‹ Musée de peinture et de sculpture; ou, Recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe. Dessiné et gravé à l'eau-forte (volume 4)Chapitre 1 sur 91 · BUE BONAPARTE · texte numérisé non relu

BUE BONAPARTE

La Renaissance italienne s'était opérée simultanément par deux courants d'idées contradictoires, Tun continuant le mysticisme chrétien du moyen âge, l'autre reprenant l'histoire juste au point où l'avait laissée l'antiquité, arrêtée par la double invasion des croyances nouvelles dans la religion et des races nouvelles dans la politique. Tout le mouvement artistique se rattachait à ces deux courants d'idées. De Giotto à Michel- Ange, unesuite non interrompue d'artistes font de l'expression le but de l'art, et traduisent les passions qu'ils ressentent avec la multitude : de Giotto à Titien, les efforts de l'art pour produire l'illusion de la réalité n'ont pas été moindres, et cet art, qui ne cherchait pas tant à exprimer les émotions intimes de l'âme qu'à rendre la beauté visible, avait pris pour thème principal les légendes mythologiques.

Mais l'étude des ouvrages de l'antiquité épure le goût et le transforme à tel point, qu'en recherchant la vérité on est invinciblement porté à faire un choix. Les artistes, quelle que fût leur tendance, se livraient tous à cette étude. Raphaël, qui mieux que tous les autres en a compris le principe, est arrivé, par cela surtout, à une place unique dans l'art, et a pu ètrâ toujours vrai sans cesser d'être beau, et toujours expressif sans tomber dans la manière. L'école Romaine, qu'il personnifie à lui tout seul, peut donc

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