MAMMIFÈRES
On donne ce nom à une Classe entière d'animaux qui font partie de l Embranchemeñt des VERTÉBRÉS. Ce dernier mot donne une idée sommaire des divers systèmes d'organes dont se composent les Mammifères, et que nous venons de faire connaître sommairement. Les Mammifères sont les êtres dont la structure est la plus compliquée, et qui offrent à notre étude les organes les plus variés et les phénomènes vitaux les plus divers. C’est dans cette Classe que la puissance créatrice a reproduit, sur la plus grande échelle, cette admirable loi de la division du travail, qui était cachée au fond des organisations supérieures du RÈGNE ANIMAL, avant d’être surprise ou inventée par les sociétés humaines, qui en ont fait le levier le plus puissant de leur fortune, en l’appliquant à l’imdustrie. Dans les Mammifères, en effet, chaque fonction, que dis-je! chacun des actes d’une fonction à un instrument particulier qui la sert d’une mamière spéciale et exclusive. Pour n’en citer qu’un exemple, nous indiquerons l’absorption et le transport du suc nutritif qui s’opèrent, dans les animaux inférieurs, par la mème surface que celle qui sert à l’ingestion et à la digestion des aliments. Cette absorption et cette circulation, dans les Mammifères, sont le résultat de plusieurs opérations préalables destinées à élaborer ce suc nutritif, et qui, bornées dans leur sphère d'activité, ont chacune amené un résultat parfait qui va s’allier à d’autres résultats produits par des opérations collatérales.
Le mot de Mamimifère, qui signifie porteur de mamelles, indique à lui seul que les animaux réunis dans cette Classe allaitent leurs petits immédiatement après les avoir mis au monde, ou plutôt qu'ils les nourrissent au moyen d’un liquide sécrété par les glandes mammaires, et que les petits obtiennent par la
succion. Ce liquide, éonnu de tout le monde, est le lait. I est blanc et opaque, formé par de l’eau dans laquelle sont dissous du sucre de lait, du caséum, quelques sels, de l'acide lactique libre, et tenant en suspension des globules de beurre. Ses qualités varient un peu chez les différents animaux, et sont souvent modifiées par les aliments dont ceux-c1 font usage; en général il laisse, par l’'évaporation, 10 à 12 pour 100 de matières solides, mais sa richesse peut varier beaucoup suivant les circonstances.
Le lait est sécrété par des glandes particulières nommées mamelles, qui existent dans les deux sexes, mais qui ne servent à l'allaitement du jeune que chez la femelle. Des organes analogues ne se rencontrent dans aucune autre classe du règne amimal, et, comme nous l’avons dit, c’est à raison de leur existence chez tous les animaux du groupe dont nous faisons ici l’histoire, que les zoologistes ont donné à ces êtres le nom de Mammifcres.
Ce n'est qu’à l'époque où le Mammifère est arrivé au terme de son développement qu'il mérite véritablement le nom que lui a appliqué la science ; jusquelà il n’a de son attribut particulier que l'espérance, comme plus tard il n’en aura que le souvenir; car cette fonction d'allaitement, précaution providentielle et suite nécessaire de l'aptitude à reproduire son semblable, ne se remarque dans cette classe d’animaux qu’au moment où toutes leurs autres fonctions paraissent s’exercer avec le plus de plémtude et de vigueur.
Le nombre des mamelles est, en général, à peu près en rapport avec celui des petits dont se compose chaque portée : souvent on n’en compte que deux (chez les singes, l'éléphant, la chèvre etle cheval , par exemple), mais quelquefois aussi leur nombre est beaucoup plus considérable ; ainsi la vache, le cerf, le hon, en ont quatre, le chat huit, le cochon et le lapin dix, le rat dix ou douze, et l’agouti douze à quatorze. La position de ces glandes varie également : chez les singes et les chauves-souris, elles sont placées sur la poitrme, comme chez l’homme; chez la plupart des carnassiers, elles sont situées à l'abdomen aussi bien qu’au thorax; et chez le cheval, le bœuf, le mouton, etc., elles sont placées encore plus en arrière, près de l’articulation des membres postérieurs.
C’est l’état complet du développement des Mammifères que le naturaliste doit saisir pour les étudier, et, en procédant à ce travail, il se trouve d’abord amené à remarquer les deux formes différentes sous lesquelles se présentent ces animaux , la forme de quadrupèdes et la forme de poissons.
Tous nos animaux domestiques donnent une idée de la première de ces formes; la seconde se trouve dans les baleines, les cachalots, les dauphins et les
autres cétacés. Après avoir indiqué cette distmction profonde dans la forme de deux groupes de Mammifères, nous devons parler des différences qui ont servi à les séparer en d’autres subdivisions et qui ont motivé leur classement en neuf Ordres distribués ainsi qu'il suit :
BIMANES, Mains aux membres antéricurs seulement (5 races).
Caucasique. — Mongolique.
Ethiopique.