ERMITAGE IMPÉRIAL. IX
au Vatican ces dégradations, la copie de l’Ermitage offre 1c: une intégrité qu’on ne retrouve plus dans quelques parties de l'original.
Ces magnifiques productions d’un des plus grands génies de la Renaissance avaient été copiées sur toile à Rome même, pour pouvoir être roulées. Cette sage précaution a permis de les enlever, puis de les replacer de nouveau, lors de la construction du Nouvel Ermitage; opération qu’elles ont subie, sans souffrir aucunement. Désormais à l’abri de tout danger, même de celui du feu [car dans le nouvel édifice tout est pierre et fer dans la bâtisse, et il n’y a du bois qu’aux parquets et aux portes], les fresques de cette galerie magnifique, qui, de ce côté de l’Ermitage, est l’avenue du Nouveau Musée, sont, sans contredit, un des monuments les plus précieux de l’Europe.
Sous la galerie des Loges, l'architecte ménagea, au rez-de-chaussée, une galerie, de proportions semblables, où l’Impératrice Catherine IT fit placer la belle bibliothèque de l’Ermitage. Cette galerie a été également conservée. Elle renferme aujourd’hui des tableaux et la partie de la bibliothèque consacrée aux Beaux-Arts. [Plan I. N° vrr.]
Le troisième bâtiment, communiquant avec le second, par la voûte hardie qui a été jetée sur le canal dit Zimnia Kanavka, formant l’entrée du canal de la Moïka, renferme le théâtre de l’Ermitage, l’œuvre de
x ERMITAGE IMPÉRIAL.
l'architecte Quarenghi, qui conçut l’idée d’y reproduire, d’après le théâtre de Vicence, la forme demi circulaire d’un théâtre antique, avec ses étages de gradins. Il fut construit sur l'emplacement d’un palais démoli le siècle dernier, et dont la façade, avec le pont à bascule qui y conduisait, se voit encore à l’Ermitage, parmi les tableaux à l’huile, du temps ‘qui offrent les vues de S‘ Pétersbourg au 18° siècle.
Ce théâtre est demeuré intact, ainsi que la galerie qui y mène, et qui repose sur l’arcade jetée sur le Zimnia Kanavka. Nous verrons plus loin que cette avenue du théâtre servait, du temps de Catherine IL, de salle pour les soupers de l’Ermitage.
Nous essayerons maintenant de dire ce qu’étaient les Soirées de l'Ermitage, ce que l’on appelait la Conversalion [Bechaa] le Petit-Ermitage, le Grand-Ermitage, et ce que quelques nobles et spirituels personnages du siècle dernier, encere vivants aujourd’hui, aiment à raconter, comme un des plus agréables souvenirs de leurs jeunes années. |
A cette époque, le personnel de la Cour était peu nombreux. Outre les grandes charges, à peu de chose près les mêmes qu'aujourd'hui, et les dames à portrait, il n’y avait que 12 chambellans, 12 gentilshommes de la Chambre, 12 demoiselles d'Honneur. Il n’y avait que quelques aides-de-camp généraux.