‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 138 sur 153 · FÉCONDATION · texte numérisé non relu

FÉCONDATION

Lorsque la fleur est parvenue à un certain degré de son développement, le pollen formé par l’anthère tombe sur le stigmate et détermine ainsi la fécondation des ovules renfermées dans la partie inférieure du pistil. A cet effet, le stismate est recouvert d’une substance visqueuse qui retient à sa surface chaque

grain du pollen. Ces grains, simulant autant de petites vésicules, sont ramollis

par le contact de cette liqueur visqueuse ; alors ils se déchirent et répandent sur le stigmate le fluide qu'ils renferment. Ce fluide est absorbé et transmis jusqu'aux ovules, par des vaisseaux qui établissent une communication directe entre le sigmate et chaque loge de l'ovaire. C’est ainsi que s’opère la fécondation dans la plante. Souvent les étamines s’inclinent vers le pistil pour y mieux déposer le pollen; ainsi, dans les géraniums. les filets des étamines se courbent pour poser l’anthère sur le stigmate ; dans la capucine, les huit étamines s’imclinent chacune à leur tour, pendant huit jours successifs, pour déposer de la sorte le pollen sur le pistil. Lorsque les ovules sont fécondées, la fleur se flétrit et toutes les parties situées au dessus de l'ovaire, ou qui ne sont pas soudées avec cet organe, tombent et se dessèchent. Mais les ovules, ainsi que les parois de l'ovaire, grossissent rapidement; c’est alors que l’on dit que le fruit est noué. Pour qu'un ovaire noue 1l n’est pas nécessaire que toutes les ovules ou rudiments des semences aient été fécondées; le contraire arrive même fréquemment. Dans les fruits de nos arbres fruitiers, le poirier, le pommier, on remarque souvent qu'un certain nombre de semences ont avorté, ce qui n’a pas empêché le fruit de prendre son développement accoutumé.

Plusieurs circonstances influent sur la floraison et la fécondation : amsi les plantes dont les fleurs à étamines sont portées sur un pied et les pistils sur un autre, ne fructifient qu’à la condition que le pollen des premières tombe sur les pistils des secondes. Le dattier et le pistachier sont des arbres de cette espèce ; de temps immémorial, les Orientaux, auxquels ces plantes fournissent une partie de leur nourriture, ont l'habitude de secouer sur les dattiers qui portent des fleurs à pisüls le pollen des dattiers qui portent des fleurs à étamines, où de suspendre les panicules des fleurs à étamines au dessus des fleurs à pistils. Quand la guerre éclate entre les peuples auxquels ces plantes sont nécessaires, ils détruisent les individus à étamines sur le terrain de leurs ennemis, afin de rendre stériles les arbres à pistils. Pendant l'expédition des Français en Égypte, la guerre ayant empêché les habitants de ce pays d'aller chercher dans le désert des régimes de dattiers à étamines, ils furent privés de leur récolte de fruits. L'expérience de la fécondation des palmiers a été renouvelée souvent. Un pied femelle de rhodiola, stérile depuis cmquante ans dans le jardin botanique d'Upsal, porta des fruits lorsqu'on y établit un imdividu mâle de cette espèce. On cultivait depuis longtemps, au Jardin des Plantes de Paris, deux pieds de pistachiers femelles qui chaque année se chargeaient de fleurs, sans jamais produire de fruits. Un jour, lon vit enfin les fruits de ces deux arbres nouer et mürir; surpris de cet événement, de Jussieu se livra à une sorte d’en-

A HAT Te K

a NAME

RNA

Page 1