PORTEMENT DE CROIX
Pl. Oi, {iTauteur l'.SO cont., larspiir 1°',98 coiit.)
Louvre.
Le Clirist monte au calvaire, précédé des deux larrons Gt suivi d'une troupe de soldats. La Vierge, la Madeleine et saint Jean sont plongés dans la douleur : on aperçoit sur le haut de la montagne les apprêts du supplice. Ce tableau fut fait pour M. de Seignelay qui le céda à Louis XIV, pour produire Mignard que Louvois voulait favoriser aux dépens de Lebrun, Une cabale s'était formée contre ce dernier, et cliacuu s'écria que le tableau de Mignard était le chefd'œuvre de l'art, et qu'on ne pouvait plus rien voir à Versailles depuis qu'il y était. Le roi, qui en ce moment était bien disposé pour Lebrun, prévint son peintre qu'une brigue s'était formée contre lui et que, pour la faire cesser, il ait à lui faire, dans le plus bref délai, un tableau de la même grandeur et du même genre que celui de Mignard. Quand le tableau fut arrivé, le roi donna lui-même le signal de l'adtniration, et elle fut telle qu'on ne regarda plus celui de Mignard, et que tous les grands et magnifiques tableaux que M. Lebrun avait fait précédemment semblaient ne plus compter pour rien depuis l'apparilion du nouvel ouvrage. De semblables intrigues sont très-communes dans l'histoire do riù'olc française, et montrent la manière dont la cour faisait les réputations et le génie d'inihience (pi'elle a exerce sur lu mardie de l'art. — (Iravé par Audrau.
ô4 MUSÉE EUROPÉEN.