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ARACHNIDES

Les ARACHNIDES sont des animaux le plus ordinairement aériens qui respirent à l’aide de cavités pulmonaires. Elles sont généralement de petite taille. Leur tête ne porte jamais d'antennes, comme cela a heu pour les autres animaux articulés. En avant et en dessous se trouve la bouche, qui est garnie de divers appendices, et plus en arrière les pattes qui sont presque toujours au nombre de quatre paires. Les Arachnides n’ont jamais d'ailes, la peau qui les recouvre n'offre jamais la dureté que l'en y remarque chez les Crustacés; en général, elle est plutôt coriace que cornée; quelquefois elle a beaucoup de consistance, et forme une espèce de squelette externe dans lequel prennent insertion les nombreux et divers organes des mouvements.

La plupart des Arachnides ont la bouche armée de mächoires tranchantes ou aiguës, et se nourrissent d'insectes qu’elles saisissent vivants; d’autres, dont les

mœurs sont parasites, se tiennent fixées sur d’autres animaux pour y vivre de.

leurs émanations ; celles-c1 ont la bouche conformée en manière de suçoir.

Le canal digestif auquel correspondent des canaux biliaires qui remplacent le foie, s'étend jusqu’à l'extrémité de l'abdomen; on rencontre près de la bouche des organes salivaires qui paraissent sécréter un liquide vénéneux.

Chez quelques espèces, un crochet mobile appartenant aux mandibules présente une petite ouverture qui est l’orifice du canal excréteur de la glande venimeuse. La liqueur qu’elle verse au fond des plaies, détermine l'engourdissement des insectes auxquels ces animaux font la chasse.

Chez d’autres Arachnides existe un appareil venimeux destiné au même usage

et servant en même temps comme arme défensive : tel est le crochet qui termine l'abdomen des scorpions. Ce dard présente au-dessous de sa pointe plusieurs ouvertures qui communiquent avec une glande venimeuse, et la piqüre de ces Arachnides est souvent mortelle pour des animaux même assez gros.

Les organes de la respiration des Arachnides présentent des différences trèsgrandes; tantôt ce sont des sacs pulmonaires, tantôt des trachées. Les sacs pulmonaires sont de petites cavités tapissées d’un grand nombre de petites lames triangulaires blanches et extrèmement minces. Le nombre de ces bourses respi= ratoires est en général de deux, mas quelquefois il en existe quatre ou mème

huit. Les ouvertures par lesquelles chacune d'elles communique avec l'extérieur ou les stigmates, ont la forme de petites fentes transversales situées à la partie inférieure du corps.

Les trachées sont des tubes qui partent d'ouvertures semblables à celles des shtigmates, et qui se ramifient dans la substance de tous les organes, de manière à porter l'air dans toutes les parties du corps.

Le système nerveux est assez compliqué chez les Arachnides, de même que les organes de la digestion.

Presque toutes les Arachnides sont des animaux terrestres, leurs pattes sont conformées pour la marche ou pour le saut. Ces organes sont souvent très-longs et ordinairement terminés par deux crochets. On ne sait presque rien sur les sens de l’ouïe et de l’odorat chez ces animaux. En haut et en avant, sur la partie du corps qui représente la tête, on trouve chez presque tous un certain nombre de points luisants qui sont les yeux (en général, il y en a huit). On désigne ces organes sous le nom d'yeux lisses, pour les distinguer des yeux à réseau des insectes ; chacun d'eux se compose d’une petite cornée transparente, convexe et sans trace de division, derrière laquelle se trouve un petit corps vitré, une couche de matière colorante et la terminaison d’un nerf optique.

Les mœurs des Arachnides présentent beaucoup d’intérèt. Un des phénomènes les plus curieux de l’histoire de ces animaux, est la manière dont ils savent filer les soies, et fabriquer avec ces matériaux délicats des toiles qui sont souvent aussi remarquables par leur étendue que par la régularité de leur trame. Cette soie est une matière sécrétée par un appareil particulier, logé dans l'abdomen de l’araignée, et qui s'échappe par un certain nombre de petits trous, au sommet de mamelons groupés au bas du ventre.

La manière dont les Araignées tendent leurs fils et tissent leur toile varie presque pour chaque espèce. Nous ne pouvons toutes les mentionner, et si nous parlons de l’une d'elles en particulier, c’est que son histoire est moins connue.

. Clotho, l’habile ouvrière dont il s’agit ici, construit, pour elle et sa lignée, un

élégant pavillon où le pittoresque du dehors ne le cède pas aux dispositions ingénieuses de l’intérieur. Comme si Clotho craignait que les prodiges mêmes de son industrie ne l’exposent à l'attention de dangereux voisins, c’est dans la solitude, à l'ombre des rochers, que, dérobée à nos yeux, elle va poser ses pénates et bâtir la demeure qui doit l’abriter pendant sa vie, et garder ses dépouilles après sa mort.

On ne peut mieux comparer le nid de Clotho qu'à un parapluie. C’est, en effet, une espèce de calotte pyramidale échancrée sur ses bords inférieurs, et

présentant plusieurs faces angulaires qui vont se réunir en un sommet commun. La construction en est {rès-compliquée : des fils résistants sont d'abord fixés obliquement à la partie supérieure du rocher que l'animal à choisi pour toiture de son pelit édifice; ces fils viennent s'attacher au sol, où ils sont solidement maintenus. Voilà les arêtes de la pyramide établies ; restent les faces. Que fait l’adroite fileuse? Elle commence une promenade circulaire autour des premiers piliers de sa demeure; dans sa course, elle réumit tous les fils obliques par des fils transversaux, qui forment bientôt une trame épaisse ; peu à peu le tissu se sohdifie, les intervalles que les arètes laissaient entre elles sont comblés, toutes les faces de la pyramide sont terminées, et la tente est pour ainsi dire jetée! Parmi les échancrures qui bordent le pavillon, les unes sont tout à fait closes par la continuité de l’étoffe, les autres ont leurs bords simplement superposés, de manière que l’Araignée soulevant ceux-ci peut à son gré sortir de sa tente ou y rentrer, lorsqu'elle a quitté sa demeure pour aller à la chasse. Elle n’a pas à redouter qu'on y pénètre; car elle seule connait le secret des échancrures fixées au sol, et seule elle a la clef de celles par où l’on peut s’imtroduire. L'intérieur de l'habitation est d’un tissu très-fin; tout y respire une propreté

recherchée, qui contraste singulièrement avec le toit extérieur, où, pour mas-

quer sa retraite, la prudente ouvrière a répandu divers corps étrangers empruntés au terrain d’alentour. Mais c’est surtout à l’époque de la reproduction que Clotho, comme inspirée par l'instinct maternel, déploie tous les trésors de son industrie. De nouvelles constructions s'élèvent alors, un appartement nouveau est formé, le berceau qui se prépare pour la progéniture à venir est plus doux, plus moelleux que la demeure où la mère s’est d’abord renfermée ; plusieurs étages superposés séparent du sol le réduit secret où les jeunes doivent passer les premiers temps de leur existence; enfin, des précautions plus minutieuses sont prises pour assurer la retraite contre tout péril, comme si la prévoyance de la mère eût encore augmenté l’industrie dont la nature l’a douée.

On divise les Arachnides, d’après leurs divers modes de respiration et de circulation, en deux ordres : les Arachnides Pulmonaires et les Trachéennes.

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