BAROCHE
Federigo Barocci s'attacha dès le commencement de sa carrière à l'étude des grands maîtres : doux, timide, enthousiaste, d'un esprit indécis, admirant également Raphaël ou Titien, Corrége ou Michel-Ange, il fut éclectique par instinct, comme les Carrache le furent par système. Il obtint très-jeune une grande renommée, et l'on a raconté que ses rivaux, jaloux de son succès, l'invitèrent à un repas d'honneur et lui firent prendre un poison trèsviolent, qui ne parvint pas à le faire mourir, mais qui détruisit à tout jamais sa santé : anecdote difficile à admettre, quand elle s'applique à un homme qui a immensément produit et qui a vécu quatre-vingt-quatre ans.
Baroche ne saurait être assimilé ni aux grands maîtres de l'épo(iue précédente, ni aux maniéristes ses contemporains. C'est un réformateur, mais un réformateur timide : il n'eut ni le savoir ni la fermeté des Carraclie, et paraît à côté d'eux à peu près comme Vien à côté de Louis David.