SUR LES MARBRES DES PYRENEES
Page 187, note, 2e col., lig. 8, Juzet-Dizant , lisez : Juzet-Dizaux ; lig. 10, Sterp, lisez : Sierp; lig. 16, après Barbazan, ajoutez : fond vert-brun sale, fragmens noirs, blancs; brèche très-employée à Toulouse , souvent terrasseuse, inégale de dureté, poli gras; — Matijions, lisez : Mansioux; lig. 17, après très-bon, ajoutez : marbre coquiller, fond nankin rosé, quelquefois plus foncé, rouge-brun jaunâtre; rognons plus ou moins espacés, les uns rosé clair, d’autres bleuâtres. L’espèce de ce joli marbre, appelée granit nankin , est composée de fragmens de très-petites coquilles très-serrées, lenticulaires et coupées sur la tranche; il paraît quelles sont de la famille des numulites.
A la fin de décembre 1826, M. Laycrle-Capel, à la suite d’une excursion que nous fîmes ensemble aux carrières de Saint-Béat, a découvert à Pleides une nouvelle brèche très-belle, qu’il a appelée Irréelle royale, et qui est fond rouge brun caillouté de divers rouges plus clairs et de quelque peu de blanc; elle paraît fort bonne, et conviendrait d’autant mieux à des monumens que l’on peut s’en procurer des blocs considérables. On en a vu de beaux morceaux à l’exposition de l’industrie de 1827.
Note 2. Au sujet de l’évaluation qui porte à 175,289 pieds 8 pouces cubes la brèche que les Romains auraient extraite de la belle carrière de la Penne Saint-Martin à la porte de Saint-Béat, je ferai observer que, quoique ces excavations soient d’une grande beauté, taillées â pic comme une muraille, et régulières, elles ne le sont cependant pas assez pour qu’on ait pu les mesurer à quelques pouces ou même à quelques pieds
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cubes près, ( elle magnifique marbrière cs( parfaitement saine, et l’on en tirerait des colonnes de cinquante pieds de haut. Elle appartient à M. Layerle-Gapel.
Page 189, icr alinea, ligne 10, au Heu de Médon , lisez : Mc'doux.
— 190, 1er aline'a, ligne 1rc, à dix lieues, lisez : à cinq lieues.
J’ajouterai à ce que j ai dit pages 190 et 191 sur les marbres statuaires de Sost et de Saint-Beat, que jusqu a présent ou n’a pu extraire des carrières de Sost que de petits blocs irréguliers et qui ne cubent que 00 pieds au plus, et même dans ces dimensions ne sont-ils pas exempts de lils; et lorsqu ils seraient purgés, ils ne fourniraient que de petites statues. La teinte en outre est fort désagréable et tire sur celle de la cire blanche qui a jauni et verdi. Ce marbre, du moins celui que nous avons vu jusqu’à présent, et il est à croire que la compagnie Pugens qui l’exploite avait fourni le meilleur, par sa couleur et sa nature revêche, presque intraitable, et qui résiste aux instrument et surtout au trépan, présente les plus grands meonvéniens pour la statuaire. Il est rempli de veines ou de grandes écailles qui ressemblent à des fêlures et le pénètrent assez profondément et dans différons sens, et qui, formant une bigarrure désagréable à l’œil, nuisent à la pureté des contours. On a pu s’en convaincre en voyant à l’exposition du salon de 1827 la sainte Marguerite de M. Nanteuil , très-jolie figure dans le modèle en plâtre, et qui a beaucoup perdu, contre l’ordinaire, à être exécutée en marbre; ce que l’on ne saurait attribuer qu’aux mauvaises qualités de celui de Sost, et non au statuaire : on ne peut que le plaindre, ainsi que ceux qui seraient forcés à travailler de ce marbre , à moins que celui que l’on exploitera à l’aVenir ne gagne et pour le coup d’œil et pour la facilité du travail. Ce dernier point est à considérer; car une statue telle que celle de M. Nanteuil, qu’on a payée au statuaire sept mille francs, lui est revenue à six mille francs, dont huit cents pour les oulils qu’il a fallu faire en acier fondu et qui s’usaient très-vite, et le reste pour le praticien. On avouera que les deux ans de travail qu’elle a coûtés ont été bien peu payés, et que, vu le résultat, c’est du temps et de l’argent perdus ou à peu près.
Quant au marbre de Saint-Béat, exploité par M. Layerle-Capel , dont j’ai visité en 182G les belles carrières à la même époque que celles de Sost, il est vraiment statuaire; et à mesure que l’on pénètre dans la masse de la montagne, qui est toute de marbre, il devient plus beau et meilleur. Ce marbre , qui par sa contexture a beaucoup de rapports avec celui de Paros, offre toutes les qualités que l’on peut désirer pour la statuaire. Je m’en suis assuré en causant avec le praticien qui a exécuté la sainte Marguerite en marbre de Sost et le Piîris de M. Jacquot, en marbre de Saint-Béat; il ne voudrait plus travailler du premier, et il fait un grand éloge du second. Le marbre de Saint-Béat qu’a employé M. Pradier pour une grande statue de Vénus, et surtout celui de son buste de Charles X, sont peut-être encore d’une qualité supérieure à celle du marbre du Paris, et tous les deux se travaillent à peu près comme le marbre de Paros ou le beau marbre de Carrare. C’est en marbre de Saint-Béat que doivent être la statue colossale de Louis XVI, commandée par la ville de Rennes, et celle de Talma, que Mgr le duc d’Orléans fait faire par M. de Bay père. Ce marbre se prête à merveille aux opérations successives de la pointe, de la gradine, de l’ognette, du trépan et de la râpe. Mais, lorsqu’on arrive à donner le fini au ciseau, ayant des parties plus dures les unes que les autres, il présente un peu plus de difficulté à cet instrument qu’aux autres outils; cependant, avec du soin et des précautions, il reçoit très-bien le fini. Le coup d’œil en est agréable , le blanc doux et égal de ton , les veines y sont très-rares. Et quel est le marbre de Carrare, à moins qu’il ne soit de qualités qu’on ne voit que rarement, qui n’en ait pas? Enfin le marbre de Saint-Béat de premier choix est un beau et bon marbre qu’on ne saurait trop recommander aux statuaires, qui y trouveront d’ailleurs de très-grands avantages sous le rapport du prix , qui, les blocs rendus à Paris, esi de
NOTES ET CORRECTIONS
plus de moitié moindre que celui de Carrare, dont nous ne recevons presque jamais que des secondes qualités remplies de défauts. On peut citer pour preuves de cette assertion plusieurs statues de l’exposition de 1827 : le groupe de Daphnis et dilué, de M. Cortot; la statue de M. le Dauphin, par M. Bra; l 'Argus de M. de Bay; le groupe de Ni/sus et Euryalc de M. Roman; le Mercure de M. Jacquot. Tous ces ouvrages recommandables, et plusieurs autres, sont plus ou moins défigurés par des tacbes nombreuses, noires ou brunes, d’un effet très-désagréable, qu’on ne trouve pas dans la première qualité de Carrare, qui sans doute la garde pour l’Italie, en ne nous envoyant en général que scs rebuts. Il serait donc bien important de pouvoir, ainsi que le désiraient Henri IV et Louis NIV, nous affranchir du tribut que nous payons à Carrare, qui nous traite avec si peu de façon , comme des gens qui ont de grands besoins, qui s’arrangent de tout et dont on ne craint pas la concurrence. Bien exploitées et avec l’activité qu’elles méritent, les carrières de Saint-Béat peuvent, pendant des siècles, suffire à toutes les productions de la sculpture en France. La montagne paraît être en entier de marbre statuaire et d'une richesse inépuisable : elle ne trompera pas l’espoir qu’on peut en concevoir; il ne s’agit que d’y employer des bras qui ne manqueront jamais de travaux, et d’y verser des fonds dont on retrouvera bien les intérêts. II s’agirait aussi de faciliter le transport des blocs jusqu’à Toulouse, soit en raffermissant quelques endroits de la route, soit en rendant navigables quelques parties de la Garonne. Ces dépenses, qui ne seraient pas très-considérables, se trouveraient bien compensées par les avantages que l’exploitation de ces carrières procurerait au département de la Haute- Garonne ainsi qu’à la France, qui n’aurait plus besoin d’avoir recours aux marbres étrangers pour embellir ses monumens et pour transmettre à la postérité les chefsd’œuvre de sa sculpture. Les carrières de beaux marbres de couleur, telles que celles de la compagnie Pugens, de Layerle-Capel, et plusieurs autres en France, méritent sans doute d’être encouragées et distinguées par d’honorables récompenses; mais celles de marbre blanc statuaire sont d’une bien plus grande importance et d’un plus haut intérêt pour les arts, et c’est avec raison et une vraie connaissance de cause que le consed départemental de Toulouse a, depuis plusieurs années, décerné à M. Layerle- Capel une médaille d’or, qu’il a méritée par ses longs travaux, ses nombreuses découvertes et son désintéressement, et qu’il n’a pas encore eu la satisfaction de recevoir.