‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 125 sur 153 · RUES · texte numérisé non relu

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que les Actinies, et leur base se fixe aux corps marins par un pédicule mince,

tandis que les parties supérieures se dilatent comme un parasol.

La division des Polypes Gélatineux comprend les Hydres ou Polypes à bras, qui habitent les eaux douces, ainsi que les Strobiles, les Bryozoaires, interméaires aux Mollusques et aux Radiures. Leur corps, dont le diamètre ne dépasse pas trois ou quatre millimètres, est tubiforme et gélatineux, et laisse apercevoir dans son mtérieur un tube digestif ouvert à ses deux bouts. Ils nagent, rampent et agitent leurs longues tentacules pour saisir les petits animaux qui se trouvent à leur portée, et qu'ils dévorent avec avidité. On peut s'assurer de la subtilité de leur toucher, en communiquant quelques mouvements à l’eau dans laquelle ils séjournent ; on les voit se contracter pour se soustraire au danger auquel ils se croient exposés. La lumière produit, à ce qu'il parait, sur toute la surface de leur corps, le même effet que sur nos yeux, car si on les place dans l'ombre, en mettant un corps opaque entre la lumière et le Polype, celui-ci quitte sa place pour se mettre à un endroit où il puisse en recevoir l'influence. . La force de reproduction est poussée à un très-haut degré chez les Hydres. Chaque tentacule qu’on leur enlève se répare promptement, et l’on peut même renouveler ces mutilations autant de fois que l’on veut, sans que l'énergie reproductrice s’affaiblisse d'une manière sensible. On peut leur couper toute autre partie du corps sans les faire périr ; chaque fragment devient un animal complet; une simple section suffit pour mulüäplier ces êtres à volonté.

Les Polypes à Polypiers sont la troisième division de cette classe. Ils vivent

hés et réunis en un seul corps, et concourent tous à édifier leurs masses cornées

ou calcaires. Ces parties, formées par couches comme l'ivoire des dents, sont “tantôt à l'imtérieur, tantôt à l'extérieur de l'animal. C’est principalement sur la disposition des Polypiers que les familles de cet ordre ont été établies : c’est ainsi que l’on appelle Polypes à Tuyaux ceux qui habitent des tubes ouverts au sommet ou sur les côtés; d’autres sont dits Polypes à Cellules, parce qu'ils occupent chacun une petite cellule à part, et ne communiquent ensemble que par une tunique extérieure très-ténue ; enfin, il en est d’un peu plus composés étnommés Polypes Corticaux, qui tiennent les uns aux autres par une substance épaisse, charnue ou gélatineuse.

Ces Zoophytes sont si abondants dans la zone équatoriale de la mer Pacifique, qu'ils y forment une multitude d’iles et de nombreux récifs ou écueils qui la rendent dangereuse aux navigateurs. Les innombrables petites iles et îlots for- | mant les archipels qui s'étendent de l’ouest à l’est, depuis les iles de la Sonde | jusque dans les mers d'Amérique, ne sont, en tout ou en partie, que l’ouvrage

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de ces faibles animaux : presque toutes les îles basses de la mer du Sud ont été produites par eux, dit le naturaliste Forster. Une portion du sol de la Nouvelle- Hollande leur doit également son existence. Vancouver rapporte que, vers le sud de ce pays, la terre est presque toute de corail ; le sommet d’une des montagnes les plus élevées présente un plateau dont le sol est de sable blanc : il en sort, dit-il, des branches de corail exactement pareilles à celles qu'on voit à la surface de la mer ; leur épaisseur varie depuis un jusqu’à dix à douze millimètres, et leur hauteur, au dessus du sol, est de plus d’un mètre.

Ailleurs, les produits de ces mêmes animalcules entourent comme d’une crconvallation de récifs, les îles et les terres de cette partie du monde, et en défendent souvent l'approche aux navigateurs; leur travail s'accroît journellement et hausse de plus en plus le fond de certaines rades. Ce sont souvent, d'après Labillardière, d’immenses murailles ou colonnes que ces êtres presque impercepübles ont élevées depuis le fond de la mer jusqu’à sa surface, et dont quelques-unes ont plus de deux cents mètres de hauteur. Les surfaces de ces amas de polypiers, exposées à l’action de l'atmosphère, deviennent souvent les théâtres d’une création nouvelle : des graines déposées par les vents on apportées par les vagues y germent et les couvrent d’une riche végétation qui, à la longue, en font des îles habitables. Dans l'Océan Pacifique, on rencontre une foule de récifs et d'îles qui n’ont pas d’autre origme. En général, ces amas de polypiers semblent avoir pour base quelque cratère de volcan éteint, car presque toujours ils ont une forme circulaire; on en connaît qui ont plus de quatre myriamètres d’étendue.

Quelques Polypes agrégés déposent dans l’intérieur du tissu commun par lequel ils sont unis, une matière cornée ou calcaire qui constitue une sorte de tige intérieure et qui se ramifie comme un arbre, à mesure que la pulpe vivante qui l'enveloppe pousse de nouvelles branches. C’est de la sorte que se forme la matière pierreuse nommée Corail. Cette matière rougeâtre a la dureté et l'éclat des agates, se polit à merveille et brille d’un certain éclat. On trouve le corail dans presque toute la Méditerranée : sur les côtes de France 1l est rare, etne se rencontre que sur le flanc méridional des rochers, à une profondeur de trois mètres au plus. À Messine on le recueille à deux cents mètres ; vers les Darda=« nelles, il faut aller le chercher à une profondeur plus grande encore. La côte d'Afrique est le parage où le corail est le plus abondant et le plus beau; on ie rencontre à douze ou treize kilomètres des côtes, à près de trente mètres sous la surface de l’eau.

Nous devons aussi mentionner, dans cette division, les Éponges, masses COM

posées d’un tissu dur, résistant, mais flexible, avec des formes et des couleurs variées. Dans l’état de vie, ces Zoophytes sont adhérents au fond de la mer et recouverts d’une matière animée qui n’offre aucun signe mi de sensibilité, mi de contractlité ; on peut les piquer, les déchirer, les brûler, sans qu'ils exécutent le moindre mouvement, et l’on ne sait qu'ils vivent que parce qu'ils absorbent continuellement une quantité considérable d’eau par les pores répandus sur toute leur surface, et que ce liquide est ensuite expulsé par d’autres ouvertures plus grandes, en formant un courant rapide. Une espèce de charpente solide composée tantôt d’aiguilles, de spicules, cristallisations calcaires ou siliceuses, tantôt de filaments cornés, soutient ces masses et est revètue d’une espèce de tissu mou dont l’intérieur présente une multitude de lacunes communiquant entre elles. Elles se reproduisent par des corpuscules ovoïdes. On. connait un grand nombre d'espèces d'Éponges qui varient en hauteur, depuis un millimètre jusqu’à un mètre soixante-dix centimètres. Elles sont très-abondantes entre les tropiques, très-rares au voisinage des cercles polaires. Celles dont on fait usage se pêchent spécialement dans la Méditerranée, autour des îles de l’Archipel.

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