DJANE DE GARIE (LOUVRE
PI. 6 et 7.
Artémis, la Diane des Latins, est une Déesse lunaire; c'est le type féminin qui répond à Apollon, mais elle ne lui est associée qu'à litre de sœur; leurs aflinités ne pouvaient être exprimées par un mariage, puisque le soleil et la lune ne sont jamais ensemble. Quoique la lune ne produise rien par elle-même, ses phases amènent le développement des germes et la croissance des êtres vivants; aussi, Artémis, quoique vierge, préside à l'accouchement des femmes et à l'éducation des jeunes gens. La ressemblance du croissant de la lune avec un arc d'or a fait regarder Artémis comme une chasseresse ; ses attributs ordinaires, l'arc, le carquois, le flambeau, rappellent à la fois la lumière et la chasse. Ses formes élégantes et sveltes en font le type de l'énergie active de la jeunesse. On ignore par qui ce type a été lixé dans l'art, mais il est réalisé d'une manière admirable dans la Diane à la biche du Louvre, vêtue de la courte chemise dorienne, les jambes et les bras nus, comme les filles de Sparte, marchant à grands pas dans un mouvement trèsanimé, et comme aspirant l'arôme des forêts. Auprès d'elle court la biche sacrée aux cornes d'or, allusion au croissant de la lune. Une autre célèbre statue du Louvre, la Diane de (labiés, est également vêtue d'une chemise courte et tient d'une main l'agrafe de son manteau: mais comme elle
n'a d'ailleurs aucun attribut dislinctif, Otlfried Mûller suppose qu'elle représenle jiiulût une nymphe d'Arténiis que la Déesse elle-même.
DÈMÈTER ET KORE.
CKRfeS ?,ORGHÈSE(lOUVRE). — JULIE EN GÉRÉS (lOUVRE).
PI. 8 ot 9.
Les Grecs associaient dans un même culte deux Déesses, la mère et la fille, Dèmcter et Korè ou Perséphonè, appelées par les Latins Gérés et Proserpine. Démêler, la terre productrice, mère de la vie organisée, est en même temps la législatrice (les hommes, car le travail agricole est le principe de toute civilisation. Sa fdie Korè, la végétation, qui revient tous les ans du royaume souterrain d'Aidés à la lumière du ciel, est le symbole éclatant de la vie éternelle de l'âme. Il y a dans nos musées un grand nombre de statues mutilées auxquelles on a donné, en les restaurant, les attributs de Dèméter, des pavots et une couronne d'épis ; mais les véritables statues de cette Déesse sont très-rares, et elle nous est surtout connue par des peintures d'Horculanum. Dans la Cérès Uorghèso, dont nous donnons ici la gravure, une partie de la couronne d'épis est antiipie, mais les formes somldent trop jeunes pour convenir à Démètcr, qui est le type de la maternité; on peut donc croire, avec Clarac, ([ue c'est plutôt une statue de Korè, car les deux grandes Déesses de l'agriculture avaient les mêmes attributs. I^e haut de la
Sf.l I.I'TIRE. 19
couronne, los iloux avaul-hms el les doux piinls sont des rcslauralions modernes.
Une autre statue du Louvre, dont le costume est le môme, (luoique disposé autrement, a été intitulée Julie en Cérès, parce que la tête, couronnée d'épis, a paru ressembler aux médailles de la lille d'Auguste. La même jeunesse de formes, qui nous a fait voir dans la Cérès Borglièse une représentation de Korè se retrouve dans la F^ivie (;n Cérès. Celte statue est d'une parfaite conscrvalion.
IIISTIE.