‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 31 sur 153 · À LAN TL CM À · texte numérisé non relu

À LAN TL CM À

DOUNE

16 corps de Tongs poils caps

ZOOLOGTE. 67

Ce dermier nom a été donné par Cuvier à des animaux fossiles voisins de l'Éléphant, et dont on trouve les débris dans tout le nord de l'Asie et de l'Europe, ainsi que dans l'Amérique septentrionale ; on en rencontre aussi dans des contrées tempérées et même dans le Midi jusqu’en Italie, en Espagne, etc.

Les géologues ont été longtemps divisés sur la question de savoir si ces animaux ont véou sous l’équateur, comme leurs congénères d'aujourd'hui, ou bien s'ils trouvaient leur nourriture dans les régions où se voient leurs ossements. Mais Cuvier a fait remarquer que les Éléphants de cette espèce pouvaient vivre sous les zôûnes tempérées et même froides, puisque leurs téguments étaient modifiés par une pareille température. En effet, on a rencontré plusieurs fois dans les glaces du pôle des individus parfaitement conservés, avec leur chair et leur peau, et on a reconnu qu'ils étaient fournis sur tout le corps de longs poils capables de les garantir contre l’mtempérie des saisons.

2e Les PACHYDERMES ordinaires se distinguent de la famille qui précède parce qu'ils n’ont pas de trompe, au moins de trompe préhensile ; et de la famille qui suit, parce qu'ils ont plusieurs doigts distincts. Ils sont plus où moins omnivores. On a réuni dans cette famille les Hippopotames, les Cochons, les Rhinocéros. Ces derniers sont de grands amimaux trapus et lourds, remarquables par l'épaisseur extrème de leur peau et par la corne solide qu'ils portent sur le nez, dont les os sont très-épais et réunis en une sorte de voûte pour la soutenir. Cette corne, de nature fibreuse et cornée, adhère à la peau et semble être composée de poils agglutinés. Ces animaux habitent les parties les plus chaudes de l’ancien continent, et se trouvent généralement dans les lieux où vivent les Éléphants; ils recherchent des endroits humides et ombragés, et se vautrent à la manière des Hippopotames ou des Cochons, pour assouplir leur cuir. Leur intelligence paraît fort bornée, et leur naturel est farouche et indomptable.

Le Rhinocéros parvenu à toute sa croissance, à de quatre à quatre mètres et demi de long, de deux à deux mètres et demi de haut ; la circonférence de son corps est presque égale à sa longueur. Il est très-bas sur pattes, et son ventre n’est guère qu'à cinquante ou soixante-cinq centimètres de terre tout au plus. Sa.lèvre supérieure, qui s’allonge en pointe et se remue à volonté, lui sert à tordre les poignées d’herbages ou à arracher les racines. Sa peau, dépourvue de poils, est si dure et si épaisse qu'il ne peut la froncer, et qu’il aurait peine à se mouvoir si la nature n'avait ménagé de gros plis dans divers endroits, disposition copiée par nous dans la confection des armures de fer des anciens chevaliers. La corne du Rhinocéros, un peu courbée en arrière, a plus d’un mètre

de long ; cette corne lui sert à se défendre, à labourer la terre pour mettre à jour les racines, ou à déraciner les arbres.

La force du Rhinocéros en ferait un des plus redoutables des animaux, s’il n'était en même temps l’un des plus pacifiques. Comme tous les herbivores, il ne devient furieux que lorsqu'il est pressé par la faim ou lorsqu'on l'attaque. On le voit alors bondir avec fureur, s’élancer en sauts impétueux et se précipiter droit devant lui avec une si grande vitesse, qu'il renverse tout ce qui s’oppose à son passage. S'il atteint son ennemi, il le foule aux pieds avec rage; s'il le manque du premier coup, 1l ne peut revenir sur ses pas, emporté qu'il est par l'impétuosité de sa course. [est d’une intelligence bornée ; tantôt il a la douceur, l'indifférence de lidiotisme, tantôt il se livre à des accès de fureur que rien n'aurait pu faire prévoir et que rien ne peut calmer. Il jette alors des cris aigus, qui peuvent s'entendre à une grande distance; mais quand il est calme il fait résonner un grognement sourd et discordant, à la facon des Sangliers, dont il a l'intraitable grossièreté.

Le Rhinocéros vit solitaire et sauvage ; on le voit rarement en compagnie; il suit de préférence le bord des fleuves et se roule avec délice dans la vase des marais, comme pour amolhr le cuir qui le couvre.

3° Les SoriPÈDES sont, ainsi que leur nom l'indique, des Pachydermes dont les pieds sont terminés par un seul doigt apparent que l’on nomme sabot. Les mœurs des Solipèdes sont à peu près les mêmes : tous vivent en troupes plus ou moins nombreuses, ayant pour chef un mâle ; et, lorsqu'un danger les menace, ils se réunissent en groupes serrés, et se défendent en ruant avec force. Il est presque inutile de rappeler combien ils sont rapides à la course.

Ces animaux sont tous originaires des parties chaudes ou tempérées de l’ancien monde. On en connait plusieurs espèces, parmi lesquelles nous nous bornerons à citer le Cheval, l’Ane, le Zèbre, le Couagga.

Page 1