mica s’y trouve remplacé par un minéral verdâtre très-brillant, ayant une grande disposition à prendre des formes allongées ; on le nomme amphibole.
Ces divers terrains, dont l’origine remonte à l'époque la plus reculée de l’histoire géologique, constituent une grande partie de la surface actuelle du globe, et se rencontrent souvent à de grandes profondeurs au-dessous des formations moins anciennes. Ils offrent des traces évidentes de grands bouleversements, et les couches dont ils se composent n’occupent plus la position horizontale qu’elles devaient avoir dans le principe, mais sont plus ou moins inclinées, contournées et fracturées, comme si à maintes reprises elles avaient été brisées et
leurs immenses fragments soulevés inégalement. Aussi les pays dont les roches primitives constituent le sol offrent-ils une surface tourmentée et montueuse, et ce sont ces mêmes roches qui se rencontrent dans les points les plus élevés du globe, où ils forment le massif de la plupart des grandes chaines de montagnes.
Le plateau central de la France, comprenant l'Auvergne, le Limousin, le Vivaras et le Valais, est également formé presque en entier de terrains primitifs dont la plupart sont granitiques. Il en est de même d’une grande partie de la Bretagne et de la Corse, du vaste massif de la Scandinavie et de la Finlande, ete. ; enfin ce sont aussi ces terrains anciens qui constituent en grande parte laxe des Grandes-Alpes, dont le Mont-Blanc est le point le plus élevé, celui des Alpes orientales, depuis le Saint-Gothard jusque dans la Hongrie, des Pyrénées, de la chaine de l’Erzgeberge en Saxe, des Grumpians en Écosse, des monts Ourals en Russie, des Alleghanys aux États-Unis d'Amérique, et de l'immense chaine des Andes.
Il n’est pas inutile de citer ici les matières appartenant à ces terrains primitifs, dont l’homme a su faire l'emploi dans les arts et dans l’industrie; ce sont :
Le granite massif, qui sert à tailler les colonnes et les pièces d'appareil des plus grandes dimensions.
Le kaolin et le petunzé, dont on fabrique la porcelaine.
Le beau quartz en roche, propre à la fabrication du eristal.
L'albätre blanc gypseux, d'ancienne formation.
La tourmaline, la topaze, le corindon, V'aique-marine, l'améthyste, etc.
Le verre de Moscovie.
La pierre de Labrador et celle des Amazones.