Musée d'Oran
Bulletin Archéologique du Comité des travaux historiques, Ministère de l’Instruction Publique. Paris, Leroux.
Bulletin de Correspondance Africaine. Alger, Fontana, 1882-1886.
Corpus Inscriptionum Latinarum, t. NII, 1881, Suppl., 1891.
Mélanges d'archéologie et d'histoire, publiés par l'École française. Rome, Spithôver ; Paris, Thorin; 1881-1892.
Ephemeris epigraphica, t. V ett. VII, Additamenta ad Corporis vol. VIIL.
Archives des Missions, Ministère de l’Instruction Publique, Paris, Imprimerie Nationale et Leroux, 3° série, t. X.
Bulletin de la Société de Géographie et d'Archéologie de la province d'Oran. Oran, 1878-1892.
Revue de l'Afrique Française, continuation du B. À. A., 1886-1888.
Revue Archéologique, Paris, Leroux, ann. 1880.
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Le Musée d'Oran a pris possession en l’année 1891 du local qu’il doit occuper définitivement, à moins que la Ville ne lui construise un jour une demeure spéciale, et il a été rouvert au public le 9 août. Ce local est d’ailleurs bon, plus sûr, plus approprié à son usage, plus convenable qu'aucun de ceux des musées d'Algérie, et il pourra suffire longtemps aux besoins.
C’est une école désaffectée, située rue de Montebello, et qui, naturellement, n’a aucune prétention architecturale. Mais elle présente un rez-de-chaussée et trois étages bien éclairés et jouissant d’une vue superbe. Le rez-de-chaussée, précédé d’une galerie sous auvent et d’une cour, forme deux préaux couverts, de 8 m. environ sur 9 à 10. Comme ils ont $ m. 20 de hauteur, on a pu y loger les grandes mosaiques, ainsi que les pièces antiques de fort poids. Chaque étage contient deux salles, d'environ 10 m. sur 8, et d’une hauteur suffisante. On y a réparti les collections aussi commodément que possible.
L'établissement, quoique déjà gros, est, du reste, encore dans l’enfance, et tout à fait en formation. Il ne date que de quelques années.
C’est en 1884 seulement, cinquante-trois ans après la première occupation d'Oran par la France, que la Société de Géographie et
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d'Archéologie de la province, sur la proposition de M. le commandant Demaeght, son vice-président, en décida la création. Ne pouvant se fier à ses modiques ressources, et ne devant compter
ni sur l’État ni sur le Département, elle s’adressa à la population. Une souscription fut ouverte — exemple unique en Algérie pour un intérêt de cette nature, et qui fait grand honneur aux habitants d'Oran. Elle fut rapidement fructueuse. Les fonds recueillis permirent aussitôt d'amener de divers points les pierres déjà connues,
Î les inscriptions intéressantes, les textes antiques menacés de destruction, opération à laquelle s’associa, par le transport gratuit, la Compagnie de l’Ouest-Algérien. L’Administration donna, pour | un loyer réduit, la partie la meilleure de l’ancien hôpital, un quart
environ. Les dons affluèrent de tous côtés. La Société prit sur elle
une part des frais de toute espèce. Et c’est ainsi qu’en quelques | mois, par le simple concours des bonnes volontés et avec une faible dépense, le Musée se trouva fondé : il fut inauguré le ç mars 1884.
La Société, ayant atteint le but, mais ne pouvant garder une
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aussi lourde charge, offrit son œuvre à la Ville, moyennant remboursement de ses avances. Cette ouverture ayant été accueillie le 8 avril, le musée municipal d'Oran reçut la consécration ministérielle le 9 novembre de la même année; et, le 21 décembre, M. Demaeght en était nommé conservateur, par arrêté préfectoral, sur la désignation de M. le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.
Hu rhéutegique
Rez-de-chaussée Premier étage
Depuis cette époque, le Musée a régulièrement fonctionné. La municipalité payait le loyer du local primitif, et paie les appointements du gardien. Quant à la caisse de l'établissement, elle était uniquement alimentée par le prix des entrées et la vente des brochures descriptives — revenu plus que maigre, insuffisant pour l'entretien des collections et du matériel, et qu’un vote du Conseil municipal a d’ailleurs supprimé en décembre 1891. Il est donc indispensable qu'une dotation fixe soit créée.
Le Musée est ouvert tous les jours de 1 heure à ç heures.
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Le personnel se compose d’un conservateur, éventuellement d’un conservateur adjoint, qui ne reçoivent aucun traitement, et d’un gardien-concierge. Le catalogue est en préparation ; il paraîtra
dans la série des Catalogues des Musées Archéologiques d'Afrique, qui
se confectionne par les soins du Ministère. Une rédaction provisoire est insérée, au fur et à mesure, dans le Bulletin de la Société. Il existe un inventaire complet, détaillé et tenu à jour.
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Deuxième étage Troisième étage
Si jeune, et disposant de si faibles moyens, le Musée d'Oran ne peut avoir encore une grande extension. Il n’est que ce qu’il sera longtemps, une collection de second ordre. Néanmoins il contient deux morceaux capitaux, les deux mosaiques de Saint-Leu, et une douzaine d'inscriptions qui sont des documents de premier rang. En outre, les éléments qui le composent et le publie qui le fréquente l’appellent à rendre des services variés. Il est, comme la plupart des musées de province, essentiellement composite. On n’y rencontre exclusivement ni l'archéologie, ni l’ethnographie, ni les beaux-arts, ni l’histoire naturelle : il embrasse tous ces domaines. Bien que le premier seul soit à nous, on n'aurait pas une juste idée de l’établissement si l’on ne jetait un coup d’œil sur les autres.
Ils sont fort inégalement traités. Les beaux-arts n’ont presque
rien : quelques rares tableaux sans valeur, des projets d’architecture et des plans anciens et modernes ; un vaste dessin d'Émile Bayard, Gloria Victis, et un groupe de tigres de Valton, sont à peu près tout ce qu'on peut signaler. L'administration compétente à promis de remédier à cette pénurie. Les sciences sont mieux partagées, et ce qui leur appartient est intelligemment disposé. Suivant une pensée excellente, les pays étrangers d’une part, l’Algérie d’autre part, forment deux groupements distincts. Les antiques occupent les préaux, et, pour les objets de moindre volume, médailles, bronzes, poteries, lampes, une des deux salles du troisième étage.
L’ethnographie et l’histoire naturelle non algériennes sont largement représentées. Ainsi l’a voulu le hasard ; car on pense bien que c’est uniquement par des dons gracieux que cette section s'enrichit. Les donateurs étant presque toujours des officiers ou des fonctionnaires, ce sont les régions où nos troupes, notre protectorat, nos stations navales sont établis qui ont le plus fourni, ainsi que quelques parties de la France. Le Tonkin, le Soudan, la Nouvelle- Calédonie, le pays des Somalis, les Comores, les îles du Pacifique, la côte de Quilimané, ont apporté leur contingent de dessins et d'œuvres d’art, de reproductions diverses, et surtout d'armes, de meubles, d'outils, d'oiseaux et d'animaux en peaux. La série des reptiles et sauriens de Quilimané, la collection des papillons du Tonkin, celles des coléoptères de France, des fossiles de Suède et du miocène de Pont-Levoy sont réellement assez riches. L'ensemble forme, surtout pour l’entomologie et la minéralogie, une exposition d'histoire naturelle peu importante, si on la prend en elle-même, mais très variée; et elle sera, dans un pays qui n’en possède pas d’autres, utile à l'instruction générale. Le Musée d'Oran accepte tout, et il a raison, car tout est précieux ; l’exhibition de collections de ce genre est une permanente leçon de choses.
Les séries consacrées à l’Algérie sont encore presque à leur début. Cependant la suite des coléoptères est, sinon très complète, au moins fort avancée, et suffisante dès à présent ; le reste de l’entomologie est à l’état embryonnaire. La collection de mammifères, montés ou en peaux, est ébauchée; celle des oiseaux, déjà plus riche. Les reptiles sont au complet, et les poissons commencent à apparaître. La botanique est assez avancée. Il ne faut pas trop oublier que le Musée est encore dans l’enfance. Déjà pourtant la géologie, surtout la minéralogie, tiennent convenablement leur place. Les richesses souterraines de l'Algérie, et particulièrement de la province, sont représentées par de beaux échantillons très bien choisis, très bien classés ; les marbres de Kléber, de Djouanif et de Chanzy, les onyx de Bled-Rekkam et d’Ardja-el-Beïda, les calcaires fins de Tlemcen, de Kheneg-Azir, de Géryville et de Mers-el-Kebir, le granit de Nedroma, les diorites des Bains de la Reine, tous ces matériaux précieux font une série des plus intéressantes. Il n’est pas inutile de noter, au point de vue de l'archéologie, que l'étude de ces minéraux est liée à celle des œuvres d’art antique. Dans la mosaique de Saint-Leu, dont il sera question plus loin, tous les produits de ces carrières, et particulièrement de Kléber, se retrouvent; et la tonalité rosâtre, qui est le caractère général de ce vaste pavement, rappelle la couleur dominante dans la suite d'échantillons de brèches et de marbres rouges, nacrés, rosés, sanguins, roux, lie de vin et chair qui proviennent du Djebel-Orous.
Une très jolie vitrine octogonale, arrangée avec goût, contient des spécimens de l’art et de l’industrie indigènes, qu'il sera aisé de rendre plus nombreux, et même encore plus typiques, et auxquels sont mêlées quelques curiosités venues du Tonkin, de l'Océanie et de la
Chine.
Les époques géologiques antérieures à la nôtre, l’ethnologie locale, les âges préhistoriques sont parfois négligés dans les musées
algériens. Celui d'Oran fait exception ; et les séries qui se rapportent à ce genre d’études, non seulement sont plus abondantes que dans presque tous nos établissements, mais y sont aussi mieux classées.
Les fossiles du quaternaire Chelléen y sont particulièrement représentés par ceux de la grotte d’Ain-et-Turk, par la dépouille de celles des Troglodytes et de Noiseux aux portes d'Oran, de la carrière Mas à Saint-Eugène, et surtout de la sablière de Ternifine, où se sont rencontrés l'Elephas atlanticus, V'Equus mauritanicus, l’Antilope bubbalis, un rhinocéros, un hippopotame, etc.
Dans ces mêmes gisements, et en bien plus grand nombre dans ceux de l’époque géologique actuelle, se sont trouvés les instruments et les armes de pierre. Ain-et-Turk, au dela de Mers-el-Kebir, Ternifine, à Palikao, Ousidan, près de Tlemcen, ont fourni de beaux spécimens de pierre éclatée, nuclei, haches et couteaux. Le plateau de Ras-el-Ma, près de Mascara, Eckmühl, Aboukir, le Telagh, Lamoricière, Ain-Farès, ont donné de magnifiques morceaux de l’âge de la pierre polie. Du reste, dans la province d'Oran comme dans toute l'Algérie, les silex taillés de toute espèce sont d’une extrème abondance. Dans les vitrines du musée, plus de trente emplacements sont représentés par des suites plus ou moins riches de pointes de flèches et de fragments ©.
À titre de rapprochement, des vitrines voisines contiennent de belles pièces et des moulages venus de France, dons d'amateurs qui font figurer les noms classiques de Moutiers et de Laugerie- Haute auprès de ceux des stations préhistoriques africaines.
Deux vitrines renferment environquarante crânes, presque tous complets, provenant de diverses fouilles. La plupart sont mesurés, déterminés et classés à peu près. Les uns viennent des grottes cidessus mentionnées, mais beaucoup sortent simplement des sépul-
(x) Des fouilles toutes récentes, dirigées téressants, haches en pierre polie, ustensiles par le Conservateur lui-même dans les grottes de pierre et d’os, fragments de poterie, crânes d'Eckmühl, qui sont aux portes d'Oran, ont humains, ossements d'animaux, dents de
amené la découverte d’une foule d’objets in- cheval, etc.
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tures berbères et romaines. Il y aurait grand intérêt à ce que tous les fouilleurs, toujours et partout, conservassent les ossements, et particulièrement les têtes, tout comme les autres objets qu'ils exhument des tombeaux anciens.
Le Musée renferme deux inscriptions libyques.
Les monuments de cette catégorie sont, au moins jusqu'ici, très rares dans l’ouest de la Maurétanie. Il est probable qu'on en trouvera d’autres, mais plus probable encore qu’on en trouvera peu. Si, comme on a lieu de le croire®), l’extension de l'écriture libyque accompagna la transformation opérée par Masinissa dans les habitudes de ses peuples, il est tout naturel que cette écriture, peut-être issue de l’alphabet phénicien®), ait été surtout employée dans les contrées moins éloignées de Carthage, où vécurent ce roi et ses descendants, et qui reçurent d’abord, et plus profondément, les influences civilisatrices. D’autre part, c’est à l’âge romain que les Libyens, par imitation, prirent surtout l’usage des épitaphes®) ; mais l’emploi de leurs caractères diminua avec le temps dans les régions colonisées, et finalement quiconque sut écrire écrivit en latin. Les pays occupés tard apprirent donc moins l'écriture indigène, qui depuis a émigré dans le sud. C’est sans comparaison le pays des Massyles, le département de Constantine, qui fournit les plus grandes séries de pierres funéraires libyques ; et, après, c’est la Tunisie. En 1883, on n'en avait trouvé que trois à l'occident d'Alger, dont deux dans la province d'Oran; aujourd’hui, sauf erreur, celle-ci a atteint le nombre de quatre. Malheureusement deux seulement subsistent. L’une de celles qui ne se retrouvent pas est
(x) Meltzers Gesch. der Karthager, I, (2) Ph. Berger, Hist. de l’Écriture dans D'Or EanBlanchere NB CN 2718827 l'antiquité. Paris, 1892, p. 332. p. 360-364. (3) La Blanchère, R. Arch., 1889, p. 263.
celle de Karkab(; l'autre est la bilingue de La Maghnia ©), perte fâcheuse, irréparable pour l'étude de l’alphabet libyque. Les deux autres®), qui sont au Musée, et que nous reproduisons, ont été exhumées à Renault, dans le Dahra.
La seconde est malaisée à lire. Cherbonneau transcrivait la première: Ouhirteb, Gagou. Gaditon fils de Zab-Vab. Bahib. Gagaz Tamou- Dalit. Vegeno-Did. Mais ces valeurs, pour beaucoup de lettres, sont
incertaines ; et il a négligé les points, qui doivent avoir un sens.
(x) La Blanchère, Miss, pl. VIL, fig. 4, n° 4% et 4? : ce second dessin, pris sur l’objet, a été placé, pour faciliter la comparaison, dans le même sens que le premier, publié par Cherbonneau (Oran, 1881, n° to, p. 64), c’est-à-dire que l'inscription y est sens dessus dessous ; on n’a pas encore expliqué certains traits qui s’ajoutent au type or-
dinaire des lettres berbères, p. ex. K pour X, et dont le premier éditeur n’a tenu compte ni dans sa copie ni dans sa lecture ; ce fait est assez fréquent dans nos inscriptions libyques. COMENT 0976 (3) A. Cherbonneau, Oran, 1881, p. 8; 1862,.p. 9.
D'ailleurs, à la ligne 1, on ne voit que Gou, non « Gagou », à la ligne 4, Gas, non « Gagaz », et Dat, non « Dalit ». A la ligne 2, je trouve Gaditon fils de ne de. ; et, à la ligne 3, Bahakh, qui a assez l’air du « Bacax » des transcriptions latines. Tel est aussi
le sentiment de M. Ph. Berger.
Le Musée, jusqu’à présent, ne possède pas d'inscriptions puniques. Une seule stèle provenant de Cherchel, tout à fait semblable à celles de Carthage, y a été apportée ; c'est un ex-voto à Tanit, anépigraphe.
L’épigraphie romaine, au contraire, forme le fond de la collection archéologique, et présente assez d'intérêt. Elle compte une centaine
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de pièces, textes entiers ou fragments. Comme partout, les funéraires sont en assez grande proportion. On n’en a pas abusé cependant; et,
si plusieurs d’entre elles n’ont aucun intérêt, il y a lieu, en revanche, au point de vue de l’onomastique indigène, de relever les noms de Mascal et Mascavar® à Albulae (Aïn-Temouchent), de Marisgarvatis, Nassaietia et encore Mascal®), au même endroit, d’{ssulaG) à Saint- Leu, nom d’origine douteuse, et, au point de vue de l’onomastique punique, celui d’Amatailat ®, à Albulae.
Plusieurs de ces inscriptions, et diverses autres, font connaître des corps de troupes ayant tenu garnison, ou fait campagne, dans la province. Telle l’épitaphe d’un explorator Batavorum®), cavalier éclaireur d’un corps de Bataves, mort à Ain-Temouchent ; celle, malheureusement incomplète, d’un cavalier de l’aile Ulpia 1 Contariorum®, corps de lanciers identique ou analogue à ceux qui sont nommés dans d’autres inscriptions d'Afrique), pierre apportée de Saint-Leu ; du même endroit, celle d’un soldat de la légion IV Flavia® , ce qui ne prouve pas que cette légion ait résidé dans le pays, pas plus que la légion X/ Claudia, qui figure sur une épitaphe de même provenance®. Toujours à Saint-Leu, était enterré un « eques ex officio singulariorum », garde attaché au gouverneur de la province). On trouvera plus loin des textes qui mentionnent une aile de Thraces et la cohorte 11 Sardorum Severiana, des milliaires qui font voir à Caputurbs (Tagremaret) la cohorte 11 Breucorum. Si l'on y ajoute deux textes montrant à Albulae certains cavaliers avec leurs officiers, sans que la dénomination du corps soit donnée(?), on verra que la collection d'Oran n’est pas dénuée d'intérêt pour l’histoire militaire de l’Afrique (?.
(GO MQUES, VIE SG (5) Oran, 1888, p. 300, n° 1122. (2) Ibid. 9813. Nous reproduisons cette (6) Eph. epigr., V, 1061. pierre, sur laquelle est grossièrement sculpté (7) C. I. L., VII, 9291. Musée d'Alger, un cavalier chargé d’un vaste bouclier. Au- p. 30. ; dessus, D M S. Au-dessous, une inscription, (ONCE ME or que nous lisons : Marisgarva | tis vix(it) an- (o) Ibid, 9761. (nos) 1 Bona | vix(it) ano(s) xl Nassaïetia | (ro) Ibid., 9763. Mascal fil(i) ben(e) mer(e)ni(ibus) fec(erunt). (x1) Voy. plus loin, p. 22. (3) Ibid., 9784. (z2) Voy. R. Cagnat, L'Armée Romaine
(4) Eph. epigr., VIL, 553. d'Afrique, Paris, 1892, pp. 267-277 ; 294-314.
Le groupe des colonnes milliaires mérite encore plus l’attention. Deux de celles-ci, les bornes III et IV®, ont été trouvées en place sur la voie de Portus Magnus (Vieil-Arzeu), à Caesarea (Cherchel): l’une est de Philippe® et l’autre de Caracalla®. Une autre, du temps de Trajan DèceG), trouvée également en place, est la borne 11° de la route qui, du même point de départ, prenait la direction de la vallée de la Sira. Une autre encore, toujours trouvée en place, marquait un IV° mille à partir d’Aquae Sirenses (Hammam Bou Hanefia) vers Benian. Trois autres, chiffrées IV, VO et VIT, ont été trouvées, aussi en place, sur la route à l’est de Cohors Breucorum (Tagremaret), qui était tête de voie, et qui, par ce fait, s’est appelée aussi Caputurbs, nom qui est donné par un de ces milliaires, du règne de Maximin(®. L’un des deux autres porte l'unique texte lapidaire qui mentionne l’empereur Quintille. C’est, comme tous ces monuments, une grande stèle de calcaire, fort mal parée, et sur laquelle est gravée très grossièrement l'inscription
suivante @) :
NNRPACNE SU RMANOMCL/ANEDIRO OMIINSDPIEIE ON TINN VAT C MOMPIO RE IETICINNAVIG PONT MAXIMO ÆR IBRRONESISPPAS CO BREVC NID
Cette série est la seule, au Musée, qui se compose de dalles plates, et non de cylindres ou de demi-cylindres, comme les
(@) Eph. epigr., V, 1158. (s) Zbid., 671.
(2) Ibid., 1150. (6) Ibid, 672.
G) C. I. L., VIIL ‘10457. (7) Ibid., 670.
(4) Eph. epigr., NII, 667.
colonnes milliaires les plus fréquentes. Son intérêt topographique est grand.
Celui d’une autre suite (), découverte entre Timeziouine et Lamoricière, n’est pas moindre. Ce sont les bornes III°, V* et VII* de la route qui partait de la première de ces localités et qui dépassait certainement la seconde vers l’ouest. On y apprend le nom du point de départ, a Lucu m. p...; les ruines, plusieurs fois décrites, qui s’y voient, se trouvent ainsi déterminées.
Comme texte curieux au point de vue des religions indigènes, il convient de citer, outre la dédicace à la Déesse Maure, Dea Maura, qui sera reproduite tout à l’heure, une autre dédicace à Junon Reine®, une à Caelestis qu'on trouvera plus loin, et une qu'on a attribuée, peut-être à tort, à Némésis (®.
D’Altava a été apportée une pierre depuis longtemps connue, | et qui malheureusement fut trop touchée depuis sa découverte. C’est le monument du roi Masuna 6), texte historique de première valeur. On y voit ce prince, qualifié Roi des tribus des Maures et des Romains, faisant construire à Altava un château-fort, par les soins de son préfet de Safar, en même temps procurateur aux Castra Severiana, et de son procurateur à Altava, qui termine et dédie l'ouvrage en $08. Ce dernier paraitrait un Romain, il s’appelle (
(x) Oran, 1892, n° 1166, 1173, 1174, PP. 274, 278, 279.
(2) LaBlanchère, Miss., p. 68 ; I. Lapaine, Oran, 1886, p. 298-302.
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CAGE, MIE, roc I Jece donnée pour la première ligne est à w G.
NEMESI. sacr.; mais elle n’est point possible. Les lettres G. Nemesi sont, en effet, gravées dans le cadre, qui est interrompu pour leur laisser place : iln’y a rien eu d’écrit devant
devoir reproduire ce texte important, que
nous lisons, M. Cagnat et moi, de la
manière suivante : Pro sal(ute) et incol{umitate)
Reg(is) Masunae geni(ium) Maur(orum) et Romanor(um). Castrum edific{atum) a Masgivini, pref(ecto) de Safar iidir proc(uraior ?) Castra Severian(a), quem Masuna Altava posuit, et Maximus) proc(urator) Ali(avae) perfec(it). Pr(ovinciae) cecclxviiii. Le sens des lettres groupées entre Sufur et proc., et dont les deux premières peuvent être incomplètes
ni derrière, comme on le voit dans la fig.
Oran, 1892, p. 401. Il a été proposé de lire plutôt, sans aucune restitution, « Genio Nemesi. »
(5) C. I. L., VIII, 9835. Nous avons cru
par en haut, est d’autant plus douteux que la grammaire ne peut donner aucun secours, celle de toute l'inscription étant barbare. Le C. I. L. suppose idemque mal transcrit et abrégé.
Maximus; l’autre est certainement un Maure, il s'appelle Masgivin. On sait d’autre part qu’Altava est Lamoricière même, et l'on suppose que Safar est dans la même région, peut-être à Chanzy (Sidi- Al-Ben-Youb) ; quant aux Castra Severiana, on ignore leur emplacement, mais on sait qu’ils étaient aussi dans la Maurétanie Césarienne . Par conséquent le royaume de Masuna s’étendait au moins, vers l’ouest, jusqu’à l’Isser ou la Tafna. Sa limite vers l’est pourrait être devinée, si ce roi est le même qu’un Massüva, fils de Mephanias, allié des Byzantins à l’époque de Salomon, et mentionné par Procope en l’année 534%. Par l'indication des peuples et des pays sur lesquels règnent les rois voisins que l’historien fait connaître, on voit clairement que Massonas est le chef le plus occidental avec
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qui le patrice ait été en rapports, et que sa puissance s'étendait sur les contrées voisines du Chéliff et sur le Sersou. S'il est le même que Masuna, s’il est seulement de sa famille, on aurait ainsi le souvenir d’une domination embrassant, d’une manière plus où moins continue, tout le sud du Tell Oranais et les plateaux adjacents, entre la Tafna et le Cheliff. Dans ce cas, il n’est pas douteux que certain groupe de grands monuments funéraires chrétiens, que les indigènes nomment Djedar, et qui s'élève à l'entrée des Hauts-Plateaux, au sud de Frenda et de Tiaret, n’ait contenu les sépultures de cette
(1) Notit. Dienit., Occid., n° 73. (2) Procop., B. Vand., I, 13.
dynastie: 1l a été, en effet, établi que ces sépulcres en forme de pyramides, lointaines imitations du Madghasen et du Tombeau de la Chrétienne, sont bien, comme le rapporte la tradition musulmane (1, contemporaines, au moins pour une partie, des guerres du patrice Salomon. L'inscription du Rex Masuna est donc un des rares témoignages qui nous permettent d’entrevoir, après la chute de l'Empire d'Occident, en Maurétanie Césarienne, un grand ilot catholique et romain entre les Vandales ariens et les Nomades païens de Gétulie. Il conserve, sans être soumis aux empereurs de Constantinople, les restes de la civilisation passée, sous une dynastie indigène, qui a pu, vassale des Romains, régner avant l'invasion vandale, et, alliée des Byzantins, durer jusqu’à la venue des Arabes ©).
Les fastes de la province romaine de Maurétanie Césarienne recevraient une utile contribution de la collection du Musée, si la pierre® qui porte le nom d’un des gouverneurs du 11° siècle, T. Flavius Serenus, connu par une autre inscription (, n’était pas mutilée. Malheureusement, outre qu'elle est traversée par une coupure qui enlève quelques lettres à chaque ligne, le nom de l'empereur dont Serenus était procurateur a été martelé, et l’on hésite entre Elagabale et Alexandre Sévère(), qui nous semble, après examen, plus probable. Ce document provient du Koudiat-Sidi-Lakhdar, près de Bou-Tlélis, où était peut-être Crispae.
Quatre emplacements ont surtout fourni des suites, relativement riches, formant un petit corpus local. Ce sont Portus Magnus (Saint-Leu), Albulae (Aïn-Temouchent), Altava (Lamoricière) et Aghbal (Regiae). Il serait à désirer que, dans les musées d'Algérie, on groupât ainsi les textes d’un même lieu, autant que possible autour d’une inscription faisant connaitre le nom antique.
Celui de Regiae ne se lit nulle part, au moins in extenso. Mais
(x) Ibn-er-Rakik, dans Ibn-Khaldoun, CHOICE ENVIE 002 Hist. des Berbères, trad. de Slane, t. I, p. 234. COMTESSE See Pate (2) La Blanchère, Miss, ch. vr, Les Djedar. de Lessert, Gouverneurs des Maurétanies, dans
G) Epbh. epigr., VIL 546. B. A. A., 1885, p. 149-150.
Ré n
une pierre bien connue, datée de l’an 209, a gardé la première lettre de l’ethnique. Comme elle provient d’Aghbal, et que ce lieu est exactement à la distance indiquée par l’Itinéraire d’Antonin à partir d’Albulae, soit 38 milles, l'identification est certaine. De Regiae vient également une pierre très intéressante, c’est la dédicace, faite par un princeps de l’ordo municipal, suivant promesse consignée au registre, d'une statue de Marc-Aurèle, dit père de Septime-Sévère, d’après la fausse généalogie fabriquée par celui-ci.
Le nom d’Altava, que l'inscription du roi Masuna a déjà fait connaître, se lit aussi en partie, au Musée, sur un fragment®. De
cette localité provient, outre les inscriptions déjà citées, un texte daté de l'an 169 de la province, 208 après J.-C.) et qui mentionne un « decurio alae T'hracum praepositus cohorti 11 Sardorum ». C’est un exemple, qui n’est pas unique, du commandement intérimaire de cette cohorte auxiliaire d'infanterie sarde, cantonnée à Lamoricière, par un officier de ce même corps de cavalerie, ou d’un autre,
lala Parthorum ©.
(:) C. I. L., VIIL 9792. Epb. epigr., V, epigr., NII, 806.
1057; VII, s47. Cette pierre, ici reproduite, G) CT. L', NII, “10949.
SIMS 60868 Adiabenicus Palrthicus…..| Imp(e- (s) Sur ces corps, à Lamoricière même,
rator). xiit cos... ] frib(uniciae) pot(estatis) CT Te NTI, 9833; 0851; Oran, 1890,
xii pl(ater)p(atriae s rei publicae n° 1140, p. 400, et B. A. C., 1890, p. 456;
R[egiensium à Ain Khial, Oran, 1888, n° 1120, p. 299; (2) Eph. epigr., 1060. R. Cagnat, Arim. rom. d'Afr., p. 297, 298, (3) Oran, 1887, n° 1095, p. 20. Epb. 303-304.
Albulae a été révélé comme se plaçant à Ain-Temouchent l'on mettait auparavant Safar,
, où par une inscription déposée au Musée, et que nous reproduisons ici®).
règne de Dioclétien,
sous le en 299 après J.-C., la réparation du temple de la Dea Maura par C. Julius Fortunatus, « curator ac dispunctor rei publicae Albulensium.
Elle mentionne,
Le musée possède vingt-quatre inscrip-
Vpn
tions de cette ville. L’une® rappelle la construction d’un aqueduc par une famille de citoyens de l’endroit sur son propre terrain.
Une autre® est la dédicace du temple de Caelestis, seule mention
(x) Oran, 1889, n° 1123, p.84; B.4.C., 1889, p. 137. Nous lisons, d’accord avec M.
Cagnat : Zmpp. Diocletiano et Maximiano Augg. et Constantio et Maximiano nobilissimo Cuess., C. Julius Fortunatus, curator ac dispunctor reipublicae Albulensium, tempulum Deae Maurae ad pristinu statum reformavit, duumuiratu C. Juli Gaifatis junioris et L. Sei Felicis, aedilicio L. Arri Privati et M. Muci Muciani junioris, et Aur.
Dom... Sir. et Aur. quintum et Emfil(?).… promis] sa suaexibuerunt. FL... atus (?)scripsit,
anno Provincia cclx.
(2) Oran, 1890, n° 1131, p. 101. Nous donnons, p. 22, cette belle inscription. On y lit: / [Telrent(ius) Cuiteus et Ma | |] onnula ejus, una cum | [Tlerentiis Cuteo Tanuario Considio | Augustinoet Feliciano | fi]lis, | aquagium novo opere a so | lo extructum suis possessiontibus] | constituerunt et ded(i)caverunt. Le nom de l’épouse parait être, d’après les vestiges de lettres, Ma | tronnula.