Né 11 Anvers en 4684, mort en
gantes, casque, cuirasse, brassards, etc... Il faut voir de quelle merveilleuse façoQ le travail du pinceau, extraordinairement serré, sans sécheresse ni mignardise, rend le poli et la dureté, du métal , se$ arêtes vives et ses brusques reflets ; et comme le casque bruni, avec sa longue plume blanche et rouge, si fraîche, si légère, accroche bien la lumière et s'enlève gaiement sur le fond amorti.
Le musée de Lille est curieusement riche en natures mortes, en tableaux de fleurs et de fruits. On en pourrait composer une petite salle pleine d'imprévu, de haut goût et de délicieuse coquetterie. Quelle fête pour les yeux, et tout à fait nouvelle, si l'on y ajoutait quelques noms qui manquent et qui la compléteraient : un Vélasquez, par exemple, un Chardin, un Roland de la Porte, un Daniel Zeghers, un Kalf ! Certes ce ne serait point de l'art dans le sens intellectuel et vrai du mot ; mais il y aurait un si joli papotage de couleurs! On se garderait bien d'oublier ces Uuilres de Jacob Van Es S peintre extrêmement rare, avec une belle signature, la seule que l'on connaisse, et la marque de l'abbaye de Cysoing. On y mettrait en pendant ce Gilleman S élève de Van Son, plus rare encore, introuvable, signé en toutes letlres, un vrai chefd'œuvre dans son genre. Des poires jaunes, des raisins blonds, une pomme, une pèche dans un plat, un coup de lumière sur deux verres de Venise, élancés, délicats, se détachant plus loin sur un fond noir-vert d'une incroyable transparence. Quelle touche savoureuse I Quelle belle pâte légère fondue dans un émail solide I Puis une Botle de légumes par Gryef, un très-habile peintre, signée aussi ; une pastèque à chair rose , de main espagnole ; et une superbe guirlande de fruits plantureuse et violemment empâtée comme un Pereda.
Pour les fleurs, on n'aurait que l'embarras du choix. Voici d'abord une Guirlande par Breughel de velours; — un Vasede fleursi^dxytvhvwg" gen", presque aussi étonnant que le Gilleman; fleurs vivantes comme dans ces splendides bouquets que Delacroix peignait à ses moments perdus; — une Poignée de fleurs dans un vase de cristal taillé, signée Van Thielen, un élève de Daniel Zeghers, qui égalait son maître par la douceur et la délicatesse de son pinceau; — un grand Van Son ^, sec, peu nature, dans une tonalité brillante cependant et intéressant par sa signature et sa date de 1705 ; — puis une immense guirlande autour d'une
4. Né à Anvers en 4606, mort dans la même ville en 4665 ou 4666.