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REPRODUCTION DES PLANTES

La multiplication des plantes a eu de deux manières, tantôt à l’aide d'organes particuliers destinés à produire le germe d’un nouvel individu, tantôt par la simple division de leur tissu.

La multiplication des plantes par division consiste dans la séparation d’une portion de la plante qui continue à végéter, et se complète de façon à constituer, à son tour, un nouvel individu.

Ce phénomène dépend de ce que les diverses parties d’une plante, placées dans des circonstances convenables, ont une tendance à produire les organes qui leur manquent, pour constituer un végétal complet qui devient alors apte à vivre, sans le secours de lindividu dont il provient. Ainsi, dans cet état, une branche peut pousser des racines, de facon que si elle venait à être séparée de sa tige, elle n'en continuerait pas moins à se nourrir, et constituerait un individu complet. Il en est de même pour les racines ; elles ont aussi la faculté de donner naissance à des tiges et à des feuilles, organes nécessaires à la végétation, et, par conséquent, elles peuvent continuer à vivre après qu'elles ont été séparées de la plante mère.

On donne le nom de marcottes aux branches sur lesquelles on fait pousser ces racines adventives, et qu'on sépare ensuite de la plante-mère. En général, on parvient à déterminer la formation de ces racines, en plaçant dans des conditions d'humidité convenable une branche dans laquelle la marche de la sève descendante se trouve ralentie de façon à ce que les matières nutritives s’y accumulent. Pour arrêter de la sorte la sève descendante dans le point où l’on désire faire pousser des racines adventives, on pratique quelquefois une incision circulaire dans toute l’épaisseur de l'écorce ; on y place une ligature très-serrée, puis on l’entoure de terre humide. Quelquefois on se borne à coucher la branche en terre, car dans le pot où elle est courbée, les sucs nourriciers, entraînés par leur pesanteur, se trouvent ralentis dans leur marche. D’autres fois encore, on profite des nœuds naturels qui existent dans la branche, et qui favorisent le développement des racines adventives. Enfin, 1l est des plantes dont les branches, entourées de terre où de mousse humide, poussent des racines, sans que cette stagnation des sucs nourriciers soit nécessaire. Quand les racines sont venues, on coupe la branche de façon à la séparer de la plante à laquelle elle appartenait, et elle constitue alors un nouvel individu.

Dans la marcotte, on ne sépare la branche qu'après le développement des racines, c’est-à-dire lorsqu'elle possède déjà toutes les parties dont se compose un végétal complet. D’autres fois 1l arrive qu'une branche coupée avant qu’elle n'ait poussé des racines adventives, continue à végéter, et donne naissance à ces

racines, de façon à constituer un nouvel individu; on la désigne alors sous le nom de bouture.

Ce ne sont pas seulement les branches qui peuvent donner naissance à des racines adventives et constituer des boutures ou des marcottes; il en est quelquefois de même pour les feuilles; ainsi on à vu des feuilles d'oranger, de figuier , etc., détachées de leurs tiges et fichées en terre par le pétole, y

prendre racine par leur nervure principale, et donner des jets ascendants. La multiplication des plantes par greffe est aussi un mode de propagation

qui se rapporte à cette classe de phénomènes, car elle s’opère par simple divi-

sion ; seulement la partie du végétal qu'on sépare, au lieu de se compléter, se soude sur une autre plante, et vit aux dépens de ses racines, comme une espèce de parasite. C’est au moyen du cambium, ou suc propre des végétaux, que s'opère la soudure des greffes. Cette matière fluide sert de moyen d'union entre l'individu et la greffe, comme la lymphe coagulable des animaux s’interpose entre les deux lèvres d’une plaie qu’elle réunit et rapproche. Le cambium produit de petites granulations, éléments de l’organisation végétale, qui se solidifient et s'organisent. Ce phénomène se répète toutes les fois que l’on fait une plaie superficielle à un arbre, et qu'on la garantit du contact de l'air.

Enfin, la propagation par fubercules est un autre mode de multiplication par division, qui s'effectue à l’aide de bourgeons entourés d’un dépôt de matière nutritive qui, placés dans des circonstances convenables d'humidité, de chaleur, ete., peuvent végéter, et poussent une tige et des racines. Ces dépôts de matières nutritives se forment tantôt dans les racines, tantôt dans les tiges souterraines, tantôt à l’aisselle des feuilles, et sont ordinairement désignés sous les noms de tubercules, de cayeux, de bulbilles, et il arrive ordinairement que, parvenus à un certain volume, ils se détachent. La pomme de terre offre un exemple remarquable de ce mode de multiplication; cette plante produit le long de ses tiges des tubercules qui ne se développent ordinairement que dans leur partie souterrame, et qui n’y tiennent que par un filet mince, de facon à se séparer facilement, à la fin de l’année, soit pas le moindre choc, soit par la mort de la tige dont ils proviennent. Or, chacun de ces tubercules porte un ou plusieurs bourgeons ou germes, qu'on appelle yeux, enveloppés par une masse de tissu cellulaire contenant de la fécule, ete. Si le tubercule est placé dans un lieu suflisamment humide et chaud, ces bourgeons commencent bientôt à pousser, et attirent à eux des matières nutritives déposées à l’entour. Au moyen de cet aliment, le bourgeon s’allonge, sa tige et ses feuilles commencent à se développer, et, dès que celles-ci remplissent leurs fonctions ordinaires, le suc nourricier préparé dans leur intérieur descend et détermine la formation des racines, de façon à donner naissance à une nouvelle plante.

Ainsi, dans certaines circonstances favorables, toutes les plantes peuvent

se multiplier par division; mais, dans la plupart des cas, leur reproduction

se fait à l’aide de graines qui sont elles-mêmes produites par des organes particuliers : les fleurs et les fruits.

Ce mode de reproduction comprend trois phénomènes distincts : la floraison, la fécondation, la maturation des fruits.

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