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INFUSOIRES

On désigne sous ce nom un grand nombre de petits animaux aquatiques que l'œil ne peut apercevoir et qui, à cet égard, ont été aussi nommés Microzoaires, Microscopiques ou Animalcules. Ce n’est donc qu’à l’aide du microscope qu’on peut voir et étudier ces animaux, qui se développent en abondance dans l’eau contenant des débris de corps organisés. Ils ont un corps tantôt arrondi, tantôt allongé, et souvent couvert de petits cils; ils offrent dans leur intérieur un nombre considérable de petites cavités qui paraissent remplir les fonctions d’au-

{ant d’estomacs. Chez quelques-uns, ces sortes d’ampoules semblent être

groupées autour d’un canal qui s'ouvre en dehors par ses deux extrémités ; mais d’autres fois elles paraissent être tout à fait isolées.

La grandeur moyenne des Infusoires est de un à cinq dixièmes de millimètre. Les plus grands s’apercoivent quelquefois à l’œil nu, sous la forme de points blancs ou colorés, fixés à divers corps submergés, ou comme une poussière ténue flottant dans le liquide. [ls sont presque tous demi-transparents, et paraissent blancs ou incolores ; mais plusieurs sont colorés en vert ou en bleu ; d’au-

tres, moins nombreux, sont rouges; enfin, il en existe de brunätres ou noirâtres.

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Tous vivent dans l'eau liquide ou dans des substances fortement humides ; mais ils ne se développent et ne se multiplient, le plus souvent, que dans les liquides chargés de substances organiques et salines, tels que des infusions de substances animales où végétales.

La reproduction des Infusoires se fait par division spontanée, c’est-à-dire que chacun de ces animalcules, arrivé au terme de son accroissement, présente d'abord au nulieu, s'il est oblong, un léger étranglement, qui se resserre de plus en plus, jusqu'à ce que les deux bi ES , qui sont devenues deux animaux complets, ne tenant plus ensemble que par une partie très-étroite, se séparent. Elles commencent alors, chacune pour son compte, une nouvelle vie, une nouvelle période d’accroissement, au bout de laquelle elles se diviseront de même, et ainsi de suite à l'infini. -

Quand, par suite de l’altération du Hquide ou de son évaporation, un Infusoire n'est plus dans des conditions favorables à son existence, il se décompose par diffluence, en ne laissant pour dernier résidu que des particules irrégulières ou des globules épars. Mais si, par une addition d’eau ou d’un liquide conve-

nable, on change ces circonstances qui lui ont été fatales, le reste de l'animal

cule, reprenant sa vivacité primitive, recommence à vivre sous une forme plus ou moins modifiée.

Les Infusoires Rotifères sont une des deux divisions de cette classe. Elle comprend ceux de ces animaux dont la bouche, visible, est entourée, comme celle des Hydres, d'appendices en forme de roue et très-mobiles nommés cirrhes, et qui présentent, en outre, à la partie postérieure de leur corps, une espèce de queue destinée à favoriser les mouvements.

Leur corps est de forme ovale et de consistance gélatineuse : on y distingue un estomac, un intestin, et souvent un anus près de la bouche. Ils sont par conséquent beaucoup mieux organisés que la plupart des Polypes. Ces animaux se nourrissent de microscopiques qu'ils attirent dans leur bouche par le mouvement rotatoire de leurs cirrhes, et poursuivent leur proie avec une agilité et un acharnement incroyables dans ces animalcules.

Une propriété fort extraordinaire que possèdent plusieurs Roti fèr es, c'est de pouvoir résister à la dessiccation ; ils vivent dans les mousses humides ou dans le sol, entre les racines et les plantes; puis, quand vient la sécheresse, 1ls se contractent en boule et peuvent résister ainsi à l’action du soleil le plus ardent, mème sur des murs, sur des toits d’ardoises ou dans le sable des gouttières, et demeurer dans un état de sommeil ou plutôt de vie latente, jusqu’au retour de la saison pluvieuse.

-LAISTE

La division des Infusoires Homogènes réunit les mdividus de cette classe dont l’organisation est la plus simple. On a beaucoup de peme à y reconnaître la moindre trace d’un organe interne, et jamais ils ne présentent à leur surface aucun appendice analogue à ceux des Rotifères. Leur corps offre l'aspect d'une gelée transparente, et, bien que dépourvu d'organes locomoteurs, il se meut au sein des eaux avec une agilité dont l’œil, même à l’aide d’un puissant microscope, ne peut pas saisir le mécanisme.

Nous devons reconnaître cependant, que si, pendant longtemps, on a cru que les Monades qui appartiennent à cette division des Infusoires, étaient privées de toute espèce d'organisation , les perfectionnements récents du microscope, et les moyens employés par le professeur Ehrenberg, de Berlin, ont prouvé que ces petits animaux, dont plusieurs millions n’occuperaient pas un millimètre carré de surface, n’ont pas moins de quatre estomacs bien distincts. Ces moyens ingémeux consistent à colorer, avec du carmin ou de lindigo, le liquide dans lequel ils vivent; puis, plaçant une goutte de cette liqueur colorée auprès d’une goutte d’eau claire sur un morceau de verre, on fait communiquer avec une aiguille les deux gouttes par un point, et les animalcules qui passent de la goutte colorée dans la goutte limpide, s'offrent à l'observateur, ayant les estomacs et le canal alimentaire remplis du liquide coloré.

Ces corps microscopiques, ponctiformes, ovales ou globuleux, parfaitement transparents, se meuvent dans les infusions végétales ou animales, naturelles ou artificielles, et surtout lorsqu'il fait chaud. Leur extrème petitesse leur a valu le nom de Monades, par allusion au système philosophique d’Epicure, et leur très-crande simplicité les a fait placer à la fin où au commencement de la série des animaux, suivant qu’on adopte l’ordre de la dégradation ou de la gradation de l’orgamisation.

C’est encore dans ce groupe que se placent les Vibrions, nommés aussi Anguilles microscopiques. Leur taille est quelquefois assez considérable pour permettre de les voir à l’œil nu. Leur corps est anguiforme, grcs antérieurement et terminé en pointe à son extrémité opposée; ils ont tous une bouche distincte, un canal intestinal qui s'étend sur toute la longueur du corps; ils se reproduisent par des œufs ou mème par des petits vivants. Leurs mouvements sont vifs et

rapides, soit qu'ils poursuivent une proie, soit qu'ils cherchent à s'échapper d'un lieu où l’eau peu abondante leur annonce une fin prochaine.

Ces Vibrions sont extrèmement répandus dans la nature, et se trouvent également dans les eaux pures et dans les liquides en fermentation. Ils se produisent ou se développent avec une prompütude extrême dans tous les liquides

chargés de substances organiques altérées ou décomposées. Ainsi, non seulement les infusions animales et végétales, mais encore les différents liquides de l’organisation, la salive, le serum, le lait, quand ils commencent à se décomposer, la matière qui s’amasse autour des dents, ete., peuvent présenter une quantité prodigieuse de Vibrions.

Quant à la structure de ces Infusoires, on ne sait qu'une chose, c’est qu'ils sont contractiles, et se propagent par division spontanée, souvent imparfaite ; de là résulte leur allongement de plus en plus considérable.

Les Protées ont reçu ce nom de la facilité avec laquelle on les voit changer de forme, s’aplatir, s’arrondir en boule, s’allonger, s’élargir, s’échancrer, se subdiviser, pour reprendre l'instant d’après d’autres configurations.

Le Protée Rameux, examiné à la plus forte lentille et à la lumière du quinquet (car la lumière solaire ne permet pas de voir les phénomènes), paraît d’un blanc sale, obscur, sur un fond de couleur d’ambre qu'acquiert l’eau et le verre. Souvent 1l avance tout en se contournant et changeant de forme. Lorsqu'il est sur le point d'en prendre une autre, bizarre et très-opposée à la première, alors les mouvements sont très-sensibles et médiocrement prompts. Ils sont au contraire presque impercepübles lorsque la nouvelle modification de forme a quelque analogie avec la précédente. Dans ses mouvements, il allonge et rétracte, agite dans tous les sens quatre ou cinq lobes tentaculaires qui paraissent sortir indifféremment de tous les points de la circonférence du corps. Les Protées sont essentiellement aquatiques; ils se trouvent aussi bien dans l’eau douce que dans l’eau salée.

Quant aux animalcules que l’on trouve dans certains liquides sécrétés par quelques appareils glanduleux, il semble résulter des travaux modernes que ce ne sont pas des êtres doués d’une vie individuelle, mais que ce sont simplement des dérivés de l'organisme qui les a fournis.

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a Botanique est une science qui a pour objet la | connaissance, la description et la classification LR : des végétaux. Cette science se divise en trois © / branches : l’Anatomie des plantes, la Physioee : logie végétale, la Botanique descriptive.

NES On donne le nom de plante à tout être organisé, vivant,

7e 3 se nourrissant de substances qu’il puise dans le sein de la terre, ; A &{ qu'il absorbe dans l'atmosphère et qu'il décompose, afin de s’assi- ? (Se D miler les matériaux qui lui conviennent.

à oi «Les Plantes, a dit Rousseau, semblent avoir été semées avec

&\ à profusion sur la terre, comme les étoiles dans le ciel, pour inviter l’homme, par l'attrait du plaisir et de la curiosité, à l'étude de la nature; elles naissent sous nos pieds et dans nos mains, pour aisi dire. La Botanique est l'étude d’un oisif et paresseux solitaire : une pointe et une loupe sont tout l'appareil dont 1l à besoin pour les observer. Il se promène, il erre librement d’un objet à un autre, 1l fait la revue de chaque fleur avec intérêt et curiosité, et, sitôt qu'il commence à saisir les lois de leur structure, il goûte à les obser-

ver un plaisir sans peine, aussi vif que s’il en coûtait beaucoup. »

Il est un autre point de vue sous lequel 1l convient d'envisager la Botanique, c’est celui des rapports de cette science avec l’homme. Ils sont innombrables,

Car chacune des partiés nombreuses et variées d’une plante peut lui être utile.

Ainsi, les graines, les racines, fournissent des aliments également nutritifs et savoureux ; l'écorce, le liber, donnent dans leurs fibres souples et liantes, les matières textiles qui servent si bien à nous protéger des injures de l’air. Le bois, substance légère et solide, sert à la construction des demeures qui nous

abritent, et des vaisseaux qui nous soumettent un élément que semblait nous avoir interdit la nature. Il n’est pas jusqu'aux sucs qui circulent dans divers organes des plantes ou qui sont fabriqués avec quelques-unes de leurs parties qui n'aient leur emploi soit comme aliment, soit comme remède. Quant aux fruits, qui ne sait le parti que l’homme à su tirer de leur pulpe ou de leur fécule, et les applications importantes qu'ils ont reçues des progrès de l’art et de la science!

On comprendra que nous n’ayons pu qu'indiquer ici sommairement les ressources que les plantes offrent à l’économie rurale et domestique, à la médecine, au commerce et à l'industrie, et que nous passions sans plus de retard à l'exposé des connaissances spéciales que comporte leur étude.

Nulle science ne parle aux yeux autant et mieux que la Botanique. Pour arriver à l'intelligence, les plantes se frayent un passage dans les regards, et ce n’est qu'après avoir exercé les plus douces séductions sur nos sens, qu’elles gravent dans notre mémoire leur forme, leur parfum, leur couleur et leur nom.

En 1767, Rousseau écrivait à la duchesse de Portland : «Les livres des botanistes modernes n'instruisent que les botanistes, ils sont inutiles aux ignorants. I nous manque un livre vraiment élémentaire, avec lequel un homme qui n’au-

rait jamais vu des plantes, püt parvenir à les étudier seul. » Et ailleurs : «Rien

n'était plus maussade et plus ridicule, lorsqu'une femme ou quelqu'un de ces hommes qui leur ressemblent, vous demandait le nom d’une herbe ou d’une fleur, dans un jardin, que la nécessité de cracher en réponse une longue enfilade de mots latins qui ressemblaient à des évocations magiques ; mconvémient suffisant pour rebuter ces personnes frivoles d'une étude charmante oferte avec un appareil aussi pédantesque. »

Cette critique ou ce jugement serait encore maintenant de saison, car quatrevingts ans passés n'ont rien fait changer de leurs habitudes aux savants grammairiens qui, comme le dit encore Rousseau, ont entrepris d'initier le vulgaire à la connaissance des plantes ; et aujourd'hui comme en 1767, ce n'est qu'à travers des tirades de mots grecs ou latins, qu’on arrive à la connaissance d’une herbe, d’une fleur ou d’un arbrisseau. Ces nomenclatures plus ou moins barbares que chacun se croit le droit de créer, ont nui plus qu'on ne le pense à l'avancement des Sciences Naturelles; et cet envahissement des mots dans le domaine des choses, a détourné de l'étude de la Botanique beaucoup de gens qui étaient peut-être destinés à reculer les bornes de cette science.

Nous pensons qu'on peut intéresser à la Botanique sans hérisser l'étude de cette science d'expressions barbares ou ridicules, et nous allons le tenter, en exposant avec simplicité ce qu'il est important de connaitre de. la structure

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