‹ Musée de l'Ermitage impérial. Notice sur la formation de ce musée et description des diverses collections qu'il renferme avec une introduction historique sur l'Ermitage de Catherine IIChapitre 2 sur 304 · L’'ERMITAGE DE CATHERINE IN · texte numérisé non relu

L’'ERMITAGE DE CATHERINE IN

Il a été fait mention bien souvent, depuis le siècle dernier, de cette retraite attenante au palais de nos EMPEREURS, où l’Impératrice Catherine II aimait à venir se délasser des soucis du trône; et où, au milieu d’un petit nombre de personnes qui formaient sa société intime, elle oubliait et voulait qu’on oubliât sa grandeur, pour ne laisser à la Souveraine que les distractions aimables d’une causerie spirituelle et sans apprêts.

Les soirées, les spectacles et les fêtes de l’Ermitage sont dans la mémoire de quelques hommes d'esprit et de goût, qui vivent encore, comme le comte de R., dont les jeunes années appartiennent à la fin du règne de Catherine II, et qui racontent, avec beaucoup d'intérêt, comment elle avait créé et successivement agrandi cette retraite privilégiée; comment elle .y accumula, peu à peu, des trésors d’art, surtout en

SCT

ocre

tableaux, en camées et en médailles, et y forma une magnifique bibliothèque.

Ce Palais est devenu un Musée dont la célébrité s’est répandue au loin.

Une notice qui embrasse l’ensemble de ce monument, qui en donne les détails historiques les plus importants et en résume la signification, trouvait sa place en tête de ce volume.

Nous tâcherons de dire, en quelques pages, ce qu'était l’Ermitage de Catherine Il; ce qu’il devint sous l'Empereur Alexandre I; et comment, sous le règne de l'Empereur Nicolas I, le Nouvel Ermitage ajouté à l’ancien est devenu, avec la sollicitude que lui a vouée notre AuGusTE SouvERAIN, un des musées les plus riches de l’Europe.

Le palais de l’Ermitage, qui n’est qu’une continuation du palais d'Hiver, se compose de trois bâtiments distincts, réunis entr’eux par des galeries jetées sur des arcs, et ayant vue sur la Néva dont ils bordent le magnifique quai, dit de la Cour.

Le premier de ces bâtiments, le plus rapproché du palais d'Hiver, n’a que les dimensions d’un pavillon. Il fut élevé, en 1765, par l’architecte Lamotte. Son ancienne façade a été conservée, mais nous verrons, plus loin, comment sa distribution intérieure a été changée, et ce qu’est devenue la salle de l’étage supérieur, où avaient lieu les bals de l’Ermitage.

ERMITAGE IMPÉRIAL. vil

Ce pavillon encadre le joli jardin suspendu, à ciel ouvert, que, sous un climat rigoureux, la prévoyance de Catherine II sut créer, au milieu même de la demeure Impériale.

Des deux galeries qui entourent ce jardin, celle dite aujourd’hui des ROMANOY, était l'avenue même de l’Ermitage. On y arrivait en venant du palais d'Hiver, par la salle de S' Georges, et par la petite salle dite d’Apollon, où l’on à placé aujourd’hui les tableaux de la bataille de Poltava, les bustes de Pierrele-Grand, du prince Menchikow, du feld - maréchal Chérémetieff et de quelques autres personnages célèbres du 18° siècle, comme le feld - maréchal Roumiantzow - Zadounaïsky, le feld - maréchal Souvorow, Tchitchagow et le prince Galitzyne.

La seconde galerie est une création du règne de l'Empereur Alexandre I. Elle a été construite, par Quarenghi, sur l’emplacement d’une descente en pente douce, qui menait de l’étage supérieur au rez-dechaussée, et qui avait été établie à l’usage de l’Impératrice Catherine II, vers la fin de son règne, à l’instar de la descente en pente douce, qui existe, encore aujourd’hui, au palais de Tsarskoé-Sélo, du côté du Jardin.

Cette galerie fut d’abord nommée la Galerie Française, par le choix des tableaux qu’on y avait placés;

elle est devenue aujourd’hui la Galerie du Cabinet de *

VIIL ERMITAGE IMPÉRIAL.

Pierre-le-Grand et des objets précieux. [Voyez dans

le plan II, lettre A°, le Pavillon et le jardin; xxvu,

la Galerie des RoMANOY; xxvim, la Galerie du Cabinet de Pierre-le-Grand et des objets précieux.]

Le second bâtiment, long et à trois étages [Plans I et IT lettre A.], fut élevé, en 1775, sous la direction de l'architecte Velten. Il a également conservé sa façade. Le rez-de-chaussée est, depuis le règne de l'Empereur Nicolas I, le local des séances du Conseil de l’Empire. Les deux étages supérieurs contenaient la Galerie de Tableaux. Les camées, les médailles, les objets précieux, les estampes, la collection des minéraux y étaient également disposés ou bien remplissaient la galerie dite des Loges de Raphaël [Plan II. N° v.|.

Une des plus heureuses idées de Catherine II a été la création de cette galerie, élevée peu après l’année 1775, et copiée, avec une rigoureuse exactitude dans ses dimensions et ses décors, de la célèbre galerie des Loges du Vatican, à une époque où les fresques de Raphaël n'étaient pas aussi dégradées qu’elles le sont aujourd’hui, dans leur partie inférieure"). Bien que, tout récemment, on ait restauré, comme on l’a pu,

1) La Galerie des Loges de Raphaël a été gravée par Jéan Ottoviani et Jean Volpato, d’après les dessins de Camparesi.

Il en existe un superbe exemplaire colorié, au Cabinet des Estampes de l’Ermitage, outre des exemplaires en noir.

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