‹ Musée d'Histoire NaturelleChapitre 70 sur 153 · CÉPHALOPODES · texte numérisé non relu

CÉPHALOPODES

La classe des CéPHALoPopEs comprend à la fois et les plus grands amimaux de

la création, après les animaux vertébrés, et des Ôtres microscopiques qui étonnent l'imagination par leurs formes variées. Elle offre, d’une part, les animaux les plus parfaits des invertébrés, et, de l’autre, des êtres qui, vivant et mourant aux endroits où ils sont fixés, semblent devoir occuper une place moins avancée dans l'échelle animale. Les Céphalopodes ont les formes les plus bizarres, les plus

effrayantes mème, lorsqu'ils sont d'une grande taille. Réumissant à des races :

contemporaines des premiers habitants de nos mers, les dépouilles souvent gigantesques de races dès longtemps antanties, ils sont une partie considérable des débris qui composent les couches du globe. C’est d'eux que nous vient la

sépia, cette hiqueur noire que la nature leur à donnée comme principal moyen de défense. Agiles, forts, habiles nageurs, ils jouissent à un point très-remarquable des organes de la vue et de l’odorat.

Parmi les animaux dont l’histoire a le plus vivement intéressé les naturalistes, il en est un qui, avant d'avoir été l’objet de discussions scientifiques roulant sur la question de savoir si le Poulpe qu’on trouve dans cette coquille en est où non le fabricateur, avait été révéré par les hommes, qui croyaient lui devoir l’art de la navigation. Les manœuvres ingénieuses de ses voiles et de ses rames étaient racontées avec un enthousiasme presque poétique.

Le corps de l’Argonaute est en forme de sac ; sa tête est arrondie ; un rétrécissement assez marqué la sépare du reste du corps ; elle porte deux grands yeux, et son sommet est couronné de longs tentacules coniques qui entourent la bouche, et sont garnis, dans toute l'étendue de leur face interne, de sucoirs ou espèces de ventouses. Deux des bras de l’Argonaute sont élargis, dans une parue de leur longueur, en une membrane ovale qui s'étend jusqu’à leur extrémité; l'animal roule cette membrane et la déroule à volonté.

La coquille de l’Argonaute est globuleuse, d’un blanc d’émail; elle a l'apparence d’une petite chaloupe dont la spire serait la poupe, ses parois sont moins épaisses qu’une carte à jouer; l'ouverture en est large et profonde; elle est garnie d'une carêne qui s'étend depuis le commencement de la spire jusqu’à l'extrémité de l'ouverture. L'animal qui l’habite est un Poulpe pourvu de huit bras assez longs, garnis d’une ou deux rangées de ventouses ; deux d’entre eux sont terminés par une membrane large et contractile. L’Argonaute ne s'élève du fond de la mer que dans les temps les plus calmes. Parvenu à la surface des eaux, il agite ses bras comme autant de balanciers ; il introduit dans sa coquille l’eau qui lui est nécessaire pour son lest ; il étend ses bras comme des rames, et vogue sur la surface des eaux. Un vent doux se fait-il sentir, il dresse perpendiculairement ses deux bras palmés, les tient écartés, et la membrane élargie et oblongue qui règne sur une partie de leur longueur présentant une plus grande surface au vent, ces bras lui servent de voiles. Les trois autres bras de chaque côté servent de rames, et le bas du corps qui forme un crochet hors de la coquille fait les fonctons de gouvernail. Il marche ainsi dans la direction qu'il veut suivre; mis, si quelqué ennemi s'approche, si la surface de la mer se ride, l’Argonaute retire promptement dans sa coquille les avirons, les voiles et le gouvernail, il vide son lest, fait chavirer sa nacelle, et descend au fond de la mer. Dès que le danger est passé, 1l revient à la surface des ondes et vogue de nouveau tranquillement.

L'Argonaute paraît vivre solitaire. On ne sait rien sur son genre de nourri-

Lo! ZOOLOGIE.

ture et sur les moyens qu'il a de se la procurer. On à trouvé de ces animaux dans plusieurs parties de la Méditerranée, dans la mer des Indes, dans la partie nord de Saint-Domingue, sous le tropique. On n’en a pas encore rencontré dans

les mers du Nord.

Page 1