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STRUCTURE DES PLANTES

La forme extérieure des plantes établit entre elles un grand nombre de différences ; mais les matériaux qui les composent toutes sont loin de correspondre à ces différences ; ils ont au contraire une grande similitude et peuvent même se résumer en quelques Tissus élémentaires.

Tissu cecLuLAIRE. Celui de ces tissus qui fait le fond de l’organisation végétale et se retrouve dans toutes les parties, est le Tissu cellulaire. (Voir les figures de la planche Organes élémentaires.)

Chez les jeunes individus des plantes les plus compliquées ou chez les végétaux inférieurs, pendant toute la durée de leur existence, la structure consiste en une simple cellule, dont les parois sont ordinairement membraneuses, minces et transparentes. C’est là le tissu des végétaux qui peut être regardé comme générateur de tous les autres; car non seulement il se retrouve chez toutes les plantes, mais c’est à ses différentes modifications que l’on peut facilement suivre et qui ont été parfaitement constatées, qu'est due la formation des différents tissus. Ainsi ce tissu cellulaire ou parenchyme, en s’allongeant, donne naissance à des fibres très-résistantes, qui forment dans les végétaux vivaces ce qu’on connaît vulgairement sous le nom de bois, et qu’on appelle tissu fibreux (äg. 11); en s’allongeant également, 1l forme le tissu vasculaire qui résulte de la déchirure des cloisons qui séparaient chaque cellule, ce qui, de cellule en cellule, sert à former un vaisseau continu (fig. 10).

La forme des cellules varie chez les différents végétaux, ou dans la même plante, à différentes époques de leur développement. Primitivement elles sont globuleuses; mais quand les premiers phénomènes de la germination se sont mamifestés, gonflées par les liquides qu’elles renferment, elles exercent les unes contre les autres des pressions qui leur donnent une forme polyédrique (fig. 10). Dans certains végétaux, elles sont allongées comme celle du tissu fibreux. Souvent ces utricules, au lieu d’être disposées en séries longitudinales, sont réunies plusieurs ensemble par leurs extrémités, et forment une sorte de réseau (fig. 15, a, b). Les cellules sont quelquefois séparées les unes des autres par un espace inmangulaire rempli d'air, mais opaque. Les matières contenues dans l’intérieur des cellules varient beaucoup, quant à leur composition chimique : ce sont tantôt

des liquides, tantôt des solides, des gaz; ces parties sont souvent toutes réunies à la fois. Les liquides sont quelquefois transparents, quelquefois au contraire ils colorent les utricules dans lesquelles ils sont renfermés; ils tiennent souvent en suspension soit de la gomme, soit du sucre, soit de petites gouttelettes analogues à l'huile, contenant de petites granulations d’une ténuité extrême.

Nous ne devons pas oublier de parler des lacunes que présente le tissu cellulaire. La moelle du noyer et du jasmin, les feuilles du jonc, ete., présentent quelquefois, dans le sens longitudinal, des cellules d’une plus grande capacité que les autres; ces cellules, qu’on connaît sous le nom de lacunes, proviennent du déchirement de plusieurs des cellules constituantes. Lorsque, pendant la germination, la plante a subi, par suite de l'introduction de l’eau, un gonflement plus ou moins considérable, les cellules placées le plus à l’extérieur se dilatent, entrainent celles du centre qui n’ont pas encore eu le “nue de ressentir l’action du liquide, et déterminent cette rupture.

Tissu FBREUx. Le üssu fibreux n’est autre chose que du tissu cellulaire extrémement allongé, dont les cellules amincies à leur extrémité sont réunies entre elles, dans le sens de la longueur, par des surfaces très-obliques (fig. 11). IL est composé d’utricules qui, jaunâtres chez les fougères arborescéntes, sont incolores par elles-mêmes chez tous les autres végétaux; la couleur qu’on connaît à certains bois et qui rend quelques-uns d’entre eux si précieux pour le commerce et les arts, provient de petits granules colorants placés le plus souvent dans ces mêmes utricules, et quelquefois, mais rarement, dans les espaces intracellulaires. La forme, la consistance et la structure des parois du tissu fibreux sont soumises aux mêmes variations que les cellules constituantes du tissu cellulaire.

VarssEaux. Les vaisseaux, qui sont la transformation de cellules communiquant par leurs extrémités, proviennent tous de l'allongement et du déchirement des cellules, dans le sens longitudinal. Ces vaisseaux ont recu différents noms, suivant les diverses modifications que présentent leurs parois. Ainsi, tantôt

on les désigne sous le nom de vaisseaux ponctués ou réticulés (fig. 7); tantôt.

ils sont striés transversalement (fig. 12); enfin ils reçoivent lé nom de fausses trachées, quand la paroi épaissie à la forme d’une fibre roulée en spirale un peu lâche avec des intervalles membraneux résistants (fig. 13). Ces différents vaisseaux occupent ordinairement le milieu de l’espace compris entre la moelle et l'écorce; ils contiennent dans leur intérieur une solution aqueuse de sucre, de gomme ou de différents sels. Ils renferment aussi de l'air, mais seulement à

une certaine époque. à

Plus à l’intérieur du végétal, et par conséquent à l’entour de la moelle, on trouve d’autres vaisseaux qui se lient par les fausses trachées à ceux que nous venons de citer; ce sont les véritables trachées (fig. 4, 5, 6), que l’on désigne encore sous le nom de vaisseaux spiraux, parce qu'ils sont en effet formés par des fibres en spirale, c’est-à-dire enroulées sur elles-mêmes à la manière des élastiques de bretelles. Ces vaisseaux se trouvent toujours à l’entour de la moelle, dans les parties récentes ou annuelles, et par conséquent ils se distinguent des précédents, qui occupent indifféremment le milieu des faisceaux de tissu fibreux ; ils renferment de l’air.

Les vaisseaux propres sont des cavités qui ont tantôt la forme de tubes courts et obtus, tantôt celle de tubes très-allongés, et qui renferment des sucs particuliers à chaque espèce de plantes (fig. 10). Si l’on fait sur la tige de certaines plantes (et les pavots sont très-propres à ce genre d'expérience) une coupure transversale, on voit un liquide épais et blanc et ayant tout à fait l'apparence de lait, s'échapper aussitôt en abondance; ce suc, qui se distingue des autres tant par sa couleur que par la propriété qu'il a de s’épancher à l'extérieur aussitôt qu'une incision a été faite, est le latex. Le latex paraît exister dans toutes les plantes, depuis les fougères jusqu'aux végétaux les plus élevés du Règne Végétal ; mais ce suc n’est pas toujours de consistance laiteuse.

Les trois états du tissu cellulaire que nous venons d’exposer ne sont pas les seuls organes fondamentaux des plantes, et il en est quelques-uns encore qui, bien qu’accessoires, se trouvent sur presque toutes les parties du végétal : tels sont l'enveloppe commune qu’on appelle épiderme, les appendices saillants, les poils, les aiguillons, et les organes producteurs des sucs ou des sécrétions, les glandes.

L’ÉPIDERME est déjà un tissu quelque peu composé; mais 1l n'appartient en propre à aucune partie de la plante, il se retrouve dans tous ses organes et les enveloppe presque tous. C’est une membrane mince qui recouvre la surface extérieure des végétaux, et qui est surtout bien distincte dans les jeunes tiges, les feuilles et les racines ; elle se compose de tissu cellulaire dont les cellules adhèrent plus fortement entre elles qu'aux parties sous-jacentes, ce qui la rend souvent facile à enlever. En général, on y remarque de peltes ouvertures qu’on à nommées stomates (fig. 3, a, b, c), qui ne sont visibles qu’à l’aide de la loupe ; les bords de ces pores sont formés par deux cellules ovoïdes ou globuleuses remplies de granules verts, et leur ouverture correspond à des

lacunes inter-cellulaires, dont les usages paraissent être très-importants dans

la respiration. On ne trouve pas de stomates sur les racines de plusieurs plantes

cellulaires, telles que les champignons ; les mousses en sont entièrement dépourvues; elles manquent aussi chez certaines plantes qui vivent dans l’eau.

Les poics (pl. Feuilles, fig. b, c) ne sont que des prolongements de l’épiderme. Très-variés dans leur structure, ils peuvent néanmoins être rapportés à deux types différents : les poils simples et les poils composés. Les poils ne - sont quelquefois que de simples prolongements de la pellicule qui recouvre l'épiderme, ce sont les poils simples non articulés ; ils sont susceptibles de se ramifier pour former plusieurs pointes dont les cavités sont continues. Dans d’autres cas, ces pointes sont seulement articulées, et leurs cavités n’ont pas de communica{ion. -

Les GLANDES sont des organes qu’on observe sur presque toutes les parties des plantes, et qui sont destinés à sécréter des liquides particuliers; ce sont de petites cavités, tantôt de tissu cellulaire seulement, tantôt des cellules très-petites mêlées à un grand nombre de vaisseaux ; du reste, elles ne paraissent pas différer essentiellement des réservoirs tubiformes dont nous avons déjà parlé sous le nom de vaisseaux propres. Répandues en grand nombre et très-rapprochées sur une surface, les glandes prennent le nom de papilles. On appelle vésiculaires celles que leurs parois transparentes dessinent comme des points diaphanes, tantôt incolores, tantôt colorés par les huiles volatiles qui les remplissent, en parsemant la surface des parties où elles se trouvent. La stase des sucs qu’elles contiennent empêche de les confondre avec les vaisseaux propres dont les liquides sont soumis à un mouvement circulatoire ; ce sont ces sortes de glandes qui composent presque entièrement la peau de l'orange.

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