BOURDON
lGlG-1671.
Sébastien Bourdon, né à Montpellier, vint fort jeune à Paris, puis à IJordeaiix, et, dans ces deux villes, étudia sous des artistes peu connus. Pressé par la misère, il s'engagea ; son capitaine lui ayant donné son congé, il pariit pour Home où il vécut plusieurs années en faisant des jiasticlK^s très-habiles de Claude Lorrain, du Poussin, d André Sacclii, de Pierre de Laer, etc. ; mais, ayant été dénoncé à l'inquisition comme liéréti(jue, il ipiilta liome pour r.nenir à Paris. Il lit plusieurs tableaux estimés et fut un des douxe fondateurs de l'Académie royale de peinture. Les guerres civiles interrompirent ses travaux et il partit pour la Suède où l'appelait la reine Christine qui le nonuiia son premier peintre. Comme elle abdiqua peu de temps après, pour
embrasser la religion catholique, Bourdon revint encore à Paris, et, quoique calviniste, fit un grand nombre de tableaux pour des églises. Outre ses tableaux religieux, Bourdon a fait un très-grand nombre de tableaux de genre et de paysage. L'histoire de Phaéton en neuf grands tableaux, qui décoraient la galerie Pretonvilliers, et qui ont longtemps passé pour être de Lebrun, sont l'œuvre de Bourdon. La prodigieuse facilité de Bourdon a nui à son talent. On dit qu'il paria un jour de faire douze têtes en un jour, et ce fait, quoique improbable, ne serait pas altriiiué à un artiste qui aurait eu l'habitude de châtier beaucoup ses œuvres.
AUGUSTE VISITA>'T LE TOMBEAU d' ALEXANDRE.
(Hauteur 1",20 cent., larseur {"jSO cent.)
Amiens.
« Étant à Alexandrie, Auguste se fit ouvrir Id tombeau d'Alexandre et en fit tirer le corps. Il lui mit une couronne d'or sur la tête, le couvrit de fleurs, lui rendit toutes sortes d'hommages ; et, comme on lui demandait s'il ne voulait pas voir aussi les Plolémées, il répondit : J'ai voulu voir un roi et non des morts. » (Suétone.) — Gravé par Masquelier.