‹ Musée de Lille: le Musée de peintureChapitre 9 sur 13 · Né à Anvers en 1636, morlà Rome en · texte numérisé non relu

Né à Anvers en 1636, morlà Rome en

2. M. Alfred Michiels, dont on connaît la compétence pour (eut ce qui concerne l'art flamand, m'a signalé, au sujet de Tinscription, — Do. F. Francken-in. — trèslisible, qui se trouve sur le Jésus au Calvaire du musée de Lille*, comme sur nombre de tableaux exécutés par les Francken, une petite erreur dans laquelle sont tombés M. Reynart, que j ai suivi, et, ce qui est plus grave, DUrger et les rédacteurs des catalogues des musées d'Anvers et de Bruxelles. Je la reconnais volontiers et je me fais un plaisir de la rectifier, mais je dois dire à ma justiGcation que je l'aurais certainement évitée si la Bibliothèque nationale possédait la seconde édition de VHisloire de la peinture flamande, par M. Michiels.

La signature Do. F. Francken-in, que le vieux Francken avait le premier adoptée, et que Francken le jeune adopta plus tard pour distinguer ses tableaux de ceux de son neveu, n'est point Tabréviatif du surnom italien de Domino Francisco, mais signifie en flamand, et M. Michiels le démontre très-spirituellement : Den ouden Frans Francken, le vieux François Francken, Gomment alors distinguer les toiles peintes à une certaine époque par le père des travaux exécutés par le lils? Celui-ci a voulu lui-même prévenir la confusion en datant ses ouvrages. François Francken le vieux, étant mort en 4616, toutes les productions qui portent un millésime postérieur sont évidemment de son fils. Quant au troisième François Fraocken, élève de Rubens, son style bien caractérisé rend toute méprise impossible.

*^ Voir Gazette de$ BeauX'ArtSf S* périodef tonte vi, pag« 482.

d'exemple, prendre rang parmi les grands musées de l'Europe, d'avoir le courage et l'honnêteté de dire : « Je le regrette infiniment, mais je n'ai pas; consolez-vous avec quelques maîtres rares et très-hollandais que vous auriez sans doute grand'peine à rencontrer dans les autres collections publiques de la France , et, si vous avez moins à admirer, vous aurez peut-être plus à apprendre. »

Voyons d'abord les portraits :

Voici de Van Ravestein * deux grands exemplaires purs , sans retouche et de la plus excellente qualité, représentant M. Vrydags Van VoUenhoven de La Haye, un chef-d'œuvre, et sa femme. Ils ont été acquis, en 1868, du dernier descendant de la famille. C'est une belle conquête et qui fait honneur à M. Reynart. Le Louvre possède bien deux Ravestein dans la galerie La Gaze, mais ils ne peuvent donner, comme ceux-ci, idée des superbes réunions, magistrats et arquebusiers, conservées à l'hôtel de ville de La Haye. Nos deux portraits sont du même temps et de la seconde manière, plus pâle de ton et plus serrée de dessin. L'homme debout, tête ronde, intelligente et sympathique, cheveux ras, moustache rousse, cavalièrement posé la main sur la hanche, vêtu de soie noire que réveillent des manches et une épaisse collerette blanc gris, nettement détaché sur un fond gris noir, est le type- du vrai portrait hollandais, austère et naturel, de la première époque, antérieurement à 1650. Frans Hais mis à pai*t, Ravestein occupe le premier rang parmi les précurseurs de Rembrandt. — De Janson Van Ceulen *, le portrait de Anne-Marie de Schurmann, célèbre bas bleu du xvn* siècle, qui a tout simplement l'air d'une bonne et solide ménagère. La tête est très-étudiée. J'aime peu le fond clair, d'un bleu métallique et inharmonieux. Les portraits de Van Ceulen ne sont pas communs et celui-ci est doublement précieux par sa signature et par sa date : Cornélius Janson Van Ceuleny An** d660, — Une tête de femme en turban par Jacobsz, peintre très-personnel que l'on ne connaît guère qu'en Hollande. — Puis une assez jolie figure d'enfant, aux anonymes n® 454, et le très-beau et très-curieux portrait, n" 453, d'une jeune fille de dix ans — ^tatvs {œîalys?) svjE, 10. Anno 1670 — qui en parait seize ou dix-huit, de grandeur naturelle, en costume Louis XIV, à trèslongue taille, en corsage droit et roide : tableau frais et d'un coloris ravissant. La figure est inerte, sans expression. Tout l'eiTet, qui est charmant, est dans la robe gris perle foncé, à raies rose tendre saumoné, que rappellent quelques rubans couleur chair de grenade, noués délicatement

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