PAVEMENT DE TRICLINIUM, MOSAÏQUE
Portus Magnus, Saint-Leu g
Ce dessin est la réduction au tiers de la reproduction des mosaiques exhumées dans cette localité en 1862, reproduction due à Viala de Sorbier, exécutée en 1863.
Les inexactitudes, que notre description relèvera plus loin, y sont assez nombreuses dans les parties conservées, et ne devaient pas l'être moins dans les parties détruites depuis la découverte. Heureusement, elles n’altèrent pas la signification des scènes. Mais le dessin de Viala de Sorbier mérite un autre reproche. Habilement et finement exécuté au trait, il manque totalement de style ; il ne donne pas du tout la physionomie de l’œuvre. L'expression et la tournure de certains personnages y sont entièrement travesties : on le remarquera vingt fois en comparant avec les planches phototypiques. On peut prendre pour exemples, dans le tableau du fond, la figure d’Hercule, et, dans le tableau central, celle de la Néréide assise sur un monstre marin, qu’il a faite ramassée et courte, tandis qu’elle a le haut du corps très élancé. Presque partout il en est de même. Malgré tant de défauts, ce travail d'architecte demeure un précieux document, et nous rend les plus grands services.
Les phototypies qui suivent sont les meilleures représentations qui aient encore paru des mosaïques de Portus Magnus. Elles ne sont cependant point parfaites, les clichés ayant été pris dans le local, très peu approprié à la photographie, où elles étaient EXpOsées. Mais ces monuments sont destinés à être reproduits, au moins
partiellement, en couleurs, dans le recueil des Mosaïques de l’Afri-
que Romaine, qui va paraître prochainement par les soins du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.
Cette reproduction justifiera, beaucoup mieux que les planches présentes, les divergences entre nos descriptions, faites devant les pavements, et celles de M. Carl Robert, faites seulement sur des photographies. Divers détails n’ont pu être que mal vus par le savant commentateur, ou même lui ont entièrement échappé. C’est qu'il y a des couleurs qui viennent faux en photographie, ou qui ne viennent pas du tout : tels certains jaunes, des verts, des roses. Nous n'avons pas relevé à chaque coup ces différences entre nous et notre habile devancier, ou plutôt entre les originaux et les épreuves photographiques. Tout ce qui, décrit ou indiqué par nous, ne se voit pas sur ces dernières, est fort clair sur le monument. @iestale cas pour la coiffure de presque tous les personnages de la PI. 111, pour la baguette que tient Zagreus en même temps que la bride de sa panthère, pour le bout de nébride qui avait paru, entre les jambes de Pratolaos, un membre viril démesuré et difforme, pour le plectre d’Apollon, dans la PI. 1V, qui n’existe pas, pour le troisième personnage monté sur le char de la PI. vi, lequel est une femme dont les
seins sont modelés, etc., etc.
MUSÉE D'ORAN (do)
PIPAINICINEMIEINE