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quête, et apprit bientôt qu'à la même époque un pistachier mâle avait fleuri à la pépimière des Chartreux, près du Luxembourg; ainsi le pollen, porté par le
vent à une assez grande distance, par dessus une partie des édifices de la ville,
était venu féconder les individus femelles.
La vallisnerie offre, à l'époque de la fécondation, un spectacle des plus sin-
guliers. Cette plante vit attachée au fond de l’eau et entièrement submergée. Les fleurs males et les fleurs femelles naissent pêle-mêle entre les aisselles des feuilles ; les premières sont portées sur un très-court pédoncule, les secondes sur des pédoncules longs de près d’un mètre et roulés en spirale. A l’époque de la floraison, cette spirale se déroule et s’allonge de manière que la fleur femelle vienne flotter à la surface de l’eau. Dans le même temps, lorsque les étamines fixées au fond de l’eau sont prêtes à laisser échapper leur pollen, le spathe des fleurs mäles qui le contiennent s'ouvre, chaque fleur se détache, s'élève, vogue en liberté à la surface de l’eau, se rapproche des fleurs femelles, s’épanouit et lance sur elles le pollen qui doit les rendre fécondes. Lorsque la fécondation est opérée, les fleurs mâles se flétrissent et meurent. La fleur femelle fécondée est ramenée au fond des eaux par la spirale, roulée de nouveau sur elle-même ; c’est là qu'elle mürit ses semences et les dépose dans le lieu où elle a pris naissance et s’est trouvée fixée.
. Le melon, dont le même pied porte des fleurs à pistil et des fleurs à étamines séparées, ne donne aucun fruit si l’on enlève toutes les fleurs qui portent des étamines, et si, par une gaze, l’on garantit les fleurs à ovaires du contact du vent ou des insectes qui pourraient leur apporter du pollen.
Les plantes hermaphrodites sont celles dans lesquelles toutes les circonstances accessoires sont les plus favorables à la fécondation. Chez les plantes dont les étamines et les pisüls sont rapprochés dans une même fleur, des expériences de cette nature, quoique plus délicates, ont toujours donné des résultats semblables, quand elles ont été faites avec assez de soin et de précauton, et on a empêché ou déterminé à volonté la fécondation, en enlevant les étamines ou les stigmates; on à même remarqué que si l’on retranchait un ou quelques stigmates, l’ovaire ou les ovaires correspondants étaient les seuls qui ne fructifiaient pas.
L'influence de l'humidité vient prouver une fois de plus la théorie de la fécondation. S'il survient des pluies abondantes ou des brouillards prolongés, on remarque que les fleurs sont presque toujours stériles; on dit alors qu'elles coulent. Par exemple, les cultivateurs disent que la vigne coule quand les pistls avortent, après des brouillards ou des pluies abondantes pendant la flo-
raison : alors, en effet, l’eau entraine le pollen, ou bien elle en hâte la déhiscence, 6'est-à-dire l’ouverture.