STATUES ANTIQUES DE L’EUROPE
Hercule.
Héros ou demi-dieu, Hercule fut originairement un personnage tout grec. C’est avec ce caractère essentiellement hellénique qu’il apparaît dans les poèmes d’Homère et dans les hymnes. Son nom, emprunté à la langue de ce pays, est dérivé des mots secours (>)pa) et gloire (nkéos) , ou de ce dernier mot et du nom de Junon (Hpa), parce que cette déesse, en lui imposant ses travaux, fut la principale source de sa gloire.
Héraclès , ou , comme disaient les latins , Hercule , était le héros national de la
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Grèce. Son nom fui originairement Alcide [AXxrj), c’est-à-dire la force. Les persécutions que dirigea contre lui l’épouse de Jupiter, lui firent imposer le surnom sous lequel il fut plus tard presque exclusivement connu. Fils de Jupiter et d’Alcmène, qui lui donna le jour à Thcbes en Béotie, Hercule est à la fois le type parfait d’un héros bienfaisant qui consacre sa vie entière au salut de l’humanité, et le plus célèbre des guerriers de ces temps héroïques si féconds en personnages illustres. Doué d’une force prodigieuse et d’un courage à toule épreuve, il pousse parfois la témérité jusqu’à défier les dieux immortels, à la volonté desquels il se soumet cependant durant sa longue vie de souffrances. Le haine de Junon , qui le priva du pouvoir souverain , auquel Jupiter l’avait appelé, lui suscitant d’interminables persécutions, il dut continuellement errer sur terre et sur mer pour secourir les opprimés et dompter les monstres, au mépris de son repos et de sa propre vie : de là l’origine de ses travaux, type des exploits héroïques. Ces travaux se passent tous dans la Grèce et l’Asie Mineure , nouvelle preuve de l’origine toute grecque de son histoire. Les travaux d’Hercule n’eurent pas de nombre, ni même d’ordre déterminé : ce ne fut que plus tard qu’on les assujettit à un certain ordre et qu’on en fixa le nombre ; toutefois, le dernier des hauts faits du fils d’Alcmène demeura toujours sa descente aux enfers. Junon s’apaisa enfin à la mort du héros , et Hercule, déposant sa dépouille mortelle, qui demeura comme une ombre dans l’empire de Pluton, s’éleva dans l’Olympe, où il alla s’unir à la gracieuse Hébé. et siéger au milieu des immortels.
L’histoire des épreuves et des aventures d’Hercule fut un thème sur lequel l’imagination grecque broda incessamment. De là ces légendes innombrables et la plupart contradictoires débitées sur son compte. Entre ces légendes, celles qui se rapportent aux douze années qu’il demeura au service d’Euryslhée, sont les plus célèbres.
Lorsque les mythographes alexandrins soumirent à un travail de raccordement les légendes relatives à Hercule, on distingua les travaux principaux, dont le nombre fut fixé à douze, des travaux secondaire ou parerga. C’est alors que la fable d’Hercule se mêla à celles qui avaient cours chez d’autres peuples touchant certaines divinités dans lesquelles les Hellènes croyaient reconnaître leur Hercule. Melkarlh ou l’Hercule tyrien ou phénicien, Sandon ou Sandan ou l’Hercule lydien, Ogmios ou l’Hercule gaulois, Djom ou l’Hercule égyptien se confondirent avec le fils d’Almène. De la confusion de ces dieux hétérogènes , on composa un être multiple, sorte de divinité solaire dont les travaux représentent le passage pour les douze signes du zodiaque. Les mythes primitifs furent altérés de façon à s’accorder avec la physionomie nouvelle du fils d’Alcmène. C’est ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, que les Cercopes, ces brigands des Thermopyles qu’Hercuîe combattit, devinrent plus tard, lorsque Hercule eut été identifié au dieu solaire égyptien, ces singes cynocéphales qui accompagnent la bari du Soleil. D’autres mythes vinrent se greffer à la légende grecque, telle est l’histoire des amours d’Hercule et d’Omphale, de la vie efféminée du héros, de sa mort sur le bûcher, faits empruntés au dieu hermaphrodite Sandan. C’est ce produit du syncrétisme qui se montre dans l’Hercule des derniers temps du polythéisme.
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Partout où le culte d’une des divinités assimilées à Hercule avait existé, l’image du héros grec prit la place du primitif et souvent informe simulacre. Le caractère général de ses représentations exprime une force mâle et presque surhumaine qui apparaît également dans l’enfance du fils d’Alcmène, et dans sa pleine mâturité. Ses membres sont vigoureux, ses cheveux courts et bouclés, son cou musculeux et ramassé; ses traits expriment la témérité. 11 est ordinairement vêtu d’une peau de lion , ses armes sont la massue et l’arc scythe à double courbure. La tête et les yeux, comparés au reste du corps, sont petits, les cheveux épais et crépus, la partie inférieure du front saillante.
195 2. — Amphion, Zéthus et Dirgé (le Taureau Farnèse), marbre, pl. 811 et 8 1 1 A (1). Musée Borbonico.
Ce groupe, connu sous le nom de Taureau Farnèse, représente Amphion, Zéthus et Dircé; il rappelle celui dont parle Pline, qui se trouvait, au temps de cet écrivain, dans la splendide habitation d’Asinius Poliion , et qui, comme il nous l’apprend, avait pour auteurs Apollonius et Tauriscus (2).
Le groupe Farnèse a été trouvé, d’après Pietro Sanie Bartoli, vers les années 1 534 à i55o, par le cardinal Farnèse, dans les thermes d’AntoninPie. (Voy. notre Introd. t. III, p. ccxxxii.)
Maflei , dans son texte sur la Raccolta de Rossi , indique la même origine, dont il est fait, dit-il, mention sur une ancienne gravure de ce groupe. Il rappelle que les jardins d’Asinius Poliion étaient voisins des thermes d’Antonin, et pense que le Taureau Farnèse a dû se trouver seulement dans le voisinage de ces thermes.
Si ce groupe est le même que celui dont parle Pline , il faut admettre que l’inscription qui indiquait les sculpteurs n’était pas sur le groupe même , ou qu’elle a disparu.
Les mythographes racontent qu’Antiope, femme de Lycus, roi de Thèbes, fut répudiée par son mari, qui épousa ensuite Dircé, et que Dircé, devenue reine, persécuta celle dont elle tenait la place. Anliope répudiée devint enceinte de Jupiter; elle alla accoucher sur le mont Cythéron, et mit au jour deux enfants jumeaux , Zéthus et Amphion , qu’elle donna à garder à des bergers.
Dans la suite, les jeunes princes, instruits des malheurs de leur mère, attachèrent Dircé à un taureau furieux qui l’entraîna et la mit en pièces.
Amphion et Zéthus se rendirent célèbres, l’un dans la musique, l’autre dans l’exercice de la chasse (3).
(1) Nous avons donné deux fois la gravure de ce groupe, parce que la première, celle de la pl. 811, nous a paru ne pas bien en rendre tous les détails.
(2', oln iis sunt Zéthus et Am-
nphion, ac Dirce et taurus vinculumque, «ex eodem lapide, Rhodo advecta, opéra
« ApolloniietTaurisci. # (Plin. lib. XXXVI, cap. v.)
(3) Le bas-relief du Louvre qui représente Antiope réconciliant ses deux fils, nous a donné l’occasion de rapporter tout ce que l’antiquité nous a transmis sur leur histoire. (Voy. t. II, n° 205, p. 21 3.)
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Dans notre groupe, haut de 12 palmes, les personnages principaux sont placés sur un rocher. Le taureau se dresse sur ses pieds de derrière, et Amphion, qui lui fait face, le lient par une corne et le mufle. Zéthus, placé du côté opposé, contient le taureau en tirant la corde qui entoure la tête de l’animal. Dircé elle-même , attachée , est renversée sous le taureau. C’est le moment où l’animal furieux va devenir libre.
Le groupe présente aussi des figures accessoires. A droite et au bas du rocher est une figure assise qui ne peut être que Bacclius. Ce personnage a de longs cheveux et une couronne de pin, une tunique qui laisse nu le côté droit de la poitrine , une nébride et des brodequins. Il porte une guirlande de feuilles de lierre en écharpe de droite à gauche. On peut donner pour raison de la pi'ésence de Bacclius dans ce groupe l’origine thébaine d’Antiope; peut-être . avail-il procuré la punition de Dircé. Près de cette ligure est un chien qui se dresse et aboie.
Derrière le taureau, on aperçoit une figure de femme, debout, qui pourrait être Antiope elle-même.
Amphion, musicien célèbre, se reconnaît à une lyre qu’on voit de son côté, appuyée à un tronc d’arbre. Du côté de Zéthus, que nous avons dit avoir été chasseur, on voit sur le rocher deux têtes de sangliers dans un antre, et un chien qui court.
L’aigle qu’on remarque sur le même point est figuré comme l’aigle de Jupiter; il est attaqué par un serpent
D’après Mafl’ei, Inc. cil. le groupe fut découvert fragmenté, et il put être rétabli intégralement avec les morceaux trouvés; mais cet auteur a été mal renseigné- Notre dessinateur de Naples, en nous envoyant le nouveau dessin, a indiqué soigneusement les parties modernes. Elles sont nombreuses et considérables, et c’est pour cette raison qu’elles ne sont pas marquées sur notre gravure, parce qu’elles auraient nui à l’effet.
Sont modernes : au taureau , les deux jambes de devant et partie de l’ongle de derrière;
A Amphion, la tête, le cou, les deux bras avec l’épaule droite, les deux jambes avec les deux genoux;
A Zéthus, la tête, le bras droit en entier, l’avant-bras gauche jusqu’à la draperie, les deux tiers de la cuisse gauche et la jambe: partie du pied restait adhérente au rocher;
A Dircé, toute la partie supérieure, tête, bras et poitrine, jusqu’à la naissance du ventre ;
A Bacchus, la main droite et presque tout l’avant-bras; le bras gauche, du deltoïde au poignet; la main, antique, adhérait au rocher.
Le chien qui se dresse près de Bacchus n’a d’antique que la patte droite de devant.
Les montants des cornes de la lyre sont modernes, mais la traverse supérieure adhérait au rocher; le corps ou caisse est antique.
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* 1953, 1964. — Hercule avec les serpens, marbre, pl. 3o2 et 781. Musées du Louvre et Dresde.
A la première statuette, provenant de la villa Borghèse, la partie antique, réduite à peu près au torse, ne conserve aucune indication de serpens. Mais la pose indiquée par cette partie conduit assez naturellement à la restauration qui en a été faite. On trouvera une pose à peu près semblable et moins bonne au n° i960. L’enfant est assis principalement sur la jambe gauche, s’appuyant de la main gauche, qui lient la tête d’un des serpens enroulé autour du poignet. La main droite, placée près du genou, tient la tête de l’autre serpent, dont le corps est enroulé autour de la jambe.
La tête est celle de notre statue. Sont modernes : les deux bras en entier , la cuisse et la jambe droites, la jambe gauche sans le pied, les serpens. [Haut. om,5oo = 1 pi. 6 po. 5 li. 1/2.]
La seconde statuette n’est probablement pas un Hercule. C’est un enfant assis sur un rocher, la tête et les mains appuyées sur le genou gauche, comme à la statuette du même musée donnée sous le n° 1867; mais ici l’enfant à un pétase et une tunique.
Les serpens se voient sur la base, mais ils ne sont pas menaçans. Ils semblent figurer ici au même titre qu’à l’autre statue citée, qui est endormie.
La jambe droite est moderne. [Haut. 1 pi. 7 po.]
1965, îgôÔ A. — Hercule et les serpens, marbre, bronze, pl. 781, 783. Florence, et musée Borbonico.
Dans les deux statuettes ici réunies, Hercule enfant a à peu près la même pose. Agenouillé des deux genoux, il lient de la main gauche, à terre, l’un des serpens, et serre la tête de l’autre, en élevant la main. Ce dernier serpent est enroulé autour du bras.
Zannoni vante la première statue. On voit bien, dit-il, Hercule enfant développer toute sa force pour tuer les serpens ; son effort paraît à la contraction du front, mais le reste du visage offre la tranquillité résultant de la certitude de la victoire.
On doit à la restauration : le bras droit et le serpent presque en entier , la jambe droite avec moitié de la cuisse, et au serpent tenu par la main gauche, la tête et la queue. Il restait d’antique un fragment de chaque serpent, savoir, de l’un le tronçon adhérent à la tête d’Hercule, et de l’autre la partie adhérente à la main gauche. [Haut. 3 pal. 6 on.]
La seconde statuette, du musée de Naples, provient de la collection Farnèse, et, selon Finati, avait été trouvée à Rome. Comme le visage n’est pas dirigé vers les serpens, Finati a été tenté d’y voir la figure qui donna lieu à l’épigrammc suivante de Martial, lib. XIV, n° i63.
Elidit geminos infans, ncc respicit, angues.
Jam poterat teneras hydra timere manus.
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Cette statuette de bronze repose sur une base circulaire où sont représentés neuf des travaux d’Hercule dans six corapartimens (1).
La statue et les bas-reliefs de la base ne sont pas du même style, ni de la même époque, mais sont également une œuvre de mérite.
1956. — Hercule (Enfant en), basalte vert, pl. 781. Musée Capitolin.
On doit remarquer, à propos de cette statue, d’abord sa matière; elle est en basalte vert, dit pierre de touche; ensuite sa hauteur, qui est demi-colossale. Elle a été trouvée sur le mont Aventin (2). Elle représente un enfant portant la peau de lion qui lui couvre la tête et va ensuite par derrière passer sur l’avantbras gauche, comme le font les cldamydes. La main droite, abaissée, tient un volume. La main gauche, horizontale, tient des pommes.
Les seules parties modernes sont : la main gauche et les pommes, une partie de la peau de lion qui descend de l’avant-bras, le bord antérieur de la plinthe; le tronc d’arbre à gauche , qui est antique , a conservé les pattes de l’animal qui y adhéraient. Il y a des cassures au biceps droit. [Haut. 8 pal. ti on.]
1967 , 1957 A. — Hercule et les serpens, bronze, marbre, pl. 781 et 783. Florence et coll. Pembroke.
La première de ces statues , en bronze , pourrait avoir été faite pour décorer une fontaine. Hercule enfant est assis sur un piédestal cylindrique, la jambe gauche allongée vers le bas. La main droite, élevée, tient la tête cl’un des serpens, dont le corps descend s’enrouler autour de la jambe. La main gauche, abaissée, tient la tête de l’autre serpent, qui s’enroule autour de la jambe du même côté. [Haut. 3 pal. 9 on. 1/2.]
L’autre figure, simple statuette, offre un enfant assis sur un rocher. Chaque main tient la tête d’un serpent dont le corps s’enroule autour du bras. Les bras et les serpens sont modernes, et comme il est peu dans l’esprit de la statuaire antique de représenter ainsi la lutte d’Hercule avec les serpens, on peut croire que la statue représentait un autre sujet.
La tête est celle d’une autre statue et paraît être un portrait d’empereur enfant. [Haut. 2 pi.]
(1) Dans le premier compartiment, Hercule ramenant Cerbère, Hercule tuant le lion; dans le deuxième, Hercule tuant les oiseaux stymphalides, Hercule enlevant les pommes des Hespérides;dans le troisième, Hercule tuant les chevaux de Diomède; dans le quatrième, Hercule tuant l’hydre,
Hercule conduisant le chien ; dans le cinquième, Hercule prenant la biche; dans le sixième, Hercule tuant Géryon.
(2) Voyez notre introduction, t. III, p. eexx. D’après Bottari, elle fut achetée 1,000 écus romains.
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1968, a 1959, i960. — Hercule et les serpens, marbre, pl. 782. Musée de Turin, Vatican, musée Capitolin.
Hercule enfant est assis sur la jambe gauche ramassée, et élencl la droite le long de la plinthe. Les serpens sont énormes. Sa main droite touchant à la plinthe en tient un près du pied gauche. Le corps de ce serpent s’enroule autour de la cuisse et de la jambe droites. L’enfant regarde ce serpent, qui lui montre une gueule béante.
La main gauche, élevée, tient l’autre serpent à quelque distance de la tête. Ce second serpent ouvre aussi, du côté d’Hercule, une gueule béante. Son corps est enroulé d’abord autour du biceps gauche, ensuite le long de la cuisse du même côté. [Haut. 2 pi. 2 po.]
La seconde statue est debout, et ici comme au n° 1967 il est peu probable que tel ait été le sujet primitif. Le pied droit écrase la tête de l’un des serpens, que la main droite, abaissée, saisit du côté de la queue. La main gauche, ramenée vers le sein, tient la tête de l’autre serpent, dont le corps s’allonge vers la plinthe.
La tête est celle de la statue, dont elle a été séparée. On doit à la restauration les deux bras, les serpens, les jambes et le tronc, sur lequel le restaurateur a cru pouvoir mettre un lézard. [Haut. 3 pal. 4 on. 1/2.]
A la troisième statue, la pose est à peu près la même qu’au n° ig53. L’enfant assis, le bras droit étendu, lient et regarde un serpent, qui s'efforce de s’élancer sur lui; la main gauche tient l’autre serpent sur la plinthe.
Sont modernes : le bras droit depuis le bas du deltoïde, la tête et le cou du serpent de ce côté, la moitié du pied droit. [Haut. 2 pal. 1/2.]
1961 , 1962 , 1963. • — Hercule (Enfant en), marbre, pl. 784* Cavaceppi , coll. Worsley, Vatican.
Nous n’avons sur la première figure, prise dans l’ouvrage de Cavaceppi, d’autres détails que le dessin que nous en donnons. Cet enfant ale buste enveloppé d’une peau de lion , qui recouvre tout le bras gauche. La main gauche est placée derrière la hanche; la main droite est sur la poitrine, tenant une patte.
Le second enfant porte sur l’épaule gauche, recouverte de la peau de lion, une énorme massue; le bras droit est relevé au-dessus de la tête pour maîtriser le fardeau. Les peintures et les bas-reliefs offrent souvent de ces figures qu’on appelle Génies delà force. [Haut. 1 pi. 9 po.]
Le troisième enfant a la tête couverte de la peau du lion , qui va passer ensuite sur le bras gauche. Il tient de ce côté une outre.
La tête est intacte. Sont modernes : les deux bras, la peau du lion sur le bras gauche, l’outre, la jambe gauche. Le tronc d’arbre est antique. [Haut. 2 pal. 1 1 on.]
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1 964* — Hercule, marbre, pl. 786. Florence.
La têle de cet Hercule ne rentre point dans le style des représentations de ce dieu. On pourrait en dire autant des formes du corps. La statue se trouve faire pendant à celle qui est donnée sous le n° 1997, et que Gori déclare moderne; la présente statue pourrait avoir la même origine. [Haut. 1 au. 2 1 po.]
1 964 A. — Hercule jeune, m. de C. pl. 784. Coll. Pamphili.
Statue demi-colossale, dont le torse est presque en entier antique, mais dont la tête est moderne.
La partie antique offrait un homme aux formes jeunes , tenant à gauche une massue appuyée sur le deltoïde. La tête avait été couverte d’une peau de lion, dont les pattes sont sur la poitrine, et qui allait passer sur l’avant-bras gauche pour retomber près d’un tronc d’arbre.
La restauration lui a donc donné une tête jeune couverte de la tête de la peau de lion, et notre dessinateur a pensé que ce pouvait être Aventinus, fils d’Hercule. Ercole o eroe Aventino.
On doit à la restauration, outre la tête, la main droite avec le poignet, le pied droit avec partie de la jambe. [Haut. 9 pal.]
a 1964 B. — Hercule (Jeune), mar. de Carr. pl. 802 D. Villa Pamphili.
A la simple inspection de la tête et du corps de cette statue d’un peu moins de 5 palmes de haut, on reconnaît qu’on a voulu représenter un jeune homme avec les attributs d’Hercule. La pose répond très-bien à cette pensée. Le personnage tient la massue de la main droite, abaissée, et dans la main gauche, horizontale, mais qui manque, il tenait indubitablement des pommes.
La têle a été séparée. On doit à la restauration , les jambes et le bras de la statue. [Haut. 4 pal- 10 on.]
1964 C. — Hercule, bronze, pl. 802 D. Florence.
Figurine en bronze présentant un homme très-jeune avec une peau de bon, un rhyton et une pomme.
La main droite tient le rhyton, la gauche la pomme. La peau de lion est placée sur la tête, d’où elle descend couvrir l’avant-bras gauche. Deux pattes sont nouées sur la poitrine.
Les lares étaient représentés jeunes et avec une peau d’animal sur la tête. Le rhyton leur convenait parfaitement; mais, d’après Plutarque {Quest. Rom.), la peau était celle du chien, symbole de la fidélité, et sur notre gravure la peau du lion est très-bien caractérisée. [Haut. 1 pal. 3 on.]
On voit aussi un rhyton à une figurine en bronze d’Hercule donnée dans le Muséum etruscum de Gori, pl. 71. Cette statuette tient à gauche la massue avec
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la peau de lion , et les traits comme la pose n’offrent aucune opposition à une représentation d’Hercule.
1964 D. — Hercule, bronze, pl. 802 D. Florence.
Cette figurine, d’un peu plus d’un palme, offre une jolie représentation d’Hercule. Le héros a la couronne de peuplier, des cheveux un peu plus longs qu’à l’ordinaire, mais bouclés. Le poids du corps porte principalement sur la jambe droite, car le talon gauche est levé. La main droite, écartée à la hauteur de la hanche, s’appuie sur la massue; la gauche, ramenée près de la poitrine, a les deux premiers doigts levés.
Une tête de lion couvre l’épaule gauche et la peau en descend majestueusement jusqu’à la jambe. L’avant-bras , non couvert par la peau , est entouré d’un morceau d’étoffe qui est sans doute l’éphaptide dont parle Pollux (1).
L’auteur de la Galleria reale dit que le bras gauche et la peau de lion n’ont pas été coulés avec la statue, mais y ont été soudés. Il en vante les belles proportions, le mouvement gracieux, l’heureuse conservation, et dit qu’elle conserve des traces d’ancienne dorure.
Ce même auteur est d’avis que la main gauche tenait un arc ; dans ce cas , l’arc eût été incliné. Du reste, on voit souvent Hercule sur les médailles avec un arc. [Haut. 1 pal. 1 on. 1/2.]
1965. — Hercule jeune, marbre, pl. 786. Musée de Dresde.
Hercule s’appuie sur sa massue placée sous l’aisselle gauche et recouverte de la peau du lion. La massue porte sur une tête de bœuf. La main droite, repliée derrière le dos , tient les pommes des Hespérides. C’est donc la pose de l’Hercule Farnèse (voy. 1978). La tête de bœuf peut se rattacher à la victoire sur le taureau de Crète.
La tête de cette statue est imberbe, mais elle appartient à une autre statue. Les formes du corps, à en juger par le dessin, n’excluaient pas une tête barbue. On trouve, du reste, la tête actuelle trop forte.
Sont modernes : le bras droit, l’avant-bras gauche, la jambe droite et partie du pied gauche. La statue provient de la collection Chigi. [Haut. 1 au. 22 po.]
1966. — Hercule, bronze, pl. 785. Musée Britannique.
Cette jolie statue d’Hercule au jardin des Hespérides a été trouvée dans un temple de Gebail, ville moderne, bâtie sur les ruines de l’ancienne Byblos, sur les côtes de la Phénicie. On dit que deux inscriptions grecques , chacune de 12 à 1 4 lignes , furent déterrées en même temps , et que les plaques de bronze sur lesquelles elles étaient gravées furent aussitôt fondues par les barbares qui les avaient découvertes. Achetée de quelque marchand grec par le
(1) Voyez notre Essai sur les costumes antiques, t. II, p. 76.
docteur Swimney , chapelain de la factorerie de Constantinople , la statue fut apportée en Angleterre, en 1779- L’endroit où elle a été trouvée, et les rapports qu’elle présente avec le caractère des figures d’Hercule sur les médailles de Tyr, peuvent faire croire, avec M. T. Combe, qu’elle oifre l’imagede l’Hercule lyrien, Baal-Melkarlh. Ce dieu, que les Hellènes avaient identifié au fils d’Alcmène, avait à Byblos un temple de la plus haute antiquité. On le disait bâti en même temps que la ville, dont Hérodote (liv. II, c. xliv), d’après les prêtres d’Hercule, fait remonter la fondation à 2,3oo ans avant son voyage «à Tyr. Arrien [De exped. Alex. t. II, c. xvi) donne aussi ce temple comme le plus ancien qu’il y eût de mémoire d’homme.
* 1967. — Hercule (Jeune), mar. gr. pl. 3o2. Louvre.
Statue de moins de trois pieds de haut, dont le masque, tout à fait jeune, indique qu’on a représenté un très-jeune homme avec les attributs d’Hercule.
La partie antique se réduit au torse, mais la restauration qui en a été faite était suffisamment indiquée. La main droite, abaissée, tient la massue; la gauche, horizontale, tient les pommes.
Sont modernes : la tête , l’avant-bras droit avec la massue , la main gauche avec partie de l’avant-bras, la moitié des cuisses et les jambes.
Elle provient de la villa Borghèse. [Haut. om,886 =: 2 pi. 8 po. 9 li.j
* 1968. — Hercule jeune, mar. peut. pl. 3oi. Louvre.
Statue provenant de la villa Borghèse et qui présente l’avantage d’avoir conservé sa tête.
Le dieu porte une couronne de peuplier blanc (1) , retourne un peu la tête à droite et paraît regarder vers le ciel; en l’état où on l’a mis, il tient la main droite près de la hanche, et dans l’autre main, horizontale, la massue. La peau de lion repose sur l’avant-bras.
Mais on doit à la restauration l’avanl-bras droit, la main gauche jusqu’à la peau de lion, la par fie supérieure de la massue, et, outre ces restaurations, marquées sur notre gravure, la moitié inférieure de la statue est moderne.
La partie supérieure, seule antique, est exécutée d’une grande manière. [Haut. 2m,32 9 = 7 pi. 2 po. ]
(1) Le peuplier était propre à Hercule, et l'on rapportait qu’il s’en était ceint la tête , lors de son voyage aux enfers. La vapeur infernaleavait noirci le dessous desfeuilles, mais le dessus était resté blanc. Pour empêcher de confondre les feuilles du peuplier avec celles du lierre, les sculpteurs anciens avaient l'attention d’entre-mêler celles-ci de leurs eorymbes. Cette couronne de peuplier était devenue celle des athlètes ou de ceux qui disputaient les prix des jeux; aussi Virgile
[Æn. 1. V, 1 34 ) ceint-il de peuplier la tête des jeunes gens qui célèbrent des jeux en l’honneur d’Anc’nise. On sait, par Théocrite, * que ces couronnes de peuplier étaient renouées de bandelettes ou de lemnisquesde pourpre, et l’on peut supposer de cette couleur celles que nous offrent plusieurs têtes antiques d’athlètes. (Voy. Mus. Pie- Clém. t. VI, pl. 1 3 ; — Antiq. d'Hercul. t. I, pl. tii et 62.)
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1969. — Hercule jeune, m. de G. 787. Coll. Giustiniani.
La pose de cette figure s’éloigne beaucoup des attitudes qu’on donne à Hercule, et peut-être n’en est-ce pas un.
Et d’abord, la tête, que notre dessinateur déclare n’être pas celle de la statue, et qu’il est même disposé à croire moderne, offre des traits efféminés, des cheveux gracieusement bouclés et une couronne de pampre.
La statue elle-même a les pieds comme en équerre, tenant des pommes dans la main droite avancée. Le bras gauche manquait depuis le bas du deltoïde. La restauration, suivant sans doute la cassure, a rétabli le bras allongé vers le bas, et a mis dans la main une massue appuyée au biceps. Ce bras et la massue sont les seules parties modernes. A gauche de la figure est une énorme peau de lion placée sur un tronc d’arbre, et qui n’est pas signalée comme moderne.
Le n° 1786, dont les traits sont ceux d’un vieillard, offre à peu près cette disposition des pieds, et encore la couronne. [Haut. 6 pal. 6 on. 1/2.]
a 1969 A. — Hercule (Jeune), m. gr. pl. 794. Coll. Giustin.
Les traits de cette figure indiquent une statue portrait et la représentation d’un jeune homme avec les attributs d’Hercule. La main droite, abaissée, tient la massue, et la gauche, horizontale, les pommes. L’avant-bras gauche est couvert de la peau de lion , qui retombe des deux côtés sur un tronc d’arbre.
La tête n’a été que séparée , et les bras n’offrent que quelques cassures ou tasseaux. Sont modernes : le pied droit, la jambe gauche, la massue presque en entier, le bas de la peau du lion avec le tronc d’arbre. [Haut. 7 pal. 10 on.]
1969 B. — Hercule, bronze doré, pl. 802 E. Mus. Capitolin.
Statue colossale trouvée par Sixte IV, avec sa base, selon les uns au Forum, et selon les autres près de Sainte-Marie in Cosmedin, dans un temple détruit. (Voy. notre Inlrod. t. III, p. cxci et ccxx.)
Elle acquiert une grande importance à raison de l'inscription que porte sa base, laquelle nous apprend qu’elle fut dédiée par C. Ulpius Fronton, sous le consulat de Lucius Vettius Paulus et de Titus Junius Montanus. Hercule y reçoit l’épithète de Victor, Pollens, Potens, Invictus.
Hercule est tourné à droite; il tient d’un côte la massue , et de l’autre main , horizontale, des pommes.
Il est extrêmement crépu, et l’on y peut voir l’Hercule libyque, comme au n” 1976.
La base porte, sur la façade antérieure, des couronnes de chêne liées à des massues. Sur le côté droit Hercule et Cerbère, et sur le côté gauche un sanglier. Les parties modernes se réduisent à un tasseau au cou, un autre à la cuisse gauche et à la plus grande partie de la massue. [Haut. 10 pal. 6 on.]
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1970. — Hercule, marbre grec, pl. 790. Coll. Torlonia.
Hercule tient la massue de la main droite, abaissée, et dans la main gauche, horizontale , des pommes ; la peau de lion repose sur l’avant-hras.
Sont modernes : la tête , qui est tournée à droite et qui a les cheveux crépus, le bras droit depuis le milieu du biceps, et une partie de la massue, la main gauche avec les pommes, la tête et les pattes de la peau du lion et le tronc d’arbre. Il y a des cassures sur la massue , sur les cuisses et sur les jambes , et des tasseaux en divers endroits. [Haut. 8 pal. 6 on. 1/2.]
1970 A. — Hercule, marbre de Paros, pl. 790. Angleterre.
Statue de moins de quatre pieds, aux formes jeunes et élancées, dont le torse est plié gracieusement sur le flanc droit.
Le bras droit et les deux jambes sont modernes. Le nez manque.
L’avant-bras gauche, horizontal, soutient une peau de lion. Le bras droit, élevé, qui a été restitué, a perdu sa main depuis la restauration. La partie antique se réduit ainsi à un torse. [Haut. 3 pi. 10 po.]
© 1971. — Hercule, br. pl. 790. Paris, Cab. des médailles.
Sous ce numéro et sous le n° 1974 sont placées deux figurines de 8 pouces de haut faisant partie de la même collection et offrant la plus grande analogie. Elles ne sont point revêtues de la peau de lion.
La première fait face à gauche. La main gauche, placée près de la hanche, lient des pommes. Le bras droit manque depuis la saignée ; la main tenait sans doute la massue.
La figurine 1974 fait face à droite, se présentant de trois quarts. La main gauche tient les pommes. La main droite manque ainsi que le poignet; elle tenait probablement la massue perpendiculaire. [Haut. 8 po. ]
1971 A. — Hercule, mar. Carr. pl. 208 A. Coll. Pamphili.
La partie antique de cette statue se réduit à un torse d’homme jeune, dont le bras droit est élevé et le gauche abaissé. C’est d’après cette indication que l’artiste moderne l’a restauré en un Hercule, dont la main droite, élevée comme pour tenir une lance, lient à la place une massue. Celle-ci s’appuie sur un tronc d’arbre à la hauteur des hanches.
Sont modernes :1a tête, le bras droit en entier, la massue , le bras gauche depuis le biceps, les cuisses, les jambes, le tronc d’arbre. Nos indications portent même qu’aujourd’hui la statue est privée de la main droite et de la massue. [Haut. 5 pal. 3 on.]
1971 B. — Hercule assis, m. gr. pl. 790 A. Mus. Britann.
Nous donnons cette statuette de face, d’après M. Ellis, et on la trouvera de
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profil dans l’ouvrage de Combes, tome X, pl. 4i- Noire gravure montre la peau du lion qui couvre le côté droit du rocher où Hercule est assis.
En l’état actuel, cet Hercule a la main gauche abaissée près du rocher et tient de ce côté la massue. Il avance la main droite, qui tient les pommes.
Les deux bras et la massue sont modernes, et le continuateur de Combes, M. Hawkins, s’est demandé si la restauration était exacte.
Cela n’est pas douteux en ce qui concerne le bras gauche et la massue, d’autant plus qu’on trouveHercule ainsi représenté sur les médailles d’Anliochus II et sur une médaille d’Amastris (Paphlagonie). Sur les premières médailles, Hercule s’appuie de la main droite sur le rocher; sur celle d’Amastris, Hercule avance la main droite, mais tient une patère.
La tête est Irès-frustre , mais elle nous a paru être celle cle la statue; dans ce cas, elle aura été séparée. Elle porte une couronne dont on ne distingue plus les feuilles, et des lemnisques qui descendent très-bas sur les bras.
Outre les restaurations ci-dessus indiquées , il y a des tasseaux modernes aux genoux, aux cuisses et aux jambes. Le rocher et la peau du lion sont antiques. La statue, d’un dessin vigoureux , est bien modelée et d’une exécution soignée. [Haut. 2 pi. 5 po.]
1971 C. — Hercule, bronze, pl. 8o4. Musée britannique.
Figurine trouvée en 1818 à Bavay (Nord), et publiée dans les Specim. of dil. tome II, pl. 33.
Notre héros, la main droite abaissée, lient la poignée d’une massue. Le bras gauche manque en entier; mais les auteurs du Specimen disent qu’on remarque sur l’épaule les traces d’une peau de lion en argent.
Les yeux de la figurine sont en argent; la base est moderne. [Haut. 1 pi. 8 po. 10 li.]
1972. — Hercule, marbre Cip. pl. 790. Coll. Giustiniani.
Statue de grande nature offrant les traits d’un jeune homme aux formes élancées. Le corps est plié gracieusement sur le flanc gauche.
Les bras manquaient , et leur cassure indiquait que le gauche était levé en l’air et le droit abaissé. On les a restaurés en ce sens. La main gauche est fermée et a l’index levé. La droite tient un fragment de sceptre.
On ne voit point de peau de lion, et tout dans la statue éloigne l’idée d’Hercule. Aussi notre dessinateur de Rome l’a-t-il désignée sous le nom de statua virile incognita.
Le mouvement du bras gauche, qui est le plus important, est difficile à expliquer, et nous sommes disposé à en induire que la statue faisait pendant à une autre dont le mouvement en sens inverse s’expliquait naturellement; le bras droit portait peut-être une peau de lion comme au n° 1970 A.
Sont modernes : le nez, le menton , le bras droit depuis le bas du deltoïde, le gauche depuis le haut du deltoïde, la jambe droite, le pied gauche avec partie de la jambe, le Irone d’arbre. [Haut. 8 pal. 9 on.]
1 978 et 1973 A. — Hercule, marbre, pl. 7 88 et 802 G. Coll. Lansdowne et musée de Madrid.
La première statue a été trouvée dans un faubourg de Rome. Elle est de grande proportion, remarquable par sa tête imberbe, ses cheveux crépus, et la manière dont elle tient la peau de lion et la massue.
La main droite, abaissée, tient la crinière du lion , dont la peau et notamment les pattes louchent à la plinthe. La main gauche tient la massue sur l’épaule; cette arme est ici moins grande qu’à l’ordinaire.
On dirait qu’Hercule est représenté au moment où il emporte la dépouille du lion qu’il vient de tuer.
Les parties modernes se réduisent à des fragmens intermédiaires pour lesquels nous renvoyons à la gravure.
La statue est fort belle; elle réunit la force, la jeunesse et la noblesse des formes à de belles proportions. Les pieds et les mains, dignes de la tête ellemême, indiquent que le plus grand soin a été donné à cette statue; mais sur d’autres parties le marbre est rongé. [Haut. 6 pi. 2 po.]
La seconde statue, un peu moins grande que la première, porte comme elle la peau de lion , mais de la main gauche ; la main droite tient la massue.
La tête est celle d’une autre statue. Sont modernes : les deux mains, la massue et la peau de lion, une partie de la jambe droite et du pied gauche. Ainsi la tête et les attributs n’ont pas appartenu à la statue primitive. [Haut. 5 pi. 5 po.]
© 1974* — Hercule, br. pl. 788. Paris, cab. des médailles.
Nous avons décrit celle figurine avec le n° 1971 , et nous y renvoyons.
1975. — Hercule, marbre, pl. 788. Coll. Giustiniani.
Statue colossale de belle manière offrant Hercule imberbe avec les cheveux crépus. Le corps, aux formes volumineuses, est plié sur le flanc droit, de sorte que la restauration lui a fait tenir la massue derrière la cuisse droite.
Le bras gauche était conservé presque en entier, et avec lui la peau de lion. La tête a été séparée. Les parties modernes sont le bras droit avec la massue, lamain gauche avec les pommes, le bas delà peau de lion, la jambe droite sans le pied, la cuisse gauche sans la jambe. [Haut. 10 pal. 1/2.]
1975 A. — Hercule (Jeune), m. gr. pl. 8o4 A. Mus. Borbon.
Dans celte statue moindre que nature, on reconnaît encore, à la première vue, la représentation d’un très-jeune homme en Hercule. La main droite, qui est moderne, tient les pommes.
La main gauche tient un instrument qui ressemble à un soc de charrue.
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Toute la peau de lion est jetée sur l’avant-bras gauche. La sculpture de cette statue est romaine et médiocre.
Sont modernes : toute la main droite, le pied droit, la jambe avec partie du bas de la peau de lion. [Haut, h pal.]
1976. — Hercule, bronze, pl. 7 88. Specim. of dilettanli.
Figurine de métal ayant passé de la collection du duc de Chaulne dans la collection Knight. Elle décorait l’anse d’un de ces vases de métal que les anciens plaçaient dans leurs temples , et notre gravure laisse voir la patte par où le torse adhérait au vase.
La patte d’en bas, sur laquelle la statue avait les pieds, a la forme d’une console.
Hercule tient la massue de la main droite, abaissée, et dans l’autre main, qu’il rapproche du deltoïde, se trouvent les pommes des Hespérides.
Les cheveux de cette figurine sont remarquablement crépus, circonstance observée déjà au n° 1966, d’où l’on peut induire que, comme ce dernier, notre Hercule a quelques-uns des caractères de l’Hercule tyrien.
Dans le Musée étrusque de Gori, pl. 72 , se trouve une statuette en bronze de même pose, et dont le support indique, d’après Gori lui-même, qu’elle servait d’ornement à un vase. Elle appartenait à la galerie de Florence, qui même eu avait une autre semblable.
Ces deux statuettes diffèrent de la nôtre en ce que les boucles de cheveux sont remplacées par des écailles élaborées avec le plus grand soin.
1977 et 1977 A. — Hercule et le Lion, marbre, pl. 785 et 792. Florence, Oxford.
Dans ces deux groupes, Hercule tient le lion par le cou et l’étouffe.
Nous donnons le premier groupe sous deux aspects, par devant et par derrière, d’après Gori, qui en vante beaucoup la sculpture; mais il n’en a pas indiqué la hauteur.
Dans le second groupe, très-curieux, Hercule porte son corps sur la jambe droite et étend la gauche en avant; il étouffe le lion en le serrant contre le côté gauche, et le lion s’attache de la patte gauche au bras droit d’Hercule, et de la jambe droite à la cuisse gauche. Le héros presse de son pied gauche la patte gauche du lion. La tête est rapportée et moderne.
Derrière Hercule est un rocher , sur lequel étaitassise, au milieu de bois figurés par quelques feuilles, une nymphe (1), probablement celle de Némée, dont on ne distingue plus que les cuisses ; sous l’homoplate droite d’Hercule est un reste de tenon qui appartenait à cette figure, de très-petite proportion.
Ce groupe est d’une jolie sculpture , quoique un peu molle; le dessin d’Hercule
(1) On voit cette petite figure sur des bas-reliefs représentant le même sujet. Voyez t. II, pl. i 96.
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a plus de vigueur. C’esl peut-êlre la plus jolie chose de celte collection. Le marbre est éraillé. [Haut. 2 pi. 6 po.]
1978. — Hercule Farnèse, m. gr. pl. 789. Mus. Borbon.
L’Hercule Farnèse été trouvé sous Paul III, en i54o, dans les ruines des thermes de Caracalla. (Voy. notre introduction, t. III, p. clxxiv et cxc.) Il lui manquait lamain gauche, quelques doigts de la droite, et les jambes. Les jambes furent trouvées , environ vingt ans après, dans un puits situé, dit-on, à trois milles de Rome. Elles sont restées longtemps sans appartenir à la collection Farnèse, et ce fut le prince Borghèse qui les donna pour compléter la statue (1).
La main gauche est en plâtre, elle est de Tagliolini. Les yeux de la statue étaient en émail ou en pierre dure.
Au bas de la massue est une inscription grecque apprenant le nom du sculpteur : c’est Glycon d’Athènes.
Nous ne reproduirons pas les éloges qu’a obtenus cette statue colossale ; nous nous bornerons à dire que les collections en offrent de nombreuses répétitions antiques (2) , et qu’elle paraît souvent sur les médailles (3).
On n’est pas d’accord sur le point de savoir si l’Hercule Farnèse est une statue originale. L’embarras vient principalement de ce que le sculpteur Glycon n’est pas cité par les auteurs anciens (4).
On a cru remarquer que cette statue figurait sur les médailles des villes grecques avant Caracalla, et sur les médailles impériales après cet empereur. On en a conclu que la statue se trouvait à Athènes avant Caracalla, et avait été transportée à Rome sous son règne. On s’expliquerait ainsi comment Pline ne la citait pas parmi les statues de Rome, et Pausanias parmi celles de la Grèce.
Le demi-dieu debout , dans l’attitude du repos , s’appuie sur sa massue re-
( 1 } Durant cet intervalle , la statue avait des jambes en plâtre, faites par Guillaume de la Porte, d’après une terre cuite de Michel-Ange. On prétend que celui-ci avait refusé de se mêler autrement de la restauration , et il paraît que la découverte des véritables jambes a prouvé que la restauration s’était montrée insuffisante.
(2) Nos planches présentent de ces répétitions à peu près de grandeur naturelle , etc.
On cite encore une statue de la collection Guarnaci de Yolterra, avec le même nom de Glycon d’Athènes , une autre à Caserta, une autre au palais Pitti à Florence, une petite en bronze à la villa Albani.
Dans la Galleria reale, t. III, pl. 110 et 1 1 1 , se trouvent deux petits bronzes de 1 1 et 9 on. Il y en a aussi dans l’ouvrage sur Herculannm.
(3) Médailles d’Athènes, Haym, Tes. Brit. t. I, pl. 17 ; de Tralles, Mus. Corrario-Pisani pl. 3g, n°6;de Patras sous Néron, avec les mots Herculi Auc/usto, Morelli, pl. 12, n° 11; de Sardes, sous Domitien (il est devant une figure assise.), ibid. t. II, p. 462; de Corinthe, sous Marc-Aurèle , Patin, Mèd. impér., p. 236; de Nice, sous Commode, ibid.; de Messènes, sous Septime-Sévère , Pellerin, pl.xn, n°7< DeGythiumaveclatêtede Géta, ibid. pl . xiv , n° 2 ; de Gordien , Beger. Thés , Pal. p. 332; de Carus, ibid. p. 356, 357 î de Dioclétien, ibid. p. 35g; de Maximin Hercule, ibid. pl. 36 1.
Cet Hercule est aussi sur une cornaline du musée Odescalchi; il tient un arc à la main gauche, t. II, pl. 12.
(4) On peut voir sur ce sculpteur notre Catalogue des artistes de l’antiquité, p. 1 1 9.
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couverte de la peau de lion. Le bras droit retombe de tout son poids ; dans la main gauche, passée derrière le dos , il tient trois pommes enlevées aux Hespérides.
Tout, dans cette admirable statue, exprime l’idéal de la force unie à l’agilité.
* 1979 et 1980. — Hercule, marbre, pl. 3o2 et 791. Louvre et coll. Torlonia.
Ces deux statues reproduisent le type de l’Hercule Farnèse, sauf une légère différence dans l’inclinaison du corps.
Dans la première, qui provient de la villa Borghèse, et dont la hauteur est moindre que nature, la massue pose sa partie inférieure sur une tête de bœuf, comme dans l’imitation déjà donnée sous le n° ig65.
La tête, couronnée d’olivier, rappelle que le demi-dieu fonda les jeux olympiques , et planta le premier des oliviers et des peupliers pour ombrager le stade , où le premier aussi il remporta le prix du pancrace. La tête appartenait à une autre statue.
On doit à la restauration les oreilles, le nez, les doigts de la main droite, le bras gauche depuis le biceps, la jambe droite moins le pied, le genou gauche, les doigts du pied et les oreilles du taureau. [Haut. im,5o2.]
Dans le second Hercule, qui est plus grand que nature, la massue repose sur un bloc recouvert de la peau de lion.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : le bras droit depuis le biceps , l’avant-bras gauche, les deux jambes, la plus grande partie de la massue, la peau de lion et le tronc d’arbre. [Haut. 7 pal. 10 on.]
a 1981. — Hercule et le lion, mar. grec, pl. 791. Vatican.
Dans ce marbre de petite proportion, Hercule est représenté à la fin de la lutte : le lion est étendu à terre , et Hercule en tient une patte.
Cette représentation se voit sur le bas-relief du Louvre, donné t. II, pl. 196, et sur les deux bas-reliefs de Florence publiés, l’un par Gori, et l’autre dans la Galleria reale, t. III, init.
La tête d’Hercule est la sienne , mais elle a été séparée. Sont modernes : le bras droit depuis le deltoïde, la massue, l’avant-bras gauche avec la patte du lion tenue par la main, les deux pieds et une partie de l’autre patte de derrière de l’animal. [Haut. 3 pal. 5 on.]
1982. — Hercule, marbre grec, pl. 791. Villa Borghèse.
On a encore ici une représentation d’Hercule Farnèse sous des proportions de grande nature. La statue est comme intacte, car la tête n’a pas même été séparée, et il n’y a de moderne que les doigts de la main gauche; on observe, déplus, des cassures au milieu du corps, au deltoïde droit, à la cuisse et au genou gauche. [Haut. 7 pal. 3 on.]
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a 1983. — Hercule, marbre, pl. 793. Munich, Glypt.
Pelile statue n’ayant d’antique que la tête et le torse, offrant Hercule barbu, avec la peau de lion sur la tête, tenant des pommes dans le main gauche, qu’i! élève à la hauteur de l’épaule; l’autre main, abaissée, tient la massue. La peau de lion est nouée sur la poitrine , et par derrière elle vient passer sur le bras gauche. [Haut. 2 pi. 4 po.]
1984, 1984 A, 1984 B. — Hercule, marbre, pl. 790 B et 802 C. Guattani, coll. Hope et Florence.
La pose de ces trois statues est celle de l’Hercule Farnèse, mais les deux premières ont la tête recouverte de la peau de lion.
A la première , dont le dessin a été pris dans l’ouvrage de Guattani, la main droite n’est pas placée derrière le dos, mais le bras est étendu, et la main tient un raisin. Cet accessoire, qui n’entre pas dans les idées de la sculpture antique en matière de représentation d’Hercule , peut faire croire ou à un dessin peu exact, ou à une mauvaise restauration. [Haut. 4 pal. ]
La deuxième statue, qui appartient à la collection Hope, n’est guère qu’une statuette. Les traits du visage, et la main placée derrière le dos et tenant un raisin au lieu des pommes , rappellent Silène. La peau qui lui couvre la tête pourrait même être celle d’une panthère, et enfin, sous cette peau, on remarque que la tête est chauve.
La statue est fort jolie comme dessin et comme modelé ; l’exécution en est large; l’expression de la tête, très-bonne, est celle de Silène pris de vin.
Sont modernes : le bras droit, du deltoïde au poignet, la main gauche et le bas de la massue. La main droite et le pouce de l’autre main sont antiques.
La troisième statue , de grandeur naturelle, a plus qu’aucune autre imitation de l’Hercule Farnèse , l’inclinaison de cette statue. La main gauche s’éloigne quelque peu de la massue.
Le bras droit depuis le deltoïde et l’avant-bras gauche sont modernes.
1984C. — Hercule, bronze, pl. 802 C. Florence.
La représentation qu’offre cette statuette est remarquable, non-seulement par elle-même, mais parce que la même galerie de Florence en possède une autre semblable de pose et d’accessoire, et différant seulement par la hauteur et le fini des détails. Elle se trouve dans la Galleria reale, t. II, pl. n3.
Hercule avance la main droite ouverte, geste qui semble indiquer qu’il veut parler. La tête du lion, très-forte, couvre l’épaule et le haut du bras; la peau s’étend sur l’avant-bras droit et descend de là près de la plinthe. La main gauche tient la massue, qui descend moins bas que la peau de lion.
Les médailles offrent quelque fois Hercule avec la main droite avancée, mais
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non vide. Sur une médaille de Probus, portant les mots Herculi Pacifero (Beger, 3e part. p. 3x5), la main droite, avancée, tient un rameau : il en est de même sur une médaille de Maximin Daza , portant les mots Herculi comiti. (Pellerin, pl. 6, n° 3). De plus, sur ces deux médailles, la massue est placée le long du bras gauche. Mais une médaille d’Athènes le présente avec la main droite vide et la massue touchant à terre; la peau du lion, nouée autour du cou, drape la figure par derrière. (Beger, ibid. p. i5i.) [Haut. î pal. 5 on.]
a 1985, 1985 A. — Hercule, marbre, pl. 792 et 790 A. Musées Chiaramonti et Capitolin.
La première de ces statues est presque colossale. La seconde a moins de cinq pieds.
Quoique la pose du corps ne soit pas absolument la même, ces statues ont ceci de commun , qu’ elles appuient la main droite sur la massue, placée verticalement. L’avant-bras gauche est entouré de la peau de lion, qui, à la première, recouvre un tronc d’arbre, et à la seconde, descend jusqu’à la plinthe.
La première a été trouvée, en 1802, dans le campo dell' Oriolo, La restauration est due à Canova.
La tête est celle de la statue, dont elle a été séparée. Sont modernes : le bras droit moins la main , la massue moins la poignée et les deux jambes. Le bout des pieds est antique. [Haut. 9 pal. 10 on.]
La seconde statue est passée du Vatican au Capitole. Les parties modernes se réduisent à la main droite avec la plus grande partie de la massue (en plâtre) , et un fragment à chaque pied. Cassures au deltoïde gauche , au genou droit et à la peau de lion. [Haut. 4 pal. 10 on.]
1986. — Hercule, marbre, pl. 795. Musée Worsley.
Statue trouvée en Egypte, mais de sculpture grecque. Hercule paraît un peu vieux, quelque peu chancelant, voilà pourquoi l’auteur du musée Worsley y a vu ce dieu ivre. La main droite tenait sur l’épaule la massue, dont il ne reste que la poignée. L’avant-bras gauche, qui manque en partie, soutient la peau de lion qui descend jusqu’à la plinthe. L’auteur précité suppose que dans la main était un scyphus. Cette opinion offre quelque probabilité.
1987. — Hercule ivre et un Faune, marbre grec, pl. 790 B. Angleterre, coll. Pembrocke.
Dans le cataloguede la collection, n° 175, on donne ce groupe pourHerculeet Philoctète , et sur la base quelqu’un a écrit en petits caractères : Hercules moriens. Cependant le demi-dieu ne paraît pas du tout mourir; il est couronné de feuilles de vignes, sa peau de lion tombe de l’épaule gauche. Ce groupe est très-joli. La pose d’Hercule est pleine d’abandon. Le héros retombe en arrière avec infini-
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ment de naturel. On voit qu’il a de la peine à se soutenir sur sa jambe gauche, repliée sous lui, et qu’il porte de tout le poids de son corps sur le Faune beaucoup plus petit, et qui succombe sous le poids du demi-dieu colossal, du dieu dont la tête retombe sur la poitrine, les yeux avinés, les bandelettes en désordre. Très-peu de restaurations : partie de la massue qui le soutient, à la main droite; le bras droit nu paraît moderne au-dessus du deltoïde. [Haut 3 pi.]
* a 1988, 1988 A, 1989. — Hercule assis, mar. pl. 795 et 801 F. Louvre, palais Altemps et Angleterre.
Ces trois Hercules sont assis sur un rocher, étendent la main droite où sont les pommes des Hespérides, et tiennent de la gauche la massue.
Le premier est couronné de laurier, barbu, porte ses regards vers le ciel, tient la main droite un peu plus haut que l’épaule, et appuie l’autre main à la hanche. Il n’a pas de peau de lion. [Haut. 1 pi. 5 po.]
Le deuxième est imberbe, a un diadème autour de la tête, tient la main droite à la hauteur de la poitrine, mais élève la gauche, d’où la massue descend s’appuyer sur le rocher recouvert de la peau de lion.
Nous donnons la première statue d’après un plâtre que possède le musée du Louvre. Nous croyons l’original à Rome.
Le second Hercule a plus de huit palmes de haut, ce qui, vu qu’il est assis, autorise à le placer parmi les statues colossales. La tête a été cassée à la hauteur des oreilles. Sont modernes : le bras droit depuis le bas du deltoïde , le gauche depuis le bas du biceps, le talon droit, le genou gauche. Sous la main est un support qui porte sur la cuisse, et comme, en cet endroit, la cuisse a un tasseau, il est probable que le support existait dans la statue primitive.
Les médailles ne nous ont point offert de représentation de ce genre, et peut-être était-il peu dans la pensée des sculpteurs anciens d’offrir Hercule présentant ainsi des pommes. On le trouve cependant avec ce geste sur une mé" daille de Commode, où il est debout et couronné par la victoire. On y lit, en grec, Hercule romain. (Pellerin, Mélanges , 1. 1, pl. i4-) [Haut. 8 pal. 5 on.]
Le troisième Hercule ne nous est connu que par la gravure qu’en donne Cavaccepi.
Il est barbu, et la peau de lion, nouée sur l’épaule droite, couvre tout le côté gauche , poitrine, épaule et bras. La main tient la massue appuyée au biceps,
La main droite qui tient les pommes est écartée du corps , élevée à la hauteur de l’épaule.
A droite est Cerbère. Ce pourrait bien être une addition de Cavaccepi. Mais l’action de l’Hercule grec concernant le chien de Pluton a la plus grande analogie avec celle de l'Hercule tyrien , relative aux pommes des Hespérides.
1989 A, — Hercule assis, bronze, pl. 802 D. Florence.
Dans ce petit bronze, les parties antiques se réduisent à la tête, au torse et aux cuisses; et la restauration des bras a donné lieu dans la Galleria reale , à la
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même critique que la statuette du musée Britannique donnée sous len° 1971 B. La main droite a dû toucher au siège comme elle y touche en effet, mais c’est celle main qui devait tenir la massue. L’autre main devait aussi être abaissée près du siège. On dit, du reste, que cette figure a du prix sous le rapport artistique et les belles proportions , et que les linéamens du visage sont ceux que nous offrent les meilleures statues de ce dieu. [Haut. 1 pal. 10 on 1/2.].
1990. — Hercule (Hermès), m. gr. pl. 796. Mus. Borbon.
Cet Hermès , provenant delà collection de Farnèse, est de médiocre sculpture romaine. Il porte sur l’épaule gauche une peau de lion , que la main relève de manière à y tenir des fruits, disposition qu’on voit fréquemment aux Faunes. La peau de lion descend très-bas, et la tête du lion, qui se trouve vers le bas, ale. museau moderne. A cela près de ce côté, la figure est antique.
Mais sont modernes : la tête, qui est barbue, et tout le bras droit, qui descend jusqu’à la gaine et tient la poignée de la massue. [Haut. 7 pal. 6 on.]
a 1991. — Hercule couché,/??, de Car. pl. 796. Mus. Chiar.
Statue trouvée à la villa Adriana à Tivoli, et qu’on croit avoir décoré pendant quelque temps la villa d’Este. Elle ne dépasse pas la grandeur naturelle.
La pose de cet Hercule est celle qu’on voit aux Fleuves , qui sont représentés d’ordinaire couchés. Hercule s’appuie de l’avant-bras gauche sur la tête du lion. Le reste de la peau est étendu sur la plinthe. La main droite, placée près de la cuisse, tient la massue; cette cuisse est recouverte d’un bout de la peau de lion. Près du coude gauche est aussi le carquois, dont on voit l’intérieur.
La tête est celle d’une autre statue. Sont modernes : les phalanges de la main gauche, quatre doigts du pied gauche, la plus grande partie de la massue, le bout de la peau de lion qui couvre la cuisse droite, le carquois, partie de la crinière du lion et les bords de la peau sur la plinthe. Les bras n’ont que des cassures. [Haut. 5 pal. 7 on. Long. 10 pal.]
1 992, 1 992 A. — Hercule en Hermès, marbre, pl. 796 et 8o4. Coll. Torlonia et musée Borbonico.
De ces deux Hermès, le premier a plus de huit palmes et le second moins de cinq.
Le premier a la peau de lion sur l’épaule gauche , d’où elle descend le long de la gaine en couvrant le bras. Cette peau est moderne le long de la gaine. La main, qui tient des pommes, l’est aussi, avec presque toute la gaine et les deux bouts de la massue. La tête est celle d’une autre statue; elle porte un turban qu’on voit à quelques Esculapes, et a aussi des restaurations.
Nous ignorons si la massue, dont la partie intermédiaire est antique, aurait pu être placée dans la main droite, mais c’est principalement de ce côté que la massue devrait se trouver. [Haut. 8 pal. 6 on.]
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L’autre groupe, de sculpture romaine, provenant delà collection Farnèse, a la tête couvérte de la peau de lion , qui couvre les épaules jusqu’au milieu du corps. Les pattes de derrière sont repliées et fixées au dos par une ceinture- La figure est imberbe et jeune. L’auteur du livret de Naples dit que la peau doit être celle du lion du mont Cithéron, qu’ Hercule tua étant encore trèsjeune et bien avant celui de Némée.
La main droite, abaissée, tient la poignée de la massue. La main gauche, seule moderne, porte des pommes.
1993, a 1994. — Hercule vainqueur d Achéloüs, marbre, pl. 797 et 792, Vatican.
Sous ces deux numéros , Hercule est représenté avec la corne d’abondance.
Selon Pausanias, cet attribut fut donné d’abord à la Fortune par Bupalus; on l’étendit ensuite à la plupart des autres dieux. Mais en ce qui concerne Hercule, on considère cet attribut comme la corne qu’il arracha à Acbéloüs, dans sa lutte avec ce Fleuve métamorphosé en taureau.
Dans la première statue, Hercule est imberbe, a la peau de lion sur la tête, et tient à la main droite des pommes.
A la seconde statue le dieu est barbu , et tient de la main droite sa massue, qui repose sur la tête d’un taureau.
On voit Hercule avec la corne d’abondance sur une médaille de Siris, donnée dans le musée Borbonico, t. IV, pl. 56.
La première a été trouvée dans le jardin delle Mendicanti près du temple de la Paix. La tête est celle de la statue. Sont modernes : le bras droit depuis le deltoïde , la main gauche avec partie de l’avant-bras , le bas de la corne d’abondance et le bout de draperie qui pend, la jambe droite avec la partie correspondante du tronc d’arbre , la jambe gauche avec la plus grande partie de la cuisse. [Haut. 7 pal.]
A la seconde statue, la tête est aussi la sienne, mais en a été séparée. Sont modernes : le bras droit depuis le deltoïde , la massue , le bras gauche depuis le biceps avec la corne d’abondance presque en entier, ainsique la peau du lion qui passe sur ce bras; les cuisse et jambe gauches, moins le pied; des fragmens à la jambe droite.
Les restaurations de cette figure sont en plâtre. [Haut. 8 pal.]
1994 A. — Hercule et Achéloüs, marbre grec, pl. 790 A.
Coll. Pembroke.
Le combat d’Hercule contre Achéloüs ne se voit point sur les nombreux bas-reliefs qui nous offrent les travaux d’Hercule, et qui remontent pour la plupart aux temps de Commode et de ses successeurs ; mais cet exploit du fils d’Alcmène avait été représenté dans des œuvres plus anciennes , notamment parmi les sculptures du trône d’Apollon à Amyclès, et Pausanias, en cet endroit, nomme ce combat une lutte.
DE L’EUROPE
Le sculpteur lacédémonien Dontas, élève de Scylles et d’Hypénus , l’avait représenté en statuette de cèdre doré. On y voyait, outre Hercule et Achéloüs, Jupiter, Déjanire, Mars, Mercure. Cette composition fut placée par les Mégariens dans un édicule qui portait leur nom à Olympie, et sur le fronton de ce bâtiment on avait représenté le combat des Dieux avec les Géans,
Beaucoup d’auteurs, en parlant du combat d’Hercule contre Achéloüs, disent que ce Fleuve avait pris la forme d’un taureau et qu’Hercule lui arracha une de ses cornes.
Or, dans notre groupe, le personnage qui lutte contre Hercule est anguipède, comme on représente les Géans; il serre Hercule dans ses bras, et les deux serpens, qui lui tiennent lieu de jambes , sont au momentde mordre le héros thébain. Achéloüs aurait-il été représenté anguipède clans la composition de Dontas, et aurait-on vu quelque analogie entre cette composition et le sujet des bas-reliefs du fronton P On connaît du reste des luttes d’Hercule contre les Géans, et parmi les sculptures du trône d’Amyclès était sa lutte contre le géant Thurius.
La plinthe du présent groupe porte écrit en grec Hercule et Achéloüs , mais elle est moderne.
La tête d’Hercule, couverte de la peau de lion, appartenait à une autre statue, et son bras droit est moderne en entier. En voyant nous-même le marbre , nous y avons reconnu beaucoup d’autres restaurations. C’est une sculpture curieuse, mais médiocre d’exécution et de détail (t). [Haut. 3 pi. 3 po.]
1995. — Hercule et Iole, m. g. pl. 793. Musée Borbonico.
Dans le livret du musée de Naples , la figure de femme de ce groupe est appelée Iole. Mais , dans le musée Borbonico, où le groupe a été publié, t. IX , elle porte le nom d’Omphale.
L’appellation donnée dans le livret peut résulter de la citation qui y est faite d’un passage du Tasse , où cet auteur a confondu Iole et Omphale. La physionomie enfantine de la femme ferait penser plutôt à Iole. Mais Hercule est représenté tenant la quenouille et le fuseau, et c’est à Omphale que les auteurs attribuent cet abus de l’empire de l’amour.
Quoi qu’il en soit, le groupe est très-gracieux. Iole ou Omphale a la peau de
(1) Strabon, liv. X, nous a couservé laient de sa barbe. On voyait ensuite sa déquelques vers d’une tragédie de Sophocle, faite et alors il était tout à fait taureau, oùDéjanireelle-mêmeraconte que leFleuve Hercule lui avait arraché une corne, et la Achéloüs, en la demandant en mariage , pre. présentait à Déjanire.
nait trois formes, celle d’un taureau , celle On trouvera le même sujet sur une urne d’un dragon , celle d’un homme à tète de donnée dans le Musée étrusque de Gori, bœuf. pl. 122. Achéloüs a le corps d’un homme et
Philostrale décrit une peinture où le pré- la tête d’un bœuf. Hercule lui saisit une tendant de Déjanire prenait les trois formes, corne de la main gauche, et de l’autrcélève d’un dragon, d’un cheval et d’un homme la massue, à tête de bœuf. Des sources d’eau ruisse-
STATUES ANTIQUES
lion sur la tête, la main gauche sur l’épaule gauche d’Hercule, et de l’autre main, abaissée, elle tient la massue. Ainsi parée des dépouilles du héros, elle le regarde fièrement.
La coiffure de femme rend la tête d’Hercule remarquable de même que la forme du fuseau.
Le bras droit d’Iole ainsi que la massue , les deux jambes et le tronc d’arbre sont modernes. Le bras gauche et une partie des jambes d’Hercule sont aussi modernes. Sculpture romaine de la collection Farnèse. [Haut. 4 pal.]
1995 A. — Hercule en femme, m. pl. 802 E. Coll. Miollis.
Statue plus grande que nature , mais dont les restaurations nous sont inconnues, si elle en a.
Hercule est représenté en habit de femme et dansant. De la main droite il élève la quenouille, de l’autre il relève sa tunique et découvre en partie la jambe gauche.
Ovide ( Fast. II , v. 78 ) raconte qu’Iole , au milieu de la joie d’un banquet , fit prendre à Hercule des habits de femme. Notre marbre rentrerait assez dans les conditions de cette plaisanterie.
Dans l’ouvrage sur la collection Miollis , on parle d’un autre Hercule vêtu en femme, trouvé à la Villericcia, dans les fouilles que fit faire le cardinal d’Esting. Il était de grandèur naturelle, mais on ne dit pas s’il avait la même altitude que dans la collection.
1996. — Hercule aux Hespérides, marbre grec, pl. 798. Coll. Giustiniani.
Statue colossale d’assez bonne sculpture , présentant un Hercule aux formes volumineuses, coiffé de la peau de lion, tenant de la main droite, étendue, la massue ; le bas revient vers la cuisse. La main gauche , horizontale , tient des pommes, et la peau de lion passe sur l’avant-bras.
La tête est celle de la statue , dont elle a été séparée. Les seules parties modernes sont le bras droit depuis le deltoïde, et la massue. Il y a quelques cassures sur la cuisse gauche et au genou.
On voit cet Hercule sur plusieurs médailles de Cyzique, frappées sous Tibère et Néron. (Morelli, pl. 2.)
On trouve au n° 2008 une représentation semblable, mais la main gauche n’y tient pas la peau de lion. [Haut. 10 pal. 1 on. 1/2.]
1996 A. — Hercule, marbre grec, pl. 8o4 A. Villa Albani.
Statue de grande proportion et d’assez belle conservation , mais qui s’éloigne beaucoup des diverses représentations d’Hercule. La peau de lion couvre la tête, s’attache par les pattes sur la poitrine et se déploie ensuite derrière le corps comme un manteau, par le mouvement que fait le bras.
DE L'EUROPE
La figure porle le pied gauche en arrière, se soutient principalement sur la jambe droite, et la main droite, horizontale, tient la massue, beaucoup plus longue que d’ordinaire.
Les traits ont quelque chose d’africain , et peut-être devrait-on en dire autant de la pose. Si donc la statue offre un Hercule, ce doit être l’Hercule libyque.
On doit à la restauration le bras droit depuis le bas du biceps , la massue , la main gauche avec partie de l’avant-bras et de la peau de lion, les deux jambes et le tronc d’arbre. [Haut. 7 pal. 7 on.]
1 997 * — Hercule, marbre, pl. 786. Florence.
Gori, en donnant cette statue, dit qu’il la considère comme moderne plutôt qu’antique. Hercule y élève la main droite , où sont des pommes , et de l’autre côté tient la massue abaissée. On dirait un pendant du n° 1964.
1998. —Hercule, m. grec, pl. 787 et 802 F. Coll. Giustin.
Cette belle statue se trouve deux fois sur nos planches, d’abord à lapl. 787, où elle n’a pas Cerbère à côté d’elle, ensuite à la pl. 802 F, où elle a cet accessoire et où les restaurations sont indiquées. Cerbère est le produit d’une restauration récente, qu’on aurait dû compléter en employant la main droite à tenir la chaîne du chien.
Le bras gauche , la massue tenue par la main de ce côté , et la peau de lion entourant le bras, sont antiques : il y a des cassures et un tasseau sur la peau.
On doit à la restauration la tête et le bras droit, dont la main tient des pommes. [Haut. 8 pal. 1 on.]
1999. — Hercule, marbre, pl. 799. Musée de Dresde.
Statue de petite grandeur qui, dans sa partie primitive, savoir le torse et les jambes, n’offrait ni la physionomie, ni les attributs d’Hercule.
La pose de cette statue se rapprochait de celle du n° 1975, et, comme à celle-ci , on lui a fait tenir la massue derrière la cuisse droite ; on a mis à la main gauche des pommes, et sur l’avant-bras la peau de lion.
Sont modernes : la tête, le devant de la poitrine, les deux bras elles attributs.
La statue provient de la collection Chigi. [Haut. 1 au. 5 po. 1/2.]
1999 A. — Atlas, marbre grec, pl. 793. Musée Borbonico.
On ignore à quelle époque et en quel lieu cette importante statue a été trouvée.
Les anciens mythologues racontent qu’ Atlas portait le ciel sur ses épaules, sous le poids duquel il gémissait. Hercule, ému de compassion, le soulagea en prenant son fardeau.
La statue que nous décrivons présente Allas courbé sous son faix. 11 s’appuie
STATUES AM TIQUES
du genou gauche sur un bloc de rocher, et tient des deux mains le groupe vers lequel il tourne son visage barbu. Les muscles contractés du visage, ceux du dos, qui s’écartent , tous les membres en action , montrent l’effort que l’artiste a voulu exprimer.
Atlas est entièrement nu, mais une chlamyde déployée encadre le corps à gauche. Ce vêtement forme des plis nombreux.
La plus haute importance s’attache à ce monument qui aide à nous faire connaître l’astronomie des anciens. Plusieurs archéologues des plus soigneux s’en sont occupés, et parmi eux Passeri lui a consacré un traité particulier. ( Atlas Farnesianus.)
Passeri a fait remonter ce monument à une époque antérieure à Adrien, et, parmi les nombreuses raisons qu’il a avancées à l’appui de celte opinion, la principale est prise de ce que, sur la sphère, près du signe de l’Aigle, manque l’image d’Antinous, que les astronomes placèrent au temps d’Adrien. Au sujet des constellations qui sont marquées sur le globe (1) , Passeri a fait observer que les anciens en connaissaient 47, dont 20 étaient appliquées à la partie septentrionale. La sphère de notre marbre n’en offre que 42, mais une partie du marbre est rongée, et quelques-unes peuvent se trouver où le globe touche au dos d’Atlas (2).
La sculpture est romaine, et la conservation du marbre est. heureuse.
Philostrate décrit une peinture qui réunissait Atlas et Hercule. (Liv. 11, ch. xx.) Atlas était, comme sur notre marbre, appuyé sur le genou gauche; Hercule avait jeté sa massue, et on voyait qu’il allait se charger du fardeau. Sur la sphère étaient représentés le Taureau, les Ourses, les Vents.
Notre statue n’aurait-elle pas été groupée aussi avec Hercule?
Une médaille d’Antonin-Pie, de la collection Albani, t. I, pl. xx, offre, au revers, Jupiter avec la foudre, debout près d’un autel. Sur le fond est Atlas dans la même attitude que sur notre marbre. L’auteur du texte suppose qu’ Atlas était l’emblème de l’empereur chargé du gouvernement de tant de contrées.
Selon Lucien, une statue d’Atlas était placée, avec celles de plusieurs divinités grecques, dans le temple de la déesse syrienne. [Haut, de la statue et du globe , 7 pal. ]
1999 B. — Hercule, marbre, pl. 802 A. Coll. Mattel.
Nous sommes réduit sur cette statue au dessin que nous en donnons.
(1) Sur notre gravure, non plus que sur celle du Musée Borbonico, la sphère ne présente pas toutes les constellations qu’on voit sur le marbre.
(2) Ces 42 constellations sontCépliée, Cassiopée, Andromède, Persée, Enioclius, le Cygne, le Dauphin, le Poisson boréal, le Bélier , le Taureau , les Gémeaux , Orion , l'Eridan, la Baleine, le Poisson austral, le
Cancer, le Lion, la Vierge, le grand Chien, le Vaisseau et l’Hydre mâle, l’Amphore, le Corbeau, le Centaure, le siège de Cassiopée, le Bouvier, la Couronne boréale, Hercule, le Serpentaire, la Balance, le Scorpion, le Loup, l’Autel, la Couronne australe, la Lyre, le Dragon; manquent la grande et la petite Ourse.
DE L’EUROPE. 27
La tête est couverte de la peau de lion , et imberbe ; les traits sont ceux d’un Éphèbe.
La peau va passer sur l’avant-bras gauche, dont la main tient des pommes.
Si la main droite est antique , elle a dû tenir une massue.
2000. — Hercule tuant Gèryon, marbre pentélique, pl. 800. Musée Pie-Clémentin.
Groupe trouvé à Ostie avec le suivant et les n°s 2009 et 2010. Ils décoraient probablement quelque riche villa.
Hercule est représenté levant de la main droite la massue pour frapper Géryon, qui est comme agenouillé devant lui. Un bœuf est abattu à ses pieds et Hercule en saisit un autre de la main gauche par la corne.
Notre gravure, donnée d’après celle du musée Pie-Clémentin, n’est pas tout à fait exacte en ce qui concerne Géryon. Le bas de la cuirasse n’est pas le même et on ne voit pas le bouclier que la gravure place sous les pieds d’Hercule. On paraît avoir donné à Géryon une armure grecque ou romaine, <jui ne lui convient pas.
Le groupe est , du reste , bien conservé , la tête d’Hercule n’ayant été que séparée, et la main droite étant seule moderne avec la plus grande partie de la massue.
Géryon doit à la restauration une des têtes et une partie du bras droit ; le bœuf tenu par Hercule a les jambes dedevantmodernes. [Haut. 6pal. 3 on. 1/2.]
2001. — Hercule tuant Diomède, marbre grec, pl. 797. Musée Pie-Clémentin.
Ce groupe, trouvé à Ostie avec trois autres (voyez le précédent), comprend outre Hercule , qui lève sa massue du bras droit , Diomède tombé sur un genou devant lui , et deux chevaux dont l’un , à droite , se dresse , et l’autre , à gauche , est abattu.
Diomède, qui tient à droite une épée, est vêtu d’une tunique à manches. On remarque des Thraces ainsi vêtus sur l’arc de triomphe de Constantin et sur les bas-reliefs transportés au Capitole.
Les parties modernes de l’Hercule sont le bras droit et le fragment intermédiaire de la massue, la main gauche avec le poignet et un bout de la peau de lion. Cassures sur le cou-de-pied gauche.
Le Diomède est intact; quant au cheval qui se dresse à droite, les parties modernes sont la tête en partie et un fragment de la jambe droite. [ Haut. 6 pal. ]
* 2002, 2oo3. — Hercule et Têlèhie, m. pl. 3o3 et 800. Louvre, musée Pie-Clémentin.
Ces deux groupes représentent Hercule tenant la massue de la main droite et portant de l’autre main un petit enfant.
STATUES ANTIQUES
Une biche fait partie du premier groupe; elle est placée à gauche, et lève la tête vers l’enfant qui paraît jouer avec elle. Cette biche est presque totalement antique. Le sujet de ce groupe est évidemment Hercule et Télèphe.
Dans le second groupe, où ne figure pas de biche, l’enfant regarde Hercule, vers lequel il tend le bras droit. Winckelmann a vu dans l’enfant, non pas Télèphe, mais Ajax fils de Télamon, qu’Hercule, suivant les auteurs classiques, enveloppa dans sa peau de lion pour le rendre invulnérable.
Le premier groupe provient de la villa Borghèse.
Les parties modernes de l’Hercule sont: le nez, les deux lèvres, le bras droit avec la massue, la main gauche avec le poignet, la jambe droite jusqu’au coude-pied, une partie de la jambe gauche. Dans le Télèphe, la main droite et la cuisse gauche; pour la biche, les jambes de devant. La tête de cet animal est d’une autre statue. [Haut. 2m,437 = 7 pi. 6 po.]
Le second groupe est placé depuis des siècles au Vatican. La tête d’Hercule n’a été que séparée. Les parties modernes sont l’avant-bras droit avec la massue, la main gauche, une partie du pied droit et les deux bouts de la plinthe. L’enfant manque des deux mains. [Haut. 9 pal.]
2004. — Hercule terrassant un monstre, bronze, pl. 799.
Galerie de Florence.
Petit bronze qui représentait Hercule en lutte avec un monstre. Malheureusement la figure accessoire manque; du reste, notre gravure est à rebours, parce que nous l’avons reproduite d’après celle de l’ouvrage de Lacombe; aussi nous sommes forcé de renvoyer pour l’exacte représentation de ce sujet au tome III de la Gulleriu reale.
Hercule, le bras gauche étendu en avant, et la jambe gauche relevée comme pour presser son adversaire du genou, la main droite élevée au-dessus de la tête, tient la massue. La peau de lion, placée sur son épaule gauche, flotte derrière le dos.
La forme et l’exiguïté de la base, qui est antique , et la pose tout à fait verticale de la figure, pourraient faire croire que la figurine n’a jamais été groupée, et qu’on lui a donné l’attitude de la lutte sans lui donner d’adversaire.
2005. — Hercule et un Centaure, marbre, pl. 787. Florence.
La gravure que nous donnons de ce groupe est placée au rebours pour la raison déjà donnée , mais on en retrouvera le dessin exact dans la Galleria reale.
Hercule tient de la main droite un Centaure par les cheveux; celui-ci le repousse de la main droite, et de l’autre main cherche à dégager sa chevelure. Hercule a un parazonium suspendu au côté gauche.
Les auteurs parlent des combats livrés par Hercule aux Centaures, et Pausanias nous apprend que, parmi les nombreuses sculptures qui décoraient le trône d’Apollon à Amyclès, se trouvait le combat d’Hercule contre le Centaure Oréus. [Haut. 4 pi. 3 po. 1/2.]
DE L'EUROPE
2006. — Hercule et l’Hydre, m. gr. pl. 797. Mus. Capit.
Le combat d’Hercule contre l’hydre se trouve fréquemment représenté sur les bas-reliefs. Quelques auteurs rapportent qu’Hercule vint à bout du monstre, en appliquant le feu successivement à chacune de ses têtes, et c’est ainsi que notre marbre le représente. Mais , comme les parties antiques se réduisent à la tête et au torse, nous ignorons si le restaurateur, l’Algarde, a eu d’autres motifs que sa fantaisie pour restaurer ainsi ce groupe. L’hydre est ici un lion accroupi, muni de têtes de serpent, à chacune desquelles Hercule applique le feu. Il en tient une de la main gauche et la brûle au moyen d’une torche.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : le nez , les lèvres , le menton , le bras droit depuis le bas du biceps, la torche, le bras gauche depuis le deltoïde, la jambe droite, la cuisse et la jambe gauches, l’hydre en entier. On ne nous dit rien de la plinthe.
La partie antique a été trouvée dans l’église Sainte-Agnès , près la voie Nomentana. [Hàut. 8 pal. 9 on.]
2006 bis, a 2006 A. — Hercule et là Biche, bronze , pl. 802 G et 794» Païenne.
La lutte d’Hercule contre la biche se voit souvent représentée sur les médailles. Comme le sujet offrait à la sculpture un sujet avantageux à traiter, on s'attendrait à le trouver plusieurs fois parmi les marbres antiques ; cependant nos planches n’offrent que les deux groupes ici réunis.
Hercule est toujours figuré tenant par les cornes la biche abattue et appuyant le genou gauche sur l’échine de l’animal. Au premier groupe, Hercule a le genou près du cou de la biche, sur lequel porte toute la jambe; au second Hercule, le genou repose seulement sur la croupe. Les bas-reliefs reproduisent cette différence dans la pose, et dans le t. I, pl. vi, du Specimen, on en trouvera un très-remarquable, appartenant à la première représentation.
2006 B. — Hercule, bronze, pl. 802 C. Angleterre.
Le dessin de ce petit bronze a été pris dans le Specimen , où il est donné (t. Il, pl. 3i et 3a) sous deux aspects.
Hercule est représenté combattant un monstre; mais la figure accessoire manque, ainsi que le bras droit d’Hercule, qui était étendu vers lui. La main gauche, élevée , tientla poignée d’une massue. Notre gravure est conforme à celle du Specimen, mais nous ignorons si celle-ci a bien reproduit l’original.
Ce bronze a été acheté par le colonel Leake à Vrakhari en Etolie. Il avait été trouvé au village de Vlakho, situé dans le voisinage de l’ancienne Thermus. L’auteur du Specimen prétend que le style de la statue peut se rapporter au temps de la ligue des Achéens qui se termina par la prise de cette ville. [Haut. 1 pi. 3 po.]
STATUES ANTIQUES
2007 et 2007 A. — Hercule, marbre, pl. 799 et 8o4 B. Dresde et villa Albani.
Ces deux statues ont de commun queïa main gauche, abaissée, tient la massue appuyée contre le bras , et que la droite est écartée du corps et levée. Les bras gauches sont antiques, mais les bras droits sont modernes.
Le n° 2007 a, en outre, de moderne, la main gauche, la massue, probablement les jambes avec moitié des cuisses.
La main droite tient une pomme ; la peau de lion couvre la tête et va passer sur l’avant-bras gauche. [Haut. 2 au. 16 po. 1/2.]
A l’autre figure , le côté gauche est heureusement conservé. La peau de lion , fibulée sur l’épaule droite va couvrir toute la partie gauche , poitrine , épaule , bras , et la main tient la massue dressée contre le bras. Cette pose de la massue paraît certaine, quoique le milieu seul soit antique.
Mais le bras droit est moderne en entier avec la patère que tient la main. Il est écarté et élevé , de sorte que la patère est plus élevée que la tête. Ce n’est pas ainsi que les figures antiques tiennent la patère. On peut voir Hercule tenant une patère sur deux médailles de Titus et de Domitien frappées àCyzique et données par Morelli. La massue est tenue à gauche comme sur notre statue, mais la main droite, qui tient la patère, est avancée et non élevée. Voyez aussi les médailles citées n° 1984 C.
Les autres parties modernes se réduisent à la jambe droite et au pied gauche. La tête n’a été que séparée. [Haut. 4 pal.]
2007 B.- — Hercule (Jeune), m. gr. pl. 802 E. Pal. Altemps.
Cette statue de proportion colossale , dont la restauration en Hercule paraît être due au tronc d’arbre qui est placé à droite, porte en relief un animal chimérique qui a fait penser à Cerbère.
La partie antique du bras gauche annonçait aussi que la main avait tenu la massue, et l’avant-bras gauche avait supporté la peau de lion.
Les formes juvéniles du corps lui ont fait donner par le restaurateur une tête jeune. Voir notre gravure pour les restaurations. [Haut. 8 pal. 9 on.]
2008. — Hercule, marbre, pl. 790. Giustiniani.
Cette statue n’est plus dans la galerie Giustiniani et ne nous a pas été signalée dans une autre collection.
C’est un Hercule aux formes volumineuses, tenant delà main droite, avancée, la massue dont le bas revient vers le mollet. La main droite porte la peau de lion , qui la couvre avec son avant-bras.
C’est par cette disposition seule de la peau de lion que cette statue diffère de celle de la même collection, donnée n° 1996. On la voit aussi sur une mé daille de Cyzique frappée sous Domitien. (Morelli, t. II, p. 48o.)
DE L’EUROPE
2009. — Hercule enlevant le trépied, marbre grec, pi. 798.
Musée Pie-Clémenlin.
Groupe trouvé à Ostie avec trois autres (voy. 2000).
C’est uniquement à la restauration qu’est due l’idée qu’Hercule portait ici le trépied, et cette opinion est tombée devant une observation de Zoëga, qui a obtenu l’adhésion de Visconti , consignée dans le tome VII du Musée Pie-Clémentin aux additions et corrections.
Selon Zoëga, Hercule portait ici le sanglier d’Erymanthe. Cet accessoire était composé de trois morceaux , dont le milieu seul a été trouvé ; ce morceau , en forme de disque, avait une traverse qui l’unissait aux deux autres morceaux, et le tout était renforcé par des coins. L’état de ce fragment mal compris a donné l’idée du trépied.
Sont modernes : la main droite avec le poignet et la plus grande partie de la massue, les cuisses et la jambe gauche, une partie du pied droit, le bas de la peau de lion , et enfin cette espèce de support du trépied placé à la gauche de la statue. [Haut. 6 pal. 3 on.]
2010. — Hercule entraînant Cerbère, marbre grec, pl. 800.
Musée Pie-Clémentin.
Des quatre groupes trouvés à Ostie (voy. n° 2000), c’est le seul où Hercule ait la peau de lion sur la tête. Le héros entraîne de la main droite Cerbère enchaîné; l’autre main tient la massue appuyée sur l’épaule.
Les parties modernes sont un fragment de la peau de lion sur la tête, le nez, la main droite avec partie de l’avant-bras, la main gauche avec la poignée de la massue, la peau de lion qui en dépend, les deux jambes, Cerbère, le tronc d’arbre. [Haut. 6 pal. 4 on. 1/2.]
O 201 1. — Hercule ivre, br. pl. 801. Paris, Cab. des méd.
Figurine où l’on voit Hercule s’appuyant de la main gauche sur sa massue , et portant l’autre main aux parties génitales pour uriner.
Winckelmann ( Pierres gravées deSiosch.p. 200) dit, à l’occasion d’une sardoine , que dans la collection Albani se trouvait une petite statue fort belle représentant Hercule ivre, lâchant de l’eau. Le même auteur cite comme un Hercule la petite statue du musée de Dresde dans la même attitude, que nous donnons comme un Silène sous le n° 1762. [Haut. 5 po. 8 lig. ]
O 2012. — Hercule bibax, br. pl. 801. Paris, Cab. des méd.
Figurine en bronze où Hercule porte sur la main gauche un canthare. La peau de lion est sur l’épaule gauche , et, déplus, on voit sur l’épaule droite le haut d’une chlamyde fibulée. Mais le bras manque depuis le bas du biceps, et
32 STATUES ANTIQUES
la chlamyde depuis la même hauteur. Si la main tenait la massue, cette arme n’était probablement pas verticale.
Hercule porte la jambe gauche en avant, et son attitude indique que, dans cette représentation , le canthare est l’attribut principal. [Haut. 3 po. 8 li.]
201 3. — Hercule, marbre de Limi, pl. 802 B. Coll. Mattéi.
Dans cette statue, la partie antique se réduit au torse avec le haut des bras et des cuisses. Cette partie antique ne porte aucun des attributs d’Hercule, car la peau de lion est sur l’avant-bras droit, d’où elle descend le long de la massue.
Cette peau, placée ainsi à droite, indiquerait-elle que la statue faisait pendant à une autre de pose inverse? [Haut. 6 pal. 10 on.]
2oi3 A. — Hercule, marbre, pl. 802 B. Coll. Mattéi.
Voila une imitation de l’Hercule Farnèse (voy. n° 1978). Mais nous sommes réduit sur cette statue au dessin que nous en donnons. Probablement, elle n’existe plus dans la collection Mattéi.
a 20i3Bet20i3B bis. — Hercule, m. pl. 802 B et 802 G. Coll. Pamphili et musée de Madrid.
Dans cette première statue, de petites proportions , on remarque que la tête du lion repose sur l’épaule gauche, et que la peau va passer sur l’avant-bras gauche, d’où elle retombe jusqu’au mollet.
La main gauche manque , ainsi qu’une partie de l’avant-bras : probablement celte main portait un objet lourd, par exemple un globe, que l’on voit au n02oi 5, où cette partie est antique. La main droite, abaissée, tient une petite massue qui repose sur un tronc d’arbre.
La tête n’a pas été séparée, mais elle a été retravaillée. Sont modernes : partie de la tête du lion, le bras droit avec la massue, le bas de la statue depuis le milieu des cuisses, le tronc d’arbre. [Haut. 3 pal. 9 on.]
On remarque, dans cette statue, la pose et les accessoires qu’elle a à gauche. L’avant-bras, horizontal, porte la peau de lion, qui descend jusqu’à terre, et la main tient un globe. La main droite, abaissée, tient la massue.
Les parties modernes sont : la tête, l’avant-bras droit avec la massue, la jambe droite moins le pied; cassures au genou et au cou-de-pied gauches, et sur la peau de lion à la hauteur du genou. [Haut. 5 pi. 4 po.]
* 201 3 C. — Hercule, marbre, pl. 802 B. Musée du Louvre.
Statue privée delà tête, du cou et du bras droit, lequel était élevé comme pour tenir une lance ou un thyrse.
DE L’EÜROPE.
La statue elle-même par sa pose, sa draperie et sa chaussure, rappelle une représentation bien connue de Bacchus , mais qui , appliquée à Hercule, serait unique. Cependant, la main gauche repose sur une massue, appuyée elle-même sur une peau de lion , et d’après cette indication , la statue vient d’être récemment restaurée en Hercule.
Et pourtant la massue ne serait pas un attribut inexpliquable pour Bacchus. Dans la même collection , se trouve une statue d’homme qui tient une massue avec le nom de suivant de Bacchus (voy. n° i64o). Ici le bout de la massue est entouré de quelques feuilles de pampres. [Haut. ira,g44-]
2oi3D. — Hercule, marbre pentélic/ue, pl. 8o4 B. Mus. Borb.
La statue de petite grandeur que nous donnons sous ce numéro passe pour provenir d’Herculanum, mais, dans le livret même du musée Borbonico, on révoque en doute cette origine, et l’on va même jusqu’à contester que cette statue soit antique. Dans le cas contraire, on prétend qu’au moins le restaurateur aurait retravaillé l’antique et substitué un style baroque à celui que le ciseau antique avait donné.
Nous nous bornerons à dire que cette statue n’a jamais représenté Hercule. Elle est accoudée à un tronc d’arbre à gauche, sans aucun des attributs du héros thébain. La tête a de longs cheveux, une barbe peu fournie, longue et non frisée. Le menton est imberbe , tandis que les lèvres fournissent de longues moustaches qui descendent sur la poitrine.
La tête est , en outre , enveloppée d’une étoffe que les bas-reliefs étrusques offrent quelquefois.
Sont modernes :1e bras droit en entier, l’avant-bras gauche, les deux pieds.
© 201 4- — Hercule et Antée, bronze, pl. 802. Paris.
Groupe de deux figurines ayant appartenu à M. Morel d’Arleu.
C’est à tort qu’on y a vu Hercule étouffant Antée : ce sont probablement deux Athlètes luttant, ou deux Éphèbes se livrant à un exercice de gymnastique. Celui qui a été saisi et enlevé de terre a les jambes en haut et la tête en bas, pose qui n’est pas celle d’Antée dans les autres compositions où cette lutte est reproduite. (Voy. ncs 201 5 A et 2016. [Haut. 5 po.]
201 5. — Hercule, bronze, pl. 802. Rome.
C’est à tort que notre gravure donne cette figure comme faisant encore partie de la collection Giustiniani. La figure dont le dessin est donné dans l’ouvrage de cette collection, pl. i3, ne s’y trouve plus, mais notre dessinateur de Rome nous fait connaître un bronze toutàfait semblable , lequel existe dans une autre collection de Rome qu’il ne nous a pas fait connaître. C’est un bronze demi-nature parfaitement conservé, offrant Hercule à peu près dans la même pose que l’Her-
3 k STATUES ANTIQUES
cule F arnèse. La main droite est appuyée sur la hanche , la main gauche, avancée, tient une pomme.
La statue a les yeux troués; la plinthe a été coulée avec la figure. [Haut. 2 pal. 9 on.]
20 1 5 A, 2016. — - Hercule et Antée, marbre, pl. 8o4 et 802. Col). Smith-Barry et Florence.
Dans ces deux groupes, Hercule a enlevé de terre Antée et lui serre le corps de ses bras au-dessus des côtes. Antée, de son côté, saisit les avant-bras d’Hercule et fait effort pour se délivrer.
Au premier groupe, qui a moins de trois pieds, Antée appuie le talon droit sur le genou cl’Hercule.
Sont modernes : à Hercule, la tête, les pieds avec une partie des jambes et des genoux; à Antée, la tête, le pied droit, la cuisse et la jambe gauche.
Le travail de ce groupe nous a paru peu terminé et le mouvement d’Hercule indécis. [Haut. 2 pi. 6 po. 6 li.]
Le second appartient à la galerie de Florence et nous en avons pris le dessin dans la Raccolla de Dominique de Rossi (voy. notre Introd. t. III, p. cclxxi). Maffei, auteur du texte, dit que le groupe était dans le cortile du palais du grand-duc. Il le vante beaucoup, et dit que ce pourrait être celui de Polyclète cité par Pline (liv. XXXIV, ch. vm). Il rappelle qu’on voit le même groupe sur un médaillon de Pupien, frappé à Tarse et publié par Ducamps.
Gori et fauteur de la Galleria reale ne le donnent point; mais, dans ce dernier ouvrage (t. III, pl. 1 o5) , il y a un petit groupe en bronze du même sujet. On y voit Minerve assistant Hercule; elle est debout en face des lutteurs. Ce groupe, quoique bien petit, n’est pas intact; il manque à Antée la jambe gauche, et Minerve est fortement corrodée sur les cuisses et les jambes; mais, sous le rapport de l’art, il n’est pas, dit-on, privé de mérite.
Une peinture décrite par Philostrate présentait le même sujet. Antée ressemblait presque à un Faune, étant presque aussi gros que long et ayant une large tête qui couvrait les épaules. 11 était noir comme un Libyen.
Enfin Aldroandi parle de deux groupes du même sujet, dont l’un , en marbre et réduit à un simple fragment, était au jardin du Belvédère, et l’autre, en bronze et haut d’une palme 1/2, se trouvaildans la collection délia Croce. (Voy. notre Introd. I. III, p. cxc et suivantes.)
20 1 5 B. — Hercule Musagète, marbre , pl. 802 A. Rome.
Nous avons emprunté ce dessin à Boissard, lequel nous dit que la statue était dans la maison de Titus Celse, et qu’une inscription grecque apprenait quelle avait été consacrée par Ménophile à Hercule Musagète.
Cette représentatien d Hercule est surchargée d’accessoires. Le héros porte un grand manteau qui encadre le corps par derrière, tient à droite une flûte
DE L'EUROPE. 35
et a gauche une lyre. Les pieds sont chaussés de cothurnes; près de lui, sont la massue et la peau de lion.
* 2016 A, B, et C. — Hercule (Hermès), pi. 347- Louvre.
Nous avons ici trois Hermès enveloppés d’une grande draperie, ce qui est la meilleure disposition de ce genre de figures.
Pausanias parle de plusieurs Hermès d’Hercule qui ornaient des gymnases. Le premier provient du château de Richelieu. Hercule y est enveloppé de la peau de lion retournée, qui lui cache le derrière de la tête et une partie de la barbe. Le bas de la gaine est moderne. [Haut. im,of>7 = 3 pi. 3 po. 5 li . ]
Les deux autres sont couverts d’une draperie qui les cache jusqu’aux mains. [Haut. 2m,3o2 = 7 pi. î po. et 3m,324 = 7 pi. 1 po. 10 li.]
2017. — Torse du Belvédère, marbre, pi. 8o3. Vatican.
. Le célèbre torse du Belvédère a pendant quinze ans figuré dans le musée du Louvre, et voici l’article qui lui était consacré dans le livret de l’an ix :
Ce reste admirable d’une statue assise, quoique privé par le temps de la tête, des bras et des jambes, paraît avoir représenté le fils de Jupiter et d’Alcmène, dans le moment où il est devenu immortel sur le mont OEta.
La peau de lion jetée sur le rocher où la figure est assise, le grand caractère de ses membres, ne laissent aucun doute sur le véritable sujet de cette statue.
On a fait observer que le sculpteur n’a marqué aucune veine sur le corps du héros , quoique celui-ci ne soit pas représenté dans sa première jeunesse, et que ses muscles, fortement prononcés , paraissent exclure cette rondeur de formes qui seule peut exiger la suppression des veines. Winckelmann a été d’avis que l’on a voulu indiquer par là l’apothéose d’Hércule, qui vient d’être changé en dieu sur l’OEta.
Quand on examineavecattentionce fragment incomparable, on reconnaît, parplusieurs indices, que la figure d’Alcide faisait groupe avec une autre figure placée à sa gauche. La fable de l’apothéose d’Hercule nous rappelle Hébé, la déesse de la jeunesse, que le nouveau dieu vient d’obtenir pour son épouse. Un sculpteur moderne anglais, Flaxmann, a tenté de restaurer dans ce sens une copie du torse, et son essai a été couronné d’un succès complet.
Cette sculpture, en marbre pentélique, présente sur le rocher l’inscription grecque suivante, qui nous en découvre l’auteur : AII0AAQNI02 NEETOPOS A0HNAIO2 EnOIEI.
La forme de l’w nous renvoie tout au plus aux derniers temps de la République Ro. maine; et s’il est vrai, comme on l’assure, que ce précieux fragment a été déterré à Rome vers la fin du xv' siècle, près du théâtre de Pompée , aujourd’hui Campo difiore , il paraît très-probable que c’était justement à l’époque de Pompée que cet artiste athénien florissait à Rome.
Jules II avait fait placer ce marbre au jardin du Vatican, ainsi que l’Apollon et le Laocoon : il y a servi longtemps aux études des grands hommes à qui l’on doit le perfectionnement des beaux-arts, tels que les Michel-Ange, les Raphaël, les Carrache. Les artistes l’ont toujours connu sous le nom de Torse du Belvédère. Il n’existe pas de sculpture antique exécutée dans un plus grand style.
STATUES ANTIQUES
2017 A. — Hercule (Torse d’), m. deL. pl. 8o4. Mus. britann.
Ce joli lorse nous offre à peu près la pose d’une des statues couchées du Partliénon. Il est bien modelé, moelleux, plein de vérité et d’un beau style. L’exécution en est soignée; on admettrait volontiers que ce torse appartenait à un Hercule, si le ventre, un peu gros, ne convenait pas davantage à quelque Faune ou à Silène. Celte figure a toujours été couchée; on le voit à la direction de ce qui reste du pénil. [Long, i pi. 1 po. 6 li. ]
2018. — Hercule, marbre grec, pl. 801. Coll. Pembrocke.
Ici Hercule, coiffé de la peau du lion , tient, à droite, la massue sur l’épaule, et dans la main gauche, horizontale, trois pommes. Le torse est incliné sur le flanc droit, et la tête élevée vers la gauche.
On a un Hercule à peu près semblable sur un sarcophage de la galerie de Florence , où il est représenté ramenant Alceste des enfers. Mais , cela va sans dire, la main gauche ne tient pas les pommes.
Les deux bras sont modernes depuis les deltoïdes.
La statue a en outre des restaurations de détail, à la tête du lion, à la barbe d’Hercule, et au torse, qui nous a paru un peu lourd. [Haut. 7 pi. 6 po.]
a 2019. — Hylas, marbre de Paros, pl. 8o4- Munich, Glypt.
Ce fragment de statue nous offre un jeune garçon plein de grâce, qui tient des deux mains une amphore sur l’épaule gauche. Ce fragment est d’un travail excellent; à en juger par l’état dans lequel se trouve le revers, il a vraisemblablement servi pour une fontaine. Il a été acheté à Rome.
On doit à la restauration le bout du nez, le bras gauche jusqu’à la main, le droit jusqu’à la jointure de la main, et partie de la chevelure. [Haut. 2 pi.]
2020. — MÉlÈagre (1), marbre, pl. 80 5. Vatican.
Ce n’est pas le Méléagre célèbre du Vatican (voy. 202 1 ) , mais sa pose est à peu près la même. Il est moins incliné, et la main gauche, abaissée, tient, outre la lance, le bas delà chlamyde, beaucoup plus volumineuse qu’à l’autre statue. A droite sont la hure du sanglier et un chien, qui lève la tête vers Méléagre. 11 a une patte sur la tête du sanglier.
2020 A. — Méléagre, marbre, pl. 806. Versailles (Parc de).
Ce Méléagre ressemble peut-être plus qu’aucun autre à celui du Vatican
(1) Le musée du Louvre possède: i° un
bas-relief où est représentée l’arrivée à Ca-
lydon des héros qui devaient prendre part
à la chasse du sanglier ; 2° le sarcophage
célèbre qui représente la mort de Méléagre,
et un autre bas-relief offrant le même sujet. (Voy. 1. 1, n°1 * * * 5 206, 208 et 209, p. 522 et suivantes. Nous y avons raconté au long l’histoire de Méléagre, d’Atalante, etc.)
DE L’EUROPE. Ô'J
{n° 202 1 ) ; mais il n’est pas incliné à gauche; à vrai dire, il se rapproche de la ligne verticale.
Sont modernes : le bras droit depuis le bas du deltoïde, la main gauche avec le poignet, la cuisse et la jambe droites, la jambe gauche. [Haut. im,g49-]
2020 B. — Méléagre, marbre, pl. 8 1 1 A. Musée de Berlin.
C’est par erreur que celte statue est indiquée comme ayant été publiée sous le n° 33 dans le catalogue de Berlin. A la pose de cette statue, dont nous ignorons les parties modernes, on reconnaît un chasseur, sans doute Méléagre, ou peut-être Adonis.
a 2020 G. — Méléagre, m. de C. pl. 802 F. Mus. de Madrid.
Cette statue, de grande nature, représente un jeune homme qui dirige son regard vers la terre, à droite. Le geste des deux mains est sans doute en rapport avec le mouvement des yeux. Le bras gauche est replié en haut. Si la disposition des mains était inverse, on pourrait croire que ce personnage faisait le geste de tirer de l’arc.
Les parties modernes sont : le bras droit depuis le deltoïde, et une partie de la jambe gauche. [Haut. 7 pi. 2 po.]
2021. — Méléagre, marbre grec, pl. 8o5. Vatican.
Le célèbre Méléagre du Vatican est connu depuis plus de trois siècles. 11 fut trouvé , selon les uns , sur le mont Esquilin , près de la basilique de Caius et Lucius, et, selon les autres, hors la porte Portèse, sur le Janicule (1).
Il n’est entré au Vatican que sous Clément XIV. D’après Visconti, il appartenait auparavant au premier médecin du pape, François Fasconi de Nortia.
Cette statue a près de 9 palmes de haut, et le marbre est liro ccruleo.
Sa conservation est heureuse, mais il lui manque la main gauche, que Michel-Ange n’osa pas , dit-on , restaurer.
Méléagre porte ses regards à gauche, à quelque distance de lui. 11 a la main droite derrière le dos ; sa chlamyde, fibulée surl’épauledroite, va couvrirl’épaule gauche et s’enroule ensuite autour du bras.
La main gauche tenait probablement une lance, et on le voit avec cette restauration dans le frontispice du tome III du Musée Pie-Clémentin.
A droite est un chien accroupi qui lève la tête vers Méléagre. A gauche est une hure de sanglier placée sur un petit rocher.
Le chien et la hure sont antiques, les oreilles du chien sont en plâtre, la patte droite de devant a une cassure. [Haut. 8 pal. 9 on.]
(1) L’Aldroandi, Flaminio Vacca et Bar- Introd. t. III, p. clxxii, cxciv, ccxvm, toli parlent de cette statue sous le nom ccxxvm.) d’ Adonis, qu'elle portait alors. (Voy. notre
STATUES ANTIQUES
2022. — Méléagre, rouge antique, pl. 8o5. Musée Borbonico.
Il n’y a d’antique dans cette statue que le torse et les cuisses. Mais un fragment de la main droite, resté attaché à la hanche , indiquait la position du bras , et presque la pose de la figure entière. >
On lui a donné une tête reproduisant celle du Méléagre du Vatican, sauf qu’elle est tournée à droite. La main gauche est posée sur une hure placée elle-même sur un support.
Les parties modernes sont : l’avant-bras droit, le bras gauche, les jambes et les accessoires. [Haut. 4 pal. 6 on.]
2022 A, 2022 C (i). — Méléagre, marbre, pl. 807 et 8 1 2 B. Coll. Cocke et coll. Barberini.
Dans ces deux marbres, Méléagre s’appuie de la main gauche sur un support. L’autre main est placée derrière le dos.
La première de ces statues a à la main gauche une hure qui est placée sur le support; elle dirige au loin ses regards.
La tête et le bras droit sont antiques. Les parties modernes sont : le bras gauche à partir du biceps, les jambes avec les genoux et une portion de la cuisse droite, la hure et le tronc d’arbre; de plus, la tête a été refaite jusqu’à la mâchoire inférieure et nous a paru n’être pas dans le même caractère que celte mâchoire et le col. La statue a, en outre, été frottée. Les restaurations et retouches sont de Cavaceppi.
C’est une assez belle statue, cependant le torse est tourmenté et n’a pas la simplicité grecque.
Sur le n° 2022 C, de la collection Barberini, nous sommes réduit au dessin que nous en donnons.
Ce Méléagre a la tête un peu baissée, et la jambe gauche pliée.
2022 B. — Méléagre, m. de Carr. pl. 807. Coll. Giustiniani.
Nous ne voyons ici ni chlamyde, ni hure, ni même de chien : mais à la droite est un dauphin qui a une partie antique.
La restauration des bras, qui paraît fondée, offre la slatue tenant de la main droite, abaissée, un fragment de javelot; la gauche, horizontale, est ouverte.
Sont modernes : le bras droit de la fin du deltoïde, le gauche de la fin du biceps, la jambe droite du milieu de la cuisse, et la gauche du fémur, avec pieds , plinthe et le dauphin.
2 02 3. — Méléagre, marbre grec, pl. 806. Coll. Pembrocke.
Si 3a tête de cette statue est la sienne, nous avons sous les yeux un Athlète que caractérise la bandelette qui ceint ses cheveux. Le torse est joli et vigoureux ; les parties sexuelles sont exécutées avec grand soin.
(1) Le n° 2022 B suit sur la même page.
DE L’EUROPE. O9
Sont moderne : les bras à partir du biceps, la jambe droite et une partie de la cuisse, la jambe gauche au-dessus du genou. [Haut. 2 pi.]
2024, 2025. — Méléagre , marbre, pl. 806. Coll. Giustin.
Dans ces deux statues, qui font partie de la même collection, et dont la hauteur est 6 et 7 palmes, les parties modernes se réduisent à des fragmens intermédiaires, en sorte que nous les possédons dans leur état ancien.
Elles s’appuient l’une et l’autre à un tronc d’arbre à gauche , sur lequel est une hure. Le bras gauche entoure cette hure , et la main tient un fragment de javelot. La main droite, placée près de la hanche, tient un cornet de chasseur. Les jambes sont croisées.
La différence importante entre les deux figures réside dans la direction de la tête, qui, dans l’une, est tournée à gauche, dans l’autre, à droite. La première a un chien , qu’on ne voit pas à la seconde.
Malgré une différence dans la hauteur, ces statues ont pu se faire pendant, et d’ailleurs leur pose indique, selon nous, des statues de décoration.
A la première, la tête a été séparée : fragment moderne à la cuisse droite, cassures à chaque deltoïde et au cou du chien. [Haut. 6 pal.]
La tête de la seconde est d’une autre figure. Sont modernes : la sommité de cette tête, le cou, le cornet de chasseur. Il y a un tasseau à la cuisse gauche, des cassures à la cuisse droite et au museau de la hure. [Haut. 7 pal.]
2025 A. — Méléagre, m. de Carr. pl. 807. Coll. Pamphili.
Nous conservons à cette statue, ou personnage barbu, le nom de Méléagre, pour rappeler qu’on voyait aussi ce héros avec une barbe sur une peinture à Delphes (Paus. x, 3i) , et qu’on le voit de même sur une peinture de Pompéi (Roux et Barré, t. II, pl. 10).
La main droite, abaissée, tient en laisse un chien accroupi; la gauche, élevée à la hauteur du deltoïde, a dû porter une arme de chasse sur l’épaule. Une chlamyde, placée sur l’épaule gauche, descend sur l’avant-bras.
On doit à un ciseau moderne la main gauche avec la moitié de l’avantbras qui tient la draperie, les deux pieds y compris les malléoles, la moitié inférieure du chien. H y a des cassures au poignet droit, aux deux genoux, et au chien, sur le cou et la jambe droite. [Haut. 8 pal. îo on.]
2025 B, 2026. — Méléagre, marbre, pl. 807 et 809. Coll. Pamphili, Dresde.
La dénomination de Méléagre appliquée à ces statues n’a rien d’authentique, car la première n’a d’antique que le torse et les cuisses , et les deux bras depuis le bas des deltoïdes, les jambes avec partie de la cuisse droite. Dans la pre-
STATUES ANTIQUES
mière statue le bras droit est levé comme pour tenir une lance , ce qui donne à penser que le gauche a pu être abaissé. Un ciseau moderne a restauré la première avec la main vide, et la seconde, en relevant l’avant-bras, dont la main tient un cornet de chasse. 11 a placé, en outre, à droite de la statue un chien et un carquois suspendu à un tronc d’arbre. Les parties modernes sont : le bras droit depuis le deltoïde, l’avant-bras gauche, la jambe droite avec la moitié de la cuisse, la cuisse et la jambe gauches, le chien et le tronc d’arbre. Il y a des cassures à la cuisse droite. [Haut. 9 pal.]
La seconde statue a à peu près la pose de la première, mais la main droite est moins perpendiculaire et la gauche moins horizontale. Ses cheveux sont ceints d’une bandelette que ne donne pas notre gravure. C’est un Athlète.
La restauration amis à la main droite, horizontale, un cornet de chasse, et à l’autre main un attribut qui paraît être de même genre.
Cette ligure porte sur notre gravure le signe de tête moderne, mais Becker dit que c’est la tête delà statue, dont elle a été séparée; le nez est moderne.
Le torse est joli et gracieux. [Haut. 2 au. 16 po.] Coll. Chigi.
a 2026 A, 2026 B, a 2027. — Atalante, m. pl. 833 B, et 809. Palais Yidoni , Perrier, Vatican.
L’Aldroandi parle d’une statue d’ Atalante trouvée hors des murs de Rome, vis-à-vis Saint-Laurent, dans une vigne de Paolo Ponli. Elle était, dit-il, bien conservée et portait sur le côté gauche de la poitrine la peau du sanglier de Calydon (1).
La première de nos Atalantes a une peau au côté gauche sous la ceinture, mais celte peau ne couvre pas le côté gauche de la poitrine , et la gravure n’y fait pas voir positivement une peau de sanglier.
Elle a sur la tête un grand diadème latin, attribut qui ne saurait s’expliquer dans une Atalante.
D’après la restauration, qui a dû suivre les indications de l’antique, la main droite est élevée, comme pour tenir une lance, et la main gauche, à la hauteur du biceps. Cette attitude peut s’expliquer dans une chasseresse par le tir de l’arc, mais la pose de la figure indiquerait une sorte de jeu et comme la seule traction de la corde.
La tête de la statue n’a pas même été séparée. Les parties modernes sont les côtés du diadème, le bout du nez, le bras droit depuis le milieu du deltoïde, la main gauche avec moitié de l’avant-bras et le bout des deux orteils. Le chien, accroupi à droite, est tout retravaillé, et a les oreilles modernes. Le silence gardé par notre correspondant sur le tronc d’arbre et la plinthe nous font penser qu’ils sont antiques. Cette statue en marbre grec est bien de pose et de costume, et la tête est remarquable. [Haut. 8 pal.]
(i) Voy. notre Introduction ,p. clxxii et clxxx.
DE L’EUROPE
La seconde figure, empruntée au recueil de Perrier, est donnée à rebours.
Elle se fait remarquer par le geste des mains, qui tiennent chaque bout d’un manteau passé derrière le dos. La main droite est élevée et la gauche abaissée.
Avec ce geste, une statue antique a pu difficilement rester intacte, à moins d’être un petit marbre ou un bronze. Le mouvement de la jambe droite , dont le talon est levé en même temps que le bras droit, ne paraît pas naturel. Une nébride, attachée sur l’épaule gauche, couvre le devant du corps et est fixée par la ceinture.
La troisième figure, du Vatican, a été trouvée en 1811, dans le voisinage du Colysée.
Un tronc d’arbre à droite de la figure et qu’on ne dit pas moderne, est couvert de la peau du sanglier. Cet accessoire a paru indiquer Atalante. Mais peutêtre n’indique-t-il qu’une chasseresse, de même qu’à côté d’une figure de chasseur, il n’indique pas nécessairement Méléagre. (Voy. 2024.)
Notre statue élève la main gauche, comme pour tenir une lance, et abaisse la main droite, où la restauration a mis des pommes (1).
Notre statue porte une tunique retroussée, ayant des manches boutonnées. Sous ce vêtement, on voit une autre tunique aussi très-courte, d’une forme qui se rencontre à plusieurs de nos Dianes.
Sur la poitrine est la courroie d’un carquois. Sur le dos est un manteau très-court. Les jambes ont des cothurnes qui laissent voir les doigts des pieds. La tête est celle d’une autre statue. Sont modernes : le haut de la poitrine et de l’épaule droite , le bras droit moins un fragment du deltoïde , le bras gauche en entier, et la jambe gauche.
La plinthe est antique ainsi que tout le pied droit et le tronc d’arbre. [Haut. 6 pal. 9 on.]
2027 A. — Hippomène et iAtalante, marbre (jrec, pl. 8o4 B.
Coll. Barberini.
Nous ne connaissons ce groupe que par la gravure qu’en donnent D. de Rossi et Montfaucon. Nous en ignorons les restaurations.
L’Alalante de ce groupe n’est pas celle qui prit part à la chasse du sanglier de Calydon, mais la lille de Schœnée, roi d’Argos , dont le mariage avec Hippomène rappelle celui de Pélops et d’Hippodamie. Schœnée ne voulait donner sa fille qu’à celui qui la vaincrait à la course. Plusieurs tentèrent l’aventure sans succès : Hippomène réussit avec l’assistance de Vénus. Cette déesse lui donna des pommes d’or, qu’il fit rouler devant Atalante pour ralentir sa course.
Notre groupe, s’il offre bien le sujet en question, n’est pas très-conforme à la fable. En effet, celle-ci ne suppose pas que pendant la course Hippomène ait retenu Atalante avec la main.
(2) L’ Atalante épouse de Méléagre, et plies, lamême que l’Atalantequ’Hippomène qui prit part à la chasse du sanglier de vainquit à la course en jetant des pommes Calydon, n'est pas, d’après les mythogra- d’or devant elle. (Voy. 2027 A.)
4 2 STATUES ANTIQUES
Si les mains et les pommes étaient une restauration moderne, notre groupe pourrait représenter un tout autre fait mythologique.
2028 (1), 2028 B, 2028 C. — Amazones à cheval, br. mar. pl. 810 B et 8 10. Mus. Borbon., coll. Smith Barry.
La première de ces statues n’a que deux palmes; c’est donc à peine une statuette. Elle a élé l’un des produits des premières fouilles de Porlici. L’Amazone est représentée poussant son cheval qui se dresse, et au moment de porter un coup de lance. Le vêlement est celui bien connu des Amazones combattant. [Haut. 5 pal. 1/2.]
Le second groupe est encore de petite nature, eu égard à un pareil sujet (2).
L’Amazone blessée et défaillante tombe vers la croupe de son cheval , qui se dresse. La tête est inclinée sur l’épaule droite, dont le bras est pendant. Ce mouvement fait lever le bras gauche, qui tient le bouclier. Le cheval est d’une exécution heureuse; il est plein de vie.
Winckelmann a fait remarquer , à propos de cette statue, que la ceinture n’est pas placée comme celle des autres Amazones, mais quelle est nouée immédiatement sous le sein. (
Le cheval est intact. L’Amazone, a les bras et les jambes modernes.
Ce groupe, d’une bonne sculpture romaine, provient de la collection Farnèse. [Haut. 5 pal. 6 on.]
La troisième Amazone est, comme la première, représentée combattant, et au moment de porter un coup de lance à un ennemi renversé.
Son cheval, qui se dresse, retourne la tête vers la guerrière et lui touche presque l’épaule gauche.
On^remarquera à cette Amazone l’absence du sein de femme, ce qui rentre dans 1 opinion répandue que les Amazones se brûlaient le sein droit. Mais cette opinion est contredite par presque tous les monumens antiques, et les archéologues en font partout l’observation.
Sont modernes: à l’Amazone, la tête (3), le bras droit et les jambes; au cheval, la tête et partie du cou, et les jambes. [Haut. 4 pi-]
2028 A. — Bellérophon, marbre, pb 810. Coil. Mallei.
Groupe d’un homme monté sur un cheval ailé. Auprès, est un lion placé en sens inverse, c’est-à-dire ayant la tête du côté delà croupe du cheval. Le pied droit du cavalier porte sur la croupe du lion.
On sait que Bellérophon est ainsi représenté dans son combat contre la Cbimère; toutefois, on doit observer que la Cbimère fait face ordinairement à son ennemi; ensuite
(1) Le n° 2028 A, qui est un Belléropbon , est renvoyé après cet article.
(2) Cette Amazone se trouvait déjà dans la collection Farnèse en »64î, ayant été
publiée à cette époque dans l’ouvrage de J. J. de Rossi.
(3) Sur notre gravure le signe tête antique rapporté est fautif.
DE L’EUROPE
que cet animal u’est pas seulement un lion , mais qu’il a en outre la tête d’une chèvre , circonstance qui lui valut le nom de Chimère; enfin, que la queue est un serpent qui se dresse.
Ajoutons que, dans notre groupe, le cavalier n’a lui-même rien de Belléroplion; on ne retrouve ni le casque qu’on donne à Belléroplion, ni sa chevelure, ni sa figure, ni son vêtement caractéristiques. Ses traits sont ceux d’un Ephèbe et manquent de dignité. Les cheveux ne flottent pas; quant au vêtemeDt, c’est une tunique à manches longues qui couvre tout le buste jusqu’aux hanches, et, à ce point, paraît repliée en dedans. Une écharpe descend sur la cuisse.
Le cavalier n’a pas non plus l’attitude d’un combattant. Bellérophon élève d’ordinaire sa lance, tandis qu’ici la main droite est placée comme pour tirer les rênes en arrière.
Ce personnage n’est donc qu’un aurige. On trouvera des cavaliers ainsi vêtus sur un bas-relief d’un sarcophage de Florence représentant des courses de char dans le cirque. Galleria reale , t. II, pl. 98.
Le cheval a un harnachement qu’on ne donne pas au personnage de Bellérophon.
Des considérations précédentes il résulte que ce groupe n’est qu’une sculpture de décoration, qui appartenait probablement au cirque de Flaminius et avait son pendant. On sait d’ailleurs que le palais Mattéi est bâti sur l’emplacement de ce cirque. (Voy. notre Introd. t. III, p. cccxi.)
Nous ne connaissons ni les restaurations , ni la hauteur de ce marbre.
2029, 2o3o. — Amazones, marbre, bronze, pl. 809. Collect. Massini et Florence.
Les deux figures données sous ces numéros offrent une statue de près de huit palmes et un petit bronze de moins d’un pied.
Ces deux statues élèvent le bras droit , qui a pu tenir la pelta , et abaissent le bras gauche comme pour tenir un bouclier (1), que du reste la première ligure a reçu de la restauration. Cependant une statue semblable, donnée 2o38 A, autoriserait à y voir une Amazone blessée sous l’aisselle droite.
La première statue a la courroie d’un carquois sur le buste. On ne nous dit pas si le marbre porte des traces de cet accessoire. La tunique laisse à découvert le côté droit de la poitrine; mais au lieu d’une seule ceinture placée près des hanches , comme on le voit d’ordinaire aux Amazones , il y a deux ceintures, dont l’une est placée près du sein et l’autre sur les hanches mêmes.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : les deux bras depuis le bas du deltoïde avec le bouclier, la draperie repliée sous la manche droite, des parties de la tunique à droite et à gauche (en plâtre) , la jambe droite sans le genou, la gauche avec le genou. [Haut, y pal. 7 on.]
La deuxième statue a la ceinture attachée comme on le voit aux Amazones, mais la tunique laisse à découvert le côté gauche de la poitrine. Le sein droit est mis à nu accidentellement par le mouvement du bras. [ Haut. 9 po. 2 li.]
2o3j , 2o3i A. — Amazones, marbre, pl. 811, 808. Musée Capitolin et coll. Egremont.
Les deux Amazones réunies sous ce numéro se ressemblent de pose, d’ajus-
(1) La deuxième figure est gravée à rebours.
STATUES ANTIQUES
lement, et surtout par ce détail que le carquois, déformé particulière, est placé au côté gauche, comme le serait un parazonium (1). De plus, la statue 2o32 C ne diffère qu’en ce qu’à la place du carquois se trouve un pilastre où la figure est accoudée.
Ces Amazones ont le bras droit au-dessus de la tête (2). Leur tunique est attachée sur l’épaule droite et, par conséquent, laisse à découvert le côté gauche de la poitrine, et non le droit, comme cela se voit ordinairement aux Amazones.
On peut considérer ces statues comme des copies d’une Amazone qui tenait le bras sur la tête pour regarder au loin. Peut-être aussi portaient-elles un trophée, comme les deux figures qui, sur le sarcophage des Amazones au Capitole, occupent les deux bouts de la façade (3).
La première statue porte, selon Visconti, sur la draperie les traces d’un enduit.
Sur le plan horizontal de la plinthe sont écrits les mots : Scholu Medicorum. La tête est celle de la statue, dont elle a été séparée. Les parties modernes de la première statue sont : les deux bras , la jambe droite moins le pied , et la portion intermédiaire du tronc d’arbre. Il y a une cassure au genou gauche, à la jambe et sur le casque , qui est antique. [Haut. 8 pal. 5 on.]
Les parties modernes, à la deuxième statue, sont : la tête, les bras, les jambes , le casque et le tronc d’ai'bre.
La draperie est à plis fins ondulés et fort belle ; le bout du sein gauche est prononcé. [Haut. 5 pi. 6 po.]
2o3 1 B. — Amazone, m.p. pl. 8 1 o A. Dresde, coll. Stackelberg.
Statue d’Amazone casquée , ayant au bras gauche la pelta, et tenant du droit la bipenne appuyée à la plinthe. Son costume est à remarquer. Outre un grand manteau qui descend des épaules derrière la figure, et une tunique courte, elle a une surtunique rabattue au-dessous du sein droit, à la manière des Amazones. Sa chaussure est aussi remarquable : elle consiste dans des bottines qui couvrent la jambe entière avec retroussis sur le mollet. [Haut. 3 pi.]
2 o3 1 C. — Amazone combattant , m. de P. pl. 810 A. Coll. Pemb.
Celte Amazone est tombée sur le genou droit; elle lève la tête vers son ennemi à gauche. Le bras gauche tient un grand bouclier, qui n’est pas la pelta des Amazones (4). La main droite, élevée, lient la poignée d’une arme.
(1) On trouvera un détail semblable sous le n° 2o34.
(2) La Diane 1208 B, coll. Pamphili, a le bras droit dans la même position, et sa tunique, par ses plis nombreux et par la manière dont elle est raccourcie, rappelle les figures di’Amazones; mais elle est fibulée sur chaque épaule et couvre entièrement ia poitrine.
(3) Ainsi doit être restauréeprobablement l’Amazone placée à l’extrémité droite du bas-relief du Louvre, Achille et Penthésilée, n° 245, t. II, pl. 1 12.
(4) Une peinture architecturale de Pompéi a sur la frise un combat d’Amazones, et le bouclier de ces guerrières n’est pas nou plus la pelta, c'est à peu près celui qu’on voit à notre ligure. Mus. Borhon. t. II.
DE L’EUROPE
La statue est en grande partie moderne , et a élé mal restaurée.
Notre gravure indique comme moderne la tête, le cou, tout le côté gauche de la poitrine , et enfin le bras droit. Il faut ajouter à cela la cuisse et la jambe gauches et une partie du bouclier. La hauteur de 4 pieds 6 pouces marquée sur notre gravure n’est qu’une hauteur de proportion.
2 o3 2 , 2 o3 2 A, 2 o3 2 B. — Amazone, marbre, pl. 812 B. Musée Capitolin et coll. Torlonia.
Les collections offrent plusieurs statues, reproduction d’un même type qui présentait une Amazone blessée.
La blessure est à quelques pouces au-dessous du sein droit. L’Amazone, debout, a la main droite levée et les doigts de la main gauche près de la blessure.
Les trois statues placées sous ces numéros appartiennent à ce type; il y en a une autre sous le n° 2o36 , et peut-être en était-il de même de la statue
Pline parle d’une Amazone blessée , ouvrage de Ctésilas , liv. XXXIV, ch. vm , et naturellement les archéologues y voient le type dont nous venons de parler ; cependant le n° 2o32 A porte sur le tronc d’arbre le nom du sculpteur Sosiclès.
Bottari n’a donné que le n° 2032 , que nous reproduisons d’après lui. 11 n’en indique pas l’origine; mais, d’après notre dessinateur de Rome, elle a été trouvée aux environs du temple de Minerve Medica.
La tête n’a pas même été séparée. Les parties modernes sont : le bras droit , l’avant-bras gauche, le bout du pied droit, la jambe gauche moins le pied, et quelques fragmens de la draperie. Cassure au cou-de-pied droit.
On ne voit pas de blessure à cette statue, mais cette partie est moderne, et quelques mots de notre dessinateur feraient penser qu’aujourd’liui la main gauche tient le bout de la tunique, il y aurait donc eu une restauration plus récente, fondée probablement sur ce qu’en l’absence de la blessure la tunique avait dû cacher cette partie du corps. [Haut. 8 pal. 4 on.]
La seconde, donnée par Lorenzo Rè, se trouvait peut-être aussi au musée du Capitole du temps de Bottari, car cet auteur dit que ce musée avait trois statues d’Amazones. Celte statue a la blessure. La main droite, élevée, tient un fragment de lance (î) ; en cela la restauration paraît s’être trompée.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : partie du cou , le bras droit en entier, la main gauche avec partie de l’avant-bras, les genoux, le pied gauche , quelques fragmens de la pelta appuyée au tronc d’arbre, et la plus grande partie de la plinthe. [Haut. 8 pal. 5 on.]
(i) Bottari parle de l’une des deux qu’il quois; celle-là n’appartenait donc pas au ne donne pas, et dit qu’elle avait arc et car- type qui nous occupe.
46 STATUES ANTIQUES
La troisième statue, de ia collection Torlonia, n’a pas de blessure.
La tête est d’une autre statue. Les parties modernes sont : le cou, le bras droit avec une partie de la poitrine, le bras gauche depuis le milieu du biceps, jambes et cuisses depuis la tunique. La statue a un tronc d’arbre que la gravure n’indique pas. [Haut. 8 pal. 7 on.]
On remarquera que ces trois statues ont la même hauteur.
2 o3 2 C. — Amazone, mar. pl. 833 B. Coll. Landsdowne.
Statue semblable à celles qui sont données sous les n°‘ 2o3i et 2o3j A, et ayant, comme elles, le bras droit sur la tète; mais elle est accoudée à gauche sur un pilastre.
On dit que la statue a très-apparemment souffert du feu.
Les bras sont modernes. [Haut. 5 pi. 6 po.]
* 2o33. — Amazone blessée, mar. peut. pl. 2 65. Louvre.
Statue provenant du château de Richelieu. La partie antique se réduit à la tête et au torse jusqu’aux hanches; mais c’est évidemment la même figure que les trois données nl> 2o32 et suivans. Les bras manquaient complètement. On l’a restaurée dans le xvic siècle, en lui donnant une tunique talaire. Notre planche, qu’elle occupe en entier, offre, i°la partie antique seule, 2° la figure avec la restauration, 3° avec le véritable costume des Amazones.
La partie supérieure de cette belle figure est sans doute une imitation antique de l’Amazone blessée de Ctésilas, et offre peut-être, ainsi que le pense M. Petit-Radel, Antiope blessée par Molpadie. [Haut. im,S8i. — 5 pi. 9 po. 6 li. ]
a 2o34- — Amazone, mar. Carr. pl. 8i3. Vatican (i);
Cette statue est semblable aux deux Amazones données sous les n°5 2o3i, 2o3i A, par sa hauteur, par l’inclinaison de sa tête, et par la disposition des bras. Elle a appartenu au peintre Cammucini.
Sont modernes : les bras, les jambes avec partie de la cuisse droite, mais sans les pieds. [Haut. 8 pal. 3 on.]
2o35. — Amazone morte, marbre, pl. 810 A. Mus. Borbon.
Amazone morte et couchée sur le dos; le sein droit porte une blessure. Des fragmens de lance sont sur la plinthe. Le bras droit est placé au-dessus de la tête , la jambe droite est relevée. Le bras et la jambe gauches sont étendus.
La statue est jolie et très-peu restaurée ; c’est une sculpture grecque provenant de la collection Farnèse. [Long. 4 pal. 6 on.]
(1) Sur la gravure et sur les tables du tome 111, la statue est attribuée à la coll. Paccetti : c’est une erreur.
DE L’EUROPE. a 7
a 2o36, 2037. — Amazone, mar. pi. 811, 81 3. Vatican et coll. Giustiniani.
La première de ces statues offre encore l’Amazone blessée, que l’on suppose reproduire celle de Ctésilas. (Voy. 2o32.) II n’y a pas de blessure, du moins sur la gravure.
La tête appartient à une autre statue. Les parties modernes sont : le bras droit en entier, l’avant-bras gauche, la jambe droite, la jambe gauche avec une partie de la cuisse. Il y a un tasseau à la mamelle gauche. La statue est de la même hauteur que celle des n" 2o32 et suivants. [Haut. 8 pal. 7 on.]
La seconde statue n’est plus dans la collection Giustiniani, et nous sommes réduit, pour tous renseignemens, au dessin que nous en donnons.
Comme la précédente, cette statue élève le bras droit, et porte la main gauche vers le sein droit découvert; mais la tunique est talaire, et la tête est tournée à gauche.
Ce pourrait être cependant la même figure mal restaurée.
a 2o38. — Héroïne mourante, mar. gr. pl. 808. Vatican.
Ce groupe représente un homme et une femme. La femme seule est entière ; il ne reste de l’homme que l’avant-bras , la jambe et la cuisse gauches.
L’avant-bras se trouve placé derrière la tête de la femme et la main adhère à l’épaule gauche. La femme demi-drapée, agenouillée sur le genou droit, se renverse de ce côté et appuie l’aisselle sur le genou de l’homme, la main gauche pendante sur la cuisse.
Quant à l’homme , la cuisse et la jambe qui restent sont en grande partie couverts d’une draperie.
Ce qui reste de cette figure consiste probablement dans la draperie, dont une partie se voyait au travers des cuisses.
Notre dessinateur signale quelques ressemblances entre ce groupe el celui qui est donné n° 2072, et nous engageons le lecteur à s’y reporter.
La tête de la femme n’a été que séparée. Les parties modernes sont : le nez, la lèvre supérieure, le bout de deux doigts de la main gauche, l’index de la droite, le pied gauche jusqu’au-dessus des malléoles, enfin la plinthe en forme de rocher. [Haut. 4 pal. 3 on. 1/2.]
2o38 A. — Amazone, marbre, pl. 808. Oxford.
Statue de grandeur naturelle qui rappelle beaucoup la figurine 2o3o, surtout pour le mouvement du torse et la disposition de la tunique. Les bras et les jambes sont ici plus écartés , ainsi que l’exigeaient la matière et la hauteur de la figure.
En examinant nous-même la statue, nous y avons remarqué une blessure sous l'aisselle droite el près du sein. Si celte blessure est l’œuvre du sculpteur
4 8 STATUES ANTIQUES
lui-même, elle autoriserait à voir des Amazones blessées, non-seulement dan8 les n05 2029 et 2o3g qui ont la même pose, mais encore dans les nos 2o3i , 2o3i A, 2o32 C et 2034 qui ont le bras droit sur la tête.
L’agrafe de la ceinture est très distincte. Le casque dont cette Amazone est coiffée est une addition moderne , au moyen de laquelle on s’est cru autorisé à donner à la figure le nom de Camille. On doit encore à la restauration les • bras et les jambes. [Haut. 6 pi. 3 po. 3/4.]
2039 (1), 2o4i, 2 o4 1 A. — Dioscures, mar. br. pl. 812, 8 1 3 et 834 B.Coll.Torlonia. Mus.de Venise etBritannique.
Dans les statues données sous chacun de ces numéros, les Dioscures se reconnaissent à leurs bonnets ovoïdes. Chacun d’eux porte la chlamyde.
La première statue excède 9 palmes. La tête est la sienne , mais elle a été séparée. L’étoile qui se voit au-dessus du bonnet est en métal et moderne.
A sa gauche est un cheval agenouillé. Cet accessoire désigne plus particulièrement Castor.
Les parties modernes sont: le nez, le bras droit, depuis le deltoïde, la main gauche avec le poignet, et le parazonium, dont la poignée manque; les jambes. Le cheval n’a d’antique que la tête et encore moins le museau. [Haut. 9 pal. 1 on.]
La seconde statue, qui est de petite nature , élève la main droite , qui est vide ; l’autre main, abaissée, tient le parazonium, dont le bout est appuyé à l’épaule. [Haut. 4 pal. 6 on.]
La troisième est un petit bronze trouvé à Paramitia, en Epire. L’auteur de l’article du Specimen a cru y reconnaître l’école de Lysippe. L’étoile qui a dû surmonter le bonnet est perdue.
Ce Dioscure lève la tête, mais la main droite est abaissée et les doigts sont disposés comme pour tenir le parazonium. La main gauche, horizontale et placée près du sein, est fermée, telle que la représente la gravure; elle semble n’avoir pas pu tenir le fourreau du parazonium. Une courte chlamyde repose sur l’épaule gauche et va passer sur l’avant-bras. [ Haut. 1 pi.]
2o4o. — Castor et Pollux, m. pl. 812 C. Musée de Madrid.
Groupe très-beau et très-connu, qui a fait partie de la collection de la reine Christine , et est passé , avec les principaux marbres de celte collection , à la résidence de Saint-Ildefonse.
Selon Maffei, dans son texte joint au recueil de de Rossi, ce groupe faisait auparavant partie de la collection Ludovisi. Il se compose de deux Ephèbes nus , ayant environ 4 pieds de haut.
Celui qui est placé à droite s’appuie nonchalamment sur l’autre et pose
fi) Le n° 2oio suit sur la même page.
DE L’EUROPE. qg
une main sur son épaule gauche. Sa main droite , placée sur l’aîne , tient une petite patère qu’il regarde avec attention.
L’autre Éphèbe tient une torche de chaque main. De la droite, il met le feu à des feuilles placées sur un petit autel ; de la main gauche , il élève la seconde torche renversée derrière lui.
Chaque Éphèbe a la tête ceinte d’une couronne de laurier.
Derrière eux se trouve, sur un autre petit autel, une figure de femme en style antique, ayant notamment le modius sur la tête.
Comme l’attitude des deux statues est celle de deux amis , on a nommé le groupe Castor et Pollux. Cependant, l’amitié qui unissait les fils de Léda était l’amitié fraternelle. En outre, les Dioscures sont représentés, d’ordinaire, avec des attributs qui ne se voient pas ici. Enfin , le groupe offre manifestement une action dont l’explication était à donner.
Maffei en fait connaître une proposée par Philippe délia Torre, qui a pensé à deux Génies faisant un sacrifice à Isis. Maffei a ajouté à cette explication que les deux Génies chargés, selon les idées des anciens, de veiller sur des époux, faisaient peut-être un sacrifice à l’occasion d’un mariage.
Les torches et la patère que tiennent nos figures, lui ont fait tenter ensuite une autre explication qui amènerait à y voir Vesper et Lucifer.
Winckelmann s’est occupé du groupe dans la préface de ses Monuments inédits ; d’après lui , ce serait la première scène de l’Électre d’Euripide. Oreste et Pylade au tombeau d’Agamemnon , projetant la mort de Clytemnestre et d’Égisthe. Le petit autel représenterait ici le tombeau d’Agamemnon, car l’usage était de placer ces autels sur les tombeaux.
Les deux amis ont fait le sacrifice d’une brebis dont parle ce poète; ils s’entretiennent de leur projet, et Oreste fait avec la torche un geste de meurtre comme s’il tenait un poignard. La petite statue est Electre, qu’Égiste avait mariée à un homme des champs. Elle porte un vase d’eau sur la tête.
Ce groupe est admirable par la justesse des proportions et la finesse des contours; tout y est gracieux et moelleux, les chairs semblent vivre et palpiter. [Haut. im,5oo.]
* 2o42 — Pollux, mar. pent. pl. 327. Musée du Louvre.
Le fils de Léda , rendu invincible par l’exercice du pugilat, les avant-bras et et les poings armés de cestes, semble menacer de ses coups un adversaire, qui, d’après les fables argonauliques, doit être Amycus , roi des Bébryces.
Il y avait plusieurs espèces de cestes : les meiliques étaient fort anciens : ce n’était qu’un réseau de cuir dont on s’enveloppait les mains. Les imanles indiquent des courroies de cuir de bœuf cru et dur, garnies de métal, dont on se couvrait les bras jusqu’au coude : il paraît que les cestes de Pollux sont de cette espèce. Le nom de myrmekes (fourmis) donné à d’autres cestes marquait peut-être que leurs coups causaient de violentes cuissons. Les spheræ ne devaient être que des espèces de pelotes qu’on tenait à la main pour s’exercer dans les gymnases. Une autre sorte de cestes était en forme de gants longs, garnis
STATUES ANTIQUES
au coude de peau de mouton avec la laine, et autour de la main d’une forte courroie. On a trouvé à Herculanum un bras en bronze armé de ce ceste. L’usage des cesles fait aisément supposer celui des gants, et les cheirides, dont Laërte, dans Homère, se garnit les mains pour se préserver du froid, devaient être des gants ou des mitaines, de même que les cheirolhecœ. Les monumens n’en offrent pas. Au reste , l’avant-bras droit et tout le bras gauche de cette statue sont modernes : ainsi, les cestes ne sont dus qu’à la restauration, et ont été faits d’après quelques ouvrages antiques. La tête est antique, mais rapportée; nez restauré, jambes et pieds en partie modernes.
[Haut. Im,834 ~ 5 pi. 7 po. 9 li.]
2o43. — Castor et Pollux , m. g. pi. 8 1 2 A. Monte Cavallo.
Les deux groupes des Dioscures avec leurs chevaux qui se cabrent ont toujours été à Rome, sur l’ancien mont Quirinal, qui en a tiré son nom de Monte Cavallo.
Ils étaient placés devant les thermes de Constantin et, jusqu’au pontificat de Sixte V, ils sont restés obstrués par de la maçonnerie. On les voit en cet état sur une estampe d’Antoine Lafrerie, Rome 1 54g-
La façade des piédestaux est à découvert , au moins sur l’estampe. On y lit en grandes lettres, sur celui de gauche: Opus Praxitelis; sur celui de droite; Opas Phidiæ.
Le recueil de gravures de Joseph Rossi (1619) , quoique de vingt ans postérieur à la mise en évidence de ces colosses, paraît les donner dans leur état ancien. On les y représente par derrière, et l’autre cheval est masqué par la maçonnerie jusqu’aux jarrets. Dans un coin de l’estampe est la légende suivante : Opus Phidiæ, opus Praxitelis. Ante ædes cardinalis Ferrerii.
On les trouve dans leur état moderne sur une gravure in-folio de 1602 (1). Ils sont devant une fontaine, et derrière est une façade d’architecture florentine dont la partie supérieure, occupée par une inscription latine, indique la restauration de ces colosses par ordre de Sixte V.
L’année de l’inscription est celle de 1 58g , la quatrième du pontificat de ce pape.
On y dit que , d’après le témoignage de l’antiquité , chacun de ces groupes représente Alexandre domptant Bucéphale, et qu’ils sont l’œuvre de Phidias et de Praxitèle, qui rivalisèrent dans la représentation de ce fait (2); que Cons-
(1) Le passage qui existait entre les piédestaux est fermé par de la maçonnerie, et on y voit une ou deux fenêtres. Devant le cheval, à droite, la maçonnerie montejusqu’au milieu du cou du cheval, en sorte qu’on dirait une tête de cheval établie sur de la maçonnerie. Cette estampe est dédiée par le peintre J. Carra au cardinal Montalto. Le graveur est J. Orlandi. On la
trouvera avec celle de Lafrerie , au cabinet des estampes.
(2) Les érudits de Rome n’ont probablement pas suivi dans celte inscription la chronologie de l’histoire. L’époque de la mort de Phidias est fixée à la première année de la 87e olympiade (429 av. J. C.) et celle delà naissance d’Alexandre, à la 106' olympiade (356 av. J.-C.).
DE L’EUROPE. 5l
tantin le Grand les fit apporter de Grèce; et les plaça devant ses thermes, sur le mont Quirinal.
Nous donnons à ces groupes le nom de Castor et Pollux, parce qu’on voit souvent ces héros représentés avec leurs chevaux. On connaît les groupes du Capitole , que nous publions sous les numéros suivans. Cette représentation est fréquente sur les médailles.
Cette opinion a le mérite de donner des noms propres.
Au groupe de gauche, prétendu de Praxitèle, le cavalier a la main gauche moderne, et le cheval un tasseau sur la cuisse gauche.
A l’autre groupe, prétendu de Phidias, la dégradation se borne à différentes cassures sur le cheval. [Haut, de chaque groupe, 23 pal. 1/2.]
2o44, 2o45. — Castor et Pollux, marbre gr. pl. 812. Place du Capitole.
Les Dioscures sont ici debout, à côté de leurs chevaux calmes, que l’un a à sa droite et l’autre à sa gauche. Ces animaux sont encore plus grands que ceux du Monte-Cavallo, car ils ont 26 palmes.
Ces deux groupes ont été trouvés, du temps de Flaminio Vacca, sur le bord du Tibre, dans le Ghetto ou quartier des juifs, et sur l’emplacement où est la synagogue. Ils furent d’abord placés au belvedère du Vatican, d’où le pape Pie V les fit transporter au Capitole (1). On en décora la place où ils sont encore aujourd’hui.
Malgré le bonnet ovoïde des Dioscures, on a cru longtemps que ces groupes représentaient Caius et Lucius, fils d’Agrippa. Mais Winckelmann a reconnu Pollux dans celui quia les oreilles des Pancratiasles , opinion qui a été partagée par Visconti (2). Pollux est donné sous le n° 2oA4; la tète est celle de la statue, mais elle a été séparée. La cassure est placée par devant, sous la chlamyde, et par derrière, sous les épaules.
Les parties modernes de cette statue sont : une portion du front, le nez, la bouche, le menton, trois doigts de la main gauche (médius, annulaire et auriculaire), des phalanges à la main droite, le pied gauche avec les malléoles et le petit socle. Il y a des cassures au milieu du bras droit, au bras gauche auprès du poignet. La jambe gauche est très-fragmentée. Sont modernes, au cheval : les oreilles, le museau, partie du cou, les quatre jambes et partie de la queue.
La tête de Castor est moderne ; le reste n’a, à vrai dire, de moderne que des tasseaux. Cette tête est très-fragmentée et porte des cassures au deltoïde droit , au milieu des bras, au milieu de l’avant-bras gauche, au milieu de l’échine, aux cuisses, aux genoux, au cou-de-pied. ,
(1) Voy. notre Introd. t. III, p. ccxvm. Une erreur s’y est glissée dans l’indication du pape.
(2) Les Dioscures se voient souvent sur les bas-reliefs, les médailles, les pierres
gravées, les vases italo-grecs. On les a trouvés peints à l’entrée d’une maison dePompéi, qui en a reçu le nom de maison de Castor et Pollux.
STATUES ANTIQUES
Les parties modernes du cheval sont : les oreilles, les naseaux, une portion du cou, les quatre jambes, le bout delà queue.
[Haut, de Pollux, 26 pal. 6 on. — Haut, de Castor, 26 pal. 1 on.]
2o46. — Jason, mar.pent. pl. 309. Musée du Louvre.
Nous donnons sous ce numéro et les numéros suivans quatre copies d’une statue antique, qui, par cela même, a dû avoir quelque célébrité. Celle du Louvre pourrait être l’original. Nous la reproduisons sous quatre aspects.
Le nom de Cincinnatus, donné longtemps à cette statue , ne convenait pas à la jeunesse du héros représenté : on s’accorde à présent, d’après Winckelmann, à y reconnaître Jason (1).
Ce héros, qui, pour calmer les soupçons de Pélias, son oncle, roi d’Iolcos, en Thessalie, s’était adonné à la vie agricole, labourait son champ, lorsqu’un messager du roi arrive et l’invite à un sacrifice solennel. Jason vient de quitter le travail des champs indiqué par le soc de charrue qui est à ses pieds. Il est dans l’action de nouer sa chaussure sur son pied droit. On voit qu’il s’entretient avec le messager; sa surprise est peinte sur sa physionomie; il paraît distrait. On devinerait presque que l’autre pied demeurera nu, et que le héros va offrir aux regards de Pélias cet homme à une seule sandale désigné par l’oracle comme devant être son meurtrier, et que Philoslrale, lettre xxii, représente ainsi chaussé. Celte figure, quoique seule, offre donc l’intérêt d’un groupe. Le statuaire, qui a suivi dans cet ouvrage le récit de Phérécyde, s’est servi de la pose noble et simple de la figure pour développer la beauté des épaules et du dos.
Le style tient quelque chose de celui du héros combattant, et ce ne serait pas une conjecture dénuée de probabilité que de le croire de la même main ou de la même école. Celte statue a décoré longtemps les appartemens de Versailles; plus anciennement encore, elle se voyait à Rome, à la villa Montalto (2).
La tête est celle d’une autre statue, et un peu petite pour le corps. Sont modernes : partie du bras droit, le gauche en entier avec l’épaule, partie de la cuisse droite et la jambe, moins le pied, un fragment de la jambe gauche et partie de la seconde sandale qui est sur la plinthe.
Les deux sandales ne sont pas semblables dans la partie qui couvre le talon. La plinthe antique a été scellée dans une plinthe moderne, ce qui a donné sujet à quelques équivoques.
[Haut. im,545. — 4 pi. 9 po.]
(1) Le bas-relief du Louvre, où l’on voit sonnages qui se rattachent à ce mythe. (V. Jason domptant les taureaux de Colchos, et t. II, nos 210 et 21 1 , p. 53/i et suiv.) le sarcophage de la vengeance de Médée, (2) Elle est gravée dans l’ouvrage de J. nous ont fourni l’occasion de raconter au T. de Rossi (i645). long l’histoire de Jason et de tous les per-
DE L’EUROPE
2047, 2048, 2o48 A. — Jason, mar. pl. 8 1 4- Mus. Pie- Clémentin, Munich, et coü. Lansdown.
La première statue a été achetée sous Pie VI pour le musée Pie-Clémentin. Ce n’est qu’une statuette, dont la sculpture est médiocre de l’aveu de Visconti lui-même.
Jason chausse ici le pied gauche , ce qui montre que le sculpteur n’a pas suivi le scoliaste de Pindare, qui dit que Jason chaussa le pied droit.
La tête est celle d’une autre statue et a plusieurs tasseaux. Sont modernes, en outre : les bras, la jambe droite avec moitié de la cuisse, et la jambe gauche en entier , la seconde sandale et le tronc d’arbre. 11 y a un tasseau au côté gauche du cou. [Haut. 2 pal. 2 on. 1/2.]
La seconde statue qui appartient à la glyptothèque de Munich est un peu plus grande que celle du Louvre. On n’y voit qu’une sandale.
De plus la tête est celle d’une autre statue. Sont modernes : les bras , la moitié de lacuisse et la jambe droite ainsi qu’une partie du pied droit. [Haut. 5 pal. 3 on.]
Visconti s’est occupé de la troisième statue, qui est dans la collection Lansdowne, au sujet de celle du Vatican. II nous apprend quelle fut déterrée en 1778 par M. Gavin Hamilton, à la villa Adriana de Tivoli au lieu dit Pantanello.
La statue a conservé sa tête, dont les regards sont levés au ciel. La chlamyde n’est pas tout entière sur la cuisse comme aux trois autres statues, mais elle couvre l’avant-bras gauche. Elle est moins grande que celle du n° 2046. Sont modernes: le nez, partie du cou, le bras droit du coude au poignet, le bras gauche du coude au deltoïde, la main de ce côté, le pied droit avec partie de la jambe, la jambe gauche sans le pied, le tronc d’arbre. C’est une statue fort jolie et intéressante , mais dont le torse est moins beau qu’à celui du Louvre. Le marbre est très-éraillé.
2049. — Cabire, bronze, pl. 81 3. Musée Borbonico.
Statuette trouvée à Résina, le 2 avril 1740, et bien conservée.
On y reconnaît de suite une de ces figures de Cabire qui se voient souvent sur les médailles.
Les auteurs parlent de plusieurs Cabires ; mais, d’après Firmicus [De Errore prof. rel. p. 427) et Lactance [De Fais, religionibus , p. n5), les Macédoniens et les habilans de Thessalonique n’adoraient qu’un Cabire. Leurs médailles offrent cette figure avec des outils et le molKiêejpos. (Seguin, Select, num. c. 1, x, xi.)
STATUES ANTIQUES
2o5o. — Persée, marbre de Luni, pl. 812 C. Mus. Pie-Clém.
La partie antique de cette statue a été trouvée à Civita-Vecchia, dans les fondemens de la maison Ciccolani. Cette partie comprend le torse , les cuisses et le bras gauche , dont la pose semble caractériser Persée. On lui a donné une tête antique du même héros, reconnaissable aux ailes, dont elle portait les indications.
En l’état où la restauration l’a mise, cette statue s’appuie sur un tronc d’arbre à droite, tient de la main droite, abaissée, une épée. Le bras gauche est enveloppé de la draperie, et la main est appuyée à la hanche.
Les parties modernes sont marquées sur la gravure. [Haut. 7 pal.]
Statues des frontons d’un temple d’Egine.
Le temple dont ces statues décoraient les frontons est, selon les uns, celui de Jupiter Panhellénien dont parle Pausanias ; selon d’autres , un temple de Minerve mentionné par Hérodote.
Ces statues et fragmens furent découverts en 1811 dans les ruines de ce temple, par MM. le baron de Haller, Cockerell, Forster et Linkh.
L’année suivante, elles furent achetées parle prince royal de Bavière, depuis le roi Louis 1er. La restauration en fut faite à Rome par le célèbre sculpteur Tborwaldsen , et cette restauration est, dit-on, tout à fait en harmonie avec le style particulier des figures.
Ce style est celui que, dans le cours de cet ouvrage, nous avons souvent nommé le style éginétique. Il offre un type roide, conventionnel, mais beau.
Les cheveux présentent une disposition particulière; ils sont comme peignés avec soin, serrés par un diadème étroit et se terminent sur le front en une série de petites boucles , qui forment quelquefois plusieurs rangs. La forme du casque offre encore un grand intérêt. Aussi avons-nous donné les têtes sur une plus grande proportion, lorsqu’elles ne sont pas l’œuvre de la restauration.
L’examen de ces figures a suggéré l’opinion qu’elles représentaient , les unes un combat entre Hercule et ses compagnons contre Laomédon, roi de Troie, les autres , la lutte entre les Grecs et les Troyens pour la possession du corps de Patrocle. Ces deux sujets avaient un intérêt particulier pour les habitans d’Egine, à raison du rôle principal qu’avaient joué, dans le premier de ces combats, Télamon, fils d’Éaque, et compagnon d’Hercule; dans le second, Ajax, fils de Télamon.
Les premières sculptures décoraient le fronton oriental , côté de l’entrée principale du temple, comme au Parthénon.
Ce qu’on a trouvé était très-fragmenté, et l’on n’a pu rétablir que quatre statues que nous donnons sous les n°“ 2066 et suivans.
Les sculptures du fronton occidental se sont trouvées mieux conservées. La restauration les a rétablies en entier et M. Cockerell a essayé de reproduire l’ensemble du fronton lui-même.
2051, pl. 8x5. — C'est l’ensemble du fronton d’après M. Cockerell. Minerve est au milieu, debout, et présidant au combat; la plupart des autres figures sont couchées ou agenouillées. Elles se font pendant deux à deux. Les couples reproduisent la même attitude de combat.
Patrocle est renvei’sé à droite de Minerve, appuyé de l’épaule au genou d’Ajax. 11 n’est pas tout à fait mort.
Ajax, debout, dirige sa lance sur Hector, qui est dans la même altitude que lui. Ensuite deux guerriers agenouillés, et tirant de l’arc, puis deux autres guerriers aussi agenouillés, mais ayant la lance et le bouclier. Dans les angles, sont deux guerriers couchés et sans armes, que l’on suppose blessés.
Sur l’acrotère il y a deux ligures de femme, semblables à celles que nous nommons ailleurs Espérance. Elles sont séparées par un ornement architectux’al . rétabli avec plus ou moins de certitude d’après des fragmens.
Dans la série de nos numéros, ces figures de l’acrotère prennent place entre les statues des Grecs et celles des Troyens.
2052, pl. 8i5 , 820. — C’est le guerrier gi’ec blessé, couché dans l’angle à gauche. Il s’appuie à terre sur l’avant-bras gauche. La main droite, placée sous le sein , est censée retii’er un poignard du corps. La jambe droite est croisée sur la gauche, étendue. Vers les épaules sont trois trous, qui servaient probablement à fixer quelque ornement sur la poitrine.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : l’avant-bras droit, partie de la main gauche, la jambe droite entre le genou et les malléoles , les doigts du pied gauche. Nous le donnons sous deux aspects. [Long. 3 pi. 6 po.]
2053, pl. 81 5 et 821. — Guerrier casqué, agenouillé sur le genou droit, avançant le bras gauche, qui tenait un bouclier. La main droite, placée à la hanche, tenait la lance horizontale.
On y voit Ajax, fils d’Oïlée, qui fait pendant à Énée. On aperçoit des trous sur la visière du casque et au-dessous du couvre-nuque sur le cou. Ces trous recevaient probablement des pointes en métal qui fixaient les cheveux, exécutés en bronze.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : l’avant-bras gauche, la main droite, le pied gauche, partie du droit. Nous donnons la figure sous deux aspects. [Haut. 2 pi. 6 po.]
2054, pl. 816 et 820. — Teucer agenouillé sur le genou droit et tirant de l’arc. 11 a un cuirasse, sous laquelle on voit le subarmal. Un carquois est attaché à la ceinture à gauche. Dans le livret de Munich, on dit : Les courroies qui le soutenaient étaient probablement en bronze. Il faut donc entendre de cette manière notre gravure de la planche 816.
On voit dans le carquois des trous où étaientles têtes des flèches.
Sont modernes : la tête, les deux avant-bras, partie des pendans de la cuirasse, la jambe gauche. Nous donnons la statue sous deux aspects. [Haut. 2 pi. 10 po.]
STATUES ANTIQUES
2055 , pl. 816 et 81g. — Ajax, fils de Télamon (1). Debout, sans cuirasse ni vêtement, tenant à gauche un grand bouclier rond, et élevant la main droite pour lancer un javelot.
Sont modernes : la tête, l’avant-bras droit, les cuisses et les jambes. Nous donnons cette figure sous deux aspects. [Haut. 4 pi.]
2056, pl. 816. C’est Patrocle nu, renversé, soutenu sur le bras droit et ayant encore son bouclier au bras gauche.
Le travail de cette figure est de la plus grande beauté, et celui des cheveux est très-remarquable.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : le cou, le sein et l’épaule droite, les doigts des mains et des pieds. [Long. 4 pi.]
2057 , 2058, 2059, pl. 81 5 et 818. Ce sont deux petites figures de femme en style éginétique, dans le genre de la terre cuite du même musée que nous avons donnée n° 1902 sous le nom d’Espérance, mais plus semblables à celle de la collection Blundell, donnée, comme Espérance étrusque, n° 1899, et enfin aux n°‘ 161 4 et 161 5, Bacchus en costume tragique. Sous ces derniers numéro nous avons parlé longuement de ce genre de représentation.
Les deux figures se font pendant, tenant d’une main une fleur à la hauteur de la poitrine, et leur tunique à la hauteur de la hanche.
On leur a donné le nom de Damia et Auxesia, deux divinités éginétiques, connues par Hérodote , Pausanias et d’autres auteurs. Ensuite , dans la restauration, M. Cockerell les a placées sur le point culminant du fronton, aux côtés d’un ornement d’architecture dont on voit les fragmens. (Voyez cette restauration, pl. 81 5.)
A l’appui de l’idée de M. Cockerell sur le placement de ces figures, nous rappellerons que les anciens les employaient souvent comme figures accessoires.
L’application qu’on leur a faite des noms de Damia et d’ Auxesia pourrait aussi être fondée. Les habitans d’Epidaure, pour faire cesser une famine , avaient, par ordre de l’oracle, consacré sous ce nom deux statues en bois d’olivier, dont le bois leur avait été fourni par les Athéniens. Les habitans d’Egine, se séparant plus tard des Epidauriens , leur enlevèrent ces deux statues et refusèrent de continuer les offrandes que les Epidauriens faisaient tous les ans dans le temple de Minerve, à Athènes. Ce refus fut la cause de plusieurs attaques dirigées par les Athéniens contre les Eginètes.
Il résulte peut-être d’un passage de Pausanias qu’on avait aussi à Trézènes des statues de ce genre.
Le nom de Damia est aussi écrit par quelques-uns Lamia et Tamia. Le scoliaste d’Aristide les assimile à Cérès et Proserpine, si même il n’a pas entendu
(1) C’est par erreur que sur nos planches reçu sur la planche le nom d’Ajax, fils de cette figure porte le nom d’Hector. Celle Télamon. d’Hector, 2o65, a, par la même erreur,
DE L'EUROPE. 07
dire que c’étaient les mêmes divinités; et Pausanias , qui leur a offert un sacrifice à Égine, dit qu’on y suivait le même rite qu’à Eleusis.
Ces considérations, que nous nous abstenons de développer ici, montrent ces divinités comme la même que la Spes ou Espérance des Romains , dont le nom latin vient du grec <T7r etpeo.
Les restaurations sont indiquées avec soin sur la gravure et nous y renvoyons.
Quant à l’ornement que la restauration a placé au faîte du fronton , on dit , dans le livret de Munich, qu’il était probablement d’une composition plus riche , et qu’on voit parmi les fragmens beaucoup de parties qui doivent lui avoir appartenu.
Nous donnons aussi deux figures semblables sous les n°s 2069 A et 2069 B.
2060, pl. 817, 820. C’est le Troyen qui se baisse pour saisir Patrocle parles pieds.
Il est sans casque, sans cuirasse et sans armes. La tête est la sienne et les cheveux forment trois rangs de boucles sur le front. La partie postérieure de la tête offre cette double particularité, que les cheveux n’y sont pas marqués, du moins complètement, que le bas est entouré d’une sorte de tresse, qui disparaît là ou les cheveux commencent à être indiqués, c’est-à-dire un peu au delà des oreilles , et que cependant, sous cette tresse, paraît un rang de ces petites boucles qui terminent partout les cheveux.
Sont modernes: le nez, les deux bras depuis les deltoïdes, les deux pieds, malléoles comprises.
Cette figure ne fait partie du fronton occidental que sur la restitution donnée par M. Cockerell. Au musée de Munich, elle est placée parmi les figures du fronton oriental , et on la considère comme un guerrier venant au secours d’un blessé. Nous la donnons sous deux aspects. [Haut. 2 pi. 1 po.]
2061, pl. 817. Minerve. Nous avons déjà donné cette statue parmi les Minerves, n° 842, pl. 457, et nous renvoyons au texte que nous lui avons consacré, t. III, p. 161 (1).
2062, pl. 818 et 820. Paris. C’est un jeune homme agenouillé sur le genou gauche et tirant de l’arc. Il a un bonnet phrygien d’une grande hauteur, une cotte de mailles à longues manches, des anaxyrides, et un carquois attaché à la ceinture.
La cotte de mailles était toute peinte en losanges , dont on trouve encore des traces sur le bras gauche , étendu.
La tête de cette figure est la sienne, mais on doit à une main moderne la sommité du piléus , quelques doigts des mains et le pied gauche.
Nous donnons cette figure sous deux aspects. [Haut. 3 pi. 7 po. ail.]
(1) Cette figure sur la pl. 817, porte suivante qu’aurait dû porter la gravure : n° 842 , ce qui provient de ce qu’on n’a pas 2061 , voyez n° 802. gravé d’une manière complète l’indication
58 STATUES ANTIQUES
2063, pl. 818 el 821. Enée. C’est une figure agenouillée sur le genou gauche, élevant la main droite, qui tenait une lance.
On doit à la restauration la tête avec le cou, l’avant-bras gauche, la jambe droite, le genou gauche, et une partie du pied. [Haut. 1 pi. î po. ail.]
2064, pl. 818 et 820. Figure couchée occupant l’angle droit du fronton, et que l’on suppose représenter un Troyen blessé. Dans le livret de Munich , on dit que la main gauche couvre une blessure à la cuisse.
Sont modernes : la tète, l’avant-bras droit avec les doigts de la main seulement, tout le bras gauche, les deux jambes. Une partie de la chevelure antique s’est conservée sur le dos. [Haut. 4 pi- 9 po. ail.]
2065, pl. 817 et 819. Hector. Ce guerrier nu, déboutaient, àgauche, un grand bouclier rond; il élève la main droite, qui tenait une lance.
Sont modernes: les doigts de la main droite, partie de la jambe du mêt.ne côté, les doigts de chaque pied. [Haut. 4 pi.]
Le fronton oriental était, comme nous l’avons dit, décoré de statues représentant un combat entre Hercule et ses compagnons, et Laomédon, roi de Troie.
On n’a pu rétablir que les quatre figures suivantes (1).
2066, pl. 819. Télamon. Ce personnage est représenté au moment d’attaquer son ennemi. La tête , les deux mains , les cuisses et les jambes presque en entier sont modernes. [Haut. 5 pi. 1 po.]
2067, pl. 819. Guerrier renversé sur le dos. Ce guerrier, renversé en arrière, paraît encore se défendre avec la main gauche. Il porte le casque et les cnémides attachées au-dessus de la cheville par des anneaux (êirw^vpia).
(1) Les fragmens que possède le musée de Munich sont au nombre de quatrevingts. Le livret en décrit quatorze , qui se rapportent à peuprèstous au fronton oriental. Voici les termes du livret :
« i° La tête d’uneMinervequi, sansdoute, était placée au milieu du fronton oriental. 20 Tête d’unjeune guerrier, qui, apparemment, faisait partie du groupe au fronton oriental. L’on y remarque encore des restes du plomb servant à fixer des pointes de bronze sur le casque. — 3° Tête d’un homme couverte d'un casque, sur lequel on découvre encore des traces d’un ornement réticulaire peint à l'encaustique.
— 4° Fragment d’une tête d’homme casquée. — 5° Tête de femme dans la proportion des figures du fronton oriental. La forme de sa coiffure est remarquable. —
6° Tète de femme absolument semblable , mais très- fracturée. — 7°Le bras droit d’un archer, semblable au n° 2062. L’on y remarque très-clairement la manière des anciens de tendre l’arc. — 8° Un bras droit, qui paraît tenir un glaive. — 90 La moitié d’un pied, qui appartenait probablement à la Minerve du fronton oriental. Sur la draperie qui y tient l’on découvre encore des traces de peintures rouges. — io° Uu bras gauche qui paraît avoir fait partie de la même figure. — 1 1° Fragment de poitrine d'homme de la pose décrite au n° 2060. — 1 2°Main droite d’une femme tenant un pan de draperie. — i3° Main droite qui paraît avoir appartenu à une troisième figure semblable à celles décrites aux nos 2067, 2o5g. — i4° Main gauche qui paraît avoir tenu un bouclier. »
UE L’EUROPE
L’on voit encore sur le côté gauche des pitons en bronze. La tête, le bras droit, l’avant-bras gauche, la jambe droite et une partie de la jambe gauche sont restaurées. [Long. 5 pi. 9 po.]
2068, pl. 819 et 8ao. Hercule. Cette statue agenouillée représente Hercule au moment de décocher une flèche. Il porte un casque en forme de tête de lion. Il est revêtu d’une cuirasse en cuir (<tt âûtos S-wpa?) , sous laquelle on voit une cotte de mailles toute lisse (subarmai). Des trous sur le dos paraissent avoir été destinés à recevoir les soutiens du carquois. L’avant-bras droit, les deux mains et la jambe gauche sont modernes. [Haut. 2 pi. 9 po.]
2069, pl. 819. Laomédon. Cette figure représente Laomédon renversé par 'son ennemi et tâchant de se soutenir encore à l’aide de son bouclier. Il a sur la tête un casque garni de courroies qui couvraient les joues (xvvérj ^akxonâpetos), et d’une pointe pour garantir le nez (veïaaov). On voit encore dans l’intérieur du bouclier les deux courroies qui servaient à le porter (byàvca). Cette figure est de la plus grande beauté.
La crinière du casque, la jambe droite, quelques doigts de la main gauche, et une partie delà cuisse gauche sont modernes.
[Long. 5 pi. 8 po. haut. 2 pi. 3 po.]
* 2069 A, 2069 B etC. — Fragmens, marbre, pl. 821 A. Musée britannique.
Ce sont les dessins de trois statues fragmentées dans le genre de celles données nos 2067 , 2o5g.
2069 D. — Torse d’Apollon, pl. 821 A. Athènes.
Cette statrre a été donnée d’une manière incomplète dans l’ouvrage de Dodwell. La tête est d’une beauté remarquable, que relèvent encore les cheveux, gracieusement bouclés. Nous ignorons ce que représentent les différens accessoires qu’on remarque à celte figure.
Statues des frontons du Parthénon. Musée Britannique.
Pausanias a parlé des sculptures qui décoraient les frontons du Parthénon , mais il s’est borné à en indiquer le sujet. « A l’entrée du temple appelé Parthénon, dit-il, toutes les sculptures qui décorent ce qu’on appelle les aëtes, ont trait à la naissance de Minerve. Les sculptures du derrière du temple offrent la dispute de Neptune avec Minerve au sujet de l’Attique. »
Aucun autre auteur ancien n’a parlé de ces sculptures. Lorsque les modernes s’en sont occupés, ils ont été réduits à l’examen de ce qui restait, en s’éclairant des indications fournies par Pausanias.
Spon, Wheler et le marquis de Noinlel les ont vues avant l’attaque que les Vénitiens firent de la ville d’Athènes, en 1687. A cette époque, le fronton oc-
STATUES ANTIQUES
cidenlal, qui se trouve du côté des Propylées, à l’entrée de la citadelle, offrait une composition presque entière, et le marquis de Nointel en fit prendre les dessins.
Cependant Spon et, après lui, David Leroi, ne purent pas se reconnaître dans les fragmens qui restaient des sculptures de ce fronton. Ils supposaient que la représentation de la naisance de Minerve se trouvait de ce côté.
Plus tard, James Stuard crut reconnaître que l’entrée du temple était située à l’orient. Mais il ne put, non plus, se reconnaître dans l’explication des sculptures. Il cherchait toujours la naissance de Minerve dans les figures du fronton occidental, et la dispute de Neptune avec la déesse dans les sculptures du fronton oriental.
Lord Elgin ayant fait apporter les fragmens en Angleterre, l’attention des savans européens lut attirée d’avantage sur cette composition , et reprenant le passage de Pausajiias, ce fut à l’orient qu’on chercha le premier sujet, là où se trouvait, selon Stuard, l’entrée principale.
Fronton oriental.
Les statues principales de cette composition et qui en occupaient le milieu , savoir : Jupiter, Minerve, Junon, Vulcain, etc. ont complètement disparu; il n’est resté que les figures qui se trouvaient dans les angles.
2070, pl. 822. Nous donnons sous ce numéro l’ensemble du fronton d’après les fragmens qui en restent. Nous donnons ensuite ces fragmens séparément sous les huit numéros qui suivent.
2071 et 2071 A, pl. 823. Hyperion et ses chevaux. Ce marbre offre une plinthe où sont représentés des flots et d’où sortent d’abord des têtes de chevaux et le bras droit et le cou d’un homme placé derrière eux. Visconti propose d’y voir l’Hypérion, nom antique du soleil, conduisant ses chevaux. Ce groupe a pour pendant, à l’autre angle du fronton, la Nuit et ses chevaux, qui descendent dans la mer.
207 1 B, pl. 82 3. Ici est un jeune homme à demi couché sur un rocher, où il s’accoude du bras gauche, l’avant-bras droit est relevé. Le rocher est recouvert d’une draperie, sous laquelle on aperçoit deux pattes de lion.
Les cheveux sont corrodés. Le nez, les deux mains et les deux pieds ont disparu. Visconti suppose qu’on a représenté là Hercule Idéen , l’un des Curètes auquel on confia Jupiter enfant. Cet Hercule avait en effet des statues dans la Grèce, notamment à Olympie.
Comme la statue est celle d’un jeune homme , on l’a nommée aussi Thésée. Nous la donnons sous deux aspects.
2071 C, pl. 823. Cérès et Proserpine. Ce sont deux femmes assises, dont l’une appuie avec abandon le bras gauche sur l’épaule droite de l’autre, et la main droite au repos sur la cuisse. L’autre femme élève le bras gauche. Ces statues sont privées des têtes, des mains et des pieds. Leur vêtement est une
DE L’EUROPE. 6l
ample tunique sans manches et un manteau qui couvre les cuisses et les jambes. A l’une d’elles , il repose d’un bout sur l’épaule gauche.
Visconti a proposé de voir dans cette composition Cérès et Proserpine. Comme ces slatues sont assises sur des espèces de coffres, on pourrait tirer de cette circonstance quelque indication pour le nom à leur donner.
2071 D, pl. 822, 823. Iris. C’est une figure de femme, debout, marchant à droite, et par conséquent à l’opposé des figures principales. Son vêtement est une tunique talaire sans manches, mais avec surtunique. La tunique est ouverte sur la hanche gauche et laisse à nu la cuisse et la jambe de ce côté. La figure avait en outre un voile flottant dont un fragment s’est conservé.
Les parties manquantes sont la tête, l’avant-bras droit, le bras gauche. Nous donnons la statue sous deux aspects.
2071 E, pl. 822. Victoire ailée. Ce n’est qu’un torse de femme, mais dont on a reconnu le sujet à des trous qu’elle a aux épaules, trous destinés évidemment à recevoir des ailes de bronze. Son vêtement est une tunique serrée par une large ceinture et qui flotte par le bas.
Cette figure ne se trouve pas sur le dessin du marquis de Nointel, parce qu’elle était alors renversée sur le plan inférieur du fronton , où elle a été trouvée depuis.
2071 F, pl. 824. Ce sont trois femmes assises et qui, sur la gravure 2070, se pressent l’une contre l’autre. La première, à gauche, n’est connue que par le dessin du marquis de Nointel. Elle se présente de face, vêtue d’une ample tunique, ayant son manteau sur les genoux.
Les deux autres font plus particulièrement groupe : l’une, demi-.couchée, s’appuie du coude droit sur les genoux de l’autre, qui, de son côté, l’entoure du bras gauche. Elles sont également vêtues d’une ample tunique et d’un manteau placé sur les genoux, mais les tuniques ont des manches courtes et boutonnées. Ces figures sont aussi privées de la tête et de partie des bras et des pieds. Visconti y a vu les trois Parques.
2071 G, pl. 824. Chevaux de la Nuit. Au n° 2071 , en parlant d’Hypérion, nous avons dit qu’à l’angle opposé était la Nuit, représentée sur son char et descendant dans les flots. Il ne reste de ce groupe que les têtes des trois chevaux.
Fronton occidental.
Nous avons dit que le fronton occidental offrait une composition presque entière, lorsque Spon, Wheler et le marquis de Nointel le virent, et que ce dernier en fit prendre le dessin. II est à la bibliothèque. Visconti a eu connaissance de ces dessins et s’en est aidé pour son rapport à l’académie. Il dit que la statue de Neptune était presque entière : le dieu venait de faire jaillir une gerbe d’eau du rocher. Minerve était aussi presque entière; elle semblait au moment d’entrer dans un char conduit parla Victoire.
STATUES ANTIQUES
On voyait encore deux figures assises à terre ; Spon a cru y reconnaître Adrien et Sabine, et Visconti, Vulcain et Vénus, à raison de ce que la figure de femme avait le sein gauche nu.
A cette époque, plusieurs statues qui ont dû se trouver derrière Neptune manquaient déjà. On suppose que c’étaient les divinités favorables à ce dieu : Amphitrite, Polémon , Leucothée, Latone même et ses enfans, qui, selon Homère prirent le parti de Neptune.
2071 H. Sur notre table méthodique, ce numéro a été affecté à la restauration, tentée parM. Cockerell, du fronton occidental. Nous avons renoncé plus lard à donner cette restauration que l’on trouvera, du reste, dans le Musée britannique de Combes Taylor, part VI, pl. 20.
2071 I, pl. 824* C’est un homme nu, à demi couché sur le côté gauche, privé de la tête, de l’avant-bras droit, de la main gauche et des jambes.
Il s’appuyait à terre de la main gauche, l’autre était placée sur la cuisse.
Cette figure couchée a une draperie qui s’étend, par derrière, du bras gauche au genou droit.
Nous la donnons sous deux aspects, et l’on voit ainsi l’ensemble de la draperie.
Cette figure était nécessairement placée dans l’angle gauche du fronton et a dû représenter le principal fleuve de l’Attique, l’Ilissus.
2071 K, pl. 822. C’est le torse d’un homme debout; ce torse est très-mutilé.
Nous le donnons sous deux aspects différents, ce qui permet de voir une courte draperie que la figure avait sur le dos.
On suppose que la statue entière représentait Cécrops, qui rendit témoignage devant l’assemblée des dieux du prodige opéré par Minerve.
207 1 L , pl. 824. Ce sont deux fragmens, l’un de la tête de Minerve, l’autre de sa poitrine.
Le premier n’est que le partie supérieure de la tête, à savoir le front, les yeux et la plus grande partie du nez. Sur le front est un sillon indiquant la limite du casque , qui était en bronze doré. Les yeux sont creusés et ont dû recevoir des globes en pierres précieuses. Ce demi-masque a été trouvé sur le plan inférieur du fronton.
Le second fragment donne à peu près le côté droit de la poitrine et de l’égide. La bordure de l’égide offre des angles à chacun desquels se voit un trou destiné à recevoir un gland en bronze. Homère attribue à l’égide cet ornement de détail. Le bras droit, dont ce fragment porte la cassure, était levé pour tenir la lance. Ces fragmens ont la même proportion que celui de la statue de Neptune donnée sous le numéro suivant.
2071 M, pl. 824. C’est l’unique reste de la statue de Neptune dont il offre le torse dans son sens le plus restreint, s’étendant du cou àla naissance des hanches.
On y trouve cependant le caractère particulier qu’avait le torse de Neptune , que les poètes ont surnommé le dieu à la belle poitrine.
La cassure du bras droit indique que ce bras était levé pour tenir le trident. Le bras gauche, dont il reste une partie, était abaissé.
DE L’EUROPE
2071 N, pl. 822. C’est un torse de femme qui s’étend jusqu’à la naissance des cuisses. La tunique laisse voir le haut de la poitrine et le nu des bras. Sur l’épaule droite est le bout du pallium , qui passait en écharpe sur le dos. La tunique et la surtunique sont serrées sous les seins par une large ceinture, qui, toutefois , ne se voit que par devant.
C’est la statue de la Victoire au moment de recevoir Minerve dans son char. Sa tête s’élevait moins que celle de Minerve, parce qu’elle était baissée (1).
Ce torse n’a point de trace d’ailes, circonstance particulière à la manière dont les Athéniens représentaient la Victoire pour obtenir, disent les auteurs, qu’elle leur fût fidèle.
2071 O, pl. 822. C’est un fragment d’une femme assise, comprenant le bas du torse et des cuisses. On y voit une ample tunique.
On suppose que c’est un fragment delà statue de Latone.
2071 P, pl. 824. Ce fragment se réduit à deux pieds nus. L’un repose sur une semelle et louchait à la terre horizontalement. L’autre a une hausse sous le talon , et ne touchait à la terre que par le bout.
2071 Q. — Thésée, mar. périt, pl. 829. Coll. Blundell.
Statue trouvée à la villa Adriana et ayant appartenu au duc de Modène.
C’est un homme nu , mais coiffé d’un casque à visière relevée. On voit sur ce casque deux griffons. La restauration l’a accoudé à un tronc d’arbre à gauche, et dans l’autre main, abaissée, a placé une massue.
Le masque de la figure est rapporté. Sont modernes : les bras depuis le biceps, la massue, les genoux avec partie des cuisses, le tronc d'arbre. Le marbre a été refrotté.
Cette sculpture est pleine d’élégance, le torse est d’une grande beauté. [Haut. 6 pi.]
a 2071 R. — Thésée et le Minotaüre, mar. gr. pl. 811 A. Villa Albani.
Ce groupe a été trouvé à Genzano, à dix-huit milles de Rome, en 1740.
Selon Winckelmann, c’est Hercule tuant Acbéloüs. La tête de Thésée a en effet une grande ressemblance avec les têtes de beaucoup d’Hercules. Quant à la représentation d’ Acbéloüs, voyez n° 1994 A.
Thésée saisit, de la main gauche, une corne du Minotaüre, et, de l’autre main , lève la massue.
(1) Parmi les sculptures de la frise du même temple, est une petite Victoire dans la même pose et conduisant aussi un char. Elle a aussi une large ceinture.
(2) Dans une peinture de Pompéi, on
voit Thésée à peu près dans cette attitude. Le Minotaüre est couché à terre, à gauche, de jeunes garçons et des jeunes fdles baisent la main de Thésée. [Roux et Barré, t. II, pl. 2.)
64 STATUES ANTIQUES
La tête de Thésée est intacte. Sont modernes : les avant-bras, la massue, les jambes, moins le pied droit et le bout du gauche.
La tête du Minotaure n’a pas même été séparée. Sont modernes : les cornes, partie des oreilles, le bras droit du coude au poignet, le talon gauche. La main droite, antique, était restée attachée au bras de Thésée. [Haut. 4 pal. 9 on.]
2072. — Macarée et Canacé, m. pl. 825. Villa Ludovisi.
C’est le groupe si longtemps connu sous le nom à! Aria et Pélus (1).
Maffei, dans son texte sur le recueil de Rossi, combat, avec raison, l’opinion de ceux qui ont voulu voir dans ce groupe de Pétus Thraséas et sa femme. En effet , ce que Tacite rapporte de leur genre de mort s’oppose tout à fait à ce qu’on puisse reconnaître ici le couple héroïque.
Remarquant que par son exécution ce groupe appartient encore à une bonne époque, et que le costume des personnages n’est nullement romain, Maffei propose de voir ici l’eunuque de Mithridate, Menophile, se tuant après avoir immolé la fdle de ce monarque, Direttina, laissée à sa garde, plutôt que de se rendre à Manlius Priscus, qui assiégeait le château Sinhorium, où ils s’étaient l’un et l’autre retirés sur l’ordre du roi de Pont (2).
Le litre que M. de Clarac a fait mettre au bas de la planche, qu’il avait laissée sans explication, indique qu’il croyait y reconnaître Macarée et Canacé se tuant pour mettre fin au remords que leur inspire leur amour incestueux.
Nous devons avouer que rien ne dénote spécialement que l’artiste ait voulu représenter les enfans d’Églé.
* 2073. — Achille (3), marbre de Paros, pl. 2 63. Louvre.
Statue provenant de la villa Borghèse. Nous la donnons sous trois aspects.
Lejeune héros, sans aucun vêtement, a la tête couverte d’un casque; ses cheveux sont longs, comme les offrent ordinairement les monumens. Il les conservait pour les offrir au fleuve Sperchius, et les coupa sur le corps de Patrocle. On voit un anneau, pdriscélide ou épisphyrion, au-dessus de la malléole de la jambe droite.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : moitié de la main droite, le bras gauche depuis le deltoïde, trois doigts du pied droit, l’orteil gauche.
Visconti conjecture que cet accessoire a été placé comme une défense sur cette partie du corps d’Achille, qui seule, suivant une tradition mythologique que n’a pas adoptée Homère, ou qui lui est postérieure, n’était pas invulnérable : d’ailleurs, la beauté de la tête et l’air guerrier de la figure conviennent particulièrement au fils indomptable de Thétis, et l’on peut croire que c’est une imitation antique de l’Achille en bronze d’Al-
(1) II est dans le recueil de Sandrart plusieurs fois au tome II, carie musée du
( 1 68o). Louvre possède six bas-reliefs dont ce héros
(2) Amm. Marcell. lib. XVI. Valer. est le sujet. On les trouvera sous les n0’ 289 Max. I. 8. Hygin. Fabul. 238, 242, Ovid. et suivans, p. 664 et suivantes.
Her. 11. Sur l’iconographie de ce héros. (Voy.
(3) La figure d'Achille est reproduite 2904 D, t. VI, pl. 1070.)
DE L’EUROPE
camène, élève et émule de Phidias. Le style large de ce beau morceau a beaucoup de rapport avec celui des ouvrages de l’école de Phidias. Quelques défauts, comme des jambes et des genoux un peu lourds, sont rachetés par des beautés supérieures et dont la sévérité ne manque ni de souplesse ni d’agrément dans certaines parties.
Winctelmann [Mon. ant. inéd . t. II, p. 33) donne cette statue pour une ligure de Mars enchaîné comme il l’était à Sparte; mais il n’était pas satisfait de cette explication. [Haut. 2“,i2i = 6 pi. 6 po.]
2074, a 2074 A. — Achille, marbre, pl. 827 et 833 C. Guattani et villa Albani.
La première statue a été trouvée à Ostie et achetée par l’évêque de Bristol.
Le casque a la même forme que celui de l’Achille du Louvre.
Le héros tient sa lance de la main droite, et dans l’autre main, abaissée, la poignée du parazonium , dont le bout est appuyé à l’épaule.
Achille porte ici une chlamyde : fibulée sur l’épaule droite, elle passe sur l’épaule gauche, d’où elle descend sur l’avant-bras.
Le texte de Guattani nous apprend que celle statue est une œuvre, sinon du style grec le plus pur, du moins d’assez belle manière. Sur la plinthe est le mot Marti, indiquant une consécration au dieu Mars, qui paraît à Guattani avoir été accidentelle , à raison de ce que le nom est légèrement gravé : a poco monta che bellissime non siano nel susso qaeste cinque lettere.
La restauration faite par Pacetti n’a eu à rendre à l’œuvre ancienne qu’une partie de chaque bras et un fragment au panache, à la lance et au parazonium.
Guattani laisse ignorer la hauteur.
La deuxième statue a plus de 9 palmes. Elle est d’une heureuse conservation. Ici le casque est petit , la visière levée.
Achille regarde le ciel, il laisse tomber le bras droit, il n’a point de chlamyde. Le parazonium est suspendu à une courroie, la main gauche en tient la poignée près du sein.
La tête est celle de la statue, mais en a été séparée. Sont modernes : le cimier du casque , le nez , les lèvres , les deux bras , la poignée et la partie inférieure du parazonium, le bout des deux orteils, et le petit doigt du pied droit. [Haut, g pal. 6 on.]
2075, 2076, 2076 A (1). — Paris, m. pl. 83o, 828 et 833. Musées de Vienne, de Dresde et coll. Smith Barry.
Parmi les statues que nous donnons sous le nom de Paris , les trois placées ici et len° 2081 B portent la chlamyde (2).
(1) C’est la figure donnée n° 2077 A. lisent au-dessus de leurs têtes. [Mus. Borb.
(2) Paris a été représenté chez les Grecs t. Il, pl. 16.) Un bas-relief offrant le même avec le piléus et la chlamyde. II est ainsi sujet est donné dans le Spécimens, t. II, sur un bas-relief du musée de Naples, où pl. 16. Paris a des brodequins; on y voit l’Amour le conduit à Hélène, assise auprès aussi trois Muses.
de Vénus. Les noms des personnages se
STATUES ANTIQUES
La première statue, debout près d’un tronc d'arbre à gauche, tient de la main droite, abaissée, un long pédum qui va reposer sur l’épaule; l’autre main est derrière le dos. La chlamyde, fibulée à droite sous le pédum, va couvrir l’épaule gauche, et, passant sur l’avant-bras, descend le long du tronc d’arbre.
Sont modernes : la tête, le bras droit depuis le bas du deltoïde, le pédum, la jambe droite, moitié de la plinthe. Nous ne connaissons pas la hauteur de cette statue.
La partie antique n’a donc rien qui caractérise Paris. Plus probablement c’est un guerrier ou un chasseur, et la main droite tenait une javeline, comme au n° 208 j. B.
La deuxième statue , de Dresde, provient de la collection Chigi; elle n’a que 3 pieds.
Le prétendu Paris est accoudé à un tronc d’arbre à droite, et la main tient une pomme; l’autre main est appuyée à la hanche. Les jambes ne sont pas croisées. La chlamyde, fibulée sur la poitrine, se déploie principalement à droite, et couvre une partie de l’avant-bras.
Sont modernes : la tête, les mains et les pieds.
Ici encore le piléus et la pomme n’appartiennent pas à la partie antique. La statue a pu être, comme la précédente, un guerrier ou un chasseur, et même un Mercure. Cette dernière opinion a pour elle la petite hauteur de la statue.
La troisième, de la collection Smith Barry, est de grande hauteur.
Nous avons donné comme Atys une statue semblable de la collection Lansdowne, n° 664 K.. Les deux figures ne diffèrent que par le mouvement de la tête et la disposition de la chlamyde.
Ici la tête est celle de notre statue. Sont modernes : la main droite, le pédum , le bras droit depuis le deltoïde ou la draperie, les deux jambes. Les deux statues étaient probablement des guerriers ou chasseurs. [Haut. 6 pi.]
2077 , 2078. — Paris, marbre, pl. 827 et 829.
Coll. Torlonia et musée Pie-Clémentin.
Ces deux statues sont assises sur un rocher. Elles portent le costume phrygien. La tête de la seconde, qui est la sienne, est coiffée du bonnet de cette nation.
La restauration a placé une pomme dans la main droite de chacun d’eux.
La première statue n’a d’antique que le torse et partie des cuisses , précisément la partie qui est couverte de la tunique (voir la gravure). Cette partie est en pierre grise; tout le reste, tête, bras et jambes, est moderne.
Le rocher lui-même est moderne, en sorte que le pédum qui se trouve en relief est l’œuvre de la restauration. [Haut. 4 pal. 6 on.]
La seconde statue, a appartenu aux ducs Altemps (1) avant de passer au musée Pie-Clémentin. Elle a plus de 8 palmes; ce qui, pour une statue assise, porte la hauteur debout à plus de 10 palmes.
(1) Elle est gravé clans l’ouvrage de D. de Rossi ( 1704).
DE L’EUROPE
La tête n’a pas même été séparée. Sont modernes : le nez, le bras droit depuis le milieu du biceps, l’avant-bras gauche, et la jambe droite, moins une partie du pied. Plusieurs cassures à la poitrine, sur la draperie et au pied droit. [Haut. 8 pal. 4 on. 1/2, au lieu de xo pal. 7 on.]
L’article que Visconti a consacré à cette statue pi’ouve que la dénomination de Paris n’a pas été généralement admise.
Depuis la publication de son article, les Dilettanti ont publié (t. II, pl. 20 des Specimens ) un bas-relief en bronze trouvé à Paramitia , en Epire. Nous ignorons si ce bas-relief, qui est de forme irrégulière , offre la composition complète. On y voit quatre figures, dont deux principales, Vénus et un Phrygien. Vénus est assise, demi-drapée, la main droite portée au-dessus de l’épaule, tenant un voile, comme les Vénus dites Génitrix. A droite et à gauche de la déesse, sont deux personnages ailés, qu’on suppose être Pothos et Himéros. Le personnage phrygien est assis à gauche de Vénus; un chien est couché à ses pieds mais il n’y a pas de pédum. Son costume est très-riche. Le bonnet surtout est élégant ; sa tunique n’est recouverte d’aucun autre vêtement. Mais on voit derrière son dos un surtout à manches, sur lequel il se renverse. Comme ce vêtement est placé assez près de la tête et que les manches s’étendent à droite et à gauche de la figure , on doit supposer qu’ils sont dans une grotte.
Tandis que l’attitude de Vénus manifeste l’intention de plaire, celle de l’autre personnage est du plus grand laisser-aller; non-seulement il est adossé au rocher , mais il a le bras droit sur la tête.
Ce n’est qu’à Adonis que les mythologues ont supposé de pareilles licences. Aussi c’est le fils de Cinyre que l’auteur des Specimens est disposé à y voir, quoique le costume phrygien lui ait fait penser aussi à Anchise.
2079, 2080, 2081 , 2081 A. — Paris, marbre, pl. 828, 83o. Coll. Torlonia, Florence, Vatican, coll. Giustiniani.
Les trois premièi’es statues tiennent une pomme. Les deux dernières ont le bonnet phrygien et le pédum, qu’elles ne doivent qu’à la restauration.
Ce sont des figures nues , auxquelles le restaurateur a voulu donner un nom propre. La première est de grandeur naturelle ; le bras droit est étendu et la main tient une pomme. L’autre bras est abaissé et la main est vide. Sont modernes ; la tête, le bras droit depuis le deltoïde, le gauche depuis le milieu du biceps, la moitié inférieure des cuisses, les jambes et le tronc d’arbre. [Haut. 7 pal. 11 on.]
La seconde est assise sur une sorte de roc et s’y appuie de la main gauche , tournant la tête de ce côté et étendant dans la même direction la main droite , qui tient une pomme. La tête est sans coiffure, on voit une draperie sur la cuisse droite.
Les deux autres figures se ressemblent; elles ont le bonnet phrygien. La main gauche, abaissée, tient un pédum. Le bras droit manque à l’une; à l’autre il est étendu , et la main tient une pomme.
STATUES ANTIQUES
Tous ces altributs sont modernes; toutefois, un tronc de palmier qui se voit au n° 2081 a le bas antique.
A ce même numéro la tête est antique, mais d'une autre statue. Sont modernes : le nez , le cou , les deux bras depuis le deltoïde , la pomme , le pédum , la cuisse droite, la jambe gauche, le haut du tronc du palmier. Cassure à la cuisse gauche, qui, en outre, a été retravaillée. C’est une médiocre sculpture. [Haut. 6 pal. 9 on.]
Au n° 2081 A, la tête est celle d’une autre statue. Sont modernes :1e cou, le bras gauche depuis le milieu du biceps , le pédum. Grand tasseau à la cuisse gauche; cassures au-dessus et au-dessous du genou droit et aux malléoles gauches. [Haut. 3 pal. 6 on.]
a 2081 B. — Paris, marbre grec, pl. 833 C. Mus. Borbonico.
Cette statue est debout et a les jambes croisées , comme celles données sous le n° 2075 et les suivants.
Elle fait face à gauche, s’appuyant de la cuisse à un tronc d’arbre. La main gauche, abaissée, porte sur des javelines; l’autre main est appuyée à la hanche et tient une pomme. La chlamyde, fibulée à droite, va couvrir l’épaule gauche, passe sur l’avant-bras et retombe.
Devant cette figure est un chien accroupi, dont la tête seule est moderne.
Sont modernes à la figure : le nez, le cou, le bras droit depuis le deltoïde, la main gauche depuis la draperie, le milieu des javelines.
D’après notre dessinateur et le livret du musée Borbonico, la tête est antique. La coiffure est ovoïde comme aux Dioscures, les cheveux sont longs. Selon Winckelmann, ce genre de cheveux indique la famille de Jupiter, et l’auteur du livret en conclut que la statue est un Pollux et non un Paris.
Nous avons peine à croire qu’un des Dioscures fût ainsi représenté, et nous préférons voir ici une statue de décoration destinée à faire pendant, puisque avec une altitude de repos, elle tient les javelines à gauche.
Cette sculpture romaine, d’exécution médiocre, a été trouvée à Capoue. [Haut. 6 pal. 3/4.]
2082. — Paris, porphyre, pl. 833. Prusse.
Nous avons pris le dessin de cette statue à Cavaceppi, qui la donne comme de porphyre rouge, et étant passée en Prusse.
Ce dessin est tout à fait semblable à celui du Paris de la collection Torlonia donné n° 2077, et qu’on dit être en pierre grise ( pielra bigia). Il se pourrait que ce fût la même statue.
2o83, 2o83 A. — Paris, marbre, pl. 827 et 833. Vienne
et Stockholm.
Ces deux statues portent le costume phrygien au complet.
La première, que nous avons donnée d’après Gualtani, an. 1787, pl. 37,
DE L’EUROPE
fut trouvée, en 1785, dans une cavité creusée pour l’extraction de la pouzzolane, et rapprochée d’une autre très-semblable, mais placée en sens inverse, qui fut trouvée bientôt après.
Les deux statues furent achetées, peu de temps après leur découverte, par Thomas Jenkins, et en l’absence des bras, qui tenaient originairement des torches, on les restaura en Paris.
Celle-ci fut vendue au comte de Fries, qui la fit transporter à Vienne; l’autre est passée au musée Pie-Clémentin , et, d’après Visconti, nous l’avons donnée n° 1 189, sous le nom de ministre de Mithra.
Selon Guattani, la première est moins grande que nature, al quanto minor clel natarale. Celle du n° 1 189 a 6 pal. 1/2.
La deuxième statue est agenouillée sur le genou droit. La tête est inclinée à droite. En restaurant la main droite, on lui a fait tenir une pomme. L’autre main tient le bout d’un pédum , qui est probablement moderne.
Cette statue n’est probablement pas un Paris.
A en juger par l’attitude, ce personnage tenait peut-être un vexillum. Une figure de ce genre se trouve dans le bas-relief d’un casque en bronze que possède le musée de Naples. On y voit, en effet, un guerrier debout entre deux figures en habit phrygien ou asiatique, agenouillées et tenant un vexillum. L’une a le piléus et est entièment vêtue; l’autre, barbue, a les anaxyrides, mais la tête et le buste sont nus. (Mus. Borb. t. X, pl. 3i.) [Haut. 1 au. 2 po.]
a 2o83 B. — Déiphobe, bronze, pl. 826. Collection Blacas.
Ce petit bronze nous offre un héros grec casqué, mais entièrement nu. Il est jeune et n’a de barbe qu’au contour du visage. Il est dans l’action de combattre, mais paraît être sur la défensive, car il se penche fortement à droite , abaissant la main du même côté qui tient l’épée, et élevant l’avant-bras gauche, comme pour opposer le bouclier.
L’attitude de cette figure semble se retrouver dans la première statue de la collection de Zeuxippe de Constantinople, décrite au Ve siècle par Chrislodore (voy. Anth. g. pal. t. I, p. 37), et je croirais qu’elle offre Déiphobe se défendant, la nuit du sac de Troie, contre Ulysse, qu’il a rencontré inopinément. Le bronze de M. de Blacas est trop beau et trop bien étudié dans toutes ses parties pour ne pas permettre de penser que, si ce n’est pas le petit modèle ou la première pensée de cette statue célèbre, c’est du moins une réduction faite avec grand soin par le statuaire lui-même ou sous son habile direction. (Voy. 2i45, pl. 3o4.)
M. le duc de Blacas l’a acheté en 1823 de M. Artaud, de Lyon : il avait été trouvé dans un champ, près de Vienne en Dauphiné; la conservation est parfaite.
Nous donnons ce bronze sous trois aspects. [Haut. 7 po. 6 li. ]
2084. — Ménélas et Patrocle, marbre, pl. 828. Florence.
Ce groupe antique se trouve à Florence, dans le palais Pitti.
7 O STATUES ANTIQUES
C’est un guerrier barbu, casqué, portant sur la partie gauche du corps une chlamyde qu’une ceinture serre autour de la taille ; sur l’épaule droite est la courroie du parazonium. 11 entoure de ses bras un Éphèbe mort et le soutient sur sa cuisse gauche. L’Fplièbe, renversé sur le dos, a la tête et le bras gauche pendans. Ses genoux touchent à la plinthe.
On en voit un semblable à l’entrée du vieux pont sur l’Arno, du côté du midi. Le vulgaire y croit reconnaître un soldat soutenant Alexandre blessé.
Flaminio Vacca parle d’un groupe de ce genre, découvert dans une vigne, hors la porte Portese, et détruit en grande partie parles paysans qui cultivaient celte vigne. 11 fut acheté par le grand-duc Cosme de Médicis (î).
On a reconnu le même sujet dans le célèbre groupe fragmenté, qui est désigné , à Rome , sous le nom de Pasquin.
Selon Maffei , les antiquaires voyaient dans le guerrier mort Ajax, qui se tua lui-même , opinion inconciliable avec l’absence de la barbe.
Winckelmann et Visconti ont fourni une autre appellation à ce groupe, en s’occupant de celui de Pasquin. D’après l’opinion de ces auteurs, aujourd’hui généralement admise, ces deux sculptures représentent Ménélas enlevant le corps de Patrocle. [Haut. 2m,2 2o = 6 pi.]
a 2o85, a 2o85 A. — Diomède, marbre, pl. 83o et 839. Coll. Malatesta et coll. Lansdowne.
Deux poses différentes de Discoboles ont conduit le restaurateur de ces statues à leur faire tenir le palladium et une épée. Il a cru voir dans ces poses un homme fuyant avec précaution.
La première figure n’a qu’une inclinaison légère , en d’autres termes , n’est qu’un Discobole debout. La restauration est de Carlo Albaccini. Le sculpteur Malatesta l’a acquise de M. Hamilton. La tête est celle d’une autre statue. Le casque se rapproche de celui de l’Amazone 2028 C. Sont modernes : le bras droit depuis le deltoïde, l’avant-bras gauche, les deux jambes et le tronc d’arbre, sauf la partie adhérente à la cuisse. [Haut. 8 pal. 5 on.]
La seconde figure est un Discobole penché, semblable à celui du n° 2194 A, pl. 863, et à la statue de Florence donnée comme Endymion ou Niobide, n° 1201, pl. 579 (2). La tête est celle de la statue et rappelle celle de Lucius Vérus. Sont modernes : les deux bras, la jambe droite, partie de la gauche avec le pied.
La partie antique de cette statue, est d’un beau dessin et d’une exécution
(1) Voyez notre Introd. t. III, p. ccxxii. ainsi l’origine des deux groupes de cette ville. Flaminio Vacca parle de deux groupes, (2) Cette dernière figure a un chien dont l’un fut trouvé dans le mausolée d’Au- entre les jambes, et n’ayant pu en connaître gusle; l’un et l’autre furent achetés par le les restaurations , nous ne lui avons pas Grand-Duc de Florence : peut-être repré- donné le nom de Discobole. [Haut, environ sentaient-ils le même sujet, et l’on aurait 6 pieds de proportion.]
DE L’EUROPE. 71
soignée. Le torse offre une belle étude. Nous avons remarqué, le dos, la cuisse droite et le genou.
2086 , 2087 , 2087 A. — Ulysse (i), bronze, marbre, pl. 83 1 , 832, 833 A. Mus. britann. et Chiaramonti, coll., Pamphiii.
Les trois figures ici réunies ont le bonnet ovoïde, la barbe inculte, la tunique courte. L’une d’elles a, en outre, une chlamyde.
La première n’est qu’une statuette en bronze , qui tient la main droite horizontale et la gauche abaissée. La tunique, attachée sur l’épaule gauche, laisse le côté droit de la poitrine à découvert. Les jambes ont des bottines.
C’est le même geste, le même arrangement de tunique et jusqu’à la même disposition des pieds, qu’on voit à la figurine en bronze de Vulcain, donnée 1 545 E, et qui tient marteau et tenaille. Notre figurine a dû avoir les mêmes attributs; elle représente donc Vulcain et non Ulysse.
Elle provient de la collection Kinght.
La seconde figure est une statue appuyée à un tronc d’arbre et de grandeur naturelle : c’est celle que nous avons dit avoir tunique et chlamyde.
Des deux bras qui sont modernes, le gauche élève une coupe, et le droit est abaissé. Le restaurateur a voulu sans doute imiter la statue suivante, qui tient une coupe des deux mains, et où l’on voit Ulysse offrant à boire à Polyphème.
La tête est celle de la statue. On doit à la restauration les bras depuis l’épaule, la coupe et partie du pied gauche. Cassures sous le genou droit et la jambe gauche, et quelques restaurations à la draperie. [Haut. 4 pal- i on.]
Nous avons dit de la troisième statue qu’elle présente un vase des deux mains, et qu’on y voit Ulysse offrant à boire à Polyphème. Le mouvement de la tête indique bien que le personnage s’adresse à un autre beaucoup plus grand.
Cette statue, en marbre grec dur, est d’une conservation parfaite.
Winckelmann l’a donnée, Mon. inéd. I. II, pl. 54- Mais sa gravure diffère de l’original. [Haut. 5 pal.]
a 2087 B, 2087 C. — Ulysse sous le bélier, marbre, pl. 833 A et 833 C. Coll. Pamphiii et villa Albani.
On sait qu’Ulysse, pour s’échapper avec ses compagnons de l’antre de Polyphème aveugle, mais qui gardait la porte de l’antre , fit placer ses compagnons sous le ventre des brebis et se suspendit lui-même au bélier. C’est dans cette attitude que nos deux statues le représentent.
Le premier est plus grand que le second , et Ulysse s’y reconnaît bien à son bonnet ovoïde. Au second marbre, la coiffure semble être simplement une étoffe.
(1) Ulysse sc trouve sur le bas-relief du Louvre, Achille s'armant, t. Il, n° a5i.
y2 STATUES ANTIQUES
Le premier groupe est intact, sauf quelques corrosions au nez d’Ulysse et a d’autres parties. Le marbre est celui qui est connu sous le nom de grec dur. [Long. 4 pal. 6 on. — Haut. 3 pal. 9 on ]
Les parties modernes du second groupe sont : une portion de l’avant-bras droit d’Ulysse, une corne du bélier et diverses parties des jambes. [Haut. 3 pal. long. 3 pal. 6 on.]
2088, 2089. — Ulysse, marbre, bronze, pl. 83 1 et 832. Musées de Venise et de Vienne.
La première statue, beaucoup moins grande que nature, reçoit, à Venise et dans l'ouvrage de Zanetti, le nom de Commode en habit de gladiateur. Mais Zanetti lui-même fait sentir combien cette nomination a peu de fondement. Le principal argument tiré de la chlamyde disparaît devant l’observation que les statues des empereurs romains empruntaient elles-mêmes cet ornement aux statues des héros.
Le piléus nous a paru désigner clairement Ulysse, et les autres détails se concilient avec celte désignation. [Haut. 3 pal. 1 on.]
La seconde statue est un personnage barbu, coiffé du bonnet ovoïde et combattant. La ligure est nue et manque du bras droit. La main gauche a dû tenir un bouclier, et la main droite l’épée. [Haut. 1 pi. 3 po.]
* 2089 A, * 2089 B. — Sirène, marbre, pl. 34g et 834 A. Musée du Louvre.
Les Sirènes, nommées Parthénopé, Leucosie, Ligiée ou Pisinoé, Aglaopé, Thelxiépée, noms qui indiquent tous leurs moyens de plaire, étaient fdles du fleuve Achéloüs et de la muse Terpsichore, ou, selon d’autres, de Calliope, et elles étaient célèbres chez les anciens par leur beauté, leur esprit, les charmes de leur voix, et par leurs perfidies, qui coûtèrent la vie à tant d’imprudens admirateurs qu’ elles faisaient périr au milieu des rochers des îles où elles avaient fixé leur demeure.
Ulysse fut le seul qui, sans se priver du plaisir d’écouter leurs harmonieux accords, sut, par son adresse, se soustraire à leurs dangereuses invitations; et l’on sait que, de désespoir de n’avoir pu le faire tomber dans leurs pièges, elles se précipitèrent dans la mer qui baigne les îles situées entre Caprée et Pestum, auxquelles le séjour des Sirènes avait fait donner le nom de Sirénusses , aujourd’hui li Galli et la Galina (1). Les monumens qui oO’rent des Sirènes sont assez rares; elles y sont toujours représentées avec une tête et Je sein d’une femme et le corps d’un oiseau, ou femmes jusqu’à la ceinture et le reste terminé en oiseau; leurs pieds sont palmés comme ceux des cygnes et des
(1) On retrouve aussi dans l’ancien nom ces enchanteresses, dont le souvenir s’est de la ville de Naples, Parthénopé , et dans encore perpétué dans plusieurs autres enle cap de la Licosa, les noms de deux de droits de cette partie de la Méditerranée.
DE L’EUROPE
oiseaux aquatiques, et leurs cuisses, qui ont la forme de celles des femmes, sont couvertes de plumes; elles tiennent ordinairement à la main une flûte ou une lyre, dont elles accompagnent leurs chants séducteurs (i). On peut croire que les nôtres sont représentées se lamentant du malheureux succès de leur lutte avec les Muses ou avec Ulysse* La première statue, plus curieuse par son sujet que par son exécution, a été rapportée de Grèce parle fameux voyageur Adanson. Les ailes et quelques parties sont restaurées. [Haut, de la ire, om,848. — Haut, de la 2“, om,44o.]
2090, 2090 A. — Pénélope, m. gr. pi. 834 et 834 A. Vatican et musée de Madrid.
La première statue est de grande nature, car, quoique assise, elle a plus de 5 palmes. Elle représente une femme assise sur un rocher, dont la partie supérieure est antique; la tête est voilée et les cheveux descendent sur la poitrine. Son vêtement se compose d’une ample tunique à demi-manches boulonnées, qui, à la taille, déborde sur la ceinture et la cache, et d’un manteau qui lui couvre les genoux. La main gauche est appuyée sur le rocher, la droite est relevée, et, quant aux pieds, le gauche touche à la plinthe, mais le droit reste en l’air.
On a trouvé une figure semblable sur un bas-relief en terre qui représente le retour d’Ulysse.
La tête a été séparée, etla draperie qui la couvre est en grande partie moderne. Sont modernes en outre :1e nez, la lèvre supérieure , la main droite avec le poignet, les deux tiers de la jambe droite, lespieds etlebas du rocher. [Haut. 5pal. 2 on.]
La seconde statue est debout et excède 7 pieds. Ses cheveux descendent en boucles jusqu’au cou, et feraient penser que la tête est moderne, quoiqu’elle ne nous soit pas signalée comme telle. Le vêtement se compose d’une ample tunique qui, comme à la statue précédente, fait saillie sur la ceinture, de manière à la cacher, et d’un manteau qui, couvrant d’abord l’épaule gauche, revient par la hanche droite et va se reposer sur l’avant-bras gauche.
L’avant-bras droit est ici levé comme à la précédente.
La main gauche paraît tenir un peloton de laine, et ce détail antique a dû contribuer beaucoup à la dénomination de la statue.
(1) Parmi le3 monumens où l’on voit
des Sirènes, on peut citer une des portes
de Pestum, au-dessus de laquelle il y en a une en bas-relief, mais très- fruste; un beau bas-relief de Vienne en Autricbe, qui a pour sujet le défi musical des Sirènes et des Muses, qui remportent la victoire, et arrachent, pour en orner leurs tètes, les plumes de leurs imprudentes rivales. Un bas-reliefreproduitparWinckelmann [Mon.
inèd. pl. 46) présente une scène du même sujet: une Muse enlève des plumes de l’aile
d’une Sirène qui tient deux flûtes. Un fragment de bas-relief de la Bibliothèque nationale offre aussi cette aventure. Dans une peinture antique, très-mauvaise et trèsdégradée, de la collection de Naples, on voit les Sirènes se précipiter dans la mer après leur inutile tentative contre Ulysse. On en trouve aussi de gravées sur plusieurs pierres antiques et sur des médailles. Il y en a une en bronze, avec une tète de femme et un corps d’oiseau, dans un cabinet de Nîmes.
7 4 STATUES ANTIQUES
Sont modernes : l’avant-bras droit avec partie de la manche, le bras gauche, de l’épaule au coude, le pied gauche avec le devant de la draperie, le devant de la plinthe. [Haut. 7 pi. 4 po.]
2091. — Cyclope, marbre de Carr. pl. 835. Mus. Capitolin.
Statue trouvée sur le mont Célius , près de San-Stephano Rolondo.
Un homme assis sur un rocher, ayant un troisième œil au milieu du front, tient sous ses pieds un jeune homme ; il a une syrinx dans la main droite.
Notre correspondant donne à la statue principale le nom de Pan, et nous apprend qu’on l’a baptisée aussi de celui de Polyphème.
La tête de Polyphème est la sienne. Sont modernes : le cou , l’avant-bras droit avec la syrinx , et le genou gauche.
On nous a laissé ignorer si la tête du jeune homme est la sienne, mais on l’a sans doute entendu ainsi, car on signale au cou un tasseau moderne (1). [Haut. 6 pal.]
2092. — Laocoon, marbre gr. dur , pl. 834. Rome, Vatican.
Nous donnons textuellement sur ce groupe célèbre, qui a décoré le musée du Louvre pendant plus de quinze ans, l’article qui lui était consacré dans le livret de l’an ix.
« Fils de Priam et prêtre d’Apollon, Laocoon , par amour pour sa patrie, s’était fortement opposé à l’entrée dans Troie du cheval de bois qui renfermait les Grecs armés pour sa ruine. Pour dessiller les yeux de ses concitoyens , il avait même osé lancer un dard contre la fatale machine. Irrités de sa témérité , les dieux ennemis de Troie résolurent de l’en punir. Un jour que, sur le rivage de la mer, Laocoon, couronné de laurier, sacrifiait à Neptune, deux énormes serpens , sortis des flots , s’élancent tout à coup sur lui et ses deux enfans , qui l’accompagnaient à l’autel : en vain il lutte contre ces monstres; ils l’enveloppent, se replient autour de son corps, enlacent ses membres, les serrent dans leurs nœuds et les déchirent de leurs dents venimeuses. Malgré les efforts qu’il fait pour se dégager, ce père infortuné, victime déplorable d’une injuste vengeance, tombe avec ses fils sur l’autel même du dieu, et, tournant vers le ciel des regards douloureux , il expire dans les plus cruelles angoises.
«Tel est le pathétique sujet de cet admirable groupe, l’un des plus parfaits ouvrages qu’ait produits le ciseau , chef-d’œuvre à la fois de composition , de dessin , de sentiment, et dont tout commentaire ne pourrait qu’affaiblir l’impression.
« Il a été trouvé en 1 5o6 , sous le pontificat de Jules II , à Rome , sur le mont Esquilin, dans les ruines du palais de Titus, contigu à ses thermes. Pline, qui en parle avec admiration, l’avait vu dans ce même endroit. C’est à cet écrivain que nous devons la connaissance des trois habiles sculpteurs rhodiens qui l’ont
(1) Un groupe semblable se trouvait, du La tête du jeune homme manquait. (Voyez temps de l’Aldroandi , au palais Saint-Marc, notre Introd. p. cxcn.)
DE L’EUROPE
exécuté; ils s’appelaient Agésandre, Polydore, et Athénodore. Agésandre était probablement le père des deux autres. Ils florissaient au premier siècle de Père vulgaire. Le groupe est composé de cinq blocs si artistement réunis, que Pline l’a cru d’un seul. Le bras droit du père et deux bras des enfans manquent : sans doute un jour on les exécutera en marbre; mais provisoirement on les a suppléés, par des bras moulés sur le groupe en plâtre restauré par Girardon (1) , qui se voit dans la salle de l’école de peinture, n
Les trois têtes sont intactes. Pour les restaurations voir la gravure. [Haut. 8 pal. 7 on.]
2093. — Oreste et Electre, m. gr. pl. 836. Mus. Borbon.
Ce groupe fut trouvé à Herculanum vers le milieu du dernier siècle, et, par conséquent , lors des premières fouilles.
Les deux figures sont de hauteur naturelle et la sculpture, qui est du plus grand mérite , rappelle le style archaïque grec.
Un jeune homme entièrement nu est debout à la droite d’une femme. Celleci tientle bras droit entrelacé affectueusement au cou de l’homme, ens’appuyant un peu sur lui et, a la main à la hanche. Cette femme est vêtue d’une tunique talaire sans manches, et d’un manteau dont un bout repose sur l’épaule droite; l’autre bout entoure l’avant-bras droit. Leur tête est ceinte du diadème antique, leurs cheveux sont courts et se terminent par de petites boucles, comme aux statues de style éginétique. A la femme, ils se replient sous le diadème. Lejeune homme tient la main gauche horizon taie, à peu près ouverte, et les deux figures y dirigent évidemment les yeux. Cette main a pu tenir un objet qui a disparu, l’autre main est abaissée et a pu ne rien tenir.
Ce groupe a été publié dans le Musée Borbonico (t. IV, pl. 8). L’auteur du texte nous apprend qu’à l’époque de la découverte, l’antiquaire Bacorcli y vit le huitième Ptolémée , surnommé Soter, et sa femme et tante Cléopâtre; mais il dit ignorer les motifs de cette opinion et lui oppose une réponse péremptoire tirée du style archaïque delà sculpture.
Selon lui, on a ici Oreste et Electre qui viennent de se reconnaître au tombeau de leur père, et qui méditent de le venger : c’est ainsi qu’il explique le geste que le jeune homme fait de la main gauche. L’antiquaire napolitain va jusqu’à penser qu’Électre, par la disposition des doigts de la main droite, indique à son frère le tombeau d’Agamemnon. L’auteur trouve aussi aux deux figures, non-seulement un air de famille, mais, ajoute-t-il, un air de tête qui rappelait celui de la famille des Atrides , ainsi qu’on peut le reconnaître par les monumens qui nous offrent Agamemnon. La femme lui paraît plus âgée que le jeune homme, et Electre était plus âgée que son frère.
Cette opinion de Finati est peut-être , inconciliable avec l’attitude calme des deux figures , avec l’abandon de la prétendue Electre, et le geste que le jeune homme fait de la main gauche. Nous y verrions plutôt un sujet pastoral. Le jeune homme pouvait tenir un oiseau. [Haut. 5 pal. 3 on.]
(i) A Rome, le groupe a repris des restaurations en stuc, qui sont l’œuvre du Berniu.
STATUES ANTIQUES
209/4.. — Oreste et Electre, marbre, pl. 836. Villa Ludovisi.
Les auteurs se sont beaucoup occupés de ce groupe dans lequel, jusqu’à Winckelmann, on a vu le jeune Papirius et sa mère.
L’anecdote concernant le jeune Papirius et sa mère est rapportée par Aulu- Gelle, liv. I, chap. i3, qui dit l’avoir lue dans un discours de Caton l’ancien.
Lejeune Papirius, qui était admis dans l’assemblée du sénat, fut sollicité par sa mère de lui faire connaître l’objet d’une délibération. La mère y mit la plus grande insistance, et son fds se tira d’affaire par une fausse confidence dont elle ne garda pas le secret, et qui mit en émoi toutes les dames romaines.
Cette explication de notre groupe ne pouvait satisfaire les archéologues sérieux. Winckelmann l’a repoussée par les motifs suivans : que l’anecdote citée par Aulu-Gelle n’avait pu devenir l’objet d’une œuvre de sculpture importante, surtout qu’on ne pouvait voir ce sujet dans un ouvrage grec, où les personnages ont le costume grec, et même héroïque; que l’expression des têtes ne s’y rapportait pas, etc.
Winckelmann a pensé que le groupe représentait la reconnaissance qui eut lieu entre Electre et Oreste au tombeau d’Agamemnon, leur père. Ce moment pathétique était représenté sur la scène grecque dans une tragédie d’Eschyle et une autre de Sophocle.
Electre avait depuis longtemps coupé ses cheveux sur le tombeau de son père, et Oreste, absent et cru mort par sa sœur, y avait coupé les siens, quelques momens avant l’arrivée d’Electre. Or, la femme comme l’homme ont les cheveux courts; un pareil sujet méritait, comme le dit Winckelmann, d’être traité par la sculpture , et probablement le même groupe se trouve dans des statues isolées, où l’on n’a pas su le reconnaître. (Voyez n° 2096 A.)
Une inscription grecque fait connaître le sculpteur, appelé Ménélas.
On n’a jamais signalé de restaurations , ce qui prouve qu’il n’y en a pas , du moins d’importantes. [Haut. 8 pal. 6 on.]
2095, 2096. — Didon, m. g. pl. 835. Coll. Barberini et musée Pie-Clémentin.
Didon est ici représentée dans l’abandon et désolée. Elle est assise, s’appuyant de la main gauche à la plinthe. La main droite est relevée et devait tenir le poignard, que la restauration lui a rendu.
Virgile dit de la reine de Carthage, représentée au moment de sa mort, qu’elle avait un pied nu, unum exata pedem vinclis [Enéid. iv, 5i8.), ce qui se rencontre à l’une de nos statues.
Au n° 2096 la tête est celle d’une autre statue. Sont modernes : l’avant-bras droit avec la main , tous les doigts de la main gauche avec la partie de la plinthe sur laquelle ils reposent, le pied gauche avec partie delà jambe (1).
(1) Sur la planche, les restaurations de cette figure ont été, par erreur, rapportées sur le numéro précédent.
L'EUROPE
Quant au n° 20g5, nous en avons pris le dessin dans une planche supplémentaire du Musée Pie-Clémentin , et nous n’en connaissons pas les restaurations. Elle appartient à la collection Barberini, où elle porte le nom d’Ariane. Le poignard a été ajouté sur la gravure donnée par Visconti. Comme cet auteur argumente de ce que le pied droit a une chaussure et le gauche est nu, il a considéré cette partie de la statue comme antique.
2096 A etB. — Héroïnes, m. pl. 836 et 834 A. Villa Pamphili.
La première de ces deux statues de la même collection offre une femme debout portant ses regards au loin à gauche et étendant le bras gauche dans la même direction. La main droite est élevée près du cou; les deux premiers doigts sont ouverts. La tunique est talaire, et la manche gauche, qui est découverte, s’étend jusqu’à la moitié du bras, ayant un pli au coude. Les cheveux de cette héroïne sont courts, ce que l’on a déjà vu à la statue d’Electre n° 2og4-
Le manteau offre une disposition toute particulière. La partie destinée à couvrir l’épaule gauche ne descend pas plus bas que le deltoïde. A droite, le vêtement couvre le bras et même la main moins les doigts, que nous avons dit être à découvert; le reste destiné à passer sur l’épaule gauche, est rabattu sous le sein et descend près du genou gauche.
Les parties modernes sont : les doigts de la main droite, le bras gauche depuis le bas du deltoïde. Celte statue est très-retravaillée. [Haut. 8 pal. 8 on.]
La seconde statue est presque de même hauteur, elle porte les cheveux courts de même que la première; ils se dressent sur le front.
La figure est entièrement enveloppée dans son pallium, qui couvre même le derrière de la tête. Le pallium va de droite à gauche , sur l’avant-bras et la main, qui disparaît entièrement. Le bras droit est aussi caché par la draperie, mais il est relevé, et la main paraît vers le haut de la poitrine.
Celle statue a aussi été beaucoup retravaillée, mais elle n’a de moderne que la moitié de la main droite, et la pointe du gros doigt du pied droit. Le marbre est ce qu’on appelle grec dur. (Haut. 8 pal. 10 on.]
2097. — Atrée, m. g. pl. 812 C. Musée Borbonico.
Statue à peu près colossale , provenant de la collection Farnèse, et qui figure déjà dans les plus anciens recueil des statues sous le nom de Commode en gladiateur (1). Nous croyons que c’est Gronovius qui a proposé le premier d’y voir Atrée emportant un enfant de Thyeste.
Le personnage en effet porte sur le dos un enfant qui a la tête renversée , et les pieds en haut; il le tient de la main gauche par la jambe droite. Il marche,
(1) Cette statue était déjà au palais Farnèse du temps de l’Aidroandi, et était même considérée comme l’une des sculptures importantes de Rome, puisqu’elle est donnée dans l’édition de 1 5 56. (Voyez notre Intro-
duction, p. clxxii et clxxxix.) Quant aux recueils où elle est publiée voyez ceux de Cavagliari, Boissard , J. J. Rossi, etc. dont les tableaux se trouvent aussi dans notre Introduction.
78 STATUES ANTIQUES
et la main droite, abaissée, tient la poignée d’une épée, dont le fourreau est suspendu à un baudrier. Une chlamyde, fibulée à droite, passe tout entière derrière le dos. On voit derrière la figure un bouclier appuyé à un tronc d’arbre et en même temps une draperie qui ne peut être la chlamyde, laquelle s’arrête près des genoux.
Gronovius lui-même a fait remarquer que la représentation n’est pas parfaitement d’accord avec le récit de la mort des trois enfans de Thyeste, tel qu’on le lit dans la tragédie de Sénèque. Winckelmann s’est borné à dire que celui qui avait proposé la seconde dénomination s’est assez approché de la vérité.
On peut douter qu’on eût ainsi représenté un événement ou périrent plusieurs enfans, et non un seul. Le fait mythologique dont il s’agit ne permet guère d’admettre qu’un des enfans de Thyeste ait été violemment emporté par Atrée. On ne serait guère plus heureux en supposant que c’est Astyanax, car on aurait sans doute représenté le moment où on le précipitait de la tour. Il est dit dans la description du Musée Borbonico, que la tête est moderne, ou au moins d’une autre statue. [Haut. 10 pal.]
2098. — Héros, marbre de Paros, pl. 834. Munich.
Statue de taille héroïque et de travail romain , provenant de la collection Albani, où elle portait le nom d’Antigonus Gonatas.
Elle est à peu près intacte et offre un héros nu, debout, tenant de la main gauche le fourreau du parazonium presque horizontal, et dans la droite, abaissée, l’épée. Le personnage est barbu, la tête est ceinte du diadème, les cheveux et la barbe sont à peu près bouclés. Les traits n’offrent pas ceux d’un personnage connu, et le sculpteur ancien a probablement représenté un personnage des temps héroïques.
La tête n’a jamais été séparée. Sont modernes : le nez, l’avant-bras droit et partie de l’avant-bras gauche. La main gauche est antique. Nous ignorons si le fourreau est antique aussi. [Haut. 8 pi. 2 po.]