‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 14 sur 153 · TROISIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ÉPOQUE

Grands soulèvements. — Creusement des vallées. — Déplacement des mers et des lacs. — Extinction d’un grand nombre d'êtres organisés. — Apparition de nouvelles espèces, telles que de grands quadrupèdes mammifères (cétacés et pachydermes) ; en même temps paraissent des insectes, des poissons d’eau douce. — Progression remarquable dans le règne végétal. — Les plantes dicotylédones sont plus nombreuses que les acotylédones et monocotylédones. — Formation houillère. — Phénomènes volcaniques mieux caractérisés que pendant les deux premières époques. — Coulées trachytiques et basaltiques, avec produits plus ou moins bulleux et scorifiés.

Les Terrains de la troisième époque se partagent en deux séries : 1°le Terrain terhaire inférieur; le Terrain tertiaire supérieur.

Le Terrain tertiaire inférieur présente deux sortes de formations géologiques : la formation marine et la formation d’eau douce.

Dans la formation marine se trouve un calcaire grossier composé d'assises, entre lesquelles sont intercalés accidentellement quelques lits de formation fluviatile. Un de ces dépôts d’eau douce se trouve souvent à la partie inférieure, c’est celui de l'argile plastique. Il est suivi de couches d'argile, de marne et de sable, au milieu desquelles sont des amas de lignites. Le calcaire grossier est la pierre à bâtir exploitée dans les environs de Paris : il est encore nommé calcaire à cérites.

La formation d’eau douce se compose de marnes gypseuses et de calcaires siliceux, composés de couches de marnes à lymnées et d’un calcaire compacte à grain fin imprégné de silice, au milieu desquelles sont subordonnés des amas ovoïdes de gypse, contenant de nombreux ossements de mammifères terrestres (palæothères, anoplothères); les coquilles que renferment les marnes du gypse sont surtout des coquilles dites Iymnées, des cyclostomes, des planorbes et autres mollusques fluviatiles.

Les fossiles caractéristiques de ce terrain sont : à

1° Les palæothères, pachydermes intermédiaires aux tapirs et aux rhinocé-

s GÉOLOGIE, 21

ros : os du nez très courts, semblant nécessiter une petite trompe, six dents incisives, deux canines à chaque mâchoire ; molaires comme dans les rhinocéros, pieds aussi divisés en trois doigts ; il y en a sept espèces dans les plâtrières des environs de Paris, dont la plus grande de la taille d’un cheval; les autres de la taille d’un cochon , d’un mouton, ou d’un lièvre.

2° Les anoplothères, pachydermes remarquables par la présence de dents en série contmue, comme dans les seuls bimanes, contiguës les unes aux autres et sans intervalle, et par une organisation unique du pied fourchu, où les os métatarsiens et métacarpiens ne sont pas réunis en un os de canon. L'espèce la plus connue de ces animaux particuliers aux plâtrières et au calcaire grossier des environs de Paris, ressemblait à une grosse loutre, et fréquentait les lacs au fond desquels ses os sont incrustés dans le gypse.

Le Terrain tertiaire supérieur est constitué par deux formations géologiques : l’une marine, l’autre d’eau douce.

Les roches caractéristiques de la formation marine sont : les sables et grès marins de Fontainebleau , sables stratifiés en lits distincts, ferrugineux, micacés, bancs de grès très-durs , contenant des restes nombreux de coquilles marines , dans les parties supérieures du dépôt.

La formation d’eau douce est constituée par le calcaire d'eau douce supérieur et meulière. On appelle meulière une silice criblée d’une multitude de cavités irrégulières, garnies de filets siliceux disposés à peu près comme le tissu réticulaire des os, et tapissée d’un enduit ocreux. Ces cavités sont souvent remplies de marne argileuse ou de sable argileux, et ne communiquent pas entre elles. :

À l’époque de la formation houillère , la terre paraît avoir été couverte en grande partie par une mer peu profonde parsemée d’iles couvertes d’une riche et puissante végétation. Les plantes d'alors différaient beaucoup de celles qui vivent de nos jours ; on en connait plusieurs centaines d’espèces différentes, mais presque toutes appartiennent à la classe des cryptogames vasculaires : ce sont principalement des fougères, des prèles, des lycopodes, c’est-à-dire des végétaux d’une structure très-simple, mais qui atteignaient à une taille gigantesque. Les fougères en arbres, dont les espèces actuellement existantes ne s'élèvent, même sous la zone torride, qu’à sept ou huit mètres et n’en ont en général que deux ou trois, avaient alors, lom des tropiques, treize à quinze mètres de haut, et d’autres plantes dont les analogues ne sont aujourd’hui que des herbes, avaient jusqu’à vingt-sept mètres de haut.

Ce sont les débris des végétaux de cette période, qui. accumulés en masses

Le

immenses et altérés par le temps et par d’autres causes encore, se sont transformés en cette matière combustible, si précieuse pour notre industrie, que l’on connaît sous le nom de charbon de terre ou de houille.

Le terrain houiller qui renferme ces grands dépôts de charbon se rencontre d'ordinaire dans les bassins où excavations plus où moins profondes que présentent, soit le calcaire carbonifère, soit quelque autre terrain plus ancien. Il n’en existe pas dans toute la partie orientale de l'Europe, mais on en connait un grand nombre en Allemagne, en Belgique, en France et en Angleterre, ainsi qu'en Amérique et mème à la Nouvelle-Hollande. En France, nous possédons une soixantaine de ces bassins houillers, dont un des plus célèbres est celui de Saint-Etienne, près de Lyon.

Page 1