LES MUSES
Les Muses se ratlachaient originairement aux Nymphes ; c'étaient les sources inspiratrices ([ui, dans les grottes profondes, enseignent aux hommes les diverses cadences. Mais elles perdirent de bonne heure tout caractère physique, pour personnifier seulement les formes primitives de l'art, la poésie, la musique et la danse. Leur nombre, qui était d'abord de trois ou de sept, fut lixé à neuf d'après la tradition épique, et l'art distingua les unes des autres par des attributs caractélisliques et des attitudes consacrées. Les statues trouvées dans les ruines de la villa Cassius, à Tivoli, en même temps que l'Apollon Musagète, étaient au nombre de sept. Visconti suppose (ju'elles sont imitées des Muses de Pliiliscos. Le masque tragique et le masque comique font reconnaître Melpoménè et Thaleia. La lyre a fait désigner deux autres statues sous les noms de Terpsicliorè et d'Erato. Clioa paru suffisamment caractérisée par le rouleau, Calliopè par les tablettes. Ouant à la ligure enveloppée d'un long voile, sans aucun attribut, on la nomme Polymnie ; mais une autre statue presque semblable porte sur la plinthe le nom de Mnèmosynè, mère des Muses. Les statues d'Euterpe et d'Uranie qui complètent la série des Muses au Vatican, n'ont pas la même origine que les autres, et leurs attributs sont des restaurations modernes. En somme, il reste de l'incertitude sur la désignation de plusieurs de ces statues, qui n'ont pas toutes été restaurées avec le même goîit. Les têtes d'Euterpe, d'Uranie, de Terpsichore et d'Erato son rapportées.
LE TIBRR.
Les Fleuves, comme les Nymphes, tenaient une place importante dans la mjthologie primitive. Aprôs avoir él6 rfi[)résentés sous dos formes de taureaux, à cause de l'imprtnositô do leur cours, ils reçurent pins lard la figure humaine, avec les traits de la jeunesse ou ceux de l'âge mùr, selon l'importance ou la dignité de leurs eaux. Le Tibre est un vieillard majestueux, à demi couché, tenant en main une rame, pour rappeler que ses eaux sont navigables, la tête couronnée de lauriers, emblème de la gloire de Rome. La ierlilité du sol qu'il arrose est indiquée par une corne d'abondance avec un soc de charrue, au milieu d'un groupe de Heurs et de fruits. La louve et les deux jumeaux achèvent de caractériser le fleuve de la ville éternelle, dont l'histoire mythique est inscrite en bas-reliefs sur la plinthe. Cette statue, trouvée sous Léon X, avec celle du Nil, n'a eu à subir que très-peu de restaurations.
ASCLÈPIOS.
ESCULAPIv.
Le Dieu de la médecine, Asclèpios, ou sous la forme latine, Esculapius, est fds d'Apollon, c'esf-à-dire une des
t'nergifs solaires. Son type, fixé probablement par Pyromachos dt; Pergame, se rapproche beaucoup Je celui de Zeus, sauf que dans l'attilude aussi bien que dans la tête, l'expression de la force souveraine est remplacée par celled'une méditation attentive et concentrée. Une bandelette s'enroule autour de ses cheveux, un manteau couvre le bas de son corps et entoure son bras gauche laissant la poitrine découverte. De sa main droite il tient un bâton noueux, et à ses pieds est un serpent; Favant-bras droit, la jambe gauche ot quelques parties de la draperie, sont des reslauralions modernes trés-iiial exécutées.
HYC.IEIA.
nO.MlTIA E^" IIYGIE.
La sauté personnifiée, Hygieia, souvent associée à Asclèpios, est représentée par une femme aux formes florissantes de jeunesse, vêtue d'une tunique longue et d'un manteau qui, descendant de l'épaule gauche, s'enroule audessus des hanches et forme une sorte de tabher.Le serpent qu'elle tient dans ses mains était considéré comme un embième du renouvellement de la vie, à cause de son changement de peau. Le Louvre possède plusieurs statues d'Hygieia ; celle dont nous donnons la gravure est intitulée : Domiiia en [Jycjic, parce que Visconti a cru retrouver dans la tête un portrait de la femme de Domifien ; cette statue est d'une conservation parfaite.
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