QUATRIÈME ÉPOQUE
Déluge universel. — Apparition des aérolithes, — Trainées de blocs erratiques, terrains de cailloux roulés. — Changement dans la position astronomique de la planète. — Extinction de plusieurs races de grands animaux. — Races nouvelles plus petites. — Phénomènes volcaniques très-puissants, soulèvement des plus hautes montagnes. — Creusement des vallées à plusieurs étages. — Diminution d'intensité dans les phénomènes volcaniques. — Période actuelle. — Apparition de l’homme sur le globe, — inondations locales.
Les terrains de la quatrième époque se composent exclusivement de sables et de cailloux roulés méêlés ensemble, sans stratification régulière. Les dépôts diluviens sont le plus souvent accompagnés de blocs erratiques. On nomme ainsi d'énormes fragments de rochers plus ou moins arrondis sur leurs angles. On en connait qui pèsent jusqu'à 300,000 kilogrammes. Ces divers matériaux sont ordinairement à l’état meuble, cependant on voit quelquefois les sables et les cailloux cimentés par une argile marneuse ou ferrugineuse, introduite postérieurement par des infiltrations qui se continuent encore sur quelques points.
Ce terrain ne renferme plus de débris de ces animaux singuliers qui abondent dans le sol tertiaire. Les pachydermes cependant y dominent encore ; ces pachydermes sont accompagnés de nombreux débris de chevaux, de grands ruminants (cerfs, daims, bœufs). On voit aussi des restes d’hyènes, d'ours, de tigres, etc., dans les cavernes nommées brèches osseuses, au milieu d’un ciment rouge. On trouve aussi les débris de deux édentés gigantesques megatherium et megalonyæ; le mammouth, haut de cinq à six mètres, couvert d’une laine grossière et rousse, et de longs poils raides et noirs qui lui formaient une crimière le long
du dos ; il avait des défenses énormes implantées dans des alvéoles plus longs que ceux des éléphants de nos jours. Cet animal fossile se trouve par milliers, depuis l'Espagne jusqu'aux rivages de la Sibérie, et on en rencontre dans toute l'Amérique du nord ; ses défenses sont si bien conservées dans les pays froids, qu'on les emploie aux mêmes usages que l’ivoire.
On trouve encore les Mastodontes, qui avaient les pieds, les défenses, la trompe et beaucoup d’autres détails de conformation communs avec les él6phants ; ils en différaient par les mâchoires, dont la couronne hérissée au sortir de la gencive de grosses pointes coniques, offrait, à mesure de sa détrition, des disques plus où moins larges qui représentaient les coupes de ces pointes. On a trouvé des débris de ces animaux dans les deux continents. L'espèce la plus remarquable et qui parait propre à l'Amérique, est le grand Mastodonte, dont la taille est de trois mètres de haut environ, et dont les proportions du corps sont plus lourdes que celles de l'éléphant fossile et des éléphants de nos jours. C’est à tort qu’on l’a cru carnivore.
Les Rhinocéros de grande taille étaient au nombre de trois, tous bicornes. L'espèce la plus répandue en Allemagne et en Angleterre, et qui, comme l’éléphant, se retrouve jusque près des bords de la mer Glaciale, où elle a aussi laissé des individus entiers, avait la tête allongée, les os du nez robustes, soutenus par une cloison des narines osseuse, et non simplement cartilagineuse, et manquaient enfin d’incisives.
Les Mégatheriums réunissent une partie des caractères génériques des Tatous, avec une partie de ceux des Paresseux; et, pour la taille, ils égalent les plus grands Rhmocéros. Leurs ongles devaient être d’une longueur et d’une force monstrueuses; toute leur charpente est d’une solidité excessive; on n’en a déterré encore que dans les couches sableuses de l'Amérique septentrionale.
Le Terrain post-diluvien comprend les produits des volcans actuels, les glaciers, les moraines, les dépôts de sel des lacs, les formations modernes de sables et de calcaires, alluvions fluviatiles et marines, dépôts de sources incrustantes, bancs de mollusques et de zoophytes, celle des dépôts caillouteux et limoneux , enfin les tourbes modernes et la terre végétale. Les restes organiques que l’on y rencontre appartiennent à des espèces analogues à celles qui existent encore dans les pays où on les trouve; c’est là seulement que l’on rencontre également des débris humains , témoignage éclatant de la récente apparition de l’homme sur la terre.
Le grand mouvement qui, en produisant le soulèvement d’une portion des Alpes, à mis à sec les lacs où s’étaient déposés les terrains tertiaires supérieurs,
on GÉOLOGIE,
a occasionné de grandes imondations et des courants impétueux qui ont profondément sillonné le sol qu'ils balayaient, et qui ont entrainé au loin des fragments de roches, du sable et de la vase, dont le dépôt constitue les terrains désignés par les géologues sous le nom de dépôts de transport anciens, Terrains diluviens ou Terrains clysmiens.
C’est ainsi que paraissent s'être formés, par le déversement des eaux du lac de la Bresse, les larges sillons creusés dans les terrains plus anciens du bassin de Paris et les vastes atterrissements qui en couvrent une partie, et qui forment, par exemple, le sol des bancs de Boulogne. La ville de Paris est bâtie en grande partie sur ce dépôt de transport, dont l’origime violente est attestée par la grosseur des blocs qu'il renferme, et dont l'ancienneté est prouvée par la découverte de fossiles appartenant à des éléphants et à d’autres animaux qui, depuis les temps historiques, n’ont jamais été signalés dans cette contrée.
Le déluge, dont la tradition s’est conservée chez les Égyptiens et chez les Hébreux, et dans toutes les archives des peuples civilisés, paraît avoir été la dermère révolution du globe. L'apparition des Andes, cette grande chaine de montagne, parait reconnaitre la même date géologique. Cette catastrophe historique, dont les nations conservent le souvenir, et qui se trouve inscrite dans les Livres sacrés, a laissé sur toute la terre des monuments qui constatent son existence.
Quel est le temps qui s’est écoulé depuis le dernier cataclysme ? La géologie donne la solution de cette question, qui avait été vainement agitée longtemps, parce que les conditions du problème n’avaient pas été prises en considération.
C’est ainsi qu'on a constaté que la formation des glaciers, de ces neiges perpétuelles qui couronnent la cime des montagnes, ne donne à l’ordre actuel des choses que cinq ou six mille ans. Il est donc facile de remonter à leur origme.
Les calculs des couches de la faible épaisseur de la terre, qui, vierge encore, n'a pas été remuée par les mains de l’homme, conduisent au même laps de temps. La marche des atterrissements et le nombre des dépôts successifs à l'embouchure des grands fleuves, offrent de même des arguments puissants en faveur du peu d'ancienneté du calme dont jouit notre planète.
L'origine des tourbières, qui sont dues à la décomposition des végétaux herbacés, et l’origine des moraines, qui ne sont que des fragments de roches détachés des cimes des montagnes, et entraînés par les glaciers vers leur pied, sont contemporaines de la même époque, et annoncent la jeunesse de l'état actuel de la terre. Un rapprochement des plus remarquables à faire, c’est que les phé-
nomènes découverts et expliqués par la géologie, s'accordent avec la tradition de tous les peuples, dont la chronologie ne remonte pas à plus de trois mille ans, et avec le récit du législateur des Hébreux, qui place le déluge qu'il raconte à 1500 ou 1800 ans de l’époque où il écrit.
Quelque concises que doivent être ces notions de géologie, nous ne les terminerons pas sans dire un mot d’une des plus puissantes inductions auxquelles ait été conduite la science, de notre temps.
M. Elie de Beaumont est l’auteur d’une savante explication de l’origine et du mode de formation des montagnes qui hérissent la surface de la terre; cette explication suppose que les reliefs, les contournements, les ruptures, les redressements des couches terrestres, sont l'effet d’une puissance expansive mcommensurable qui, pour s'échapper du centre du globe où elle était tenue captive, aurait brisé l'écorce solide de la terre et en aurait violemment soulevé les débris.
Lorsqu'elle se produisit, il y a près de trente ans, cette hardiesse conjecturale de la géologie moderne ne prit pas, sans conteste, droit de cité dans la science, et de grands esprits, fidèles aux doctrines de Werner, continuèrent à les défendre. Regardant la terre comme un corps soumis au refroidissement, ces savants considérèrent les inégalités de sa surface comme les conséquences naturelles du retrait et du ridement de l'enveloppe consolidée de notre planète, enveloppe devenue trop ample, et, par suite, forcée de se contracter, au fur et à mesure que la masse intérieure diminuait de volume en se refroidissant.
Il ne nous reste plus, pour compléter les notions générales sur la structure de l'écorce solide du globe, qu'à exposer la coupe théorique des Terrains et des formations géologiques. Depuis les couches supérieures jusqu'aux inférieures, on peut diviser ces terrains en :
1° Terrain moderne qui se forme encore. —2 Terrain diluvien.— 3° Terrain supercrétacé. — 4° Terrain crétacé. — 5° Terrain jurassique. —6° Terrain {riasique. — 7° Terrain carbomifère. — 8° Terrain schisteux. — 9° Terrain granitique.
La succession de ces terrains ne se montre pas complète sur tous les points du globe ; mais l’ordre dans lequel ils se présentent est toujours constant, et, quelles que soient les lacunes qu'on y remarque, il n'est jamais interverti. Cet ordre de succession est un des faits les plus remarquables que présente la géologe ; 1l fournit la preuve irrécusable d’une marche uniforme dans les causes qui ont contribué à former ces terrains,
Dans une infinité de points du globe, on trouve aussi, s’élançant du milieu de la mer, des roches ignées auxquelles on a donné les noms de basaltes, de trachytes, ete. Les basaltes ont commencé à paraitre vers le dernier quart des dépôts de terrains de sédiment; mais ils ne se sont produits avec abondance que vers la fin des terrains tertiaires. Quant aux trachytes, ils ont été surtout abondants aux dernières périodes de la formation du globe, et il s’en forme encore sous nos yeux.
La grande tendance que les basaltes ont à se diviser en prismes pseudo-réguliers imprime à leurs principaux dépôts les caractères généraux qui rendent cette formation si remarquable. Leurs escarpements, formés d'innombrables colonnes rangées symétriquement les unes à côté des autres, produisent quelquefois des effets qui, tout en donnant l’idée de monuments d'architecture, surpassent en magnificence les travaux des hommes. Les plateaux à flancs si abrupts de l'Écosse et de l'Irlande présentent surtout cette disposition curieuse.
Tout le monde a entendu parler de la fameuse chaussée des Géants, qui forme, dans la partie septentrionale de l'Irlande, le promontoire Pleaskin-Bengore, qui a plus de 100 mètres de hauteur au-dessus du niveau de la mer, au milieu de laquelle il s’avance majestueusement. Ce cap est composé de plusieurs assises, dont la supérieure n’a pas moins de 15 mètres. Elles se divisent en énormes prismes verticaux atteignant de 39 à 40 mètres de hauteur. La surface découverte du cap présentant la tranche de tous les prismes, ressemble parfaitement à un plancher carrelé avec des pierres hexagonales d’une grande régularité; c’est cette circonstance qui lui a valu le nom de Chaussée ou Pavé des Géants.
La grotte de Fingal, dans l’île de Staffa, l’une des Hébrides, offre un autre exemple non moins remarquable de cette disposition prismatique. La grotte a 80 mètres de profondeur et 30 de largeur, sur 19 de haut; vue de quelque distance en dehors, elle ressemble assez bien à une grande nef d'église ; la mer y pénètre jusqu’à une profondeur de 46 mètres, et permet de l'aller visiter en bateau ; ses murs, comme une belle colonnade, sont formés de prismes verticaux de la plus grande régularité, soutenant une voute composée de plus petits prismes, mais entrelacés dans tous les sens, et probablement liés par un ciment.
Il existe dans l’île de Mull, aussi l’une des Hébrides, un cirque basaltique qui présente des circonstances peut-être encore plus remarquables que la grotte de Fingal et la Chaussée des Géants : les prismes y sont entassés horizontalement et avec la plus grande régularité. Les basaltes de l'Auvergne, du Vivarais,
de l'Italie, de l'Allemagne, de l'Amérique, des îles de la mer d'Afrique, des côtes de l’Asie-Mineure, affectent des dispositions non moins curieuses.
L'exploitation des mines se lie naturellement aux travaux par lesquels l’homme cherche à se rendre compte de la composition de l'écorce solide de la terre. «Chaque minéral, dit Cuvier, peut recevoir quelque emploi; et de sa plus ou moins grande abondance dans chaque lieu, du plus ou moins de facilité qu’on trouve à se le procurer, dépendent souvent la prospérité de chaque peuple, ses progrès dans la civilisation, tous les détails de ses habitudes, ete. »
L’utilité de la minéralogie ressort de son objet même. Outre l'intérêt que présente au naturaliste l’étude du règne minéral, l’industrie trouve aussi dans cette étude les moyens de reconnaître et de trouver les corps qui sont si précieux pour elle, et c’est en s’aidant des lumières de l'analyse chimique qu’elle est arrivée à déterminer les propriétés des substances minérales qu’elle veut faire servir à nos divers besoins.
Les minéraux que l’on exploite sont distribués de différentes manières dans le sein de la terre, et les mines que l’on creuse pour l'enlèvement de ces matières utiles, présentent des aspects fort différents. Tantôt le minerai est disposé horizontalement par couches plus ou moins épaisses et à des profondeurs plus ou moins grandes; c’est de cette manière que se trouve la houille dans la plupart des pays. Tantôt 1l est disposé comme de grandes plaques à peu près verticales ou fortement inclinées qui se prolongent quelquefois à de grandes distances ; c’est ainsi que l’on rencontre le plomb, l'argent, et la plupart des métaux. Dans quelques cas, enfin, le minerai est aggloméré en amas de configurations et d’étendues variées ; on en connaît dont les dimensions sont de plusieurs milliers de mètres cubes.
Ce sont ces amas qui donnent lieu, en général, aux mines les plus surprenantes et les plus gigantesques; les unes sont remplies de minerai de soufre et de cuivre, d’autres de sel gemme, d’autres d’anthracite, d’autres de fer.
Les mines de fer de Dannemora, situées à 46 kilomètres environ d'Upsal, sont au premier rang de celles de la Suède et même de l'Europe. Ses masses exploitées sont aplaties ou verticales et encaissées dans un terrain formé de
roches de gneiss et de granite. Il y a trois mines distinctes et parallèles entre
elles; on les exploite sur une longueur de plus de 1400 mètres et jusqu’à une profondeur de plus de 80, en employant le feu et la poudre. Les exploitations sont à ciel ouvert; on en retire du minerai magnétique qui donnent le meilleur fer de l’Europe, et qui est surtout propre à être converti en acier.
28 GÉOLOGTE.
Rappelons ici, en terminant, que peu de contrées réunissent, autant que la Suède, des mines de fer non moins étendues que précieuses. D'inépuisables dépôts de ce minerai s’y trouvent placés au milieu de forêts immenses d'arbres résineux, dont le charbon passe pour être le plus propre à la fabrication du fer, et les divers groupes de mines et d’usines forment de petites contrées riches et
animées au milieu de ces régions sauvages.
2e nr RE A ER
Oiseaux
Ac eph ales
Insectes
1 existe un & gra and à le lobe; que pour ?
À A lourétude et donnér à oo ta! nor pe se rie 8 . he ä dk ste ë ne
“bhalpodes
n à leur étude et donner à chacun un nom parti- \ culier, il a été nécessaire d'établir entre eux des divisions et des subdivisions. On caractérise chacun des groupes ainsi formés de manière à ce qu’on ” puisse toujours reconnaitre avec certitude les êtres qui lui appartiennent. Les caractères de ces groupes sont pris dans la confor-. h, mation générale des animaux qu'ils réunissent, afin qu'ils soient
4 d'une application constante, et que leur ensemble ne puisse convenir à la description d’un autre groupe.
ù C’est l’ensemble de ces divisions et subdivisions qui a reçu le nom
P}à de Classifications.
L’utilité des Classifications n’a pas besoin d’être longuement démontrée: qui ne sait, en effet, que par elles les imnombrables détails dont se compose le domame de l’histoire naturelle se trouvent rapprochés, dans une sorte de contact? Si l’on voulait sans leur secours connaître le nom d’un animal, il faudrait le décrire et mettre sa description en regard de la description détaillée de tous les autres animaux. Lors même, en effet, qu’on aurait rencontré dès le début une description qui semblerait convemr à l’être qu'on aurait sous les yeux, on ne serait pas sûr qu'il n’y aurait pas une autre description qui lui serait mieux applicable encore; et le travail deviendrait par conséquent interminable. La méthode des Classifications permet, au contraire, d'arriver presque immédiatement et sans difliculté à la détermination spéciale que l’on cherche.
Si l'animal qu'il s’agit de connaître est un coq, par exemple, l’on trouvera d’abord qu'il a un squelette, et l’on saura ainsi qu'il appartient à l'Embranchement des Vertébrés: on n’aura donc plus à le comparer avec les autres animaux des autres Embranchements. On s’occupera ensuite des caractères qui servent à
disüinguer entre eux les différents Vertébrés, et, quand à l'aide de ces caractères on aura établi que c’est un animal de la Classe des Oiseaux, on ne songera plus à le comparer aux Mammifères, aux Reptiles mi aux Poissons. On rècherchera ensuite si cet Oiseau présente les caractères propres à tel ou tel Ordre de la Classe des Oiseaux, à telle ou telle Famille; et lorsqu'on aura déterminé le Genre auquel il appartient, on n'aura plus, pour le connaitre, qu'à le comparer à un très petit nombre d'animaux d'avec lesquels 11 ne diffère que par quelques parüicularités de conformation peu importantes.
Les Classifications Zoologiques servent donc à appliquer à un animal le nom qui lui convient.
Pour déterminer un animal, on se demande à quel Embranchement du Règne animal appartient l'espèce que l’on observe, puis à quelle Classe, à quel Ordre, à quelle Famille, à quel Genre il faut le rapporter : et quand on a résolu ces questions, le travail est presque achevé.
Les Classifications Zoologiques ont encore un autre avantage ; elles permettent d’abréger beaucoup les descriptions auxquelles on à recours pour faire reconnaitre un animal. Lorsqu'on aura dit, par exemple, que l'animal dont nous par- Bons tout à l'heure est un vertébré de la Classe des Oiseaux, de l'Ordre des Gallinacés, de la Famille des Faisans, 1l suflira, pour le faire distinguer, d’indiquer les caractères qui lisolent d’un très petit nombre d’autres animaux qui font partie du même Ordre et de la même Famille que lui.
Je n'ai pas lintention d'énumérer ici toutes les Classifications qui ont été successivement proposées et abandonnées, depuis que l'étude des corps de la nature est devenue une science. Les bases sur lesquelles elles ont été établies peuvent se réduire à deux séries d'idées : dans les premières on a groupé les êtres d’après les modifications que présentait une seule de leurs parties : c’est ce qu’on à appelé des Systèmes artificiels. Pour les autres, au contraire, on s’est appuyé sur l’ensemble de leur organisation ; ces classifications ont reçu le nom de Méthodes naturelles.
En partageant les animaux en Embranchements, Classes, Ordres, Familles, Tribus, Genres et Espèces, on est arrivé à donner de leurs divers groupes une idée précise et à rendre leur étude facile, en la faisant descendre des notons générales qui embrassent un plus où moins grand nombre de ces êtres, aux notions particulières qui appartiennent à chacun d'eux.
C’est de l’ensemble de ces divisions, fondées sur des propriétés constantes qu'on nomme Caractères, qu'ont été constitués des tableaux en quelque sorte représentatifs de toutes les formes de l’animalité.
ZOOLOGIE. da
Quand on parle d'une Espèce, dans le règne animal, on entend une réumion d'individus qui se ressemblent extrèmement entre eux, et dont la race se perpétue avec les mêmes qualités essentielles. Ainsi, pour le zoologiste, les hommes, les chiens, les chevaux, constituent autant d’Espèces distinctes.
On réunit les Espèces voisines dans des groupes appelés Genres.
Les genres qui ont entre eux plus d’analogie sont réunis en Tribus, et les Tribus en Familles.
Les familles sont réparties, d’après les mêmes principes, en groupes d’un rang plus élevé, auquel on donne le nom d’Ordres.
Enfin les ordres sont à leur tour réunis en Classes, et les diverses classes, par leur réunion, composent les Embranchements.
C'est par des Tableaux méthodiques, et en disposant dans un cadre synoptique tous les individus de chacun des divers ordres du RÈGNE ANIMAL, qu'on fait mieux saisir les circonstances qui ont motivé leur rapprochement; on peut ajouter encore à la clarté de ce travail, en accompagnant le texte du dessin des caractères zoologiques et de la figure d’un animal, pour chaque cas de subdivision admis par les naturalistes.
Cest un ensemble de cette nature que j'ai essayé de réaliser dans mes Tableaux méthodiques du Règne animal (1).
Le tableau offre simultanément à l'esprit du lecteur des faits qu’une description ne pourrait lui montrer que graduellement et l’un après l’autre, et cette vue rapide donne la connaissance des Individus qui composent les Espèces; des espèces qui forment les Genres; des genres que l’on réunit en Tribus; des tribus qui concourent à la formation des Familles ; des familles qui font partie des Ordres; des ordres qui entrent dans une Classe; des classes qui se rattachent aux Embranchements, et des variétés d’embranchements qui constituent le RÈGNE ANIMAL.