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À l’exception des cétacés (c'est-à-dire des dauphins, des marsouins, etc.), tous les Mammifères ont deux paires de membres, savoir : Une paire de membres antérieurs ou thoraciques, et une paire de membres postérieurs où abdominaux ; mais chez les cétacés cette dernière paire manque, et il n’existe par conséquent que des membres thoraciques. Chez tous les animaux de cette classe, la structure de ces organes est à peu près la même que chez l’homme, et les différences que l’on y remarque dépendent prmcipalement de la longueur relative des divers os, et du nombre des doigts qui, du reste, ne sont jamais au-delà de cinq. On remarque également des variations dans la conformation des membres, suivant les usages auxquels ils sont destinés. [ls peuvent servir : 1° À la marche, au saut, etc. ; 2° à la préhension et au toucher ; 3 à fouir la terre ; 4° à la nage; et 5° au vol. Lorsqu'ils sont le mieux adaptés à l’une de ces fonctions, ils sont à peu près impropres aux autres. Lorsque les membres sont destinés à servir uniquement à soutemr le corps et à le mouvoir sur la surface de la terre, ils doivent avoir beaucoup de solidité et être cependant très-grèles vers le bout, afin d’être plus légers. Or, des doigts longs et flexibles nuiraient à cette solidité, et un nombre considérable de ces organes augmenterait sans utilité le poids du pied. Aussi, chez les animaux dont les quatre pieds ne servent qu'à la course (le cerf, par exemple), les doigts sont-ils ordinairement au nombre de deux ou trois seulement, courts, peu flexibles, et complétement enveloppés à leur extrémité par les ongles qui les protégent ; quelquefois mème l'extrémité des membres est réduite à un seul doigt, comme cela se voit chez le cheval.
Si les membres sont destinés à servir principalement à la préhension des objets et au toucher, il en est tout autrement; ils sont alors très-flexibles et terminés par cinq doigts, longs, bien séparés entre eux et si mobiles, que l’un d’eux peut à volonté changer de position et s'appliquer contre les autres, à la manière d’une pince. L’ongle est en même temps plat, et ne recouvre que le dessus de l'extrémité des doigts, dont la face inférieure ressemble à une pelotte molle ; enfin, la main tout entière peut tourner sur l’avant-bras, pour se diriger tantôt en dedans, tantôt en dehors.
On peut prendre les pieds du cheval comme un exemple du mode de conformation des membres destinés à servir uniquement à la course, et la mam de l’homme comme un exemple du mode de conformation de ces mêmes organes, lorsqu'ils sont destinés à servir uniquement à la préhension et au toucher. Mais, entre ces deux extrèmes, il existe un grand nombre de degrés intermédiaures, et chez beaucoup de Mammifères les pattes servent en même temps à la course, à
la préhension et au toucher, et remplissent d'autant mieux lune ou l'autre de
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ces fonctions que leur conformation se rapproche davantage de lun ou de l’autre des deux modes de structure dont nous venons de parler. ;
Chez les Mamnufères qui grimpent le mieux, les pattes sont plus où moins semblables à notre man, et propres à saisir les objets ; 1l en est cependant qui à l’aide d'ongles très-aigus, peuvent monter aux arbres, en s’y accrochant seulement, bien que leurs doigts ne soient ni aussi longs, ni très-flexibles, n1 opposables entre eux. La plupart de ces animaux ont une longue queue dont ils se servent comme d’un balancier, et quelquefois même cet organe est assez flexible pour s’enrouler autour des branches et pour tenir heu d’une espèce de main : cela a lieu chez certuns singes. On remarque aussi des différences dans la conformation des membres, suivant que l'animal est destmé à courir ou à sauter ; dans ce cas, la longueur des membres postérieurs l'emporte, en géntral, de beaucoup sur celle des membres antérieurs : le lapin, le kanguroo et la gerboise en sont des exemples.
Lorsque les pattes doivent servir à lanmimal pour four là terre, elles sont courtes, ce qui leur donne plus de force, larges, armées d'ongles puissants et d’une forme particulière. De tous les Mammifères, les faupes sont les animaux dont les membres thoraciques sont le mieux conformés pour cet usage.
Pour que les membres soient conformés d’une mamière favorable à la natation, ils doivent être courts et larges, afin de frapper l’eau avec plus de force et d'agir sur une plus grande surface. Aussi, chez les Mammifères dont la vie est complétement aquatique, ces organes ont-ils la forme de grandes palettes qui ressemblent extrémement aux nageoires des poissons; le bras et l’avant-bras deviennent si courts que le pied semble attaché immédiatement au corps, et les doigts sont tous cachés sous une peau commune. Quand lanimal doit se servir de ces nageoires pour se trainer sur le sol, leur conformation se rapproche un peu plus de la patte d’un quadrupède ordinaire, et lorsque les membres doivent servir principalement à la course, sans cesser cependant d’être appropriés à la nage, les doigts sont simplement réunis par un reph che de la peau, appelé palmure, quise tend lorsqu'ils s'écartent, et donnent ainsi à la patte la longueur nécessaire.
Enfin, lorsque les membres des Mammifères sont conformés pour servir au vol, ils présentent aussi une disposition particulière ; les membres thoraciques deviennent très-longs, les doigts surtout s’allongent d’une manière démesurée et soutiennent un repli de la peau des flancs, comme les baleines d'un parapluie en tendent le falfetas ; les chauves-souris nous présentent ce mode d'orgamisaton : leurs mains sont de la sorte transformées en de véritables ailes.
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Nous ajouterons encore que quelques Mammnfères, dont les membres sont conformés pour courir ou pour grimper seulement, peuvent aussi se soutenir un peu dans l'air, à l’aide des replis de la peau qui s'étendent entre les pattes antérieures et postérieures, et qui constituent ainsi une espèce de parachute; mais ce mode de conformation ne donne pas la faculté de voler réellement, comme la disposition dont nous venons de parler.
Pour compléter ces généralités des Mammifères, 1l y aurait un grand intérêt à parler aussi des variations que présente leur examen extérieur, telles que la taille, qui atteint quelquefois 30 mètres de longueur dans les baleines , et se réduit à quelques nullimètres dans les musaraigues ou les petites souris. Les proportions des diverses parties du corps seraient encore l’objet d'une utile digression, et l’on prendrait intérêt à suivre, dans les divers Ordres, les modifications de structure qui assurent la force et la pesanteur, qui garantissent la force et l’agihté, qui permettent à l'animal de se soustraire, par des sauts énormes, à la poursuite de ses ennemis, qui d’autres fois le rendent propre à s’'amoimdrir et à se dissimuler complétement, pour n'être pas aperçu.
La recherche et la préhension de la nourriture, la poursuite et l'attaque d’une proie, la fuite devant l'ennemi, l’usage des moyens de défense, la protection préparée pour le petit qui est né, toutes ces circonstances de la vie des Mammifères produisent aussi des nuances infinies qui composent leur Histoire naturelle.
Une dernière considération terminera ce sujet; c’est la distribution des Mammifères sur le globe. Cette question donne lieu aux problèmes les plus intéressants et les plus difficiles, et dans l’état actuel de la science, ce que l’on sait de moins contestable, c’est que les organes qui constituent les caractères d'Espèces des animaux peuvent supporter l'influence de climats très-divers, tandis que ces circonstances n'ont pas d'action sur les systèmes d'organes caractéristiques des Genres. On sait aussi que l'habitation, la patrie de chaque espèce est plus où moins circonscrite, et que, quand aucun obstacle matériel ne s'y oppose, elle s'étend plutôt dans le sens des latitudes que dans celui des méridiens. C’est pour cela qu'un grand nombre de Mammifères du nord de l'Europe se trouvent dans le nord de l'Amérique, où la communication est assurée d’un continent à l’autre, par les masses de glaces qui se trouvent dans ces régions hyperborées. Toutes les fois que la communication entre les deux continents est impossible, on voit chaque contrée avoir ses espèces et ses genres de Mammifères propres ; ainsi l’Ancien-Monde a les tigres, les lions, les chacals, les civeltes, les éléphants, les rhinocéros, les sangliers, les chevaux, les chameaux,
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un grand nombre d’antilopes, ete., etc.; le Nouveau-Monde a les sapajous, les jaguars, les cougouars, les mouffettes, les coatis, les tatous, les dicotyles. les lamas, etc.
M. Minding a recherché le nombre d'espèces de mammifères répandus dans les diverses parties du globe, et il a constaté les résultats suivants :
L'hémisphère boréal contient 317 mammifères qui lui sont particuhers ;
L’hémisphère austral, 817, dont 68 sont communs aux deux hémisphères :
L'hémisphère oriental du globe en nourrit 672 ;
L'hémisphère occidental, 469, dont 61 sont communs à l’un et à l’autre.
Ce résultat prouve que c’est l'Asie méridionale qui contient le plus grand nombre de ces animaux.
L'Europe n’a pas de genre particulier, mais elle compte 66 espèces qui lui sont propres, 41 genres et 91 espèces qui lui sont communs avec d’autres parties du monde, surtout le nord de Asie. C’est avec l'Amérique du Sud qu’elle offre le moins de rapprochements sous 6e rapport.
L’Asie boréale compte 1 genre et 559 espèces propres ; 45 genres et 103 espèces communs, qui ont beaucoup d’analogie avec ceux de l'Europe, et presque aucune avec ceux de l'Amérique méridionale.
L'Amérique du Nord compte 7 genres et 129 espèces communs le plus grand nombre avec l'Europe, et le moindre avec l'Océanie.
L'Amérique méridionale à 39 genres et 331 espèces propres ; 33 genres et 25 espèces communs avec l'Amérique du Nord, pour la plupart, et aucun avec l'Asie.
L'Afrique compte 13 genres et 221 espèces propres; 90 genres et 51 espèces communs, principalement avec l'Asie méridionale, et peu avec l'Amérique du Sud.
L'Asie méridionale à 11 genres et 191 espèces propres; 33 genres et 67 espèces communs, pour la plupart, avec l'Afrique, et fort éloignés de ceux de l'Amérique du Sud.
Enfin l'Océame à 11 genres et 54 espèces propres; 33 genres et 67 espèces communs, surtout avec l'Asie méridionale, mais qui offrent peu de rapprochements, principalement avec ceux de l'Asie boréale.
Nous allons exposer, sommairement, les généralités qui se rapportent à chaeun des neuf Ordres qui forment les divisions des Mammifères.
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