CHALEUR DES VÉGÉTAUX
La température des plantes est généralement peu élevée; on a mème constaté que la boule d’un thermomètre étant plongée dans le tronc d’un arbre, le tube qui sortait au dehors indiquait une température intérieure tantôt plus élevée et tantôt plus basse que celle de atmosphère. Cela doit tenir à ce que la sève, montant du sol dans la plante, est au degré où se trouvent les racines dans leur profondeur moyenne, c’est-à-dire à une température plus basse si l’air est chaud, et plus haute s’il est froid.
Les jeunes branches et les feuilles, étudiées avec un appareil thermo-électrique qui donne le degré de la chaleur, à l’aide de la mesure de l'électricité qui en accompagne le développement, ont accusé trois ou quatre dixièmes, et quelquefois même quelques centièmes de degré seulement au dessus de la température de l'air extérieur. Les parties soumises à une évaporation active doivent, en effet, offrir une température plus basse, tandis que la chaleur est plus intense pour celles chez lesquelles l’évaporation est faible ou n’existe pas.
Il y a des circonstances où les végétaux produisent de la chaleur; c'est dans le moment des fonctions de reproduction. L'absorption de l'oxygène et l’exhalation de l'acide carbonique qui constituent la respiration des différentes parties de la fleur, produisent alors un dégagement considérable de calorique. On a pu même constater que la chaleur développée par les différentes parties d’une même fleur est en rapport avec la quantité d'oxygène qu'elle a absorbée.
Quelquefois l'élévation de température est très-considérable, et devient même sensible à la main; les fleurs des Aroïdes, d’après Sénebier, font monter le thermomètre jusqu'à vingt-deux degrés, l'air extérieur étant à quatorze.
C’est aussi dans les organes qui absorbent l'oxygène et dégagent l'acide carbonique, et à l’époque de la floraison, qu'on observe chez certaines plantes une émission de lumière; ce phénomène pourrait bien dépendre de la combustion dont nous venons de parler. Un des exemples les plus remarquables qu'on en puisse citer est celui des rhizomorpha lumineux, qui s’éteignent quand on les plonge dans des gaz non respirables, tels que l’acide carbonique ou l'azote, et se ravivent dans l'oxygène. Les fleurs de capucine, de souci, de soleil, de rose d'Inde, d’œillet, émettent les lueurs phosphorescentes, et c'est en général sur des fleurs de couleur dorée, jaune ou orangée, qu’on a remarqué ce phénomène.