‹ Musée de l'Ermitage impérial. Notice sur la formation de ce musée et description des diverses collections qu'il renferme avec une introduction historique sur l'Ermitage de Catherine IIChapitre 18 sur 304 · ERMITAGE IMPÉRIAL. XXVII · texte numérisé non relu

ERMITAGE IMPÉRIAL. XXVII

qu’un grand caractère attache à ce qui est l’expression de la vraie beauté, — celle de l'intelligence humaine dans ses productions, la beauté consacrée par le témoignage de la postérité.

L'Empereur NicoLas I avait fixé l'inauguration du Nouveau Musée à l’année 1852. Il en consacra le souvenir par une fête mémorable qu’Il ordonna, et qui eut lieu le 5 Février. Le spectacle se composa de l’opéra de Don Pasquale de Donizetti, où M"° Grisi, Rossi, Mario et Ronconi se firent entendre, et du ballet Catarina, où figurèrent M" Carlotta Grisi, Perrot, Johanson et les principaux artistes du corps de ballet du théâtre Impérial.

La salle de théâtre élevée par Quarenghi ne pouvant guère admettre que 500 personnes, les invités avaient été bornés à ce nombre.

Tout ce que le luxe et la richesse se mêlant aux idées de l’art, pouvait offrir de combinaison, brilla dans cette fête.

Le Cabinet dit de l’'IMPÉRATRICE, rempli par la plus admirable collection de bijoux d’or antiques (ceux de Kertch) qui existe, avait été transformé en un cabinet de repos pour SA MAJESTÉ.

Les dames de la Cour dans leur exquise toilette, groupées aux lumières au milieu des trésors de l’Ermitage, les groupes chevaleresques de militaires aux uniformes éclatants, les ministres, les hauts fonction-

XXVIIT ERMITAGE IMPÉRIAL.

naires de l'Etat rassemblés dans cette enceinte privilégiée, tout ce cortège qui accompagne la réunion de la Famille Impériale, donnait un nouveau lustre au local choisi. La splendeur de la fête fut rehaussée par l’art infini avec lequel on avait disposé et éclairé les salles où eut lieu le souper, de 600 couverts, qui termina la fête.

La Salle Espagnole, réservée à la table de la Famille Impériale, à celles des dames de la Cour et des principaux dignitaires, offrit un aspect prodigieux.

Des milliers de bougies, s’élevant en pyramides posées sur les immenses vases de lapis-lazuli qui forment le principal décor de cette salle, éclairaient de leurs reflets les chefs-d’œuvre de Murillo, de Velasquez et des autres maîtres espagnols.

La Salle Italienne, la Salle de Van Dyck et de Rubens, avec leurs immenses vases et candélabres de malachite et de jaspe de l’Oural et de l’Altaï, éclairées d’une manière presque aussi brillante, étaient réservées aux autres invités.

Le coup d’æœil fut unique; et le souvenir en est resté dans la mémoire des privilégiés qui prirent part à cette fête, dans laquelle il semblait qu’un reflet de l'Orient était venu se confondre avec ce que le goût exquis de l’Europe pouvait combiner de plus recherché et de délicat,

Cette fête se renouvela l’année suivante à la

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