GERMINATION
La germination est l'acte par lequel l'embryon de la graine, placé dans des circonstances favorables à son développement, sort de son état d'inaction. s’anime, se débarrasse des enveloppes séminales, et se transforme en un végétal parfait, semblable à celui qui lui à donné naissance.
Tant que les graines ne sont pas mises dans les conditions nécessaires à la germination, elles paraissent inaltérables; les graines des Céréales, des Légumineuses (le blé, les haricots, la sensitive), sont en général dans ce cas; aussi peut-on les conserver pendant longtemps. D'autres, au contraire, ne sont pas susceplibles d'une longue inaction, parce qu’elles contiennent des liquides qui les font développer sous l’action de l'air, et sans qu'elles reçoivent l'influence de l’eau. Les graines des Céréales, des Légumineuses et de toutes celles qui contiennent une certaine quantité de fécule germent encore, si, après avoir été élevées à une haute température, mais non susceptible de désorganiser leurs tissus, elles sont ensuite placées dans des circonstances convenables.
L'eau est une des conditions les plus nécessaires à la germination; elle ne peut s’accomplir sans elle, à moms que la graine n’en contienne dans ses cellules; c’est ainsi que l’on voit souvent dans les oranges des graines germer au milieu du fruit. La présence de l’eau sert à l'accroissement de la plante en gonflant ses tissus; elle contribue aux phénomènes chimiques qui s’opèrent dans son intérieur; elle aide au transport des parties produites par l’action même de ces phénomènes. Ainsi, après avoir contribué à la transformation des molécules insolubles en molécules solubles, elle les transporte dans la tigelle, dans le mamelon et dans les différentes parties de la plante. Si la présence de l’eau est indispensable, il ne faut pourtant pas qu'il y en ait en trop grande quantité, car alors elle nuit à la plante en s’opposant à sa respiration.
Le degré de température nécessaire pour que la germination ait lieu ne saurait être imvariablement fixé; ce phénomène s’accomplit entre les limites extrèmes de 0 et 80 degrés. C’est ordinairement à 5, 6 ou 7 degrés que germent les plantes des pays froids. Au dessous de 0 degré la germination n’a pas généralement heu, ce qui se conçoit, puisqu'à cette température l’eau se trouvé
à l’état solide. Les plantes ne germent pas au dessus de 80 degrés environ, parce qu'à cette température 1l y a ordinairement désorganisation des tissus.
L'air est, pour ainsi dire, le premier agent des phénomènes de la germination : sa présence est indispensable, ou celle d’une quantité d'oxygène égale à celle qui se trouve dans l'air, unie à un gaz quelconque, sans qu’il soit nécessaire que ce soit de l’azote (l'hydrogène et d’autres peuvent le remplacer). Nous avons vu que le premuer résultat de la respiration des plantes est la formation d'une certaine quantité d'acide carbonique, due à la combinaison dé l'oxygène de l’air avec le carbone contenu dans la plante. Ce phénomène se manifeste en grand dans les lieux où se trouvent accumulés un nombre considérable de végétaux; alors l’air vicié devient impropre à la respiration. Un autre résultat de l’action de l’air dans la constitution de la graine est l’altération de la fécule, et, comme conséquence, la création d’un suc qui est ou de l’acide acétique ou de la diastase. La fécule ne diffère, en effet, de ce suc que par la quantité de carbone qui a été absorbé et la formation de l'acide carbonique; on voit donc que ce résultat est produit par la respiration elle-même; l’action de la diastase, qui quelquefois n'existe dans les végétaux qu'en proportions extrêmement minimes, est des plus énergiques ; elle déchire les parois des cellules dans lesquelles se trouve contenue la fécule, et dissout les granules qui la composent.
La germmaton se révèle d’abord par le gonflement de la grame et le ramollissement de ses enveloppes; ces dernières se rompent au bout d’un temps qui n’est pas le même pour tous les végétaux. Dès ce moment, on voit l'embryon, auquel on donne alors le nom de plantule, commencer à se développer. La substance des cotylédons, ces mamelles végétales, comme les appelait Bonnet, se liquéfie : elle devient laiteuse, et sert à l'alimentation de la plantule. Tandis que la radicule, en pénétrant dans la terre, donne naissance à de petites ramifications déliées, la tigelle s’allonge et soulève les cotylédons; bientôt elle est libre et découverte , les petites folioles qui la composent s’étalent, s’agrandissent, deviennent vertes, et commencent à puiser dans l'atmosphère une partie des fluides qui doivent alimenter la jeune plante. Dès lors la germination est terminée, et l'accroissement s'opère comme nous avons indiqué en traitant de la nutrition.
Toutes les graines n’emploient pas la même durée de temps pour germer. Ainsi la graine du cresson alénois germe en deux jours, celle du navet et du haricot en trois jours, celle de la laitue en quatre, celle du melon en cinq, celles de la plupart des Graminées en six ou sept jours, celle de l’hyssope en un mois, celle du pêcher en un an, celle du rosier en deux ans, etc.
Tout ce que nous avons dit jusqu'ici de la fructification a trait aux végétaux qui ont des cotylédons; il nous reste à dire quelques mots de ce qui se passe dans les plantes acotylédonées, chez lesquelles on ne trouve ni fleurs, ni graine, ni, par conséquent, d'embryon. La classe des Acotylédonées comprend tous les végétaux qui, étant dépourvus de véritables organes de reproduction, c’est-àdire d’étamines ou de pistils, ont reçu le nom de Cryptogames où d'Agames, et se mulüplient au moyen de corpuscules analogues, par leur structure et leur développement, aux bulbilles de certaines plantes vivaces. Ces corpuscules se nomment sporules où séminules; ils sont contenus dans les enveloppes appelées conceptacles et diversement placés, soit dans l’intérieur mème de la plante, soit, mais plus rarement, à l'extérieur sous forme de tubercules.