DIONYSOS
RACCHUS INDIEN OU SARDANAPALf:.
r.Ar.CllUS DE RICHELIEU.
l'I. 47 et 4iS.
Dionysos, appelé par les Latins Bacchus, ou plus souvent Liber, est la libation personnifiée, la liqueur divine qui s'olîre on sacrifice sur l'autel. Confondu tantôt avec le raisin déchiré dans le pressoir, et renaissant en boisson ardente pour la joie des hommes, tantôt avec le soleil d'automne qui mûrit les grapp'îs et ((ni meurt en hiver pour renaître au printemps , il associe dans un même symbole l'ivresse de la vie et l'idée mystique de la mort et de la résurrection, Poiu' rendre celte puissance complexe, énervante et vivifiante, qui dompte les forces et les ranime, et transporte l'esprit dans un monde enchanté, l'art avait d'abord représenté Dionysos avec une coiffure de femme, vêtu d'une longue robe asiatique, et laissant llotter sa barbe sinueuse. C'est le type du Bacchus indien. Visconti l'a reconnu dans la statue du Louvre, qu'on avait d'abord intitulée Sardanapale, d'après une inscription gravée sur le bord du manteau et tiès-postérieure à l'cvécution de la statue. Praxitèle substitua à ce type celui d'un adolescent aux formes presque féminines, aux contours arrondis, aux attitudes nonchalantes, avec une chevelure élégamment ornée de pampre et de lierre, et une expression de douce langueur, de rêverie et d'extase. Celle expression à la fois sensuelle et mé-
]ancoli(|ue est parfaitement rendue par le IJacclius de
Richelieu, une des [dus célrlires parmi les noiid)reuses statues (]ui nous restent de Dionysos.
LEIICOTHEA.
L'éducation de Dionysos a fourni le sujet de fables multiples, qui répondent au caractère complexe de ce Dieu. Ses nourrices sont, tantôt, comme dans Homère, les vignes qui nourrissent le raisin, tantôt les Hyades, constellations qui amènent la maturité des grappes, tantôt les deux grandes Déesses de l'agriculture, Dèmèter et Korè. Dans une staluû de la villa Albani, qu'on avait prise pour Rumilia, Déesse des nourrices chez les Romains, Winckelmann reconnut l'œuvre d'un ciseau grec, et soupçonna qu'elle pourrait représenter Dèmèter tenant l'enfant Dionysos. Plus tard il préféra y voir Leucothée qui, d'après la légende thébaine avait nourri Dionysos après la mort de Sémélè, Cette opinion a prévalu, quoiqueles raisons surlesquelles elle s'appuie ne soient pas très-décisives. Cette statue, d'un excellent travail, est vêtue comme les jeunes filles de la frise du Parthénon. Le bras droit de la déesse, la main gaucho et le vase, les deux bras et les deux pieds de l'enfant sont des restaurations modernes.