GRANDS HOMMES DE LA GRÈCE
2098 A. — Homère, mar. peut. pl. 846. Mus. Borbon.
Statue trouvée à Herculanum avec le prétendu Aristide n° 2122, et le Philosophe n° 2i44. La découverte remonte au siècle dernier. La statue, de trèsgrande nature comme les deux autres, est, dit le livret de Naples, parfaitement conservée. On ne signale aucune restauration.
Ce personnage, debout, a à peu près la physionomie d’Homère , notamment le diadème. 11 est vêtu d’une tunique à manches courtes , et d’un ample manteau, qui, jeté sur l’épaule gauche, revient par le côté droit devant le corps et va reposer sur l’avant-bras gauche. La main droite tient ce vêtement au-dessus de
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l’avant-bras gauche. L’autre main tient un long bâton. Les pieds ont des chaussures. Sur la plinthe, à gauche, sont des papyrus en faisceaux.
L’attitude de la figure convient à Homère aveugle et voyageur.
Le nu de cette statue est très-bien rendu. [Haut. 7 pal. 6 on.]
2098 B. — Lycurgue, m. Lun. pl. 842. Mus. Pie-Clément.
Statue trouvée aux Cento-Celle avec l’Adonis n° i424. Elle représente un homme âgé , barbu , demi-drapé , comme plusieurs statues de Jupiter. La main droite est abaissée, la gauche ramenée vers l’épaule.
Visconti a nommé cette statue Lycurgue , après avoir remarqué que l’œil gauche était plus petit que l’œil droit , et qu’à l’entour de cet œil les traits offrent une contraction. Dans une assemblée qui eut lieu pour l’acceptation des lois de cet homme célèbre, Alcandre jeune homme appartenant à l’une des premières familles de Sparte, lui creva l’œil gauche avec le bâton que les Spartiates portaient aux assemblées. Lycurgue refusa de se venger de son ennemi, que le peuple lui livrait, et lui montra tranquillement son visage en sang et son œil arraché.
On a dû représenter Lycurgue dans celle altitude, et, selon Visconti, une meilleure restauration de l’avant-bras aurait rendu cette représentation très-claire.
L’antiquaire romain ajoute, d’une part, que d’après la vie de Lycurgue dans Plutarque, les Spartiates sortis de l’enfance ne portaient plus de tunique; de l’autre, que la disposition des cheveux qu’on voit à notre statue se retrouve sur les médailles de Lycurgue.
Quant au mérite artistique de la statue, ce n’est pas selon Visconti une œuvre achevée, mais on y reconnaît la copie d’un bon original, aux traces d’un style plein, facile et de bonne école. [Haut. 8 pal. 2 on. 1/2.]
* 2098 C, 2098 D. — Euripide, marbre, pl. 294 et 84 1. Musée du Louvre et de Dresde.
La première statue a fait partie de la collection Kircher et a passé ensuite à la villa Albani. Elle fut trouvée, en 1704, sur le mont Esquilin, dans les jardins des chanoines réguliers de Saint-Antoine.
C’est une statuette assise sur un siège a dossier élevé. Le costume est celui des Jupiters, et la pose rappelle aussi celle du même dieu.
Une draperie, dont un bout repose sur l’épaule gauche, passe derrière la figure et revient parla hanche droite couvrir les cuisses et les jambes.
La figure est un peu tournée à gauche et étend dans cette direction le bras gauche, où manque l’avant-bras. Ce geste a fait penser que la main tenait un thyrse ou une haste sans fer , que les anciens appelaient haste pure, et cette conjecture est confirmée à la fois par les restes de deux tenons dans le montant gauche du siège, et par une indication que fournit la plinthe.
Ce qui a fait connaître Euripide dans cette figure, c’est une table de marbre adossée au siège, et qui le déborde de beaucoup en haut et parles côtés. On y
voit une inscription en deux colonnes , reproduisant les titres d’à peu près la moitié des tragédies d’Euripide, trente-six sur soixante et quinze. Une des tragédies de ce poète, celle d’Épéus, n’est connue que par ce marbre. Cette inscription , que nous donnons avec la figure, a été précédemment publiée avec les inscriptions antiques du Louvre, t. II, pl. 3, n° 465.
Le bras droit manque depuis la fin du deltoïde ; probablement la main descendait à peu près sur la cuisse, où elle avait tenu un masque.
La statue a été trouvée sans tête et en a reçu une moderne. [Haut. om, 55o.]
La seconde statue, provenant de la collection Cliigi , a, quoique de grande nature, le mérite d’une conservation parfaite. Le siège seul a souffert aux deux extrémités.
Le personnage a les cheveux plats, mais une barbe un peu frisée. Les pieds sont nus, l’attitude est celle de la méditation, cependant le corps est très-droit; la main droite, portée en haut du sein gauche, tient un volume, l’avant-bras gauche est en travers sur le ventre, et cet avant-bras avec le côté gauche du torse, les cuisses et les jambes, sont couverts de la draperie.
Selon Lipsius quelques-uns ont vu dans cette statue Sylla , qui pourtant n’était pas barbu. La tête a beaucoup de rapport avec celle que nous donnons comme étant celle d’Euripide dans notre Iconographie, n° 2916, t. VI, pl. 1025. [Haut. 1 au. 1/2.]
2098 E. — Sophocle, m. 5fr.pl. 84o C. Rome, mus. Latéran.
Statue trouvée, il y a peu d’années, à Cerriteri, et d’une heureuse conservation pour son ensemble. Elle excède de peu 3 palmes, et c’est par erreur que notre gravure porte 9 palmes. La pose indique un auteur dramatique et principalement un auteur tragique. Ce personnage est drapé dans son manteau, qui ne laisse voir que la main droite. Le bras droit est entièrement couvert, et la main le ramène par derrière la hanche. La tête n’a pas été séparée , mais elle était privée du nez. Elle a une physionomie caractérisée, les cheveux sont courts, mais abondants, la barbe est fournie et crépue. On reconnaît un homme dans la force de l’âge.
La physionomie de ce personnage a peu de rapport, soit avec le buste désigné comme étant celui de Sophocle, que nous avons donné, d’après Visconti, dans notre Iconographie, n° 2916, t. VI, pl. 102 5, soit avec le médaillon en marbre, dit de Sophocle, trouvé sur le tombeau d’un poète, et reproduit, par Visconti , dans son Iconographie.
Çes bustes représentent Sophocle âgé; mais la différence entre eux et notre statue ne pourrait pas s’expliquer, selon nous, par l’âge. On sait, par Pausanias, qu’une statue de Sophocle se trouvait dans les portiques du théâtre d’Athènes avec celles de plusieurs autres poètes. Cette statue, probablement, avait été élevée après la mort de Sophocle, qui vécut au delà de quatre-vingt-dix ans, et le représentait vieux. Nous ignorons sur quels motifs on a vu Sophocle dans notre statue. Peut-être la pose théâtrale en a été l’unique et insuffisante raison.
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Sont modernes : le nez, la main droite, les pieds avec partie des jambes, le bas delà draperie à droite, et le scrinium où sont les volumes.
Nous admettrions plus volontiers l’appellation d’Eschine , dont la poésie forte, énergique, se trouverait en rapport avec la physionomie du personnage. [Haut. 3 pal. 4 on.]
2099. — Alcibiade, m. gr. pl. 83g. Musée Pie-Clémentin.
Statue provenant delà villa Mattéi, et donnée dans l’ouvrage sur cette collection, t. I, pl. 101. Vénuti y voit un Gladiateur. Amaduzzi, dans ses annotations, dit que c’est plutôt un Athlète.
La fouille que Gavvin Hamilton fit faire au Pantanello (v. n° 1 198) produisit un Hermès, où se trouvaient les cinq premières lettres du nom d’Alcibiade. La tète de cet Hermès a permis à Visconti de reconnaître dans notre statue une représentation de ce célèbre Athénien. Selon Visconti, la ressemblance estcomplète.
Pline rapporte que , pendant la guerre contre les Samnites , les Romains élevèrent une statue à Alcibiade et à Pythagore , et les placèrent sur les cornes du comicium. Cette érection fut motivée par un oracle de Delphes, qui promettait la victoire aux Romains , s’ils élevaient des statues au plus vaillant et au plus sage des Grecs. (Hist. nat. liv. XXXVI, chap. vi.) Plutarque rapporte le même fait dans la vie de Numa.
Visconti pense que notre statue est une copie de celle qu’on éleva sur le comicium et qu’il suppose avoir été de bronze. Il se fonde sur la manière sèche et brève ( précisa ) dont sont traités les cheveux, manière propre, selon lui, à la sculpture en bronze, et qui se remarque même à l’Hermès trouvé au Pantanello.
Le pied droit avait eu un appui, et on y a placé un casque, parce qu’on en voit un sous le pied de l’image de la Valeur sur les médailles. On en trouvait encore un exemple dans une statue de héros de la collection Farnèse.
La statue offre d’ailleurs cette beauté virile que les auteurs anciens vantent dans Alcibiade. Le corps est svelte et d’un beau mouvement. Le mérite du dessin se voit surtout dans le dos, mieux conservé que le reste. [Haut. 8 pal. 1 on.]
* 2099 A, 2099 B etC. — Demosthène (i), m. pl. 283, 84o A et 842. Louvre, Mantoue et Vatican.
Des trois statues ici réunies, les deux premières sont assises, et, probablement , ne représentent pas Démosthène.
(1) Après la mort de cet orateur les Athé- de son temps à Constantinople, dans le niens lui élevèrent une statue, qui fut placée portique appelé Zeuxippe. Les vers de cet au Céramique non loin de celle des héros auteur font comprendre que Démosthène éponymes. Pausanias en parle sans la dé- était représenté livré à la méditation, mais crire {Att. chap. vin. ) il n’est pas probable qu’il fût assis. [Anthol
Christodore a consacré quelques vers à pal. 1. 1, p. 38.) une statue du même orateur qui se voyait
STATUES ANTIQUES
D’après Visconti , on posséderait en Angleterre un bas-relief en terre cuite où Démosthène est représenté assis. Une inscription ne laisserait aucun doute sur cette représentation, mais ce serait Démosthène dans l’île deCalaurie, au moment de s’empoisonner pour ne pas être livré à Anlipater; or le geste de nos deux premières statues ne se prête pas à cette interprétation.
La statue 2099 A, aujourd’hui au Louvre, était originairement à la villa Montalto. Elle devint la propriété de Thomas Jenkins, avec les autres marbres de cette collection, et passa ensuite au musée Pie-Clémentin. Elle est décrite dans l’ouvrage de Visconti, t. III, pl. iù. Le personnage est assis. Son manteau couvre les épaules, et, laissant la poitrine et les bras nus, se réunit sur les cuisses et les jambes; les deux mains tiennent un volume. A la villa Montalto, la statue n’avait pas de tête. Celle qu’elle a aujourd’hui, et qui est antique, a probablement été mise lorsque la statue appartenait à Jenkins. D’après Visconti, elle convient au corps. Sont modernes ; l’avant-bras droit, le bras gauche avec la partie du manteau qui le couvre, le volume, le pied droit avec partie de la jambe, presque tout le pied gauche. [Haut. im,370. = 4 pi. 2 po. 6 li.]
La tête delà seconde statue, du musée de Mantoue, paraît être antique. Mais elle a été séparée, comme on le voit par la gravure. Cette statue, assise, a perdu les jambes avec les genoux, la main droite, qui était sur les genoux, et quelques doigts de l’autre main.
Le personnage est presque entièrement couvert d’un manteau qui laisse voir aussi une tunique. La main droite sort du manteau.
On trouvera le même manteau et le même geste à une statue debout donnée n" 2122 sous le nom d’Aristide, mais qui nous paraît plutôt Sophocle.
La troisième statue a été achetée des Camuccini.
Le personnage est debout et ses deux mains , abaissées , tiennent un volume. Son manteau est roulé autour du corps, de gauche à droite, et un bout, revenant par l’épaule, descend très bas sur le devant de la figure. On trouvera cette attitude et celte disposition du manteau à la statue n° 2128, qui pourrait représenter Chrysippe, mais les têtes ne se ressemblent pas. On nous dit de la première statue quelle est de bonne manière. La tête est la sienne, mais elle a été séparée. Sont modernes ; le biceps droit avec partie du deltoïde, les deux mains avec le volume , et partie des avant-bras , la draperie le long de la jambe gauche , enfin une partie du pied droit.
Le scrinium ne nous a pas été signalé comme moderne. [Haut. 8 pal. 7 on. 1/2.]
* 2100,* 2101. — Alexandre (1), marbre, pl. 2 64- Louvre.
Les deux figures ici réunies sont de style héroïque et représentent Alexandre.
On sait que Lysippe , à qui seul Alexandre avait permis de le représenter en bronze , fit une statue où le héros macédonien avait les yeux élevés vers le ciel, et que, selon l’épigramme que cette statue inspira à Archéloüs, il semblait
(1) Sur l’iconograpbie d’Alexandre, v. ?958, 2958 A, t. VI, pl, 1029 et 1070.
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dire à Jupiter: O roi des dieux, notre partage est fait; à toi le ciel, à moi la terre.
Nos deux statues ont, comme celle de Lysippe, les yeux levés au ciel.
La première n’est qu’une simple statuette; elle a été trouvée à Gabies : elle tient de la main droite, abaissée, l’épée, et de la main gauche le fourreau.
La tête est celle de la statue. Les parties modernes sont les deux bras depuis les deltoïdes, les pieds avec partie des jambes, la bordure de la cuirasse. [Haut. om,753. = 2 pi. 3 po. 10 li.]
La seconde provient de la villa Albani. Elle a la main droite abaissée et vide. La main gauche élève un tronçon de lance. La chlamyde, reposant d’un bout sur l’épaule gauche, descend par derrière jusqu’à la plinthe.
La tête est celle d’une autre statue. Sont modernes : le bras droit depuis le haut du biceps, le gauche depuis la chlamyde, au milieu du deltoïde, la jambe droite avec partie de la cuisse, la jambe gauche.
[Haut. 2”,49J. = 7 pi. 8 po.]
2102, 2io3. — Alexandre armé, marbre, pl. 837 et 83g. Musées de Dresde et Capitolin.
La première statue provient de la collection Chigi.
C’est un guerrier casqué, avec cuirasse et chlamyde. La main gauche, élevée, tient une lance sans fer, et la droite appuyé au haut du bras à un parazonium.
A la gauche de cette statue, est un cheval en demi-figure, ayant les jambes repliées sous le ventre.
La cuirasse est serrée par une ceinture, la chlamyde, fibulée à droite, va passer sur l’épaule gauche, et on la revoit ensuite sur l’avant-bras droit.
Casanova et Lipsius ont déjà fait observer que ce personnage ne pouvait être Alexandre, qu’il devait être un des derniers empereurs romains, car l’exécution de cette statue dénote une époque de décadence de la sculpture.
La statue pourrait même, selon nous, n’être qu’une statue de décoration, et représenter seulement un cavalier, ce qui expliquerait mieux pourquoi on lui a fait tenir la lance de la main gauche. [Haut. 3 pi.]
La seconde statue tient adroite un tronçon de lance, et de la main gauche, abaissée, saisit la chlamyde. Celle-ci, jetée d’abord sur l’épaule droite, va retomber par un bout derrière la figure. Le reste, entourant les reins, vient reposer sur l’avant-bras gauche.
On voit un sphinx sous le cimier du casque, et à la cuirasse deux griffons opposés , qu’on retrouve au Pyrrhus n° 2112.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : le cou, le bras droit avec la chlamyde de ce côté, la main gauche et les jambes. [ Haut. 4 pal. 1 1 on.]
a 2io4. — Alexandre, marb. pl. 83g. Coll. Smith Barry.
Statue haute de neuf pieds offrant un homme debout, nu, imberbe et à
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longue chevelure. Près de lui sont un palmier, un casque, un bouclier et une chlamyde.
La tête, qui nous a été indiquée comme étant celle de la statue, rappelle celle d’Alexandre.
Les bras, modernes ainsi que les jambes , sont abaissés. La main droite tient un globe , qui a nécessité un support; la gauche lient une épée. [Haut. 9 pi.]
2io5. — Alexandre à cheval, br. pl. 84o. Mus. Borbon.
Ce bronze, haut de moins de deux palmes, fut trouvé à Herculanumen 1761.
Sur un cheval qui se cabre , un guerrier cuirassé et sans casque se retourne et lève l’épée pour frapper un ennemi.
Alexandre eut son casque brisé à la bataille du Granique, et à la suite de cette bataille Lysippe fit sa statue équestre et celles de vingt-cinq cavaliers macédoniens qui furent tués dans la même affaire. Alexandre était représenté nu-tête.
Toutes ces statues, placées d’abord à Dium, en Macédoine, dans le temple de Jupiter, furent transportées à Rome par Métellus. (Arrien, liv. I, p. 44 et suiv.)
Notre petit bronze est considéré comme une copie ou au moins une imitation de la statue équestre de Lysippe.
Les harnais du cheval sont en argent. [Haut. 1 pal. 10 on.]
a 2106. — Alexandre, mar. gr. pl. 84o A. Coll. Massimi.
Cette statue provient de la villa Pampbili ; elle est colossale et est très-connue.
La cuirasse offre pour unique ornement une petite tête de Méduse placée dans le haut. Elle est serrée autour du corps par une large ceinture.
La tête et le bras droit sont modernes ; le bras gauche , qui manque , était élevé comme pour tenir une lance.
Comme cette figure tenait la lance à gauche et que la main droite est abaissée, nous inclinons à n’y voir qu’une statue de très-grande proportion.
Outre les restaurations indiquées sur la gravure , il y a une cassure au genou gauche; un fragment de la plinthe antique est encastré dans la plinthe moderne. [Haut. 1 1 pal. 6 on.]
2107. — Alexandre, m. pl. 838. Musée de Dresde.
Statue de grande proportion, dans laquelle on reconnaît tout de suite un Bacclius, à qui l’on a adapté une tête de Minerve.
Elle est vêtue d’un large manteau jeté d’abord sur l’épaule gauche et revenant par la hanche droite reposer sur l’avant-bras gauche. On observe à peu près cette disposition au Bacchus 1 584 , à l’Hermaphrodite i548 A; mais ici la draperie est plus ample.
La statue est brisée obliquement vers le milieu du corps, et au milieu des jambes en descendant à droite et à gauche. [Haut. 5 on.]
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a 2108. — Alexandre, m. de P. pl. 838. Munich, Glypt.
Statue provenant du palais Rondonini , et qui a subi deux restaurations.
Dans la première, elle avait, comme aujourd’hui , le pied droit posé sur un petit rocher, et la main gauche appuyée sur la cuisse droite; mais cette main tenait un glaive. La main droite, qui est aujourd’hui appliquée au genou, était élevée. La gravure de la statue dans ce premier état se trouve dans Gualtani, année 1787.
C’est Thorwaldsen qui a exécuté la seconde restauration , laquelle a consisté à appliquer la main droite au genou comme nous venons de le dire , et à mettre dans l’autre main une fiole de baume. Dans ce dernier état, le héros macédonien est censé avoir été blessé au genou , et répandre du baume sur sa blessure.
Winckelmann considérait cette statue comme la seule authentique que l’on eût d’Alexandre. Visconti n’en parle pas dans son Iconographie, ce qui suppose qu’il n’y attachait pas la même importance que le premier auteur.
Sur la plinthe, derrière la figure, sont une cuirasse et une chlamyde. On dit dans le catalogue du musée de Munich, que cet accessoire est antique et qu’il n’a jamais été séparé. On y fait aussi remarquer qu’Alexandre était probablement représenté sur le point de mettre les cnémides; d’où il faudrait conclure que la nouvelle restauration s’éloigne de l’esprit de l’original.
La statue, connue sous le nom de Mars Ludovisi (voyez i432), fournirait l’idée d’une troisième restauration , d’après laquelle Alexandre tiendrait des deux mains le parazonium.
La tête n’a pas même été séparée. Sont modernes : le bras droit depuis le bas du deltoïde, le gauche depuis le milieu du biceps, les cuisse et jambe droites, partie du pied gauche. [Haut. 4 pi. 3 po.]
2109. — Alexandre, mar. pent. pl. 837. Mus. Chiaram.
Statue à peu près colossale et demi-drapée, dont la main droite, élevée, tient une lance, et la gauche, abaissée, le parazonium. La draperie, couvrant le corps à partir des hanches, va s’enrouler autour de l’avant-bras gauche.
C’est une disposition de draperie qu’on voit aux Jupiters 668 A, 678 B, à l’Apollon en bronze g65, et qu’on retrouvera à des figures impériales.
La tête est celle d’une autre statue antique. Les parties modernes sont : le bras gauche depuis le milieu du biceps, la draperie entre le bras et le torse, les pieds. Grand tasseau sur la mamelle droite. [Haut. 10 pal. 9 on.]
2110. — Alexandre, m. pl. 838. Musée de Dresde.
La portion antique de cette statue, de grande nature, se réduit au torse à partir de la cuisse droite, et à tout le côté gauche. Tout le reste est moderne, y compris le casque, qui est sur la plinthe et le tronc d’arbre.
La cassure de la partie antique indiquait que la figure regardait en haut, le-
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vait la main droite dans cette direction , et abaissait la main gauche. Mais cela ne suffisait pas pour y voir les restes d’une statue d’Alexandre, et, suivant Lipsius, c’était plutôt un Mercure ou un Athlète. [Haut. 2 au. 20 po.]
2111. — Diogène, mar. de Luni, pl. 842 . Rome, villa Albani.
La tête de cette statue, de fort petite dimension, offre un grand mérite de conservation. C’est un homme âgé, à grande barbe, nu. La restauration amis à la main droite de ce personnage une écuelle , et à la gauche un bâton, que ne donne pas notre gravure; à la droite est un chien, ce qui en fait un Diogène.
Les parties modernes sont : l’avant-bras droit, la main gauche, la cuisse et la jambe droites, le pied gauche, le chien et le tronc d’arbre. [Haut. 2 pal. 2 on.]
2112, 2 1 1 2 A. — Pyrrhus, marbre, pl. 83g et 84o C. Mus. Capitolin et Borbonico.
Ces deux statues offrent deux guerriers casqués et cuirassés, élevant la main droite pour tenir une lance et abaissant l’autre main , qui porte un bouclier.
Dans la première statue , on a reconnu Pyrrhus à une grande ressemblance avec un buste de la collection F arnèse.
Notre statue se trouvait déjà du temps de l’Aldroandi dans la cour d’Angélo Massimi, évêque d’Amalfi, qui l’avait achetée 2000 écus (1). Elle s’y trouvait encore en- 1 562, époque où elle fut gravée dans le recueil de Salomon. Spon l’a aussi donnée, mais la gravure n’est pas exacte dans les détails (2).
Les auteurs anciens font connaître trois statues de Pyrrhus. Selon Pausanias, les Athéniens lui en élevèrent une dans leur ville [Att. ch. xi), et Thrasybule lui en éleva une autre à Elée ( Eliac . ch. i4). Pline en cite une troisième qui était l’ouvrage du sculpteur Egias (Hisl. nat. liv. XXXIV, ch. vm).
La tête est celle de la statue, mais a été séparée. Sont modernes : au casque, le devant de la visière , les deux ailes extérieures des hippogriffes placés sous le cimier , et même l’hippogriffe de gauche presque entier , enfin le nez ; et à la statue , le bras droit en entier avec la draperie qui en descend , le bras gauche en entier avec la draperie qui l’entoure et le bouclier, enfin le bas de la statue depuis le bord de la tunique. [Haut. 16 pal. 2 on.]
La seconde statue n’est qu’un beau torse de statue impériale dont un restaurateur a fait un Pyrrhus. Les détails de l’armure sont très-beaux. On voit sur la cuirasse Jupiter enfant, assis sur la foudre, au milieu de deux Corybanles.
C’est une bonne sculpture grecque. [Haut. 8 pal. 6 on.]
2 1 1 3, — Sèleucus, br. pl. 84o. Musée Borbonico.
Cette petite statue a été trouvée à Portici.
Elle nous offre un héros vêtu d’une chlamyde, portant le pied droit sur un
(1) Voyez notre Introduction , p. cxcvi. (2} V. aussi le recueil de D. de Rossi (1704).
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petit rocher, et appuyant l’avanl-bras droit sur le genou. La main gauche est placée derrière le dos, et cachée avec le bras tout entier par la chlamyde, beaucoup plus déployée qu’à l’ordinaire, notamment par derrière, où elle encadre le corps.
Le personnage regarde au loin vers le ciel; ses cheveux forment des boucles sur le front et sont entourés d’un diadème.
Les jambes ont des cothurnes formés de courroies et à jour, mais la semelle a un rebord qui cache les doigts des pieds. D’après la gravure, cette chaussure porterait au pied droit une rosette, qui ne se voit pas au pied gauche.
On a trouvé dans la vie de Séleucus une circonstance qui a paru pouvoir expliquer l’altitude de notre figure. Quelques auteurs parlent de l’observation du ciel , à laquelle il se livra sur le mont Cassius , pour prendre des augures avant de fonder la ville de Séleucie. Sur une pierre gravée donnée par Agostino (t. I, p. 1 10), on voit devant Hercule une ligure dans la même attitude qui l’écoute et qu’on suppose Aristée. On peut opposer à l’appellation de Séleucus le peu de probabilité qu’il y eût à Portici une figure de Séleucus qui n’était point la copie d’une œuvre de sculpture très-répandue. On s’expliquerait mieux un sujet se rattachant aux travaux d’Hercule, dans une ville dont le nom ancien était Portas H er colis. [Haut, i pal. 2 on.]
2 1 1 4 et 2 1 1 5. — Phocion , m. pl. 842 et 84o A. Musée Pie- Clémentin et Boissard.
La première statue a été trouvée à Rome, dans l’ancien forum d’ Archemore.
C’est une statue de près de huit palmes, de pose et de costume héroïques. Le personnage est casqué, barbu, couvert d’une chlamyde déployée. Ce vêtement descend à droite jusqu’au genou; à gauche, la main le relève jusqu’à la hanche. La main droite est abaissée le long du corps (1).
Visconti l’a publiée comme Phocion , t. II du Musée Pie-Clémentin. Mais il est revenu sur cette opinion dans les observations supplémentaires qui terminent le dernier volume de cet ouvrage.
Les raisons de la première opinion étaient prises de ce que l’air de la tête, la pose et surtout la chlamyde, exiguë et d’une étoffe en apparence épaisse, convenaient à une représentation de Phocion. Plus lard, le docte antiquaire a trouvé ces motifs insuffisans. Comme la statue ornait le forum d’Archemore, il a pensé quelle représentait un des sept chefs qui périrent devant Thèbes.
La tête est celle de la statue , mais elle a été séparée. Les parties modernes sont: le haut du casque, le nez, le cou, le pouce et l’index droit, des fragmens de la chlamyde de ce côté, la main gauche avec partie de l’avant-bras, lesjambes, la plus grande partie du tronc cl’arbre. [Haut. 9 pal. 9 on.]
(1) D'après Visconti, le musée Pie-Clé- offre le mc-me portrait, et une copie en menlin possède aussi une tète casquée qui petit de la statue entière.
STATUES ANTIQUES
Le dessin de la seconde statue a été pris dans Boissard (partie IV, pl. 120); mais ce dessin ne reproduit pas une statue antique, et paraît avoir été fait d’imagination, et tout à fait en dehors du style ancien.
Le personnage principal est groupé avec un jeune enfant debout près de lui, et qui le presse affectueusement dans ses bras. Sur le dessin même, la main gauche manque avec partie de l’avant-bras.
2116, 2117. — Zenon, m. pl. 843. Munich etmus. Capitolin.
Statue achetée à Naples d’un officier français, qui l’avait apportée de Grèce.
Les parties modernes sont : la tête, le bras droit et les jambes, depuis le manteau et le scrinium.
La partie antique offre le corps d’un homme âgé vêtu d’un manteau, qui laisse à nu le côté droit de la poitrine. Ce manteau couvre d’abord l’épaule, presque tout le sein gauche, et, revenant par le côté droit sur le devant du corps, va passer sur l’avant-bras gauche.
On dit dans le livret de Munich que l’auteur de la restauration, le sculpteur romain Finelli, a vu de la ressemblance entre cettestatue et le Zénon du Capitole, où, suivant le même livret, Visconti ( Iconog . gr.) aurait vu Zénon le Stoïcien. Visconli ne parle pas de la statue du Capitole, mais d’un buste du Vatican que nous donnons dans notre Iconographie, n° 2g33, pl. 1027. D’autre part, la tête publiée par Finelli à la statue, ne ressemble ni à celle de la statue du Capitole, ni au buste; enfin , les corps des statues ne se ressemblent pas.
La main gauche de la présente statue est à demi fermée et a dû tenir un objet qui ne peut guère être qu’un volume. Si cette main tenait en effet un volume, la main droite a dû tenir un objet plus important, peut-être un masque, comme celle 21 44. [Haut. 6 pi.]
La statue du Capitole a été trouvée en 1701 , à Lanuvium, sur l’emplacement d’une villa d’Antonin Pie. Benoît XIV l’acheta et la donna au Capitole.
La tête n’a pas même été séparée, et les seules parties modernes sont le bras droit depuis le milieu du biceps , l’annulaire gauche et les deux pieds.
Cette statue a fait partie du musée du Louvre, et déjà, dans le livret de ce musée, pour l’an ix, on a dit que les traits sont fort différens du buste du Vatican ; que la statue ne devait plus porter le nom de Zénon , mais que ce pouvait être quelque autre stoïcien célèbre, tel qu’Epiclète ou Cléanthe. [Haut. 7 pal. 6 on. 1/2.]
2118. — Ménandre, m. pent. pl. 84 1 - Musée Pie-Ci émentin.
L’article de celte statue doit s’appliquer en grande partie à celle du poêle comique Posidippe, donnée n° 2120.
Ménandre et Posidippe sont les deux poètes dont les pièces , selon Aulu-Gelle, avaient été transportées sur le théâtre latin.
Les deux statues étaient anciennement à la villa Monlalto, et recevaient les
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noms de Marius et Sylla. Cependant leur costume n’est pas romain, et la représentation ne convenait aucunement aux deux célèbres rivaux. Enfin, l’une d’elles portait sur la plinthe le nom de Posidippe en grec. Faute de connaître le poète comique de ce nom, on supposait que l’inscription désignait le sculpteur.
Gronovius a publié le premier cette dernière statue comme étant celle du poète Posidippe.
C’est Visconti qui a reconnu Ménandre dans la seconde , à sa ressemblance avec le buste de cet auteur trouvé sur un marbre de la collection Farnèse, où ce buste est en bas-relief dans un cercle [Jigura clypeata) , et qui porte le nom de Ménandre.
Ces deux figures sont imberbes , elles ont sur la tête un grand clou , qui s’explique par l’usage chez les anciens de placer des disques, dits ménisques, sur la tête des statues , lorqu’elles étaient exposées en plein air.
Leurs sièges sont semblables à ceux de deux Muses peintes d’Herculanum, Clio et Uranie, et à celui de la statue de Mettius Epaphroditus , du palais Altiéri.
Ménandre s’appuie du bras gauche sur le dossier du siège et tient de ce côté un volume, l’autre main repose sur la cuisse. Le vêtement se compose d’une tunique à manches courtes et d’un manteau qui couvre les épaules et retombe ensuite sur les cuisses.
La tête est celle de la statue , mais elle a été séparée. De plus , le masque et partie du cou ont été détachés par l’effet d’une fissure qui s’est manifestée dans le marbre, et qui a été probablement déterminée par le clou qui soutenait le disque.
Sont modernes : le bout du nez, la main gauche avec le volume, partie du pied droit. [Haut. 7 pal. 3 on.]
* 2119. — Posidoniüs, m. peut. pl. 327. Louvre, n° 89.
Dans cette statue provenant de la villa Borglièse, le vulgaire croyait reconnaître Bélisaire réduit à la mendicité ; mais le style de la statue la reporte à une époque bien antérieure à Bélisaire.
Winckelmann y a vu un Galle ou prêtre de Cybèle demandant l’aumône; mais celte statue n’a aucun des attributs qui distinguent ces prêtres , ni surtout l’air efféminé qui leur était propre.
Comme une statue de Chrysippe de Soles , placée au Céramique d’Athènes , avançaitla main pour parler , on a pensé que notre statue pourrait être aussi celle de ce philosophe. Mais Visconti fait observer que le geste de la statue de Chrysippe, que l’on connaît par quelques paroles de Cicéron, n’était point du tout celui de notre figure. Il est bien certain que la tête n’offre pas le portrait connu de Chrysippe; mais cette tête n’appartient pas à la statue. On a ainsi été amené à l’attribuer à Posidoniüs, dont l’éloquence et l’esprit de conversation ont été renommés.
Posidoniüs, né à Apamée, habita longtemps Rhodes, ce qui le fit appeler Posidoniüs de Rhodes. Ce philosophe, l’un des plus célèbres de la secte stoïque, fut lié avec Pompée et Cicéron, qui était un de ses disciples et qui désirait
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même qu’il écrivît l’histoire de son consulat. 11 ne se distingua pas seulement par ses écrits philosophiques, mais dans ses longs voyages; il rendit à l’astronomie, à l’histoire naturelle et à la géographie de grands services consignés dans les auteurs anciens et entre autres dans Strabon.
La tête ne ressemble pas au buste du musée de Naples, portant sur la poitrine le nom de Posidonius et que nous donnons dans l’Iconographie, n° 2942, pl. 1028; mais comme c’est une tête iconique; nous l’avons reproduite parmi nos bustes , pl. 1099.
Sont modernes : le nez, la moitié de l’avant-bras droit, ainsi qu’une partie de la jambe gauche. [Haut. im, 1 64. ]
2120. — Posidippe, marbre pent. pl. 84 1 • Musée Pie-Clémen.
La tête de cette statue a été séparée , le masque lui-même a été détaché comme à celle de Ménandre (voy. 21 18), et pour la même cause.
L’annulaire gauche porte un anneau.
Les seules parties modernes sont le bout du nez et le pouce gauche.
Les autres indications sur cette statue ont été données avec celles de Ménandre, à laquelle elle paraît avoir toujours fait pendant. [Haut. 6 pal. 1/2.]
2121. — Sextus de Chéronée, m. gr. pl. 844- Mus. Pie-Clém.
Celte statue a été acquise des ducs de Fiano, sous Pie VI. Elle représente Sextus debout, en grande partie couvert de son manteau, qui laisse voir, cependant, une tunique. La main droite saisit le manteau près de la cuisse gauche; l’autre main, abaissée, tient un volume. Le philosophe Sextus de Chéronée était l’ami et comme le précepteur de Marc-Aurèle. Sa tête se trouve représentée sur un médaillon donné par Spon, et portant, de l’autre côté, celle de Lucille, fdle de cet empereur. C’est à la ressemblance de la tête de cette statue avec celle du médaillon de Spon, que Visconti a reconnu Sextus dans notre marbre.
La tête n’a pas été séparée. On doit à la restauration le bout du nez, le bas delà barbe, l’avant-bras droit, le bras gauche depuis le bas du deltoïde, les deux orteils et différentes parties de la draperie indiquées sur la gravure. [Haut. 9 pal. 2 on. 1/2.]
2122. — Aristide, marbre grec , pl. 843. Musée Borbonico.
Statue trouvée à Herculanum avec l’Homère et le Philosophe n° 21 44- Elle représente un personnage debout, barbu, enveloppé d’un grand manteau, que la main gauche ramène derrière le dos. La main droite entrouvre ce vêtement devant la poitrine, ce qui laisse voir le haut d’une tunique; les pieds ont des sandales. Sur la plinthe à gauche, est un scrinium avec une courroie passée dans des anneaux. Le portrait d’Aristide n’est pas connu , et ainsi le nom d’Aristide, donné depuis longtemps à celle statue, n’est pas fondé sur la res-
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semblance de la tête avec un monument iconographique certain. Cependant Finati a maintenu cette dénomination et suivi, comme il dit, l’opinion commune , parce que les traits et l’attitude peuvent se concilier avec le caractère d’Aristide et le calme de son éloquence. Aristide était, comme Phocion, autant guerrier qu’orateur, et, probablement, il aurait été représenté avec quelque attribut militaire, plutôt qu’avec un scrinium. Nous sommes plus disposé à voir dans cette statue un écrivain , comme dans les deux autres trouvées avec elle, et plus particulièrement un poëte tragique. Notre personnage a la même pose que le prétendu Sophocle du musée Latran, n° 2098 E, qui nous paraît être un Eschine, et, disons le mot, Sophocle lui-même. Sa physionomie est à peu près celle de ce dernier poëte. (Voy. 2196 , t. VI, pl. 1025.)
Finati la dit pleine de dignité, de douceur; elle est ainsi en rapport avec le caractère de la poésie de Sophocle, qui est celui d’une noble majesté.
Les premières fouilles d’Herculanum sont arrivées au théâtre , et si notre statue provenait de cet endroit, on s’expliquerait naturellement une inauguration, à Herculanum, de Sophocle et d’Homère. [Haut. 7 pal. 6 on.]
2122 A. — Moschion, m. grec, pl. 84o D. Musée Borbonico.
Statuette de moins de deux palmes et demi (1), présentant le poëte syracusain Moschion, dont le nom est gravé sur la plinthe (2).
La tête n’est pas celle de la statue, comme on le dit dans le livret du musée de Naples, où l’on ajoute quelle aies formes des Faunes (3).
La main droite de Moschion repose sur la cuisse et tient un papyrus. L’avant-bras gauche est relevé vers le sein et tient aussi un volume, mais cet avant-bras est moderne, et la main n’a pu tenir ce second volume. La draperie, jetée sur l’épaule gauche, descend sur la cuisse droite en couvrant tout le côté gauche du corps et le bras jusqu’au coude ; de l’épaule gauche à la cuisse, elle forme de grands plis.
Les pieds sont chaussés et sont posés sur un escabeau. Le siège a la forme d’un tabouret, mais les pieds ont disparu et ont été remplacés par un bloc en marbre placé sous le siège. Sculpture grecque. [Haut. 2 pal. 1/2.]
2 123 et 2 124- — Poètes tragiques, m. pl. 845 et 84o B. Rome, coll. Giustiniani et Mattéi.
Nous sommes réduit, sur la première figure, au dessin que nous en don-
(1) C’est par erreur que notre statue porte 5 pat. 5 on.
(2) Moschion, poëte tragique et comique, ne doit pas être confondu avec le poëte bucolique Moscnus, son compatriote. Cette erreur a été commise dans le livret de Naples, où l’on emploie les mots de Mosco et illustre buccolico. Le premier florissait dans
le ni' siècle avant J. C. vers l’année 240; le second est du 11e siècle. (Voyez notre Manuel de l’histoire de l’art, t. II, p. 5g5 et 608.)
(3) Nous donnons la tête de Moschion, d’après Visconti, dans notre Iconographie , 2935, t. VI, pl. 1027.
9?- STATUES ANTIQUES
nons. Ce dessin nous offre un homme debout, barbu, demi-drapé. La main droite, appliquée contre la poitrine, tient un volume. L’avant-bras gauche, horizontal, supporte la draperie, comme on le voit à beaucoup d’autres statues, et la main tient un masque.
C’est ce dernier attribut qui a fait donner à ce personnage le nom de poêle tragique.
La seconde statue est aussi debout, mais elle est vêtue. Elle a à la fois une tunique et un pallium, qui couvre le corps presque en entier. La main droite écarte ce dernier vêtement sur la poitrine; la main gauche est abaissée et presque fermée. Le quatrième doigt a un anneau. Les pieds sont chaussés de brodequins.
Sur la plinthe, à gauche de la figure, est un gros oiseau qui se dresse sur ses pattes , écarte les ailes , élève la tête vers le personnage. Sur notre gravure et sur celle de la collection Mattéi , cet oiseau n’a ni les pattes , ni le cou , ni la tête d’un cygne; mais il reçoit le nom de cygne dans le texte de cet ouvrage, où on se fonde sur cet attribut pour donner au personnage le nom de poète.
La seule partie moderne que porte la figure consiste dans la partie supérieure de la tête. La cassure s’étend d’une oreille à l’autre, en passant sous le nez. Il a aussi des cassures sur la draperie, aux malléoles droits et à la plinthe, qui est antique.
Le bas du visage, antique, est sans barbe, et c’est peut-être pour cette raison, que, en restaurant la partie supérieure, on l’a faite chauve. Cette fracture de la tête est on ne peut plus regrettable , car le cygne n’a pas pu être donné indistinctement, malgré une opinion plus ou moins fondée, qui lui attribue, pour certains momens, une voix mélodieuse. Les lacs qui entourent Mantoue et ceux du bas Pô ont été peuplés jadis de cygnes à l’état de liberté, et cet oiseau a pu être donné comme attribut à Virgile, originaire de Mantoue.
a 2 125. — Philosophe , m. grec, pl. 844. Coll. Smith Barry.
Statue à peu près de demi-nature, offrant un personnage debout, vêtu d’un pallium, et ayant à sa gauche un faisceau de papyrus.
Le pallium est jeté d’une manière particulière; il couvre d’abord le derrière de la figure à partir des reins , tandis que la main droite la ramène sur le devant du corps, et le conduit, par faisselle gauche, sur l’épaule du même côté , d’où il retombe, plié en écharpe, sur le devant de la figure. La main droite le saisit au milieu de la poitrine ; l’autre main , abaissée , tient un volume.
La tête est celle d’une autre statue, et ressemble à celle d’Homère. Elle a été usée par le temps.
Sont modernes : les deux avant-bras , les pieds et le bas du faisceau de volumes.
Cette petite figure a dû représenter un personnage célèbre, et qu’on ne peut reconnaître d’après la seule disposition du pallium. On trouvera une disposition analogue au n° 2128. [Haut. 3 pi. 3 po.]
DE L’EUROPE
a 2126. — Philosophe, marbre gr. pl. 844- Coll. Vescovali.
Statue debout, de plus de neuf palmes, qui a dû servir à une décoration architecturale; les autres détails de la statue viennent à l’appui de cette opinion.
Le manteau, jeté sur l’épaule gauche, revient, par le côté droit, reposer sur l’avant-bras gauche, horizontal, et dont la main tient un volume.
La tête est tournée à droite, et la main droite est abaissée. Nous pensons que cette main tenait un masque de théâtre.
La tête est celle de la statue et n’a été que séparée. Les parties modernes sont: l’avant-bras droit, quelques doigts de la main gauche (en plâtre), quelques-uns du pied gauche et le faisceau de volumes sur la plinthe.
Selon notre dessinateur, le personnage est Sophocle. [Haut, g pal. 6 on.]
2127. — Philosophe , m. de Luni, pl. 84o B. Musée Capitolin.
Statue d’à peu près 3 palmes 1/2, présentant un personnage debout, entièrement drapé dans son manteau , qui ne laisse à nu qu’une partie de la poitrine et la plus grande portion de la jambe gauche. La main droite, qui ramène le bord de ce vêtement sous le sein droit, en est enveloppée. Le bras et la main gauche, qui sont abaissés, en sont entièrement couverts. Cette main tient une sorte de réseau qui est dressé et monte à l’épaule.
La tête de cette statue est moderne ainsi que la moitié de chaque jambe. Elle ne peut donc servir à reconnaître le personnage.
Bottari a publié cette statue dans le Muséum Capitolinum (t. III, pl. 59) , sous le nom de philosophe. L’absence de la tunique lui a fait croire que c’était l’image d’un philosophe cynique; mais cette opinion n’est pas fondée, car nos statues de personnages grecs portent rarement des tuniques. L’abondance de la draperie a rappelé aussi à Bottari un passage de Diogène Laërce, où il est dit que Diogène le Cynique, se plaignant d’être mal protégé par son pallium contre un froid rigoureux, reçut d’Antisthène le conseil de mettre ce vêtement en double. Ce passage prouve, selon Bottari, que le pallium de Diogène ne le cédait pas en ampleur à celui de notre statue.
S’il faut s’attacher à la plante que notre statue tient à la main gauche, et qui est une plante aquatique , bien connue par les bas-reliefs et par quelques statues de fleuves , cet attribut a pu indiquer un homme qui avait écrit sur les plantes , et l’on sait que Théophraste se trouvait dans ce cas. [Haut. 3 pal. 5 on. 1/2.]
2128. — Philosophe, m. de Paros, pl. 844- Coll. Grey.
Figure d’à peu près demi-nature, comme le n° 2126, offrant un personnage debout, dont la tête est celle de la statue. Il est vêtu du pallium, et a à sa gauche un scrinium. Nous nous occupons, plus bas, de la ressemblance qu’on peut y trouver.
Le pallium entoure d’abord le corps sous les seins, et un bout, ramassé en écharpe, tombe ensuite de l’épaule gauche sur le devant de la poitrine.
STATUES ANTIQUES
Les mains tiennent un volume ouvert à la hauteur du ventre , mais c’est une restauration, et, peut-être, n’est-elle pas fondée, car la main gauche aurait pu porter sur le pan du manteau et la main droite être abaissée le long du corps et tenir le volume (1).
Dans la collection Grey, cette statue est nommée Epicure; cependant, si on la rapproche des figures de notre Iconographie , on lui trouvera plus de ressemblance avec Chrysippe (vov. 2g3i et 2987).
Sont modernes : l’avant-bras droit , la main gauche avec partie de l’avantbras, le volume et les pieds depuis la draperie. [Haut. 3 pi. 8 po.]
a 2129. — Philosophe, m. grec, pl. 845, Rome. Vatican.
Statue de près de 9 palmes , dont la tête est celle d’une autre statue. Elle est barbue et a des cheveux plats. Le corps est couvert d’une tunique et d’un ample pallium qui semble en faire deux fois le tour ; la main gauche le saisit sur la poitrine et l’écarte. Cette main est moderne; mais la restauration était indiquée par l’état du vêtement. Le bras droit est abaissé ; l’avant-bras est moderne. La restauration a mis dans la main un volume. Les pieds ont des chaussures fermées et montant jusqu’à mi-jambes. Ce détail se reconnaît à la jambe gauche, conservée, et qui même repose sur une partie de plinthe antique.
La jambe droite est moderne ainsi que la plus grande partie de la plinthe. Le marbre est le grec dur. [Haut. 8 pal. 9 on.]
2i3o. — Philosophe, m. peut. pl. 84o B. Mus. Chiaramonti.
Cette figure assise, dont la tête, barbue et chauve, appartenait à une autre statue, pose chaque main sur la cuisse correspondante. La droite tient un volume, la gauche esta peu près ouverte. Le manteau, jeté sur l’épaule gauche, couvre tout ce côté du torse jusqu’à la main , puis les cuisses et les jambes.
Cette statue a d’autres parties modernes que celles qui sont indiquées sur la gravure, à savoir : les deux pieds, avec une partie de la jambe droite et le siège. On doit également à la restauration : le biceps droit, l’index et le pouce droits, et toute la main gauche. Cette statue, de belle manière, provient de la collection Giustiniani. [Haut. 6 pal. 7 on.]
(1) Celte restauration est singulière, car, d’ordinaire , on ne représente pas un écrivain lisant ses propres œuvres. Chrysippe, dont notre statue rappelle la physionomie , empruntait beaucoup de passages aux œuvres d’autrui, et, dans un de ses ouvrages, il avait inséré la Médée d’Euripide en entier. Une personne qui avait ce livre entre les mains et à qui l’on demandait ce qu’elle
lisait, s’y laissa tromper et répondit: La Médée de Chrysippe.
Disons, toutefois, qu’une statue que les Athéniens lui firent élever dans le Céramique , le représentait assis et avançant la main comme geste d’argumentation. (Voyez Diogène Laërce, sur la Vie de Chrysippe, et Cicéron , De Finibns. )
DE L’EUROPE
2 1 3 1 . — Philosophe, marbre, pl. 846. Florence.
Statue de grandeur naturelle, représentant un homme accoudé à gauche à un bâton, et portant, près du visage, la main qui tient un volume. La main droite est appuyée à la hanche.
Le personnage est barbu et a le diadème grec. Le manteau laisse l’épaule gauche à découvert et s’enroule autour du corps.
La statue n’a de moderne que le bout du nez et les pieds.
Gori (pl. 97) dit que, selon quelques-uns, ce personnage serait Esculape transformé en philosophe par l’addition d’un bâton sans serpent et d’un volume à la main. Cette assertion n’est pas exacte, mais elle prouve au moins que le bâton est aussi moderne. [Haut. 5 pi. 5 po.]
a 2i 32. — Philosophe, m. de L. pl. 846. Coll. Chablais.
Statue de petite proportion trouvée à Torre-Marancio , en 1823.
C’est une très-bonne sculpture et bien conservée.
Le personnage, assis sur un siège sans dossier, a la main droite placée près de la tête, l’index levé et le coude appuyé sur la main gauche. Le manteau couvre le côté gauche de la figure, y compris la main, et se déploie sur les cuisses et les genoux.
Les cheveux et- la barbe sont crépus et fort abondans, au point qu’ils cachent entièrement l’oreille.
Les seules parties modernes sont : les pieds, malléoles comprises, et une portion des soutiens du siège. [Haut. 2 pal. 6 on.]
a 2 1 33. — Philosophe assis, m. de Carrare, pl. 845. Munich.
Statue de moins de 2 pieds et de travail romain, qui a fait partie de la collection Albani et du musée du Louvre.
On dit , dans le livret de Munich , que la tête est moderne et a été imitée sur la figure d’un roi barbare captif. C’est, du reste, la seule restauration.
Ce personnage, assis, vêtu d’une tunique, a les deux mains sur les cuisses et paraît tenir un masque. Son manteau est déployé devant la poitrine, et les deux bouts sont rejetés derrière le dos.
Si l’attribut est un masque, on pourrait voir, dans cette figure, un acteur dans l’un de ses rôles.
Les pieds ont des sandales d’une forme remarquable, et reposent sur un escabeau. [Haut. 1 pi. 10 po. 1/2.]
21 34- — Philosophe, m. grec, pl. 846. Coll. Blundell.
Très-petite statuette acquise, en 1777, de Thomas Jenkins, et qui forme la première statue de la collection Blundell.
Hn personnage chauve, à longue barbe, est assis sur un siège à tête et
90 STATUES ANTIQUES
griffes de lion. Il a la têle penchée, à droite, sur sa main, et s’appuie du coude droit sur sa main gauche, placée elle-même sur la cuisse. Son manteau couvre le dos, le bras gauche, les cuisses et les jambes.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : le bras droit depuis le milieu du biceps , la main gauche avec le poignet et la moitié inférieure des jambes.
L’expression de la tête est belle, et la pose est simple et naturelle; le siège est très-beau.
Le personnage représenté est grec, comme l’indiquent le costume et la pose, lesquels conviennent tout à fait à un philosophe. [Haut, i pi. 6 po.]
2i35. — Philosophe, marbre, pl. 847. Musée de Dresde.
Statue assise, provenant de la collection Chigi et dont la hauteur , si elle était debout, arriverait à 5 pieds.
Le personnage n’est que demi-drapé. Le torse est entièrement nu. Un bout de la draperie couvre l’avant-bras gauche , qui repose sur le genou , et dont le main tient un volume. Le bras droit est élevé et indique le ciel, geste que fait aussi la statue du n° 2 i4i, mais de la main gauche. La figure a des formes volumineuses et est, cependant, imberbe et complètement chauve. Les pieds ont des sandales.
Le corps et le bras sont modernes, ce qui fait qu’il est inutile de rechercher quel est le personnage représenté. Selon Casanova, ce serait Caton l’ancien, et selon Lipsius, Sylla. [Haut. 3 pi.]
2i36. — Philosophe, marbre, pl. 84o B. Boissard.
Cette figure a à peu près la même tête et la même draperie que celle qui a été donnée d’après le même auteur, comme représentant Phocion, n° 21 15. Elle n’a rien , au reste , de l’antique.
2137. — Philosophe, marbre, pl. 847- Coll. Giustiniani.
Nous n’avons sur cette figure ni restauration , ni hauteur. La tête du personnage est barbue, bien encadrée de ses cheveux, et les regards s’élèvent un peu vers la gauche; elle paraît être moderne.
Chaque main repose sur la cuisse correspondante et tient un volume. Le manteau, jeté sur l’épaule gauche, couvre tout ce côté de la figure jusqu’à la main , puis les cuisses et les jambes.
Le siège présente une forme particulière, et, s’il est antique, pourrait servir à reconnaître , au moins, le rang du personnage. C’est un hémicycle dont la base forme un cercle avec l’espace plane où reposent les pieds.
2i38. — Philosophe, marbre, pl. 847. Coll. Giustiniani.
Cette statue 11e fait plus partie de la collection Giustiniani. Elle nous pré-
DE L’EUROPE. 97
sente un personnage assis, chauve, barbu, la tête penchée adroite, appuyée sur la main. La gauche repose sur la cuisse et lient un volume.
Le manteau couvre le dos et la plus grande partie du bras gauche.
Le siège est un bloc équarri , forme primitive du trône.
2139. — Philosophe assis, marbre gr. pl. 843. Palais Spacla.
Statue assise, haute de plus de 5 palmes, dont la tête est la sienne, mais a été séparée. Le personnage, accoudé à droite sur son genou, appuie la tête sur la main. L’avant-bras gauche est en repos sur la cuisse.
On doit remarquer sur cette statue, d’abord à la tête, qu’elle n’est pas barbue; ensuite à la draperie, qu’elle revêt le corps plus qu’aux autres figures de ce genre, et qu’elle couvre non -seulement tout le côté gauche, bras compris, mais revient par dessous l’aisselle gauche se croiser avec le reste sur le ventre.
Cette statue a été donnée dans le recueil de D. de Rossi , sous le nom de Sénèque.
Visconti s’en est occupé dans le Musée Pie-Clémenlin ( t. II , p. 84 ) , et y a vu Aristote. L’absence de barbe, la disposition de la tunique, concordaient avec les indications que les auteurs anciens ont laissées sur les représentations d’Aristote, et les traits se trouvaient conformes à ceux offerts par les bustes. Une circonstance très-grave aussi, que cet auteur a signalée le premier, c’est l’existence, sur la plinthe, des cinqpremières lettres du nom d’Aristote, APIZT.
Guattani a publié cette statue en i8o5; tout en reconnaissant la gravité des raisons alléguées par Visconti, il a opposé qu’à la suite des cinq lettres précitées se trouvait un trait perpendiculaire, qui lui a paru inconciliable avec 10 du nom d’Aristote (1) , et il a pensé à Aristide le Juste.
Visconti, dans son Iconographie, a donné la statue comme étant celle d’Arislote, et sa gravure offre le trait perpendiculaire signalé par Guattani. Après le T, a-t-il dit, on entrevoit la trace d’un autre caractère effacé où l’on croit démêler un trait perpendiculaire, et l’on a pensé qu’il pouvait être un I et donner le nom du sophiste Aristide. Ce trait, s’il n’est pas accidentel , peut également appartenir à un 0 carré, forme que nous avons vue très-souvent dans les inscriptions qui marquent sur les marbres antiques les noms des hommes illustres. En outre, cette statue ne peut être celle d’Aristide, dont nous avons le portrait (voy. 2947, t. VI, pl. 1028), et qui portait la barbe comme tous les Grecs de son époque.
Après avoir signalé la ressemblance des traits avec d’autres documents iconographiques, Visconti continue en ces termes :
« A ta ressemblance que nous venons de remarquer, et sur laquelle mon opinion est
(1) On voit, par l’article de Guattani, que cet auteur a beaucoup examiné l’inscription indiquée par Visconti. Les lettres lisibles sont sur un côté de la plinthe, et selon
Guattani , celte inscription a pu se continuer sur la plinthe circulaire de manière à contenir, non-seulement un, mais plusieurs mois.
98 STATUES ANTIQUES
fondée, se joignent d’aulres observations qui en augmentent la probabilité presqu’au point de la convertir en certitude. Les yeux petits, les joues ridées, la maigreur delà figure sont, en effet, autant de caractères propres à faire reconnaître ce portrait. Le menton rasé et la chevelure courte, sans être cependant négligée, en sont d’autres non moins convaincants. L’usage de se raser la barbe était le plus général chez les Macédoniens; et Aristote était né et avait figuré à la cour des rois de Macédoine. J’ai cru reconnaître encore un autre caractère convenable au portrait d'Aristote dans la disposition de la figure, qui ne montre qu’un seul bras sortant du manteau ; c’était l’attitude des statues d'Aristote, brachio exserto, comme Sidoine Apollinaire l’avait remarqué. J’insiste d’autant sur cette particularité de la statue, parce que je l’ai retrouvée sur diverses pierres antiques, sur lesquelles on voit le même portrait en buste. Cette composition suffit pour justifier Sidoine Apollinaire d’avoir regardé l’attitude en question comme le caractère distinctif des images d’Aristote.
Nous donnons la tête de la statue, n° 2927, t. VI, pl. 1027.
Les parties modernes sont : l’avant-bras avec la main, la partie de la draperie qui passe sur la cuisse gauche, la jambe gauche jusqu’au milieu du pied. [Haut. 5 pal. 5 on.]
2i4o. — Philosophe, marbre, pl. 848. Coll. Torlonia.
Statue bien conservée et dont la tête seule est moderne. Nous n’en connaissons pas la hauteur et nous regrellons fort cette omission.
Comme à la plupart de ces figures, le manteau couvre le côté gauche du torse, les cuisses et les jambes, mais ici on a de plus un mouvement qui indique que le personnage a été représenté parlant. 11 porte les doigts de la main droite sur le sein , et élève à la même hauteur la main gauche, qui lient un volume. Le manteau laisse le ventre à découvert, et les jambes elles-mêmes prennent part au mouvement de la figure, car le pied gauche est un peu avancé et le droit ne touche à la plinthe que par le bout.
2 1 4 J • — Philosophe, marbre gr. pl. 848. Villa Borghèse.
Statue provenant d’une villa que les princes Borghèse ont à Frascati. Probablement elle a été trouvée dans cette localité.
La hauteur de la figure assise suppose, pour la figure debout, plus de huit palmes, et l’on peut en conclure qu elle était employée à une décoration architecturale.
Le geste du bras gauche vient à l’appui de cette opinion , car ce bras est élevé au lieu du bras droit, ce qui rend vraisemblable que la statue faisait pendant à une autre qui avait été créée pour cela (i).
Le personnage est barbu : ses cheveux sont courts et bouclés; il regarde à gauche.
Son manteau , jeté sur l’épaule gauche, vient, par le dos, s’enrouler au-
(i) On trouvera le geste correspondant à la statue du n° 2i35, qui est de petite nature.
tour du ventre, des cuisses et des genoux. La main droite est placée sur les cuisses et tient un volume. Le haut du corps n’a que des cassures. Ont été séparés, la tête, le bras droit près du poignet, le gauche au deltoïde.
Les parties modernes sont: le bout du nez, les doigts de la main gauche, un fragment de draperie près du genou gauche , le pied droit , partie du gauche , les deux bouts delà plinthe, quelques tasseaux marqués sur la gravure. [Haut. 6 pal. 4 on. 1/2.]
2 1 42- — Philosophe, marbre grec , pi. 848. Coll. Torlonia.
Statue assise, de près de 7 palmes de haut, dont la tête est intacte, et dont les parties modernes se réduisent à la main droite, qui tient un volume, au pied droit, les malléoles comprises, et à divers tasseaux sur la draperie.
L’attitude de cette figure peut être celle de la méditation ; mais , dans ce cas, elle serait vive et indiquerait une habitude personnelle.
Le personnage se retourne vers la gauche, et, par l’effet de ce mouvement élève près du sein la main gauche avec le bout de la draperie, et ramène le pied gauche vers le siège. L’avant-bras droit est placé en travers sur les cuisses.
Si cette figure a servi a une décoration architecturale, comme sa grande hauteur le ferait penser, elle a dû regarder une autre figure qui lui faisait pendant. [Haut. 6 pal. 8 on.]
21 43, 21 43 A. — Philosophes, marbre, pl. 84o C et D. Coll. Egremont et Musée Borbonico.
Ces deux statues, assises, offrent la même disposition des bras; l’avanl-bras gauche est relevé vers l’épaule et la main droite vient se placer, à l’un, sous le coude, à l’autre, assez près.
Le dessin de la première figure a été pris dans les Specimens of Dilettanti, t. II, pl. 7 et 8. Voici, en résumé, ce qu’on y dit de cette statue.
Elle passe pour provenir du palais Barberini, à Rome, de même qu’une autre statue de la même collection Egremont, qui a avec elle quelques points de commun.
La tête n’est pas du même bloc de marbre , mais elle a le même caractère que le corps de la statue. Sont modernes: le bras gauche depuis le coude, et le pied droit depuis la draperie.
D’après le style de la composition et l’excellence de l’exécution, l’auteur du Specimens pense qu’elle appartient aux meilleures productions de l’école grecque, à l’époque où cette école commença à produire des œuvres achevées. Ce pourrait cependant n’être qu’une imitation d’une œuvre de celte époque.
L’auteur s’est complu à l’appréciation de la tête, qui lui paraît iconique, et cela avec raison. Cette tête indique un âge avancé, par les rides du front et les
STATUES ANTIQUES
muscles peu sensibles, mais elle offre aussi une expression noble et pleine d’une mâle dignité.
Nous ajouterons que la disposition du vêtement indique une profonde médi talion, carie pallium a glissé de l’épaule gauche par l’effet de la préoccupation.
Les pieds ont une chaussure formée de plusieurs courroies , dont les trois épaisseurs sont dignes d’être observées.
On remarque la forme du siège, qui vient à l’appui de l’opinion de l’auteur anglais. C’est un de ces sièges en marbre que l’on ne peut attribuer qu’aux premiers magistrats d’une république.
La statue est de grandeur naturelle. [Haut. 4 pi. 6 po.]
La seconde statue n’est que demi-nature. Cette circonstance indique une statue dont l’iconisme avait été travaillé avec soin : malheureusement elle nous est arrivée sans sa tête.
La sculpture en est grecque, et, dans le livret du musée Borbonico, on la classe parmi les plus belles de la galerie.
Les parties modernes sont, outre la tête, la main gauche avec son poignet.
Le volume mis à la main gauche par la restauration fait double emploi avec celui qui est à l’autre main. Probablement la gauche était vide.
Les pieds ont des chaussures formées d’un entrelacement compliqué de courroies ; la semelle est simple.
Le manteau couvre les épaules par derrière, appuyé qu’il est au dossier du siège, mais il laisse la poitrine nue.
Le siège est orné de têtes et pattes de lion, qui ont des ailes et même des cornes.
Elle provient de la collection Farnèse. [Haut. 2 pal. 6 on.]
2i 44- — Philosophe, m. grec, pi. 84o D. Mus. Borbonico.
Statue trouvée à Herculanum, dans la même fouille que l’Homère et le prétendu Aristide (voy. 2098 A, 2122).
Les seules parties modernes sont : l’avant-bras droit, qui est étendu, le pouce gauche avec la partie de la draperie qu’il tient, une grande partie de la jambe droite.
Le personnage est debout; il a les traits jeunes, les cheveux courts, et est imberbe. Son manteau, couvrant l’épaule gauche, revient par le côté droit et se déploie sur l’avant-bras gauche. C’est une belle disposition de draperie. Le bras droit était étendu vers le bas, comme l’a donné la restauration.
Ce geste a paru oratoire, et la statue a porté longtemps le nom de Valérius Publicola. Nous pensons que ni le geste, ni la pose, n’indiquent un orateur; la main droite tenait plutôt un masque de théâtre, et notre conjecture serait on ne peut plus fondée , si la statue avait été trouvée dans le théâtre. Pourquoi ne serait-ce pas Roscius. [Haut. 7 pal.]
,DE L'EUROPE
Guerriers, Athlètes, Gladiateurs, etc.
* 2 1 45. — Gladiateur combattant (Le), marbre gr. pl. 3o4. Musée du Louvre.
Statue provenant de la villa Borghèse. Elle fut trouvée sous le pape Paul V, au commencement du xvae siècle, à Antium ( capo d’Anzo ), où était un palais des empereurs. L’Apollon du Belvédère avait été découvert plus d’un siècle auparavant dans les mêmes ruines.
Dans le temps où la critique prenait peu de part aux recherches des antiquaires, on a donné à celte statue la dénomination vulgaire de Gladiateur Borghèse , malgré l’énorme différence qu’on trouve entre le caractère de la figure et le caractère et les accessoires d’un grand nombre d’images certaines des Gladiateurs, qui, d’ailleurs, ne sont jamais représentés nus.
Le héros est nu et dans l’action de combattre contre un ennemi qui serait à cheval. De son bras gauche il élève le bouclier pour parer le coup qui le menace, tandis que de sa main droite, armée et étendue en arrière, il va frapper son adversaire de toute sa force. La pose de cette statue est admirablement calculée pour celte double action; et chaque partie des membres, chaque articulation, chaque muscle porte l’empreinte du mouvement et delà vie, plus peut-être que dans aucune autre statue qui soit sortie de la main d’un artiste grec.
L’auteur de ce chef-d’œuvre est Agasias d’Ephèse , fils de Dosithée. 11 a gravé son nom sur le tronc qui sert de support à la figure (î). Winckelmann croit que c’est la statue la plus ancienne avec le nom du sculpteur.
La figurine donnée sous le nom de Déiphobe, n° 2083 B, peut nonobstant la différence des proportions, aider à caractériser la présente statue. La pose du Déiphobe est du même genre , sauf qu’il est sur la défensive et semble soutenir un choc. C’est la répétition en petit du Déiphobe du Zeuxippe , qui était représenté combattant contre Ménélas.
La statue du Louvre pourrait être une imitation de celle de Ménélas, laquelle ornait aussi le Zeuxippe. Les quelques vers que Christodore lui consacre, le représentent attaquant Déiphobe et ayant l’air d’un dieu. Or les sculpteurs anciens n’ont pas fait probablement deux statues dans la même pose : ils auraient difficilement évité le reproche de plagiat. On a donc peut-être ici le Ménélas du Zeuxippe, avec suppression du casque et de la barbe, c’est-à-dire avec des changemens qui approprient cette statue à la décoration d’une villa.
Les parties modernes se réduisent au bras droit depuis le deltoïde.
[Long, de la tête au talon gauche, im,990 = 6 pi. i po. 6 li. ]
(i) L’inscription, en très-beaux carac- les inscriptions antiques du Louvre, t. II, tères, se trouve autographiquement avec n° /122, pl. xvi.
STATUES ANTIQUES
21 46 à 2i5o. — Guerriers, marbre , pi. 849, 65o. Coil. Giustiniani.
De ces cinq statues, publiées dans l’ouvrage de la collection Giustiniani, la première et la cinquième ne font plus partie de cette collection. Nous n’avons donc d’autres renseignemens que le dessin que nous en donnons.
Ces cinq figures sont debout, imberbes et nues.
La première a les traits jeunes et un casque ; la main gauche est horizontale et ouverte; l’autre main, abaissée, tient le bois d’un javelot; la chlamyde est sur un tronc d’arbre.
Les figures nues et casquées désignent ordinairement Achille, mais ici les traits sont trop jeunes pour qu’on puisse admettre cette attribution. Dans le cas où la tête serait celle de la statue, comme au n° 21 4g, où les traits sont aussi très-jeunes, on pourrait se demander si le casque n’est pas moderne, comme cela se trouve à l’autre numéro. Si l’on fait abstraction du casque, la figure se rapproche de quelques Apollons.
Le n° 2147 tient l’épée de la main droite, abaissée, et de l’autre main, le fourreau près de la hanche. Ces attributs , qui sont modernes , combinés avec la pose, offrent une représentation qui est peu dans le goût antique.
On doit à la restauration la tête , qui est cassée , les deux bras depuis le bas du deltoïde, la jambe droite du milieu du genou, la gauche sous le genou et partie du tronc. Cassures aux cuisses. [Haut, g pal. 6 on.]
Au n° 2 1 48 , la pose résultant des restaurations est encore moins dans le goût antique, car c’est une pose d’escrime qui ne se comprend pas, surtout avec le bouclier.
La main droite, horizontale, tient la poignée de l’épée, le bras gauche, abaissé , a l’anneau du bouclier.
Sont modernes : la tête, qui est cassée, l’avant-bras gauche depuis le bas du deltoïde, les deux jambes, le tronc d’arbre. [Haut. 8 pal. 1/2 on.]
Au n° 21 4g, la pose est encore une pose d’escrime.
Le personnage, imberbe et casqué, avance la jambe droite, tient l’épée delà main droite, abaissée, porte près du casque l’autre main. Sa draperie recouvre le tronc d’arbre et le bouclier, qui y est appuyé.
Sont modernes : le casque , le nez, les deux bras depuis le deltoïde, la jambe droite, le bouclier, la partie de la draperie qui est derrière la jambe gauche, et la plinthe sous le pied droit. Cassures au flanc gauche et à la cuisse. [Haut. 1 1 pal. ]
Au n° 2 1 5o , le guerrier a un casque à aigrette, et sa cuirasse sur la plinthe. Il élève la main droite, qui tient une épée, et porte la main gauche au flanc.
* 2 1 5 1 . — Combattant blessé, m. de P. pl. 280. Louvre.
Petite statue provenant de la villa Borghèse, présentant un combattant blessé
DE L’EUROPE
et tombé sur le genou gauche. Ce combattant a une blessure sous le sein droit et une autre sur la cuisse gauche. 11 relève encore la tête et présente le bras gauche. On voit sur la plinthe une épée et un bouclier. La restauration a pensé que ce guerrier se défendait encore avec ses armes : en conséquence , elle a mis à la main gauche l’anneau du bouclier, et à la droite la poignée d’une épée.
La tête est celle de la statue. Sont modernes : le nez, le bras droit depuis le deltoïde, l’avant-bras gauche, la jambe droite avec partie de la cuisse, mais sans le pied, le pied gauche avec partie de la jambe, et une partie de la plinthe, comprenant un fragment de l’épée. [Haut. om,859 = 2 pi. 7 po.]
2 162. — Guerrier, marbre de Paros, pl. 85o. Coll. Giustiniani.
Cette statue n’est plus dans la collection Giustiniani, et nous sommes réduit au dessin que nous en donnons.
C’est un jeune homme debout, nu, imberbe, tenant de la main gauche un parazonium appuyé sur l’avant-bras; l’autre main est abaissée, mais ouverte.
Le personnage, un peu tourné à droite, regarde le ciel. Sa pose se voit à des statues dites impériales.
21 53. — Combattant, m. de L. pl. 85t). Mus. Pie-Clémentin.
Statue de petite proportion, comme celle du n° 2i5i, et présentant un sujet analogue.
C’est aussi un guerrier tombé sur le genou gauche , mais il s’appuie à terre du même côté, et lève le bras droit comme pour protéger sa tête.
La tête a une coiffure qui se rapproche du bonnet phrygien, et elle n’a pas même été séparée.
Sont modernes : le bout du piléus , le nez, les deux bras en entier, la jambe droite , partie du pied gauche.
La statue a appartenu à Cavaceppi. [Haut. 2 pal. 10 on. 1/2.]
2 iô4. — Soldat, marbre, pl. 855. Florence, Gori, pl. 78.
L’attitude de celte ligure est celle d’un homme qui oppose la lance à un ennemi. C’est l’observation que fait Gori lui-même; il ajoute que les restau, rations ont pu dénaturer le sujet de la statue , mais il ne les fait pas connaître.
Le personnage n’a ni casque, ni cuirasse. 11 a une tunique courte et sans manches, qui laisse à nu le côté droit de la poitrine. Ce vêtement ferait penser à un Gladiateur, car on le voit à plusieurs d’entre eux sur nos planches, et notamment au bestiaire 2220. Mais la ligure a aussi une chlamyde , qui est le vêtement des héros. Ce dernier vêtement, libulé à droite, couvre toute l’épaule gauche et vient reposer sur l’avant-bras. 11 a aussi une chaussure que l’on voit souvent aux chasseurs sur les bas-reliefs.
STATUES ANTIQUES
io/i
21 54 A. — Guerrier, m. gr. pl. 854 A. Mus. Borbonico.
Statue assise, de grande proportion, provenant de la collection Farnèse, et de sculpture grecque, mais médiocre. La figure qu’elle représente se retourne à gauche, elle a la main droite sur la cuisse et tient à gauche le bouclier appuyé sur le rocher. Devant elle, sur la plinthe, est un parazonium avec son baudrier (1).
Dans le livret de Naples, on fait observer que plusieurs statues dans une attitude semblable sont considérées comme des Mars en repos. Nous ignorons quelles statues on a eu en vue dans ce livret en sus du Mars Ludovisi. Il y a encore quelques Mercures , et un plus grand nombre d’Apollons assis , mais on ne saurait les confondre avec la présente statue, qui a dû tenir un bouclier.
Sont modernes : la tète, la main droite avec le poignet, l’avant-bras gauche et le bouclier. [Haut, ü pal.]
2i54 B. — Guerrier à cheval, m.de C'.pl. 854 B. Mus. Borbon.
Statue équestre provenant de la collection Farnèse et de médiocre sculpture romaine.
Le cheval se dresse; le cavalier, ayant casque et cuirasse, se retourne à gauche, oppose le bouclier, et de la main droite élève le glaive. Mais ce cavalier n’a d’antique que la partie inférieure du torse au-dessous des reins, et une partie des cuisses. La restauration a rendu au cheval les pointes ( punte ) des jambes de devant, la jambe gauche de derrière à partir du jarret (2).
Dans le livret de Naples, on dit que la jambe droite de derrière manque entièrement. L’on ajoute que c’est une statue impériale mal restaurée, et l’on signale quelques bizarreries dans l’altitude du cheval. [Haut. 5 pal. 10 on.]
21 54 C. — Guerrier étrusque, bronze, pl. 834 B. Musée Britannique.
Une grande importance s’attache à cette figurine, qui offre une sorte de style héroïque adopté par les Etrusques ou les liabitans de l’Ombrie.
Les auteurs du Specimens qui l’ont publiée, t. II, pl. 4, se bornent à dire qu’elle fut apportée en Angleterre, en 181 3, par le major Blagrave, et vendue à M. Knight.
^ il
La galerie de Florence en possède une absolument semblable, qu’ont publiée Micali, L’Italie avant l’empire des Romains (1810), pl. 21, et Ilope, Costumes des anciens , pl. 34 (3).
Les auteurs du Specimens , qui rappellent celte dernière , disent qu’elle a été trouvée à Todi, dans l ancienne Ombrie.
(1) Voyez l’Aldroamli, n° 297. donné celte figure ou une ligure semblable
(2) Voyez ibid. n° 5y3. dans son Muséum Elruscum, pl. 110.
(3) Nous avons vu le plâtre à Paris. Gori
DE L’EUROPE
Le casque de notre guerrier étrusque est surmonté d’une aigrette d’une grande proportion, et il a deux oreillons , qu’on voit aussi à la Minerve étrusque donnée d’après Montfaucon, n° 842 C. La cuirasse est ornée d’écailles, et les supports ou épaulières ont une forme particulière. Ces deux détails se trouvent aussi à- plusieurs des figures étrusques données par Gori (1).
La subarmale se voit au haut de la poitrine entre les épaulières, à la naissance des bras; elle y forme des bouffans , et au bas de la cuirasse, elle est raccourcie au point de laisser voir les parties sexuelles. Beaucoup de guerriers étrusques, soit en figurines, soit sur les bas-reliefs, ont la subarmale disposée comme ici; quelques-unes ont aussi les ocreœ ou jambarts.
Quant à la pose, le guerrier élève un peu le bouclier de manière qu’il touche du bout à l’épaule et a une inclinaison oblique; la main droite, élevée, lient la poignée d’une épée.
Les auteurs du Specimens disent que c’est l’armement donné par Homère à ses héros. Nous croyons voir dans notre figurine un style particulier de sculpture, qui n’est ni celui de l’épopée, ni le style éginétique. [Haut. om,34o.]
2i55. — Soldat romain, marb. pl. 85o. Galerie de Florence.
Voici textuellement l’article qui accompagne celte figure dans l’ouvrage de Lacombe.
«Cette statue célèbre de la galerie de Florence a toujours présenté aux antiquaires un sujet très-difficile à expliquer. Gori [Mus. Flor. tab. 77) , a cru voir ici un des vélites, troupe légère des Romains. L’arme de ces troupes était, selon Polybe (lib. vi), l’épée, les javelots, un bouclier rond ayant de diamètre la moitié de la hauteur d’un grand homme, et un casque ou bonnet de peau de loup. Les autres écrivains qui ont décrit l’armure des vélites ne leur donnent point de casque, ce qui ferait croire qu’ils ne le portèrent que depuis l’âge de Polybe, dans le dernier siècle de la république. Au reste, l’attitude de notre figure, qui a un genou en terre, désigne une circonstance particulière de la vie de quelque militaire, circonstance en laquelle son casque serait tombé. Mais cette figureporte la barbe, et les Romains commencèrent à se raser depuis Scipion l’Africain le jeune, qui fut l’ami et le pi'otecteur de Polybe. D’après ce rapprochement, on pourrait croire avec Gori qu’elle représente un vélite, à l’époque ou cette partie de la milice romaine combattait encore tête nue.
« Ce qu’il y a de plus intéressant à examiner ici , est la forme de la cuirasse. Elle s’applique exactement au corps, laisse les bras à découvert et se termine aux genoux par une espèce de jupe plissée, flottante, donnant aux cuisses la liberté de faire tous les mouvemens. Etait-elle de lin? était-elle de cuir?
« La forme des plis , qui ont une épaisseur très-prononcée , me fait embrasser cette dernière opinion. La chaussure est la caliga. Cette chaussure militaire paraît tracée avec beaucoup de fidélité, et peut servir de modèle aux statuaires.»
(1) Caylus publie aussi trois figurines du comme pour lancer un javelot, l’autre main, genre de celles de Gori : l’une a un casque en avant de la poitrine, a dû tenir un bouà très-grande aigrette, commenotre figure; cher. Elle est au t. III, pl. 20, n° 2, et les les oreillons sont abaissés et viennent près deux autres sont à la pl. 26 , nos 3 et 4. de la bouche; une main semble élevée
STATUES ANTIQUES
2 1 55 A, 2 1 55 B. — Soldats Gaulois, m. pl. 854 A. Aibani.
Ces statues, de grande proportion, offrent deux soldats assis sur des enroulemens. Elles ont dû servir de décorations à l’entrée de quelque villa , sur les pilons des portes. La première se présente par le côté droit et l’autre par le côté gauche.
Leur longue chevelure indique des soldats gaulois. Ils ont une cuirasse, et, comme à la statue précédente, une subarmale très-longue. Leur chaussure est formée de larges courroies , s’enroulant autour de la jambe.
Pour la pose particulière de chacune et les restaurations, nous renvoyons aux gravures. [Haut, la première, 5 pal. Long. 6 pal. 9 on. — La deuxième, 5 pal. Long. 7 pal.]
2 1 56. — Porte-enseigne, bronze, pl. 8ôo. Guattani, an. 1 787.
On a reconnu dans cette statuette un porte-enseigne, non-seulement à la hampe d’enseigne qu’il tient de la main droite, mais encore à la peau de lion qu’il a sur la tête. Cet accessoire se voit aux porte-enseignes sur les anciens bas-reliefs, notamment sur ceux delà colonne Trajane.
Son vêtement et sa chaussure sont beaucoup plus simples que ceux des représentations de vexillaires qui se rapportent au siècle d’Auguste; on ne remarque point à ces derniers vexillaires la pièce carrée que le nôtre porte sur le ventre, serrée par la ceinture, et enfin la hampe de l’enseigne est très-grosse. D’après ces détails, Guattani est porté à y voir un vexillaire des premiers temps de la République.
2 157. — Gladiateur, marbre, pl. 855. Musée de Dresde.
Statue provenant de la collection Chigi , et n’ayant d’antique que la tête et le corps. En l’état où l’a mise la restauration, elle avance la main gauche, où se trouve un espèce de vase à parfum, et lient de la main droite, abaissée, une épée; à droite, est une cuirasse.
Le sculpteur modernen’a pu parvenir à faire de ces fragmens une composition sérieuse. Toutefois, si la restauration des jambes a eu lieu d’après de bonnes indications, la statue a dù être originairement un Discobole semblable à celui qu’011 trouvera au n° 22 10 D. [Haut. 1 au. 10 po. 1/2.)
2 1 58. — Guerrier blessé, m. peut. pl. 858 B. M. Borbonico.
Statue provenant de la collection Farnèse et de bonne sculpture romaine.
Sa pose correspond à celle du célèbre Gladiateur mourant du Capitole. Blessé au côté gauche (l’autre statue est blessée au côté droit), il est assis à terre, s’y appuyant de la main gauche, et laisse couler le sang, qui sort de sa blessure.
DE L’EUROPE. IO7
On a ici une tête casquée, et non pas la tête nufe et la chevelure hérissée du Gladiateur du Capitole. Mais la tête est moderne.
Le livret du musée de Naples signale encore un bras comme moderne, sans indiquer lequel. C’est probablement par omission typographique. Ce doit être le gauche, qui était plus exposé à une cassure. [Long. 2 pal. 6 on.]
2 1 58 A. — Midas, roi de Phrygie (i), pl. 802. Coll. Mattéi.
C’est une statue de grandeur à peu près colossale (plus de to pal.), dont la partie vêtue est en albâtre à grandes taches; les parties nues sont en marbre gris. Celles-ci sont peu de chose, car elles consistent uniquement dans le masque, le cou et le bout des pieds.
On a cru d’abord reconnaître dans cette statue Bocchus , roi de Mauritanie. On avait probablement fondé cette dénomination sur les traits du visage et sur l’emploi du marbre gris pour les chairs , mais cette circonstance ne désignait pas plus un Maure qu’un Asiatique, et le costume est celui de l’Asie Mineure.
La figure porte le piléus des Phrygiens , dont les appendices descendent sur les épaules ; elle a la tunique à manches longues, les anaxyrides qui couvrent ici presque tout le pied , enfin un manteau fibulé à droite , et qui , passant sur l’épaule gauche, encadre la figure par derrière, à gauche principalement. La tunique est ici succincte, c’est-à-dire. retroussée, comme aux Dianes, et serrée par une ceinture. La pose et le geste de la statue , joints à la hauteur, indiquent une statue de décoration architecturale , et l’emploi de l’albâtre ne nous paraît pas fournir une grave objection contre celte opinion.
Ce n’est donc pas probablement un roi de Phrygie. Toutefois, ce n’est pas non plus un prisonnier comme les figures suivantes.
La statue a dû avoir son pendant à sa droite. Les parties modernes consistent dans des fragmens intermédiaires et quelques doigts. Elles sont marquées avec soin sur la gravure. H y a diverses cassures. La plinthe est en grande partie antique. [Haut. 10 pal. 2 on.]
* 2159. — Prisonnier barbare, brèche, pi. 33o. Louvre.
Statue provenant de la villa Albani et de grande proportion. Ici encore on a la sculpture polychrome. La partie vêtue est en brèche universelle ou d’Égypte. La tête et les mains sont en marbre statuaire. Ces parties sont modernes, mais très-probablement, dans le principe, les parties nues étaient aussi en marbre ordinaire.
La figure est assise (2) sur des rochers et a les mains jointes. Sa tunique, à longues manches, descend jusqu’au milieu des jambes. Les anaxyrides sont serrées
(1) Notre gravure porte par erreur roi Rome, en 1763, un prisonnier assis, d’un
des Indes : ce dernier mot a été écrit pour excellent travail, qui fut acquis par un celui de Phrygie. Anglais. (Voyez notre Introduction t. Ilf,
(2) D’après Winckelmann , on trouva à p. ccxxxiv.)
STATUES ANTIQUES
sous ies malléoles, par une coulisse. Les pieds ont des chaussures fermées; le manteau a la fibule presque sur la poitrine.
Les draperies de celte statue sont assez bien travaillées, malgré la dureté de la pierre, dont on s’est bien rarement hasardé à faire des statues.
Notre marbre décorait probablement un arc de triomphe. [Haut. im,63i.]
* 2160, * 2161. — Prisonniers barbares, porphyre, pl. 33o.
Louvre.
Statues provenant de la villa Borghèse; elles sont de la même hauteur, qui excède sept pieds, du même marbre, et se ressemblent dans le détail du vêtement ; il est donc très-probable qu’elles décoraient le même monument.
Les parties nues sont en marbre blanc, et une restauration du xviic siècle.
La tunique de la première est à manches courtes, serrée par une ceinture, el descend à mi-jambes; les anaxyrides sont serrées sur les malléoles au moyen d’une courroie. Les pieds ont des chaussures fermées. La première a la courroie sur le cou-de-pied , et on croit voir que le pied est enveloppé d’un linge, comme le pratiquent encore certains peuples descendant des races sarmales. En outre, la tunique est ouverte par devant depuis le haut jusqu’à la ceinture, et garnie de boutons.
Le manteau est fibulé à droite, descend par derrière jusqu’à la plinthe. A la première figure, il couvre la poitrine et le bras gauche jusqu’auprès du poignet. A la seconde, il couvre la poitrine el seulement l’épaule gauche.
Selon Visconti, le style de ces statues les place au 111e siècle, mais la beauté et la franchise d’exécution dans une matière aussi réfractaire que le porphyre, pourraient leur faire assigner une meilleure époque et les reporter au temps des premiers empereurs. [Haut. 2m,3gg = 7 pi. 4 po. 7 li. ]
a 2 161 A, B, C. — Prisonniers, marbre, pl. 854. Coll. Grey.
Ces trois figures appartenant à la même collection ne sont que des statuettes.
Nous commencerons par la seconde , qui diffère des deux autres par la hauteur, le marbre et les vêtemens. Les parties vêtues sont en marbre noir, elles parties nues en marbre blanc.
La figure a les mains croisées sur le ventre. Sa tunique à manches longues, et serrées par une large ceinture, descend au-dessous des genoux. Les anaxyrides recouvrent le bord supérieur de la chaussure, qui est fermée. Le manteau, fibulé à droite, est moins écarté qu’à d’autres figures. Il couvre la partie supérieure du bras droit, et presque tout le bras gauche. Le bord est orné de franges.
La tête et les mains sont modernes; le piléus est en marbre noir. [Haut.
2 pi. 2 po.]
Les deux autres, d’une hauteur presque égale, se ressemblent aussi parle vêlement. La tunique est succincte et ne descend pas jusqu’aux genoux; les anaxyrides sont collantes.
DE L’EUROPE. IO9
Sont modernes : à la première, la tête et l’avant-bras gauche; à la seconde, la tête et les deux avant-bras.
[Haut, de la deuxième, 2 pi. 7 po. 6 li. de la troisième, 2 pi. 9 po.]
2 161 D, 2 161 E. — Prisonniers, pierre de touche, pl. 852. Place du Capitole.
Ces statues sont placées derrière la fontaine de la place du Capitole, dans la grotte où est la statue de Rome (voy. igo3 A), à droite et à gauche de celle-ci.
Elles sont connues depuis bien longtemps , comme la statue qui les accompagne, et se trouvent aussi dans les plus anciens recueils. Comme l’autre, elles proviennent de la collection Cesi. (Voy. t. III, p. cxcvii.)
Elles se distinguent des autres statues de ce genre , non-seulement par la matière et leur grande hauteur, mais par la disposition de leur vêtement, et une pose particulière, qui semble, du reste, tenir à l’emploi de la pierre de touche. Pour la pose, elles sont plus droites que les autres; pour le vêtement, le manteau couvre la plus grande partie du devant de la figure.
Les têtes ont été séparées; elles portent un diadème. Les bras manquent en partie. Les statues n’ont été restaurées que sur quelques points de détail que nos gravures font connaître. [Haut. i3 pal. 3 on.]
2 1 6 1 F et G. — Prisonniers , m. g. pl. 854 B. Mus. Borbonico.
L’Aldroandi parle de deux prisonniers barbares plus grands que nature, se trouvant, de son temps, dans le palais Farnèse, et qui étaient auparavant à Sant-Apostolo. (Voy. notre Introd. p. cxcvii.)
Ce sont évidemment les statues que nous donnons ici. Elles sont publiées dans les plus anciens recueils.
Ces statues sont de bonne sculpture romaine, et le marbre grec dont elles sont faites est peut-être à remarquer pour des figures de ce genre.
La tunique n’est pas succinte, et la ceinture se trouve sur les hanches. On voit ici de doubles manches. Les têtes sont coiffées du piléus. Le livret du musée de Naples n’indique pas de parties modernes. [Haut. 9 pal.]
2161 H. — Prisonnier, marbre pl. 854 G. Perrier, pl. 16.
On trouve ici le même costume qu’aux deux statues du Louvre, 2160 et 2161. La tunique a aussi les manches courtes, la même ampleur et la même longueur. Les anaxyrides, la chaussure et le manteau sont du même genre, enfin la tête est nue comme aux deux autres, qui ont, il est vrai, des têtes modernes.
La statue dessinée par Perrier a donc pu faire partie de la même décoration, et, dans ce cas, elle était de même hauteur et de même matière.
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2161 I. — Prisonnier, br. pl. 834 B. Musée de Brescia.
Statuette en bronze doré trouvée , dans une fouille , à Brescia même.
C’est un jeune homme qui a les deux mains derrière le dos. Une chlamyde, fibulée au milieu de la poitrine, est disposée de manière à couvrir la poitrine entièrement et, remontant ensuite aux épaules, encadre la figure par derrière jusqu’aux jarrets.
Les anciens plaçaient des figures semblables devant les trophées où elles représentaient des prisonniers. Celle-ci, d’environ deux pieds, en bronze doré, et placée sur une base ronde , a paru une représentation isolée ; mais l’auteur du Musée de Brescia ne s’arrête à aucune qualification.
Serait-ce Oreste en Tauride? et la statuette aurait-elle eu pour pendant une représentation semblable d’Iphigénie reconnaissant son frère au moment où elle va l’immoler ? C’est ce que nous laissons à d’autres le soin de décider. [Haut. om,7C>o.]
2161 J. — Dace (jeune), marbre, pl. 834 B. Oxford.
Petite statue de sculpture grossière, mais où l’on trouve un emploi agréable du costume phrygien. Elle nous a paru représenter un génie mithriaque , plutôt qu'un Dace. Elle est adossée à un tronc d’arbre, et croise la jambe gauche sur la droite. La main gauche est placée derrière le dos ; la main droite se trouvait devant le ventre, mais elle manque avec le poignet. Quant au costume, c’est, avec le bonnet phrygien , une tunique succincte , s’arrêtant aux genoux, et à manches courtes , les anaxyrides , et un manteau qui , fibulé à droite , couvre le côté gauche de l’épaule au coude et s’étale derrière le corps.
2162. — Boi dace prisonnier, m. gr. pl. 854. Coll. Torlonia.
La matière de celte statue est encore ici le marbre grec , comme aux nos 2 1 6 1 F et G , mais la hauteur est moindre.
On voyait cette statue dans le palais délia Valle, du temps de l’Aldroandi.
La tête est imberbe, ce qui pourrait tenir à la restauration du menton, qui est moderne; elle porte un piléus. Les jambes sont croisées, la draperie est abondante, surtout le manteau qui encadre la figure, et descend jusqu’à la plinthe.
On trouve encore ici les doubles manches; mais comme la tunique forme deux étages, peut-être faut-il croire à deux tuniques.
La statue offre bien d’autres parties modernes que celles indiquées sur la gravure. Le masque est considéré comme appartenant à la statue, bien qu’il en ait été séparé et qu’il soit imberbe. On doit encore à la restauration le derrière de la tête, le nez, la bouche, le menton, y compris la partie des joues, le cou, le bras droit du dessus du deltoïde au poignet, les pieds avec la moitié des jambes, la chute de la draperie des deux côtés de la figure, le tronc d’arbre.
DE L'EUROPE
2 1 63 . — Barbare, marbre, pl. 854 C. Mus. Borbonico.
Le musée de Naples possède deux statues de Phrygiens agenouillés, portant sur le dos chacun un chapiteau sans ornement. Les parties nues sont en marbre noir, les parties vêtues sont en marbre phrygien appelé aujourd’hui paonazzetto. Ces statues sont semblables pour la pose : une main est sur le genou et l’autre, élevée, tient le fardeau. Elles retournent la tête, mais elles diffèrent en ce que l’une est agenouillée sur le genou droit et l’autre sur le genou gauche, et les têtes sont tournées en sens opposés.
Guattani a publié une de ces statues dans son volume de 1 788 , époque où elles étaient en restauration dans l’atelier d’Albaccini; auparavant elles décoraient le grand escalier des jardins Farnèse.
Nous donnons la gravure dp Guattani à la pl. 853; quant à la gravure de la pl. 854 C. le dessin nous a été envoyé de Naples. Mais c’est la même statue que celle de Guattani , seulement l’une est de face et l’autre est de trois quarts.
Guattani cite un passage de Pausanias qui nous apprend qu’on voyait à Athènes dans le temple de Jupiter Olympien, bâti par Adrien, trois Perses agenouillés et supportant un trépied, et les portiques du temple étaient ornés de cent vingt colonnes du même marbre. Ils étaient comme les nôtres en marbre phrygien. L’anliquaire romain pense que les statues Farnèse sont précisément celles d’Athènes, parla raison qu elles ont été trouvées à Saint-Paul, où l’on voit aussi cent vingt colonnes en marbre paonazzetto. Elles auraient été apportées à Rome.
Visconti s’est occupé de ces deux statues dans le musée Pie-Clémentin , au sujet de la statue donnée sous le numéro suivant, et il émet la même opinion que Guattani.
Le livret du musée de Naples donne les parties modernes comme il suit : à la statue agenouillée sur le genou gauche, le sommet du piléus, les deux bras et partie de la plinthe; à l’autre statue, partie du piléus, delà jambe gauche et de la plinthe.
2164. — Barbare, marbre , pl. 853. Musée Pie-Clémentin.
Nous avons encore ici un Phrygien agenouillé, ayant un fardeau sur les épaules. 11 supporte aujourd’hui un vase en bronze et qui est moderne.
Cette statuette diffère de la précédente en ce quelle est agenouillée à droite. Elle abaisse la main du même côté.
Elle a seulement quelques restaurations aux extrémités. [Haut. 2 pal. 6 on.]
2i65. — Roi phrygien, m pl. 853. Florence, Gori, pl. 80.
En donnant cette statue sous le titre de Roi phrygien , Gori nous apprend que le torse seul est antique, et que tout le reste est l’œuvre d’un sculpteur moderne, lequel s’est trompé dans sa restauration.
Ce torse, excellent ouvrage d’un artiste grec, appartenait, selon Gori luimême, à une statue d’Alys. Il présente, comme toutes les autres représen-
STATUES ANTIQUES
tâtions de ce demi-dieu, statues, bas-reliefs, médailles, une poitrine découverte et encadrée par le vêtement, de manière à offrir l’image d’une grenade, c’est à ce signe que, selon Arnobe, on reconnaissait le compagnon de Cybèle. ( Voy. 664 I et J.)
* 2166. — Athlète, marbre grec, pl. 270. Louvre.
Statue provenant de la villa Borghèse et représentant un Athlète se versant de l’huile dans la main gauche. (Voy. 1 1 74.) Avant de lutter, les Athlètes , pour assouplir leurs membres et donner moins de prise à leur adversaire, se frottaient d’huile et se roulaient dans la poussière.
Notre statue a la main droite et le vase près de l’aine gauche, et l’autre main un peu plus bas. La position de la main gauche s’est trouvée pleinement indiquée par la main même bien conservée.
La tète, qui est celle d’une autre statue, est agréable, et le jeune lutteur paraît penser au combat qu’il va livrer.
Sont modernes: le bras droit en entier avec le vase, deux fragmens au bras gauche, partie du pied droit, la jambe gauche. [Haut. i“, 45 1 = 4 pi- 5 po. 4 IL]
a 2167. — Athlète, marb. pent. pl. 855. Mus. Chiaramonti.
Statue trouvée dans la villa de Quinlilius Varus, à Tivoli, lors d’une fouille faite par le sculpteur Vescovali, laquelle a produit aussi les statues d’Athlètes données sous les nos 21 83, 21 84.
La main droite, élevée, tient un petit vase, la main gauche est devant le ventre; mais peut-être la restauration a-t-elle introduit celte pose.
La tête est celle de la statue , mais elle en a été séparée. Sont modernes : le bras droit depuis le deltoïde, le gauche depuis un peu plus haut, le vase, les cuisse et jambe droites, la jambe gauche et presque toute la cuisse. [Haut. 6 pal. 1 1 on.]
a 2 168. — Athlète, mar. gr. pl. 856. Rome, Vatican.
Cet Athlète est debout près d’un tronc d’arbre à droite, posant principalement sur la jambe droite, ayant les deux mains abaissées et écartées ; la droite tient une liole, la gauche est vide. L’attribut est moderne.
On nous signale cette statue comme étant de bonne sculpture.
La tête est celle d’une autre statue. Sont modernes: le nez, le bout des lèvres, le menton , les deux mains avec partie de l’avant bras et le vase, les deux jambes avec partie des cuisses. Cassures au tronc d’arbre et au milieu de chaque bras. [Haut. 7 pal. 10 on.]
2 1 68 A. — Athlète , m. de l’Hymette, pl. 848 B. Mus. Chiara.
Cette statue, dit M. E. Vinet, un peu plus grande que nature, représente un
DE L’EUROPE
jeune homme debout, entièrement nu et se frottant le coude du bras droit avec le strigile. La tête est petite, le torse court, les cuisses et les jambes un peu longues. Cet archéologue croit reconnaître, au style de celte statue, une œuvre de l’âge de Lysippe; on y reconnaît, en effet, les caractères qui appartiennent à l’école de celui qui avait, au dire de Pline ( lib. XXIV, c. xix), donné moins de volume aux têtes, rendu le corps plus svelte et moins charnu, ce qui semblait rendre les figures plus grandes. M. Canina a été même plus loin que M. E. Vinet, il a vu ici, l’œuvre du sculpteur de Sicyone lui même. 11 l’a regardée comme n’étant autre que le célèbre Apoxycomène qui décorait les Thermes d’Agrippa à Rome, et que Tibère voulut faire enlever pour décorer sa chambre à coucher (Plin. Hist. nat. lib. XXIV, c. nxix). M. E. Vinet a combattu avec beaucoup de force cette opinion, fesant remarquer que l’ Apoxycomène de Lysippe était non en marbre, mais en bronze (i).
Celte statue, restaurée par le célèbre sculpteur Tenerani, d’après les indications de M. Canina, a été trouvée en 1 84 9 ainsi qu’un très-beau cheval en bronze antique dans le Transtevère, lors d’une fouille faite dans le Vicolo delle Palme. Lors de la découverte elle fut brisée en plusieurs morceaux.
2 1 69. — Athlète, marb. gr. pl. 856. Berlin, musée royal.
Statue ti’ouvée sur le territoire sabin , dans les dépendances du Monte-Calvo, aux Massacci, à trentre-quatre milles de Rome. Le marchand d’antiquités Capranesi, auteur delà découverte, la vendit au sculpteur prussien Wolts, qui la restaura pour le musée de Berlin. Cette statue n’a de moderne que la tête et le bout de quelques doigts. Elle nous offre donc la représentation certaine d’un type qui a du être fort répandu chez les anciens.
L’Athlète nu élève de la main droite, un vase près de la tête, et en verse le contenu dans une corne que la main gauche tient près de la hanche.
A gauche de la statue est un tronc de palmier avec feuilles et fruits. [Haut. 6 pal. 6 on.]
2 1 70. — Athlète, marb. de Par. pl. 85g. Mus. Pie-Clémentin.
Statue trouvée à la villa Adriana en l’année 1742 et connue au musée Capitolin sous le nom de Pancratiaste. Le sujet de cette figure est très-embarrassant et la supposition de Bottari à son égard est combattue par Zannoni, au sujet d’un Athlète de Florence, t. II, p. 90, note 5.
C’est un homme demi-drapé ayant le pied gauche sur un petit rocher, et le coude gauche sur le genou. Dans cette position penchée, il élève la main droite à la hauteur de la poitrine.
Selon Bottari, c’est un Athlète tirant au sort. On sait que les Athlètes tiraient au sort pour s’apparier.
(1) Je renvoie, pour plus de détail, à prunté le fond de cette notice. Revue arl'intéressante et savante dissertation de mon chéolocjique,t. VII, p. 536; décembre i85o. ami M. Ernest Vinet, à laquelle j’ai em- (a. m.)
STATUES ANTIQUES
Un bas-relief de la galerie de Florence où sont représentés des enfans qui s’exercent à la lutte et où l’on voit d’abord le tirage au sort, a fourni à Zannoni l’occasion de contester cette interprétation; du reste; il se borne à dire que c’est un personnage dans l’attitude du repos (1).
D’après notre dessinateur de Rome, la figure est formée de deux morceaux qui se réunissent aux reins. La tête est celle de la statue. Sont modernes : le nez, le bras droit depuis le deltoïde, la main gauche, le bout du pied droit, le gauche avec moitié de la jambe , le tronc d’arbre.
Le petit rocher est antique.
Peut-être, primitivement, la main droite au lieu cl’êlre élevée, était-elle en contact avec l’autre main. [Haut. 8 pal. 3 on. 1/2.]
* 2 1 7 1 . — Athlète, m. pl, 858 B. Château des Tuileries.
Statue placée dans une des niches de la façade des Tuileries , côté de la cour. C’est un jeune homme entièrement nu, debout, s’appuyant de la main droite abaissée sur un tronc d’arbre. L’autre main, élevée près de l’épaule, tient un tronçon de javelot. Ce pourrait être un chasseur. [Haut. in’,6Go. — 5 pi. 1 po. 4 li. ]
2172. — Athlète, marbre , pl. 867. Musée de Berlin.
Cette statue, qui a été publiée par Cavaceppi (l. I, p. 47), nous offre un homme nu, d’une bonne conservation, les cheveux courts et hérissés. Le palmier qui est placé près de lui fait reconnaître une de ces statues iconiques qu’on élevait en l’honneur des Athlètes vainqueurs.
On doit à la restauration : les avant-bras, les jambes, le nez; il y a un tasseau au cou. La plus grande partie de la base, les pieds et le palmier sont antiques. [Haut. 3 pi. 3 po. ail.]'
2173. — Athlète, marbre, pl. 85-]. Florence.
Figurine publiée par Gori, pl. 76, et dans la GaVeria reale, t. III, pl. 125.
Les deux auteurs s’accordent à y voir un Discobole au repos , comme celui n° 2 ig5, et la ressemblance est frappante; mais la main gauche, qui est horizon taie et fermée , aurait tenu une palme.
Nous ignorons si le jeu du disque faisait partie de quelques-uns des jeux publics de la Grèce. En ce cas, nous serions disposé à admettre qu’on a représenté un Discobole avec une palme. Voy. 2210 D. [Haut. 7 on. i/3.]
a 2174. — Athlète, m. peut, pl 85 7. Munich. Glypt. n° 1 64-
Statue provenant de la collection Albani et offrant, comme au n° 2167, un Athlète qui se verse de l’huile dans la main gauche.
(1) «La figura è in queüa situazione di «gono a mirar alcuna cosa. Altro per ora « riposo che gli antichi han talvolta dato a « non so dirne. »
«quelli clie cosi altrui parlano, o si tratten-
DE L’EUROPE
La tête est celle d’une autre statue; et sont modernes : le bras droit en entier, la main gauche avec partie de l’avant-bras. La statue est bien conservée. [Haut. 6 pi. 7 po.]
2 i y4 A. — Athlète, m. grec, pl. 845 D. Mus. Borbonico.
Statue de sculpture grecque provenant de la collection Farnèse. Elle nous offre un jeune homme debout, portant une chlamyde fibulée à droite, laquelle couvre presque toute la poitrine avec le bras gauche jusqu’auprès du poignet; la main gauche, élevée, est ouverte comme pour exprimer un sentiment de douleur ou de compassion. Les regards du personnage se portent dans la même direction et ont une expression analogue. La main droite, abaissée, est entr’ouverte, comme ayant laissé échapper une épée qui est sur la plinthe.
D’après nos indications, les parties modernes sont: la tête, le bras droit depuis l’aisselle, la jambe gauche. Le bras gauche est aussi moderne. L’épée a été postérieurement encastrée dans la plinthe antique.
On signale, enfin, une blessure à la cuisse gauche, et l’on pense que la statue représente un combattant affaibli par une blessure. [Haut. 7 pal. 6 on.]
a 2 175. — Athlète, m. noir, pl. 858. Munich. Glypthotèque.
Dans le livret de Munich, celte statue, en marbre noir, est attribuée à l’épo que d’Adrien, et on la dit belle.
C’est un Athlète nu, debout près d’un tronc d’arbre, placé à droite; il pose principalement sur la jambe droite et se retourne à gauche. La main gauche, horizontale, tient une fiole; la main droite, abaissée, tient aussi un autre objet. Dans le livret de Munich, on suppose qu’elle portait un grataire, strigilis. Voy. n° 2168 A.
On ne signale pas de restaurations; ce qui donne à penser que la figure n’en a pas subi d’importantes. [Haut. 5 pi. 6 po.]
2175 A. — Athlète, m. de Luni , pl. 858 B. Mus. Borbonico.
Cette statue, provenant d’Herculanum , est de bonne sculpture romaine et de grande proportion. C’est un jeune homme nu, debout près d’un tronc d’arbre, à droite, tenant, à gauche, un tronçon de javelot appuyé sur l’épaule. La main gauche, abaissée, est à demi fermée.
Dans le livret de Naples, on signale une grande ressemblance entre les traits de cette figure et le buste en bronze d’Auguste, de la même collection. On dit, en outre, que l’expression du visage et l’ensemble de la figure portent à voir, dans cette statue, une copie d’un excellent original grec. [Haut. 8 pal.]
a 2 1 75 B. — Athlète, m. de Luni, pl. 858 D. Coll. Pamphili.
On nous a donné comme Athlète, et nous avons classé comme tel cette figure, à laquelle la restauration a fait tenir la poignée d’une épée à chaque main.
STATUES ANTIQUES
Ce personnage est debout, près d’un palmier à gauche, ayant une draperie autour des reins; la main droite est abaissée, la gauche est placée devant la hanche. ,
Sont modernes: la tête, le cou, les deux bras, depuis le milieu du biceps, la jambe droite, le pied gauche et le bord inférieur du palmier. [Haut. 9 pal.]
a 2175C. — Athlète, marbre, pl. 858 C. Villa Massimi.
Statue de grande hauteur, dont la tête n’a été que séparée, mais qui n’a, en outre, d’antique que le torse. Du reste, ce torse est fort beau.
L’Athlète élève la main droite et tient l’avant-bras gauche presque horizontal, mais écarté du tronc. Cette pose est à peu près le pendant de celle du Cestiaire 2181 A.
Sont modernes: quelques mèches de cheveux, le nez, le menton, deux tasseaux au cou, les bras, les cuisses, les jambes et le tronc d’arbre. [Haut. 9 Pal-1
a 2175 D, a 2175 E. — Athlètes, m. pl. 858 D et C, Palais Gabrieli Muti et Sacripanti.
La première statue rappelle la pose du Mercure du Vatican dit V Antinous, et de celui de Munich, donné i523, en ce sens qu’il porte la main droite derrière la hanche et qu’il a, comme eux, sur l’épaule gauche, une draperie qui vient s’enrouler autour de l’avant-bras ; mais la pose n’a pas cet abandon qu’on voit aux figures citées.
La tête est moderne; elle porte la couronne de pampre et le credemnon, ce qui prouve que le restaurateur n’a pas voulu en faire un Athlète. Le tronc d’arbre qui est à droite de la figure est en partie antique. Sa position pourrait indiquer que la figure avait un pendant, et que c’était, par conséquent, une statue de décoration.
Les parties modernes sont, outre la tête, le bras droit en entier, le bras gauche depuis le bas du deltoïde, la moitié inférieure des jambes et le tronc d’arbre. [Haut. 6 pal. 6 on.]
La seconde statue s’appuie nonchalamment sur un tronc d’arbre, renversant le corps en arrière et élevant la main droite à la hauteur du biceps.
A la première vue de celte figure, on pense à un Mercure, et, en effet , c’est à peu près la position du Mercure 1 5 1 g , qui est même plus renversé en arrière et se retourne par derrière pour voir un petit enfant qui est placé sur la plinthe.
Parmi les Bacchus, deux s’appuient aussi de la main à un tronc d’arbre, mais c’est de la main droite. (Voy. i5g5 E et F.)
On dit l’altitude de cette statue gracieuse et le travail est fort bon.
On doit à la restauration : la tête, le bras droit depuis le bas du deltoïde, la plus grande partie des cuisses, les jambes et le tronc d’arbre, moins le bout d’en haut où s’appuie la main. [Haut. 8 pal. 6 on.]
DE L’EUROPE
2176. — Lutteurs, marbre, pl. 862. Florence.
D’après FJaminio Vacca, ce groupe a été découvert, en i583, près de Rome, vers la porte Saint-Jean, et, selon Carlo Fea, dans Rome même, près la villa Altieri. 11 paraît avoir été trouvé avec les statues de la famille de Niobé. Au moins il a été compris dans la vente qui fut faite de ces dernières statues à la famille Médicis.
Il a été publié sans restauration dans les premiers recueils de gravures.
Winckelmann a pensé que le groupe faisait partie des autres statues de Niobides , et que c’étaient deux de ces derniers s’exerçant à la lutte. Cette opinion soulève plus d’un genre de difficulté : d’une part il n’est pas probable que, pendant que les autres Niobides sont dans l’effroi, deux d’entre eux eussent été représentés luttant; d'autre part, le groupe offre une lutte sérieuse, telle qu’elle pouvait avoir lieu dans les jeux publics.
Les anciens avaient deux sortes de luttes, l’une qui se terminait au moment où l’un des lutteurs était renversé, l’autre qui se continuait même après ce moment et qui durait jusqu’à ce que l’un des lutteurs épuisé s’avouât vaincu.
Notre groupe appartient à ce dernier genre de lutte. L’un des lutteurs est renversé sur les genoux , et son adversaire lui tire en arrière la main droite et menace encore de le frapper. C’est sans doute la représentation de ce qu’on appellerait le coup décisif.
Un des plus habiles sculpteurs de la Grèce a formé de ce groupe un des premiers modèles de sculpture tant par la beauté des formes que par le sentiment avec lequel ses figures sont exprimées. Quoique les membres des deux ligures soient entrelacés de la manière la plus hardie, le groupe offre toujours un coup d’œil satisfaisant. [Haut. 3 pal. n on. 1/2.]
2 177. — Athlète, marbre, pi. 85 8. Venise. Mus. Saint-Marc.
On voit ici un Athlète renversé à terre, et s’appuyant sur la main droite. La disposition de la tête indique qu’il regarde son adversaire placé à droite. Il élève la main gauche, ou pour se défendre, ou pour se protéger.
L’absence complète d’armes ne permet pas de voir dans la figure un Gladiateur. D’ailleurs , un Gladiateur n’eût pas été renversé de cette manière et sans blessure. Ce ne peut être qu’un lutteur. [Haut. 2 pal.]
2178. — Athlète, marbre grec, pl. 887. Coll. Giustiniani.
Statue de bonne conservation présentant un homme nu, tombé sur le genou droit, s’appuyant aussi sur la plinthe de la main gauche, élevant le bras droit comme pour protéger sa tête.
La figure a, autour des reins , une draperie , et sur la tête un bonnet phrygien , qui manque sur notre gravure donnée d’après le recueil où a été publiée la collection. En l’absence des ccstes, la ligure, si c’est un Athlète, ne saurait être qu’un lutteur renversé.
STATUES ANTIQUES
Les parties modernes sont seulement : le nez, la lèvre supérieure, un tasseau sur l’aisselle droite, l’auriculaire gauche, un tasseau sur laMraperie et partie du pied droit.
Mais il y a de nombreuses cassures, savoir : au cou, au deltoïde droit, à la main droite, au deltoïde gauche, au ventre, à la cuisse droite près du genou, où la cassure se continue dans la jambe, enfin à la cuisse gauche. En outre, on a retravaillé le haut du buste jusqu’à la cassure, le bras gauche, elles cuisse et jambe droites. [Haut. 3 pal. 8 on.]
2179. — Lécythophore , bas-rel. marbre, pl. 859. Villa Aibani.
Ce n’est pas une statue, mais une ligure se trouvant seule en bas-relief sur un marbre de la villa Aibani, qui a probablement fait partie d’un monument funéraire.
Visconti a publié cette figure comme annexe à l’esclave éthiopien, donné sous le n° 225o ( Mus. Pie-Clément, t. III, pl. B, n° 5 ). Zoëga l’a également donné Bassi-ril. antichi pl. 29.
Dans l’indicazione de la villa Aibani, on considère cette figure comme un esclave qui porte le lécythus , servo lecitiforo. Mais sa grande draperie grecque a paru à Visconti indiquer ou un Athlète qui se rend à la palestre, ou plutôt encore, dit-il, un de ces philosophes qui, selon Plaute, portaient eux-mêmes aux bains les ustensiles dont ils avaient besoin. Celte habitude leur avait fait donner le surnom de at/r oMimdoi, et Apulée, cité par Visconti, décrit avec détail les ustensiles de bain que portait ainsi lui-même le sophiste Hippias.
Zoëga embrasse l’opinion de Visconti, dont il cite textuellement le passage.
Si , ce bas-relief a décoré un tombeau , la figure a dû représenter le défunt, surtout si elle occupait la façade, et, comme on y voit un jeune homme sans barbe , ce ne peut être un philosophe.
[Haut, du bas-relief , 3 pal. 3 on. — Larg. 2 pal.]
2180, 2181 et 2 1 82. — Cestiaires, marbre, pl. 856 et. 858.
Coll. Lansdowne, Dresde, Guattani.
Ces trois Cestiaires sont représentés pendant la lutte , à la différence de quelques autres qui nous sont offerts au repos (voy. 2187 etsuivans).
Le premier est dans une pose de prélude ou, peut-être, de garde. Sans incliner le corps, il avance les bras, ayant le poing droit à la hauteur du ventre, et le gauche à la hauteur du cou.
Les restaurations sont peu nombreuses , mais elles comprennent les restes en entier. La partie antique est à la fois bien conservée et très-belle. Le modèle exprime bien la vigueur, et la pose est d’un bon effet. La tête est antique, mais pourrait n’être pas celle de la statue; elle est un peu frottée. Les parties modernes sont : le nez, le bras droit à partir du deltoïde, le gauche à partir du biceps, les deux pieds et le bas du palmier. [Haut. 6 pi. 2 po.]
La seconde statue a aussi les cestes modernes, mais la restauration en Cesliaire parait certaine. Elle fut indiquée à Cavaceppi par le cardinal Albani.
Le Cesliaire avance la jambe gauche et oppose les deux bras étendus, mais le gauche plus que l’autre. 11 semble s’apprêter à frapper du cesle droit.
Le palmier, qui est antique, porte, en appendice, deux masses elliptiques. Selon l’auteur de Y Aaqusteu.m, ce pourrait être la représentation de masses de plomb, que les sauteurs tenaient à la main.
La partie antique de cette statue a été, dit-on, très-belle, pleine de mouvement et de feu, mais les retouches faites par l’auteur de la restauration en auraient affaibli le caractère.
Sont modernes : la tête et les deux bras depuis le bas des deltoïdes. [Haut. 3 au. 3 po.]
La troisième statue a fait partie de la villa Negroni, et Jenkins la vendit au comte de Fries, Viennois. A droite de la statue est un Hermès d’Hercule.
Nous en avons pris le dessin dans Guattani , année 1788. Les mains seules sont modernes, en sorte que la statue avait conservé une partie des cestes. Guattani dit que la restauration en avait fait un Gladiateur avec glaive.
Elle est en marbre noir, dont l’emploi s’explique, tout de suite, par le caractère de la figure, qui est celui d’un Maure. Les cheveux ont une disposition particulière présentant un grand nombre de torsades dont la tête est couverte en entier. Guattani croit la statue iconique.
Ce Cesliaire avance la jambe droite et oppose les deux cestes dont le gauche est à la hauteur de la poitrine et le droit très-abaissé.
La sculpture est grecque et très-élégante.
2 i8o A. — Cestiaire, m. (jrec, pl. 85 1. Coli. Lansdowne.
Statue de petite proportion dont la restauration a fait un Cestiaire qui élève la main gauche et abaisse un peu la droite. (Voy. 1 175 C.)
La tête est celle d’une autre statue. Les parties modernes sont : les bras en entier, une portion de la jambe droite, la jambe gauche avec partie de la cuisse. Le torse est bien exécuté mais un peu sec. Le marbre de la statue est très-rongé.
[Haut. 4 pi 8 po.]
a 21 83 et a 21 84- — Athlètes, marbre fient, pl. 86 t. Musée Chiaramonti.
Statues trouvées à Tivoli, sur l’emplacement de la villa de Quintilius Varus, avec le n° 2167, dans une fouille faite par le sculpteur Vescovali.
Ces deux Athlètes nus, debout, posent principalement sur la jambe droite et se retournent vers la gauche.
Le premier porte la main droite ouverte devant le ventre; la main gauche, près de la cuisse, lient une fiole. L’on dit que le nu de cette statue est bien entendu.
STATUES ANTIQUES
La tête est celle de la statue, dont elle a été séparée. Sont modernes : les deux bras depuis le bas du deltoïde, moitié de la cuisse et la jambe droite, la jambe gauche avec le genou, la plus grande partie du tronc d’arbre. [Haut. 6 pal. 7 on.]
La plinthe de la seconde statue portait les mots : ad locum Circœum ex villa Luculli. Sa pose a de l’analogie avec le n° 217b de Munich. La main gauche, horizontale, tient une fiole; la main droite, abaissée, tient le bouchon.
La tête est celle de la statue, dont elle a été séparée. Sont modernes; les deux bras depuis le bas du deltoïde et le genou droit. Il y a une cassure à la jambe gauche. [Haut. 6 pal. 7 on.]
a 21 85, * 2186. — Athlètes, marbre, pi. 270 et 861. Musées Chiaramonti et du Louvre.
Les deux statues ici réunies offrent cela de commun , qu’elles tiennent à la main droite, l’une un rameau, l’autre une palme (1); mais ces attributs sont l’œuvre de la restauration.
La première, qui provient du palais Ruspoli, présente, à sa gauche, un tronc de palmier qui est antique. On la dit d’une bonne exécution dans le nu. La main gauche est placée derrière le dos. La droite, abaissée, lient le rameau.
Sont modernes: le tête, qui est en plâtre et a été moulée sur celle du n° 21 83, l’avant-bras droit avec le rameau, le bras gauche depuis le milieu du deltoïde. [Haut. 6 pal. 8 on. 1/2.]
La seconde statue provient de la villa Borghèse. Elle tient, à droite, comme nous l’avons dit, une palme renversée et adhérant au tronc d’arbre qui est placé de ce côté. La pose de celte figure est celle qu’on voit ordinairement aux Antinoüs. Quant à l’exécution, ce qui est antique est plein de grâce et de jeunesse.
La tête est celle d’une autre statue. Sont modernes: le nez, le menton, l’avanl-bras droit avec la palme, le bras gauche, du bas du deltoïde, et les jambes. [Haut. im,489. = 4 pi 7 po.]
* 2 187, 2187 A. — Athlètes, marbre, pi. 270 et 858 D. Musées de Berlin, du Louvre et palais Gentili(1 2).
Ces deux statues ont été trouvées dans les ruines du forain Archemorium , où est à présent le palais Genlili , à Rome.
La première est passée de la collection Borghèse à celle du Louvre; elle est ainsi que la seconde, de travail romain.
(1) Pausanias dit que les statues d’a- (2) Ed. Gerhard, Antiken Bildwerken
thlèles vainqueurs tenaient une palme de (Munich, 1828), pl. 68. la main droite.
DE L’EUROPE
On doit à la restauration une moitié de la face, les bras, la cuisse dans sa partie supérieure, la jambe et le pied gauches , ainsi que la partie droite depuis la milieu de la cuisse. La tête est antique, mais rapportée. [Haut. im,746 rr: 5 pi. 4 po. 6 li. ]
La seconde statue est actuellement au palais Genlili, à Rome. Elle représente, comme la précédente, un Athlète, les bras armés de cestes, circonstance qui juslitie la restauration de la première statue, dont les bras sont modernes.
2 1 88, 2 1 89. — Athlètes, m. pl. 86 1 et 862. Mus. Capitolin.
Nous n’avons, sur le premier de ces Athlètes, d’autres renseignernens que le dessin que nous en donnons.
C’est un jeune homme nu, debout près cl’un tronc d’arbre à gauche. Ses cheveux descendent le long du cou jusqu’aux épaules. La main droite, abaissée, tient le bois d’une flèche; la gauche, horizontale, tient le fragment d’un arc. Un carquois est appuyé au tronc d’arbre. Les attributs indiqueraient Apollon plutôt qu’un Athlète.
La seconde, porte au musée du Capitole le nom de Ptolémée, ce qui nous l’a fait donner aussi parmi les Ptolémées, n° 2323, pl. 910.
La statue nue est debout près d’un tronc d’arbre à droite, ayant les deux bras abaissés et écartés comme on l’a vu à plusieurs Athlètes.
La tête est celle de la statue, dont elle a été séparée. Sont modernes : les deux bras et les deux jambes. [Haut. 6 pal. 6 on.]
2 189 A. — Le Diadumène, m. grec, pl. 858 C. Villa Farnèse.
Le recueil de Cavaglieri { i585 ) donne à la pl. 97, sous le nom de Palicus, une figure sembable et qui se trouvait alors dans le palais de la duchesse de Parme. C’est probablement celle que possède aujourd’hui le palais Farnèse (1).
On y voit un jeune homme nu, debout près d’un tronc de palmier à droite, qui entoure sa tête de la bandelette appelée diadème; le diadème a déjà fait un tour, et chaque bout est soutenu par la main au-dessus des épaules.
On voit que le personnage s'ajuste le diadème avant de l’attacher complètement.
On sait par Pline que Polyclète fit une statue appelée le Diadumène, et qu’on vantait beaucoup (2). Les antiquaires n’ont pas attaché d’abord à l’expression Diadumène l’idée que la figure s’attachait un diadème. L’observation en a été faite par Carlo Fea, annotateur de Winckelmann à propos de la mention que ce dernier a faite de l’œuvre de Polyclète. a
(1) Cette statue a été publiée aussi dans (2) Sur Polyclète et ses ouvrages, vuy. le recueil de Jos. Rossi. (16 19) et J. J. Rossi notre Manuel de l’Histoire de l’Art, t. II, (i645). p. 539.
STATUES ANTIQUES
H est probable, dit Fea, qu’unestatue aussi importante a été souvent copiée; peut-être la statue de la villa Far nèse en est-elle une copieou une imitation. C’est une statue nue, un peu au-dessous de la grandeur naturelle (1), qui s’attache une bandelette au-dessus du front; et, ce qui est bien rare, il a conservé les mains con cui si cinge. Une figurine en bas-relief très-semblable à celle-là se voyait, il y a peu de temps, sur une petite urne de la villa Sinibaldi, avec l’inscription Diadunieni, et sur la base de marbre d’un candélabre dans l’église de Sainte-Agnès hors de Rome. Ces deux monumens sont actuellement au musée Pie-Clémenlin. Sur deux autres vases semblables qui se trouvent dans la villa Borghèse, on voit, au milieu d’un feuillage, deux petits Amours qui se ceignent la tête d’une bandelette.
La statue que nous donnons ici, est d’une très-bonne conservation; la tête n a pas même été séparée. Les parties modernes se réduisent au nez, à l’index gauche et à deux fragmens de la bandelette. Il y a des cassures à la naissance des cuisses. [8 pal. 4 on.]
a 2 189 B. — Athlète, m. grec, pl. 858 D. Coll. Pamphili.
Le nom d’ Athlète, donné à cette statue dans la collection Pamphili, n’est fondé que sur la couronne de laurier que la restauration lui a fait tenir à la main droite. Mais la figure a plutôt quelque chose de bachique.
Elle est accoudée à un tronc d’arbre à gauche, portant de ce côté une fleur, et la main droite, qui tient la couronne, est abaissée.
Une cldamyde fibulée à droite couvre le haut de la poitrine et va, par-dessus l’épaule gauche , sous le coude appuyé au tronc d’arbre. Les pieds sont chaussés de petits cothurnes, comme on en voit aux figures bachiques.
Sont modernes : la tête , l’avant-bras droit avec un peu du biceps et la couronne, la main gauche avec moitié de l’avant-bras et la fleur, presque tout le pied droit, la moitié inférieure du tronc d’arbre, et la plinthe sous le pied droit. [Haut. 6 pal.]
2189 C, 2189 2190. — Athlètes, marbre , pi. 854 D
et 862. Florence,
La galerie de Florence possède, dans ces trois figures, trois Athlètes de même style et dont la hauteur est entre 8 et 9 palmes.
La première a la plus grande ressemblance avec l’Athlète du Louvre, qui tient une palme, donné n° 2 186. Il en diffère par les avant-bras, qui sont modernes. La restauration a mis au bras gauche une draperie à franges qui l’entoure et qui est tenue par la main; l’autre main est ouverte, la restauration ayant voulu produire une figure qui contemple un objet placé devant elle. Avec cette restauration, la slalue n’a d’un Athlète que les traits généraux; ce sont
(1) Si cette indication de Fea est exacte, 8 palmes; mais probablement fauteur a ce ne serait pas notre statue, qui a plus de cité de mémoire et s’est trompé.
DE I, 'EUROPE
eux sans doute qui ont décidé l'auteur de la Galleria reale à placer la ligure parmi les Athlètes, nonobstant la restauration. Cet auteur dit que cette statue offre de belles proportions et un caractère vigoureux. [Haut. 8 pal. 7 on.]
La seconde, dont les bras sont modernes en entier, n’a point, en l’état, une pose athlétique, et il est même difficile d’indiquer quelle a été la représentation primitive.
On reconnaît un Athlète aux traits du visage et à la chevelure. L’expression de la tête est telle qu’on s’explique bien que la restauration, ramenant la main droite sur la poitrine, lui ait fait tenir un morceau d’étoffe, comme s’il s’essuyait le corps. Mais la main gauche, élevée, tient comme un tronçon de lance. N’aurait-on pas dû la laisser vide? Dans la Galleria reale, on dit que la statue est très-svelte , mais que la moitié inférieure semble trop légère comparativement à la partie supérieure.
Le bras droit est moderne depuis le dessous de l’épaule, et le gauche depuis son attache au torse. [Haut. 8 pal. 9 on.]
La troisième a été publiée par Gori, pl. 1 1 5, et par Zannoni, t. III, pl. 129.
Cet Athlète debout, près d’un tronc de palmier à droite, porte des deux mains un vase que la main gauche soutient par-dessous, et dont la main droite tient le cou.
On sait qu’à Athènes les Athlètes vainqueurs aux jeux des Panathénées recevaient un vase rempli d’huile appelé l’aristène. Ici le vase est moderne avec l’avant-bras droit, et le bras gauche depuis le milieu du deltoïde; mais la restauration paraît parfaitement entendue, et offre bien la meilleure manière de faire tenir l’aristène par l’Athlète vainqueur.
Quelques-uns ont pris celte statue pour un Ganymède. [Haut. 8 pal. 4 on.]
* 2191. — Discobole, m. peut. pl. 286. Musée du Louvre.
Statue trouvée aux environs de Rome, sur la voie Appienne, à l’endroit nommé Colombaro.
Nous nous arrêterons peu sur cette figure, parce qu’on en trouvera plus loin plusieurs semblables, dont l’une, n° 2194 C, est beaucoup mieux conservée. C’est même à la découverte de cette dernière qu’on a dû de reconnaître un Discobole dans celle-ci, laquelle avait été d’abord restaurée en Gladiateur. Nous connaissons ce détail par Visconti, qui s’en est occupé au sujet de la statue déjà citée, et ajoute que le disque et partie de la main sont antiques, et provenaient d’une autre statue semblable.
On peut croire que ces fragmens avaient été découverts au même endroit, et appartenaient par conséquent à un pendant. La statue du Vatican a été trouvée de même avec des fragmens d’une statue semblable.
La tête est celle d’une autre statue antique. Sont modernes : le nez, le bras droit depuis le biceps, le gauche depuis le deltoïde , la jambe gauche et le tronc d’arbre. [Haut. = 5 pi. 1 po. 10 li. ]
* 2192. — Athlète, marbre grec, pl. 269. Louvre.
L’Athlète est ici caractérisé par un petit Hermès d’Hercule placé à gauche de la figure. Quant à celle-ci, elle est debout, nue, avançant la jambe droite, tenant les deux bras abaissés, et même écartés. Les mains n’ont aucun attribut.
Sont modernes : la tête, le bras droit depuis le milieu du biceps, le gauche depuis le bas du deltoïde, les deux jambes sans les pieds. [Haut. 1 “*,9 1 1 — 5 pi. 10 po. 8 li. ]
* 2193, *2194. — Athlètes , marbre, pl. 271. Louvre.
Statues provenant de la villa Borghèse, de pose analogue et de même hauteur.
Les deux Athlètes ont le pied gauche sur un rocher, la main gauche sur la cuisse, et considèrent un objet tenu par l’autre main. Bien que les restaurations soient considérables, elles paraissent certaines.
On peut penser que ces personnages tenaient à la main droite une fiole contenant de l’huile, et par conséquent étaient au moment de se frotter. C’est ainsi qu’a été restaurée la statue de Munich donnée comme Alexandre n° 2108, mais qui n’est qu’un Athlète. On trouve dans nos deux statues une raison nouvelle à l’appui de cette opinion, dans la draperie placée sur un tronc d’arbre, qui est antique à l’un d’eux. Ces statues diffèrent dans le mouvement du buste. Elles décoraient probablement un gymnase.
Le premier Athlète a la tête tournée à gauche, dans la direction de la jambe gauche; l’autre la retourne à droite, et porte la main droite au visage. Il y a dans cette dernière figure beaucoup de souplesse et un excellent dessin.
Les têtes appartenaient à d’autres statues.
Sont modernes à la première : les bras depuis les deltoïdes, le genou droit, la jambe gauche entre le genou et les malléoles , la draperie avec son support, le petit rocher. [Haut. im,3g2 = 4 pi- 3 po. 6 li.]
A la deuxième, le bras droit avec l’épaule, la plus grande partie de l’avantbras gauche, la jambe droite avec le genou, la gauche sous le genou, le petit rocher, et une petite portion de la draperie, qui est en grande partie antique. [Haut. im,359 = 4 pi- 2 po. 3 li.]
2194 A et B. — Discoboles, marbre, pl. 863 et 860. Coll. Massimi et Musée britannique.
Les deux Discoboles ici réunis sont représentés lançant le disque. Cet acte exigeait à la fois de l’effort et du calcul. On voit les Discoboles pliant le corps en avant, portant la main gauche sur le genou droit, et élevant en arrière, beaucoup plus haut que leur tête, la main droite, qui tient le disque. Celte attitude a été imaginée pour donner au disque la plus forte impulsion possible. Le Discobole, pendant qu’il ramenait la main droite en avant, relirait la main gauche, et redressait son corps.
DE L’EUROPE
On a vu dans ces statues des copies du Discobole de Myron (1), statue célèbre chez les anciens. On savait par un passage de Quintilien que ce Discobole se tordait, et qu’il présentait un grand travail anatomique : Quicl tant dislortum atque élabora tum qnam ille Discobolus Myronis? ( L. Il, c. xm. )
Nous devons cependant faire observer que l’attitude de ces deux statues n’est pas exactement la même. Là seconde retourne la tête à droite, ce que ne fait pas la première, et il y a aux jambes une différence de pose correspondante.
Le premier de ces Discoboles a été publié par Guattani, en 1784, et appartenait déjà à la collection Massimi. 11 avait été trouvé peu de temps auparavant à la villa Negroni.
Cet auteur dit que cette statue , parfaitement conservée, servit à faire reconnaître le même sujet dans deux autres statues, l’une du musée du Capitole, l’autre passée en Angleterre, lesquelles, moins bien conservées, avaient été restaurées en Gladiateurs. La statue du Capitole est encore restaurée en Gladiateur, et nous la donnons n° 22 12. En outre, une statue de la galerie de Florence que nous donnons comme Endymion, n° 125 1 , pl. 579, et qu’on a considérée ensuite comme un Niobicle, paraît aujourd’hui à quelques-uns être aussi un Discobole.
Guattani ne fait pas connaître avec détail les quelques restaurations peu importantes qu’il dit se trouver au Discobole Massimi ; il ne parle pas non plus de la hauteur, mais ce doit être la grandeur naturelle.
Le Discobole du Musée britannique n’est pas aussi restauré que paraît l’avoir cru l’antiquaire romain. Notre gravure n’indique de partie moderne que la main gauche et son poignet; à l’examen de la statue, nous avons trouvé encore modernes le genou gauche et les deux derniers doigts du pied droit avec une cassure au bas de la jambe. Le bras droit nous a paru le sien avec plusieurs cassures , mais l’examen était rendu difficile par l’élévation de la statue. [Grandeur naturelle.]
2 194 C. — Discobole, marbre, pl. 862. Mus. Pie-Clémentin.
Cette statue fut trouvée par Gavin Hamillon sur la voie Appienne, dans les ruines d’une antique villa.
Elle était en fort bon état lors de la découverte; et le disque était notamment bien conservé.
Le Discobole tient le disque de la main gauche, abaissée; il observe le terrain devant lui, avançant un peu la main droite.
Visconti a pensé d’abord que la tête était celle de la statue; mais, dans les observations additionnelles placées à la fin du tome VII, il dit que la tête, mieux observée, lui a paru celle d’une statue semblable ; laquelle, ayant été trouvée au même lieu, a dû appartenir à un pendant.
On trouvera des statues semblables, n°* 2191 et 2196. Visconti parle aussi
(1) Voyez sur ce statuaire notre Manuel de l’Histoire de l’Art, t. II, p. 53o.
STATUES ANTIQUES
d’une statue qui se voyait de son temps dans la maison Vettari, mais qui pourrait être notre n° 2196.
Comme ces répétitions supposent un type célèbre, V.isconti a pensé qu elles reproduisaient peut-être le Discobole en bronze de Naucydès (1).
Sur notre gravure, la tête de la statue est marquée comme sienne, conformément à la première opinion de Visconti. Les parties modernes consistent en quelques doigts et des tasseaux ; notre gravure les donne exactement. [ Haut. 7 pal. 6 on.]
a 2195. — Discobole, marbre grec , pl. 862. Rome, Vatican.
Le Discobole placé sous ce numéro diffère des deux sortes de représentations que nous venons de donner.
Debout près d’un tronc d’arbre à droite, et posant principalement sur la jambe, il tient de ce côté le disque appuyé à la hanche. L’avant-bras gauche est horizontal. La tête est celle d’une autrç statue. Sont modernes : le bras droit depuis le milieu du biceps, le disque, l’avant-bras droit, la cuisse droite presque en entier, un fragment de la cuisse gauche, un morceau du tronc d’arbre. Le nez, la bouche, le menton, et le petit doigt du pied gauche sont en plâtre. La partie antique est de bonne manière. [Haut. 8 pal. 7 on. 1/2.]
2196. — Discobole, marbre, pl. 863. Coll. Feversham.
C’est un Discobole semblable à celui du Vatican donné n° 2ig4C.
Sur cette dernière statue, Visconti parle d’un Discobole ayant fait partie de la villa Montalto, et ayant été publié par Mercuriale, dans son ouvrage De arte gymnastica (liv. II, ch. xn); il dit qu’après avoir été restaurée par Cavaceppi , qui l’a publiée (t. Il, pl. 42 ), cette statue a passé en Angleterre. Il ajoute enfin que ce pourrait être un Discobole qu’on avait vu quelque temps dans la maison Vettari.
La présente statue est le seul Discobole de cette attitude que nous connaissions en Angleterre. Il est du reste très-bien conservé, n’ayant de moderne que le cou et la main droite. [Haut. 5 pi. 8 po.j ^
2196 A, 2196 B. — Discoboles, bronze, pl. 860 et 863. Musée Borbonico.
On a trouvé à Portici, en 1754, deux statues en bronze qui se faisaient pendant, et dont la gravure a été donnée dans les bronzes d’Herculanum , t. II, pl. 58 et 5g.’
Ces statues sont entièrement semblables , et la gravure de la pl. 59 donne le second Discobole; car le tetxe commence par ces mots : rcipprescntano queste (lue lellissime statue di bronzo , etc. or la figure de la pl. 5g , qui fait face à la
(1) Sur ce statuaire et ses ouvrages voyez notre Manuel de l’Histoire de l’Art, t. II, p. 54o.
DE L’EUROPE. 1 2 y
précédente, se présente du côté gauche, de sorte qu’on lui voit principalement le dos.
Les Herculanesi ont cru connaîlre, dans ces deux statues, deux lutteurs au moment de se saisir. Ils ont cité Lucien, qui, décrivant une lutte de gymnase, s’exprime ainsi: Les deux lutteurs s’attaquent en baissant tous les deux la tête, et se mettent visage contre visage à la manière des béliers.
Notre gravure 2196 B est celle publiée par les Herculanesi, pl. 58. Nous n’avons pas donné l’autre.
La gravure 2196 A a été empruntée au musée Borbonico, qui n’a fait luimême que reproduire, ainsi que nous le dit le texte, l’un des deux lutteurs publiés par les Herculanesi.
Les auteurs de ce musée contestent la qualification de lutteurs , et prétendent que les statues sont des Discoboles; ajoutons que leur opinion est confirmée par la disposition des mains qu’on observe dans leurs gravures.
Il vient de lancer son disque, et, le corps penché en avant, les bras tendus, les yeux fixes, il semble en suivre le mouvement, et vouloir, par les siens et par ses regards , lui imprimer plus de force.
Les statues ont les yeux en pâte de verre. [Haut. 6 pal.]
2196 C. — Discobole, marbre peut. pl. 860. Mantoue.
C’est un fragment de statue qui s’arrête au milieu du ventre, et dont les bras manquent à partir du biceps. Le mouvement du corps a fait penser que c’était une répétition du Discobole de Myron. [Haut. 1 pi. 8 po.]
2197 , 21 98. — - Aübiges, m. pl. 864. Vatican et villa Albani.
Les deux Auriges ici réunis ont été publiés par Guattani, année 1788.
Le premier provenait de la villa Negroni, et Jenkins le faisait alors restaurer : il n’avait ni tête, ni bras, ni jambes.
Le second, sans bras, sans cuisses et sans jambes, et tel que nous le donnons nous-même, était encastré dans un mur de la villa Albani.
L’intérêt de ces figures consiste dans leur costume. On y voit d’abord une tunique courte et s’arrêtant au milieu des cuisses. La restauration du premier a supposé des manches courtes (1).
Sur la tunique commune aux deux figures se trouve une sorte de cuirasse qui n’est pas la même pour les deux. Au premier, ce sont des courroies qui entourent le buste depuis les seins jusqu’aux hanches, et, n’étant pas toujours juxtaposées, laissent voir cinq fois la tunique. Un couteau à lame recourbée et fixé sous les courroies, servait, au besoin, comme le ditVisconli, à couper les traits , qui étaient attachés à l’Aurige même.
Visconti reproche à Guattani d’avoir donné un soldat pour un Aurige. Ce
(1) On en voit de longues à f Aurige que nous donnons sous le nom de Belléroplion , u" 2028 A.
STATUES ANTIQUES
reproche s’applique sans doute à la seconde figure, dont la cuirasse se rapproche beaucoup de celle qu’ont sur la colonne Trajane beaucoup de fantassins romains et quelques cavaliers. Les courroies horizontales de celte cuirasse sont juxtaposées, et se fixent sur la poitrine, au moyen de clous. D’autres bandes fixent la cuirasse sur les épaules , comme aux cuirasses de soldats.
Mais plusieurs détails du costume sont en faveur de l’opinion de Gualtani. C’est d’abord le casque, d’une forme particulière et ornementée, où l’on voit un homme nu sur un cheval qui galope. C’est ensuite une écharpe qui sort de dessous la cuirasse avec de petites courroies, tout cela ne s’explique que chez un Aurige ; ajoutons que la figure est, non-seulement imberbe, mais efFéminée.
La première figure a été restaurée avec une palme à la main droite et des rênes à l’autre main. On a emprunté la tête d’une autre statue antique. Les parties modernes sont marquées exactement sur la gravure. [Haut. 8 pal. 4 on. 1/2.] La seconde, comme l’avons déjà dit, n’a pas été restaurée.