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Musée d'intérêt national de l'imagerie populaire française

L'ouverture du Musée d'intérêt national de l'Imagerie Populaire Française fixe une date importante dans l'évolution et l'enrichissement du goût. Il ne s'agit pas seulement du goût national, mais du goût international, car les exposistions d'imagerie se multiplient avec un succès croissant aux Etats-Unis, comme en Suisse, en Suède ou en Belgique.

Dans les ventes publiques, les belles images à un sou d'autrefois atteignent des prix considérables. Hélas ! pour la bourse de la généreuse et clairvoyante Association des Amis du Musée Départemental des Vosges. Tant mieux pour la préservation des dernières images, devenues si rares dès qu'elles sont antérieures à 1840 et tirées sur papier vergé, car la valeur marchande entraîne le respect général.

De la fin du XIVe siècle à 1840, âges de l'imagerie artisanale, les images ont disparu certainement plus par millions que par milliers. Pourquoi ? Elles étaient fragiles. Les invasions, les guerres civiles et religieuses, la censure des différents régimes, les mains cruelles des enfants, sont des causes certaines de la disparition des images. Mais, ce qui fut encore plus grave, c'est la cécité des générations antérieures à l'égard des beautés des arts populaires. Les « Mandarins de l'Art » dont parlait Maurice Barrés, qui a su découvrir la valeur esthétique de l'imagerie d'Epinal, n'ont pas su percer l'écran de la banalité et du bon marché derrière lequel la beauté des images se dissimulait pour recevoir les émouvants messages des imagiers d'Epinal, d'Orléans, de Chartres, du Mans, de Rennes... Ces hommes, souvent de haute culture pourtant, qui ont aimé à s'entourer de faux cuir de Cordoue et d'un style pseudo-médiéval, ont été insensibles à cet esprit médiéval, authentique celuilà, qui a survécu dans l'imagerie gravée sur bois jusqu'à la

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